JEAN-MARC FAU­CHEUX,

chef du ser­vice neu­ro­lo­gie au centre hos­pi­ta­lier d’Agen-Né­rac, en Lot-et-Ga­ronne

Maxi Hors-série Santé - - EN PLEINE SANTÉ -

Quels sont les avan­tages de la té­lé­con­sul­ta­tion et pour­quoi l’As­su­rance ma­la­die cher­chet-elle à dé­ve­lop­per ce type de sui­vi ? Le but de la mise en place de la té­lé­con­sul­ta­tion, c’est de lut­ter contre les dé­serts mé­di­caux. Ce­la va être un moyen de pro­po­ser un ac­com­pa­gne­ment aux per­sonnes trop éloi­gnées d’un centre mé­di­cal. Le pre­mier avan­tage est de ne pas avoir à les dé­pla­cer, le deuxième, de ré­duire le temps entre chaque prise de ren­dez­vous. C’est un gain de temps, le mé­de­cin ne se dé­place pas. Bien en­ten­du, il y a des pa­tients que l’on ver­ra en­suite en consul­ta­tion phy­sique, à terme, mais cette pre­mière étape va per­mettre de mieux adap­ter cette prise en charge.

Tout le monde pour­ra-t-il en bé­né­fi­cier ?

Oui, mais je pense qu’il y au­ra un en­ca­dre­ment pour ne pas qu’il y ait une « ubé­ri­sa­tion » de la té­lé­con­sul­ta­tion. Les ex­pé­ri­men­ta­tions se font avec des pa­tients dé­jà connus et dé­jà vus par les mé­de­cins, et qui ont tous si­gné un ac­cord. C’est un cadre très strict, mais le but est que le pa­tient puisse bé­né­fi­cier d’une prise en charge mé­di­cale de qua­li­té. Ce­la se fe­ra aus­si dans des centres équi­pés de sys­tèmes de té­lé­mé­de­cine. Il est évident qu’il fau­dra dans tous les cas des moyens de com­mu­ni­ca­tion au­dio et vi­déo entre le pa­tient et son mé­de­cin, mais il vau­dra mieux avoir aus­si des connexions par fibre, il n’y a pas de té­lé­mé­de­cine sans haut dé­bit. Quelles sont les li­mites de la té­lé­con­sul­ta­tion ? L’exa­men cli­nique à dis­tance peut être com­pli­qué. On peut faire beau­coup de choses, mais ce­la va dé­pendre des cas. Ce se­ra plus simple si le ma­lade est dé­jà connu et si sa té­lé­con­sul­ta­tion concerne une pa­tho­lo­gie chro­nique. Pour une cé­pha­lée ou une dou­leur di­ges­tive stan­dard, on pour­ra tem­po­ri­ser avec une mé­di­ca­tion sys­té­ma­tique. En re­vanche, pour des pa­tho­lo­gies aty­piques ou ai­guës, il fau­dra sans doute orien­ter le pa­tient vers un centre mé­di­cal. On peut pen­ser aus­si qu’il fau­dra un per­son­nel soi­gnant à cô­té pour ai­der les mé­de­cins.

Car il est des cas où l’on ne pour­ra pas se pas­ser du geste mé­di­cal fait par un pro­fes­sion­nel de san­té.

Quels re­tours d’ex­pé­riences avez-vous sur la té­lé­con­sul­ta­tion ? J’ai plus de re­tours sur la té­lé­sur­veillance ou la té­léas­sis­tance, mais il est clair que les re­tours sont po­si­tifs. Pour les pa­tients, dé­jà, on op­ti­mise la prise en charge et le trai­te­ment. Ils sont ga­gnants car ils ne se dé­placent pas et parce qu’il y a une amé­lio­ra­tion de leur prise en charge. Au lieu de voir un pa­tient au ca­bi­net tous les 6 mois, par exemple, on peut étu­dier ses pa­ra­mètres chaque mois. S’ils se main­tiennent, ce­la évite des consul­ta­tions in­utiles. À l’in­verse, s’ils se dé­gradent, on peut amé­lio­rer la prise en charge. Ce n’est pas en­core un sui­vi en temps réel, mais presque.

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