“On peut se par­ler de femme à femme”

Maxi - - Psycho - Gé­ral­dine, 44 ans, ma­riée

Ma mère a tou­jours été une femme sûre d’elle, élé­gante, brillante en so­cié­té comme dans sa vie pro­fes­sion­nelle.

J’ai gran­di en l’ad­mi­rant, mais aus­si en me sen­tant un peu in­fé­rieure à elle. J’étais ti­mide, je man­quais de confiance en moi et j’avais l’im­pres­sion de la dé­ce­voir en ne lui res­sem­blant pas. Quand j’étais ado­les­cente, puis jeune adulte, nos re­la­tions étaient dif­fi­ciles : elle cri­ti­quait tout ce que je fai­sais. Mon orien­ta­tion sco­laire, puis pro­fes­sion­nelle, mon choix de pe­tit ami, ma fa­çon d’agir face aux pro­blèmes… De son point de vue, rien n’était ja­mais as­sez bien. Sa pres­sion m’étouf­fait, me don­nait l’im­pres­sion que tout ce que je fai­sais était voué à l’échec. Vers 25 ans, j’ai eu be­soin de mettre de la dis­tance entre nous. Mais, de­puis cinq ans, ce­la va mieux. Suite au dé­cès de mon père (dont j’étais plus proche), nous avons eu une grande con­ver­sa­tion qui a tout chan­gé. Ma mère a re­con­nu que je me dé­brouillais très bien dans la vie : je di­rige une équipe ; mon couple va bien ; mes deux enfants sont joyeux… En fait, notre re­la­tion s’est apai­sée de­puis que j’ai re­non­cé à voir en elle un mo­dèle car, entre-temps, j’ai fait une thé­ra­pie qui m’a beau­coup ai­dée. Dé­sor­mais, j’ap­prends à me va­lo­ri­ser, moi. Nos rap­ports sont plus sains no­tam­ment parce que, comme je me sens en­fin sur un ter­rain d’éga­li­té, on peut en­fin se par­ler de femme à femme, en bonne in­tel­li­gence.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.