EN AC­TION J’AIME !

Maximoto - - ESSAI POUR OU CONTRE HONDA NM4 VULTUS -

Un peu mor­veux après deux jours au gui­don du ta­pis dé­rou­lant sillon­nant la cam­pagne, Da­vid semble (en­fin) trou­ver le confort per­fec­tible. L’amor­tis­se­ment est là sans pré­tendre à l’ex­cel­lence. Il est par­don­né à la fourche sur les gros frei­nages ap­puyés de pré­sen­ter une pe­tite li­mite de ri­gi­di­té. En ville, s’il n’y avait presque un mètre de lar­geur entre les ré­tros, la Vul­tus glis­se­rait comme une an­guille. Les pro­pos fiel­leux perdent de leur morgue. Comme par en­chan­te­ment, ses 750 cm3 ai­guillon­nés par la trans­mis­sion DCT pa­raissent li­bé­rer bien plus que 53 che­vaux. Prompt à dé­ta­ler sur l’un ou l’autre de ses éta­ge­ments de boîte, l’en­gin laisse pan­tois tout ce que la ca­pi­tale compte d’usa­gers in­cré­dules à deux et/ou trois roues. Sans ef­fu­sions, sa vé­lo­ci­té sur­prend. Ju­gée ri­di­cule, bling-bling black, la Vul­tus est au­des­sus de la mê­lée. Aux prises avec quelques em­bou­teillages, il est rare d’avoir af­faire à un tel équi­libre : ré­par­ti­tion des masses, fi­nesse de la trans­mis­sion sur un fi­let de gaz. Poi­gnée droite en mode chi­rur­gi­cal, on se sur­prend à faire du sur­place tel un pis­tard de vi­tesse (école Da­niel Mo­re­lon et Pierre Tren­tin). Sur un mode de séduction mé­ca­ni­que­ment doux, la Vul­tus ac­cli­mate, puis charme. Même si son es­thé­tique ne cesse d’in­ter­pel­ler, au point d’oc­cul­ter l’es­sen­tiel, équi­libre et dy­na­misme res­sen­tis à son bord ré­pondent à notre at­tente. For­mule as­sez conve­nue si l’on ne pre­nait à ses com­mandes un réel plai­sir. Avec la plus grande éco­no­mie de gestes pos­sible, la trans­mis­sion DCT fait cou­lis­ser ses four­chettes sans ani­croches. On ai­me­rait par­fois un peu plus de sua­vi­té dans leur syn­chro­ni­sa­tion. Si on lui re­tire ces dis­crètes ma­ni­fes­ta­tions, que lui reste-t-il de mé­ca­nique ? Avec son air de ne pas être taillée pour ce­la, la Vul­tus in­vite à mettre les voiles sur les si­nu­soïdes départementales… En mode vol de nuit, l’ef­fi­cace éclai­rage à leds s’ajoute à la riche pa­lette des doux ré­troé­clai­rages. « Ta mo­to, c’est un peu comme un Tup­per­ware des­si­né par Phi­lippe Starck, sans le cô­té pra­tique » : mon voi­sin, joi­gnant le geste à son ama­bi­li­té, mar­tèle la tôle de sa Ves­pa hors d’âge. N’em­pêche, de toute la li­gnée des NC, la Vul­tus ne trans­forme pas en pu­ni­tion le fait de ne pas dé­pas­ser 4 litres aux 100 ki­lo­mètres. Que Hon­da, qui se fait un de­voir de com­mer­cia­li­ser des pro­duits tech­no­lo­gi­que­ment abou­tis, aus­si lisses et peau­fi­nés qu’ef­fi­caces, ose ce dé­lire Star Trek a quelque chose de ras­su­rant et d’in­con­ve­nant à la fois. Et si cet an­ti­con­for­misme était autre chose qu’un simple in­ci­dent de par­cours ? Il est bon que le leit­mo­tiv « To­tal con­trol » cher à Hon­da lui échappe un peu.

An­gu­leuse, la Vul­tus met des formes à ses as­pi­ra­tions de rou­tière. Il ne lui manque alors que les va­lises in­té­grées de la ver­sion amé­ri­caine.

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