Quelle

Maximoto - - RÉTRO -

sé­duc­trice, cette 125 ! Fu­rieu­se­ment pop. Une al­lu­meuse qui in­vite à une étreinte lan­gou­reuse. Parce qu’on ne fait pas des 125 éner­vées de ces riches an­nées nos choux gras, com­ment né­gli­ger, pire, mé­pri­ser, celles qui firent de ce joyau un ob­jet de vi­trine sur pié­des­tal ? YL1, A7, AS1, AS2, jus­qu’à l’AS3. Si l’on en juge par les chiffres de ventes de l’époque, cette fine 125 fait mouche. À l’heure du per­mis de conduire, pas­se­port de l’éman­ci­pa­tion, un pa­quet d’ado­les­cents prêts à re­mi­ser leur 50 cm3 l’ont en ligne de mire. Gra­vir les pre­miers éche­lons du motocyclisme à son gui­don vaut la re­con­nais­sance des aî­nés dé­jà mon­tés en gamme, eux. Telles celles d’une confi­se­rie, ses cou­leurs aci­du­lées plongent au coeur d’un ka­léi­do­scope ma­gique. Le coeur cha­vire. Cette 125 bicylindre deux-temps ja­po­naise prend an­crage dans l’in­cons­cient col­lec­tif. 1972-2013. À condi­tion de par­ler de soi, l’amour por­té à l’AS3, avec un grand A, fait un très grand écart. On ap­pelle ça, seu­le­ment dans les fa­milles hau­te­ment résistantes à l’usure du temps, voire in­oxy­dables, des noces d’éme­raude. Il y a 41 ans, été 1972, An­nie m’in­vite à dé­lais­ser ma Flan­dria SP 537. Une Belge qui fume, elle aus­si. An­nie, la douce. Un peu ab­sente, comme flot­tant au-des­sus de notre bande. La seule na­na pas­sa­gère connue d’une CCM, dia­ble­ment bien em­me­née, en en­du­ro. Res­pect ! Au dé­bot­té, la jo­lie Bri­va­doise me tend la clé de son AS3. Pour­quoi moi ? Pas l’âge, pas le per­mis. Tout sim­ple­ment pas le droit. Le temps d’en­chaî­ner, comme un voleur, deux mon­tées de l’ave­nue Paul-Cham­briard. Je re­çois la lu­mière. L’ex­ta­tique ré­vé­la­tion à l’as­saut de la zone rouge. Une porte s’ouvre au point de fer­mer mon cla­pet. Cette AS3 comme une ca­ta­pulte dans le Wild Side de mon exis­tence.

Rhé­to­riques fu­meuses

Prin­temps 2013, en route vers les Coupes Mo­to Lé­gende : YAS1, YAS2, YAS3 sont de la par­tie. L’en­chan­te­ment opère à nou­veau : so­nore, vif, élec­tri­sant. Les sen­sa­tions de 72 sont res­ti­tuées in­tactes. Lors de la sor­tie de l’YAS3, à l’ex­cep­tion d’une éli­tiste mi­no­ri­té d’ini­tiés, l’uni­vers clos des mo­teurs deux-temps, c’est du petit-nègre. Cette sa­lade in­terne nous passe un peu au-des­sus de la tête. Entre potes, on n’en est pas non plus à se chi­ca­ner en tran­chant dans le vif entre deux-temps et qua­tre­temps. Nous lais­sions cette af­faire aux « grands ». Le cycle à 2 temps, pour fa­bu­leux et ex­ci­tant qu’il soit, reste né­bu­leux. Une course mo­trice par tour au lieu d’une course tous les deux tours pour le quatre-temps. Euh… Com­ment dire ? Quant à l’im­pé­rieuse étan­chéi­té entre chaque en­semble cy­lindre-car­ter avec son ju­meau d’à cô­té… ce n’est pas beau­coup plus clair. On ad­met, par mé­con­nais­sance, que la pré­com­pres­sion d’un mo­teur deux­temps s’ef­fec­tue dans le car­ter.

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