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Com­ment Fi­nan­cer les études de vos en­fants ?

Mes Finances - - SOMMAIRE -

entre le paie­ment de l’en­sei­gne­ment, du lo­ge­ment et les autres dé­penses in­évi­tables, le fi­nan­ce­ment des études des en­fants peut tour­ner au casse-tête. nos ré­ponses pour y voir plus clair et an­ti­ci­per cette pro­blé­ma­tique dans les meilleures condi­tions et à moindre coût.

Pour ne pas stop­per la car­rière pro­met­teuse de votre pro­gé­ni­ture, il faut an­ti­ci­per. Par­mi les op­tions en­vi­sa­geables, le prêt étu­diant, l’as­su­rance vie mais

aus­si le crowd­fun­ding. Le point sur les choix qui s’offrent à vous.

« Un jour, tu se­ras grand. » ce jour ar­rive sou­vent beau­coup trop tôt. et lorsque le mo­ment se­ra ve­nu pour votre en­fant de quit­ter le nid fa­mi­lial pour faire ses études, il fau­dra pou­voir as­su­rer fi­nan­ciè­re­ment. c’est pour­quoi il faut ré­flé­chir tôt aux moyens de fi­nan­cer ses études. Mais pas de pa­nique, en étant bien pré­pa­ré, il n’y a au­cune rai­son que vous ne rem­plis­siez pas cor­rec­te­ment vos de­voirs pa­ren­taux. en fonc­tion de votre épargne et de votre pa­tri­moine, plu­sieurs op­tions s’offrent à vous : des plus évi­dentes comme les li­vrets ban­caires et l’as­su­rance vie aux plus ori­gi­nales comme le crowd­fun­ding. tour d’ho­ri­zon.

les li­vrets d’épargne, simples mais peu ré­mu­né­ra­teurs

Pre­mière op­tion, les li­vrets d’épargne ban­caires. il suf­fit en ef­fet de pous­ser la porte de sa banque. « Le mieux est de com­men­cer à épar­gner dès la nais­sance de votre en­fant, 30 à 40 eu­ros par mois en y ajou­tant les ca­deaux de la famille. Au fi­nal, à ses 18 ans, il au­ra de quoi fi­nan­cer ses deux pre­mières an­nées d’études », confirme le conseiller clien­tèle d’un groupe ban­caire. Le Li­vret a reste une pos­si­bi­li­té mal­gré son taux pas­sé à 0,75% au 1er août 2015 : vous pou­vez l’ou­vrir au nom de votre en­fant dès ses pre­mières heures sur terre et y dé­po­ser jus­qu’à 22.950 eu­ros (hors in­té­rêts). Face à cette faible ré­mu­né­ra­tion, vous pou­vez op­ter pour l’ou­ver­ture d’un plan épargne lo­ge­ment (PEL), au ren­de­ment lé­gè­re­ment su­pé­rieur (1,69% net). Quel que soit le li­vret choi­si, « met­tez-le au nom de votre en­fant. En cas de di­vorce, l’au­to­ri­té pa­ren­tale se­ra par­ta­gée, l’un des pa­rents ne pour­ra pas re­ti­rer les sommes pla­cées », pré­vient le ban­quier. si en théo­rie vous ne de­vez re­ti­rer le ca­pi­tal pré­sent sur le li­vret de votre bam­bin que pour les be­soins de son édu­ca­tion, dans les faits « en 15 ans de car­rière, je n’ai ja­mais vu un en­fant le re­pro­cher à ses pa­rents, ra­conte-il. Avec l’au­to­ri­té pa­ren­tale, vous pou­vez pré­le­ver de l’ar­gent jus­qu’à sa ma­jo­ri­té. » Le risque est plu­tôt à cher­cher du cô­té de votre en­fant, rien ne ga­ran­tit en ef­fet que l’étu­diant en herbe ne di­la­pide pas vos éco­no­mies.

