Com­mer­çant conves­rant

Maximoto - - RENCONTRE -

L’ex-po­li­cier aux al­lures de ti­ti pa­ri­sien a le coeur ban­lieu­sard. Ce lou­lou de ban­lieue s’ap­prête d’ailleurs à y re­tour­ner pour y mé­ca­ni­quer tout son saoul. Sa der­nière ac­qui­si­tion n’at­tend que ça. Cette Har­ley WLA 750 de 1942 pré­pa­rée flat track va re­joindre une Triumph Speed Twin 1956 500 cm3 dor­lo­tée. La bou­tique res­te­ra là où elle est. Il ne pren­dra pas la poudre d’es­cam­pette du cô­té du mar­ché Ser­pette, aux Puces, en quête d’une tout autre vi­si­bi­li­té. Sa pré­oc­cu­pa­tion ré­side plus dans la créa­tion « d’un coin de fringues de mecs pour filles » . Si­non, tout le monde pousse la porte.

« Ce qui me plaît, c’est d’avoir une his­toire à ra­con­ter. Un fond. Une base que je par­tage avec mes clients. Faire des choses qui se vendent parce que c’est le mo­ment, ce­la ne m’in­té­resse pas. Je fonc­tionne par rap­port à ce qui me plaît, ça, c’est la base. » Chaque ré­fé­rence est ici un mo­tif d’échanges. Sté­phane Sa­la­din de­vient conteur. Il garde une juste dis­tance avec l’élan vin­tage. La ten­dance, c’est bien. L’ir­ré­vé­rence par la dif­fé­rence, c’est mieux. N’em­pêche, T-Bird est re­con­nue pour l’in­té­gri­té du te­nan­cier, y com­pris du point de vue de ses four­nis­seurs. Sté­phane Sa­la­din a bien conscience que ce qu’il pro­pose « vaut un cer­tain prix » . C’est la contre­par­tie hon­nête de la va­leur. Tout ce qui est ven­du est ex­pli­qué. Dé­taillé.

« Elle est gé­niale ma clien­tèle. Moi, en étant flic, je cô­toyais n’im­porte qui. Il fal­lait que je sois tou­jours le même. À l’écoute, y com­pris dans des si­tua­tions de dé­tresse. Ne pas faire de sec­ta­risme, ne pas ca­ta­lo­guer, m’a ser­vi. Je me suis dit : il faut que ma clien­tèle soit riche car di­ver­si­fiée, sin­gu­lière. J’ai la clien­tèle que je sou­hai­tais. » Ra­ni­mer la flamme d’une marque à tra­vers les ob­jets tran­si­tion­nels qui l’en­tourent, c’est son cre­do. À l’écart des flux et des modes, notre homme, qui se dé­clare dis­tant en ami­tié, aime que l’on vienne à sa rencontre. Alors, si vous êtes prêt à en­fon­cer le clou. Un dé­tour par le 16 bis de la rue Mayet est tout in­di­qué. Si­non, ne se­rait-ce que pour sa sin­cé­ri­té, vous pou­vez re­mer­cier la po­lice de l’avoir li­bé­ré.

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