Purs

Maximoto - - PANORAMA POWER CRUISERS -

ou­tils de sé­duc­tion, ces mo­tos placent les sen­sa­tions et les émo­tions au coeur des dé­bats, bien avant les per­for­mances et l’ef­fi­ca­ci­té pure. On peut les ai­mer ou pas, adhé­rer à leur fan-club ou les trou­ver contre-na­ture, sans in­té­rêt, mais une chose est sûre : elles ne laissent per­sonne in­dif­fé­rent ! Il faut dire qu’elles font tout pour. Leur couple, leur poids, leur ga­ba­rit, leur sta­ture les placent au-des­sus de la mê­lée. Leur uti­li­té, voire même leur jus­ti­fi­ca­tion aussi… Et de sur­croît chez nous, où le tout-ve­nant se consti­tue es­sen­tiel­le­ment de road­sters mid-size. Mais après tout, c’est le même to­po dans l’au­to­mo­bile où le gros des troupes se consti­tue de ci­ta­dines ma­zou­tées, ce qui n’em­pêche pour­tant pas le pé­kin moyen de s’in­té­res­ser à la der­nière Porsche Cayenne Tur­bo ou à la LaFer­ra­ri. Juste comme ça, par cu­rio­si­té, alors que l’op­por­tu­ni­té de se re­trou­ver au vo­lant de tels en­gins est quand même très (très !) li­mi­tée. Mais rien n’em­pêche de rê­ver, hein ? Et elle est bien là la force de ces bo­lides. Alors que pour nos mo­tos, même si leur ta­rif les place dans les hautes sphères de l’es­pèce, elles ap­pa­raissent bien plus ac­ces­sibles pour le com­mun des mor­tels, non ? Sur­tout, elles ne misent pas tout sur la frime et dès que l’on quitte l’en­fer ur­bain, elles s’af­fran­chissent de leur rôle de faire-va­loir et ré­vèlent avec avi­di­té un goût pour les grands es­paces. On n’en at­ten­dait pas moins d’en­gins conçus d’abord pour les USA, mais ça fait tout de même plai­sir de le consta­ter. Ca­lées sur le der­nier rap­port, ces ma­chines taillent la route, sûres de leur force et de la sé­ré­ni­té de leurs ré­ac­tions, as­su­mant sans com­plexe leur dé­me­sure mé­ca­nique pour trou­ver une place unique dans l’uni­vers de la moto mo­derne.

Des sen­sa­tions sans filtre

Un bé­mol tou­te­fois pour la Har­ley. La Breakout est celle qui souffre le plus des normes d’ho­mo­lo­ga­tion. Sa cas­tra­tion est un réel han­di­cap, que ce soit au ni­veau des per­for­mances, du ca­rac­tère et de l’agré­ment d’uti­li­sa­tion. Plus cé­ré­brale, moins dé­mons­tra­tive, l’amé­ri­caine s’adresse da­van­tage aux épi­cu­riens, ceux qui connaissent le plai­sir des bonnes choses et sau­ront l’ap­pré­cier à sa juste va­leur. Quitte à fer­mer les yeux sur quelques dé­fauts (amor­tis­se­ment, frei­nage…). C’est aussi ça, la force du bar and shield… La Vmax ca­pi­ta­lise, elle, sur l’au­ra de son an­cêtre des an­nées 80 et son image en bé­ton ar­mé. Ul­tra-chia­dée, chaque pièce uti­li­sée ici mé­rite une ode à sa gloire, sur­tout si l’on veut jus­ti­fier son ta­rif, gé­né­reux lui aussi. Quant au V4, im­pos­sible de gar­der la tête froide, on a qu’une seule en­vie : tordre la poi­gnée et jouir de son po­ten­tiel ! Reste que la Ya­ma­ha se montre bien trop pé­na­li­sée par son train avant pa­taud. Sur­tout com­pa­rée à la Du­ca­ti. OK, le look du Diavel di­vise. Mais la bête de Bor­go Panigale a fait pas­ser le genre power crui­ser dans une autre di­men­sion en dé­mon­trant qu’il est pos­sible d’afficher des (notes sur 5) Gueule de brute Élé­gance Fi­ni­tion Qua­li­té de fa­bri­ca­tion Ca­pi­tal frime Po­si­tion de conduite Prise en main Confort selle Confort sus­pen­sions Équi­pe­ment Ma­nia­bi­li­té Agi­li­té Sta­bi­li­té Ho­mo­gé­néi­té Sur routes bos­se­lées Frei­nage Per­for­mances mo­teur Ca­rac­tère mo­teur Agré­ment mo­teur Trans­mis­sion Conso./au­to­no­mie Prix Coup de coeur

To­tal

3 4 4 5 5 4 3 5 5 5 5 3 5 5 5 5 2 3 4 2 4

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ac­cé­lé­ra­tions de drag­ster, de frei­ner comme une spor­tive et d’avoir le com­por­te­ment d’un road­ster. Un tour de force ! Ce qui ne fait pas pour au­tant d’elle la meilleure, juste la plus per­for­mante. La plus fa­cile aussi. La fa­ci­li­té, ce n’est pas vrai­ment le pos­tu­lat de base de la Ro­cket III Road­ster. À la so­phis­ti­ca­tion, son mons­trueux trois-cy­lindres op­pose le gi­gan­tisme. Chaque coup de gaz ré­veille l’ani­mal qui som­meille en cha­cun de nous. Et à condi­tion de res­pec­ter son poids et son iner­tie, l’an­glaise s’avère même ca­pable d’en­rou­ler pro­pre­ment et à bon rythme sur une dé­par­te­men­tale si­nueuse et d’en re­ti­rer un rap­port plai­sir/ frayeur lar­ge­ment fa­vo­rable. Sans ou­blier que c’est la moins oné­reuse de la bande. Et la Hon­da dans tout ça ? L’in­té­rêt de cette GoldWing al­lé­gée re­pose avant tout sur son ex­cep­tion­nel six-cy­lindres. Moins dé­mons­tra­tif et ex­plo­sif que les autres brutes, il pro­pose en re­vanche une dis­po­ni­bi­li­té et une onc­tuo­si­té sans équi­va­lents sur le mar­ché. Sans ou­blier que la F6C se ré­vèle la plus confor­table de ce pa­no­ra­ma. D’ac­cord, son look très manga, ses as­pects pra­tiques ré­duits au strict mi­ni­mum et son ta­rif éli­tiste ont par­fois du mal à pas­ser, mais il y a un signe qui ne trompe pas : après une jour­née com­plète à son gui­don, vous n’avez qu’une seule en­vie : re­par­tir ! Et c’est grâce à ça que la Hon­da s’im­pose d’une roue au fi­nal.

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