l’as­su­rance vie, sécurité et ren­de­ment

so­lu­tion pri­vi­lé­giée car plus ré­mu­né­ra­trice que les li­vrets ban­caires, l’as­su­rance vie reste un moyen simple et fis­ca­le­ment avan­ta­geux de fi­nan­cer les études de son en­fant. vous pou­vez sous­crire ce pro­duit à son nom ou à ce­lui de votre pe­tit-en­fant mi­neur. il existe des contrats dits in­ter­gé­né­ra­tion­nels qui per­mettent au bé­né­fi­ciaire de dis­po­ser d’une somme d’ar­gent qui doit être dé­blo­quée entre son 18e et 25e an­ni­ver­saire. si le contrat est ou­vert suf­fi­sam­ment tôt, votre en­fant pour­ra pro­fi­ter d’une fis­ca­li­té in­té­res­sante à ses 18 ans. en ef­fet, au-de­là de huit ans de dé­ten­tion, vous pro­fi­tez d’un abat­te­ment sur les plus-va­lues de 4.600 eu­ros par an si vous êtes cé­li­ba­taire et de 9.200 eu­ros en couple. vous pou­vez or­ga­ni­ser les ver­se­ments comme bon vous semble, en fonc­tion de votre pa­tri­moine et des re­ve­nus que vous per­ce­vez. Pour cet in­ves­tis­se­ment à long terme, le fonds en eu­ros semble le plus adap­té, car vous êtes sûr de ré­cu­pé­rer votre ca­pi­tal de dé­part. « Mais si vous vous y pre­nez tôt, au moins 10 ans avant la ma­jo­ri­té, vous pour­rez mi­ser sur des uni­tés de compte, le risque se­ra lis­sé dans le temps et vous ob­tien­drez un meilleur ren­de­ment », nuance le char­gé de clien­tèle. en­fin, vous pou­vez choi­sir de mettre en place une rente édu­ca­tion. ces ver­se­ments, sou­vent à fonds per­dus, as­surent aux en­fants de quoi réa­li­ser des études en cas de décès, voire d’in­va­li­di­té, d’un des pa­rents.

do­na­tion-par­tage, pour les plus gé­né­reux

si vous op­tez pour la do­na­tion, plu­sieurs règles sont à res­pec­ter. Les grands-pa­rents pro­fitent d’un abat­te­ment jus­qu’à 31.865 eu­ros par pé­riode de 15 ans et par pe­tit-en­fant. Pour chaque pa­rent, la somme li­mite grimpe à 100.000 eu­ros. « Vous pou­vez dé­ci­der de faire une do­na­tion pour ré­ta­blir l’équi­libre entre ce­lui dont les études vous ont très peu coû­té et ce­lui pour qui vous avez le plus dé­pen­sé pen­dant cette pé­riode », en­vi­sage maître Jean-mi­chel Bois­set, no­taire dans le cal­va­dos. « Bien sûr, il n’y a au­cune obli­ga­tion à faire ce ré­équi­li­brage mais ce­la peut clai­re­ment évi­ter les pro­blèmes plus tard », com­plète Bo­ris vienne, no­taire en Haute-ga­ronne. ce­pen­dant, com­ment vous as­su­rer que l’ar­gent que vous met­tez à la dis­po­si­tion de votre en­fant se­ra réel­le­ment uti­li­sé pour fi­nan­cer ses études ? « Dans toute do­na­tion ou as­su­rance vie, vous pou­vez mettre une clause pré­ci­sant que le contrat se­ra ré­vo­qué si les fonds ne sont pas uti­li­sés pour ce qui était pré­vu », pré­cise Jean-mi­chel Bois­set. votre en­fant au­ra une épée de da­mo­clès au-des­sus de sa tête. Mais risque-t-elle réel­le­ment de tom­ber ? « Dans les faits, il n’existe pas d’ou­tils de contrôle. Et rares sont les pa­rents à al­ler jus­qu’au conten­tieux sur cette ques­tion, pré­vient Bo­ris vienne. Cette clause a une va­leur ju­ri­dique mais à mes yeux sur­tout mo­rale.»

la pierre, le plus du­rable

autre pla­ce­ment pos­sible, plus du­rable : l’achat d’un stu­dio ou d’un deux pièces pour que votre en­fant puisse y ha­bi­ter plus tard. si beau­coup de pa­rents font ce choix, est-ce à dire que c’est un pa­ri for­cé­ment ga­gnant ? « Il ne faut pas trop an­ti­ci­per au risque de vous trom­per. Ré­flé­chis­sez-y lorsque vos en­fants ter­minent le col­lège, pré­co­nise Hen­ry Bu­zy-ca­zaux, pré­sident de l'ins­ti­tut du ma­na­ge­ment des ser­vices im­mo­bi­liers (imsi). C’est bien de pri­vi­lé­gier l’as­pect fa­mi­lial, mais vous de­vez aus­si être cer­tain que la ville dans la­quelle vous in­ves­tis­sez pos­sède une forte de­mande lo­ca­tive avec une offre uni­ver­si­taire at­trac­tive et un im­por­tant bas­sin éco­no­mique. » avant de son­ger au fu­tur nid douillet de votre bam­bin, « votre ob­jec­tif doit être de vous consti­tuer un pa­tri­moine et des re­ve­nus sup­plé­men­taires. Si fi­na­le­ment ce bien est oc­cu­pé par un de vos en­fants, ce se­ra la ce­rise sur le gâ­teau », ajoute Laurent stri­chard, gé­rant de la so­cié­té d’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier open Part­ners. dans le cas où vous avez vi­sé juste, et à la condi­tion d’avoir in­ves­ti dans un lo­ge­ment neuf, vous pou­vez le louer à votre en­fant tout en bé­né­fi­ciant de la ré­duc­tion d’im­pôt du dis­po­si­tif Pi­nel (12% pour un en­ga­ge­ment de 6 ans, 18% pour 9 ans et 21% pour 12 ans). tou­te­fois, votre

