Le vin bio, c’est tout na­tu­rel ?

La vi­ti­cul­ture évo­lue et prend en compte les pré­oc­cu­pa­tions « vertes ». Mais que re­couvre vrai­ment le terme « vin bio » ?

Maxi Cuisine - - Conso Verte -

De nom­breux vi­ti­cul­teurs ont en­tre­pris de­puis plus de 20 ans de li­mi­ter le re­cours aux pro­duits chi­miques dans les vignes. L’agri­cul­ture bio re­pré­sente dé­sor­mais près de 10 % du vi­gnoble, tan­dis que le vin bio, ven­du aus­si bien en su­per­mar­chés qu’en ma­ga­sins spé­cia­li­sés, rem­porte un suc­cès crois­sant. Et ce, en dé­pit d’un prix plus éle­vé que pour les cu­vées conven­tion­nelles. Une belle réussite pour cette bois­son qui n’existe sous ce nom que de­puis… 2012, quand l’eu­rope a fixé le cadre of­fi­ciel du vin bio. Avant, on par­lait de « vin pro­duit à par­tir de rai­sins is­sus de l’agri­cul­ture bio­lo­gique ». Car seul le tra­vail de la vigne était pris en compte dans les cri­tères de la cer­ti­fi­ca­tion.

bio, du pied de vigne à la mise en bou­teilles

Pour être bio, toutes les étapes de l’éla­bo­ra­tion du vin, c’est-à-dire éga­le­ment la vi­ni­fi­ca­tion et la mise en bou­teilles, sont dé­fi­nies par un ca­hier des charges li­mi­tant les « in­trants », les pro­duits et les pro­cé­dés au­to­ri­sés. Pour le consom­ma­teur, le la­bel eu­ro­péen bio doit s’ac­com­pa­gner du nom et nu­mé­ro d’agré­ment de l’or­ga­nisme cer­ti­fi­ca­teur. Mais sur l’éti­quette s’af­fichent par­fois aus­si d’autres termes : « bio­dy­na­mie », « HVE », « na­tu­rel »…

Née en 1924, ap­pa­rue en France en 1958, la bio­dy­na­mie va au-de­là du la­bel bio. Contrô­lés par De­me­ter et Bio­dy­vin, les vins en bio­dy­na­mie contiennent no­tam­ment moins de soufre (qui sert à dés­in­fec­ter les ton­neaux en bois) que re­quis par l’eu­rope. La cer­ti­fi­ca­tion « Haute Va­leur En­vi­ron­ne­men­tale » (HVE) concerne de­puis 2012 un pe­tit nombre de vi­gne­rons in­dé­pen­dants, qui s’en­gagent à des pra­tiques al­ter­na­tives al­lant elles aus­si plus loin que les normes of­fi­cielles.

En­fin, sous le vo­cable « vin na­tu­rel », cha­cun a un peu ses propres cri­tères. Une as­so­cia­tion comme S.A.I.N.S. – Sans Au­cun In­trant Ni Sul­fite (ajou­té) – s’in­ter­dit tous les in­trants to­lé­rés en bio.

bio, et for­cé­ment bons ?

On en ou­blie­rait presque ce qui fait l’in­té­rêt de ce breu­vage mil­lé­naire : son goût ! Et que le dan­ger à consom­mer trop de vin ne tient pas aux ré­si­dus d’in­trants : ceux-ci se re­trouvent dans des pro­por­tions in­fi­ni­té­si­males dans les cu­vées. À la dé­gus­ta­tion, les spé­cia­listes s’ac­cordent sou­vent à re­trou­ver dans les vins bio la ty­pi­ci­té du ter­roir. Mais il faut bien re­con­naître qu’il peut y avoir de bonnes, comme de mau­vaises sur­prises. Car si l’agri­cul­ture bio pré­serve mieux notre pla­nète, elle ne fait pas pour au­tant le ta­lent…

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