˝J’ai été me­née en ba­teau˝

Maxi - - Question D’aujourd’hui -

Il y a trois ans, alors que j’évo­quais ma so­li­tude, ma fille m’a pro­po­sé de m’ins­crire sur un site spé­cial se­niors :

c’est là que j’ai fait la connais­sance de Jacques. Bel homme, di­vor­cé de longue date, sans en­fant, pas en­core re­trai­té car pas­sion­né par son tra­vail. Au fil de nos dis­cus­sions, il m’a dit ha­bi­ter à 800 km de chez moi, tra­vailler dans l’ana­lyse de l’eau et m’a po­sé beau­coup de ques­tions sur ma vie, par exemple de­puis com­bien de temps étaisje di­vor­cée ; quels étaient mes centres d’in­té­rêt… Je lui ré­pon­dais avec plai­sir, car ça me fai­sait du bien de ra­con­ter ma vie. Avec lui, je me sen­tais re­de­ve­nir une jeune fille. À au­cun mo­ment, je ne me suis mé­fiée. Mon coeur bat­tait à la vue de ses mots doux, je ne pen­sais plus qu’à lui. Ma fille était aus­si en­thou­siaste que moi. Jacques se di­sait im­pa­tient de me voir, mais re­pous­sait tou­jours l’échéance à cause de son tra­vail. On se té­lé­pho­nait un peu, mais il rac­cro­chait vite. Puis il est par­ti sou­dai­ne­ment au Bé­nin sur un chan­tier. La com­mu­ni­ca­tion était dif­fi­cile et j’ai réa­li­sé que j’étais de­ve­nue dé­pen­dante de lui. Au bout de dix jours, il a pré­tex­té un vol de pa­piers pour me de­man­der une aide fi­nan­cière. Le mes­sage était as­sez ex­pé­di­tif, di­rec­tif. Après un se­cond mail où il in­sis­tait pour que j’en­voie cet ar­gent, j’ai dé­ci­dé de lui en­voyer 200 eu­ros, puis 300 eu­ros deux se­maines plus tard. Jacques a alors mon­tré son vrai vi­sage : il m’a har­ce­lée pour ob­te­nir en­core da­van­tage d’ar­gent et j’ai re­fu­sé, rap­pe­lant ma pe­tite re­traite. De­vant mes re­fus ré­pé­tés, ses mails ont com­men­cé à de­ve­nir agres­sifs, in­sul­tants… Rien à voir avec l’homme char­mant qui m’en­voyait des mails au dé­but ! J’ai fi­na­le­ment réa­li­sé qu’il m’avait me­née en ba­teau de­puis le dé­but dans le but de me sou­ti­rer de l’ar­gent. De­puis cette his­toire, je me sens dé­truite. J’ai du mal à ou­blier nos échanges, même si je sais qu’il m’a du­pée. Pour moi, c’est une vraie bles­sure amou­reuse, il va me fal­loir du temps pour faire le deuil.

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