en­fant ne doit plus faire par­tie de votre foyer fiscal, il doit obli­ga­toi­re­ment payer un loyer et ne pour­ra plus per­ce­voir d’aides au lo­ge­ment. « Le fisc n’aime pas la gra­tui­té. Mieux vaut éta­blir un bail avec un loyer, même s’il est 20 ou 30% en des­sous du mar­ché, es­time Hen­ry Bu­zy-ca­zaux. Vous pour­rez alors ver­ser une pen­sion ali­men­taire à votre en­fant qui se­ra dé­duc­tible de vos im­pôts. » si fi­na­le­ment son choix s’est por­té sur une autre ville, il existe la so­lu­tion de la do­na­tion d’usu­fruit tem­po­raire du bien. votre en­fant per­ce­vra alors le re­ve­nu de la lo­ca­tion. L’éva­lua­tion de la somme don­née cor­res­pond à 23% de la va­leur de la pleine pro­prié­té pen­dant une pé­riode de 10 ans, avant que vous n’en re­trou­viez la pleine pro­prié­té. « Ce­la passe par un acte no­ta­rié et est consi­dé­ré comme une avance sur la part suc­ces­so­rale fu­ture », dé­taille Bo­ris vienne. autre atout : « Votre bien sort de votre pa­tri­moine à dé­cla­rer si vous êtes as­su­jet­ti à L’ISF », pré­cise Laurent stri­chard. Mais pour ce­la, votre en­fant ne doit pas être rat­ta­ché à votre foyer fiscal.

le prêt étu­diant, pour les re­tar­da­taires

an­ti­ci­per, c’est mieux mais pas obli­ga­toire. si vous faites par­tie des pa­rents re­tar­da­taires, un prêt étu­diant dont vous vous por­tez cau­tion so­li­daire peut fi­nan­cer les études de votre en­fant. « Comme un étu­diant ne pos­sède gé­né­ra­le­ment pas de re­ve­nus, les banques de­mandent for­te­ment l’ap­pui des pa­rents comme ga­ran­tie de paie­ment », in­dique le conseiller clien­tèle. La pre­mière chose à faire est de cal­cu­ler le mon­tant né­ces­saire au fi­nan­ce­ment des études. « Il faut prendre en compte les frais d’ins­crip­tion, de ma­té­riel, de lo­ge­ment et de vie quo­ti­dienne. Vous de­vrez jus­ti­fier du mon­tant que vous sou­hai­tez ob­te­nir au­près de la banque », ex­plique ch­ris­tian Ka­mayou, fon­da­teur du site de cour­tage Fi­nan­ce­te­se­tudes.com. une fois le prêt ob­te­nu (taux de 2 à 3% sur 5 à 7 ans en moyenne), op­tez pour un dé­blo­cage des sommes au fur et à me­sure des be­soins. « C’est un gage de sécurité pour vous et la banque. De plus, si vous em­prun­tez par exemple 40.000 eu­ros et qu’au fi­nal vous n’avez uti­li­sé que 30.000 eu­ros, vous pour­rez lais­ser le trop plein à la banque », conseille le ban­quier. Mais pas l’in­verse, d’où l’in­té­rêt de faire un cal­cul juste. sa­chez qu’il est pos­sible de dé­ci­der dès le dé­part d’un rem­bour­se­ment dif­fé­ré à la fin des études. « In­sé­rez éga­le­ment une clause de rem­bour­se­ment an­ti­ci­pé », sug­gère ch­ris­tian Ka­mayou. avec l’aide des pa­rents ou seul, l’étu­diant pour­ra ain­si com­men­cer à rem­bour­ser son prêt avant s’il le dé­sire.

le Crowd­fun­ding, pour les plus mo­ti­vés

Pour­quoi ne pas sol­li­ci­ter la gé­né­ro­si­té des autres ? c’est ce que pro­posent des pla­te­formes de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif (ou crowd­fun­ding) ex­clu­si­ve­ment dé­diées aux étu­diants. Le sys­tème est simple : « Vous dé­po­sez votre pro­jet sur notre pla­te­forme, nous l’exa­mi­nons et s’il cor­res­pond, nous vous en­voyons un lien. Jus­qu’à 10% de la somme fixée, c’est à vous de faire la pro­mo­tion de votre pro­jet. En­suite, il se­ra vi­sible sur notre site », ex­plique le di­rec­teur gé­né­ral d’eduk­lab, Jean-marc nou­rel. il n’y a pas de li­mite sur le mon­tant de la col­lecte, mais la du­rée ne peut ex­cé­der 60 jours. seul im­pé­ra­tif, bien dé­tailler votre pro­jet et « être ac­tif ». il n’y a pas de se­cret, « plus vous se­rez mo­ti­vé et fe­rez la pro­mo­tion de votre pro­jet, plus vous au­rez des chances de suc­cès », se­lon Jean-marc nou­rel. en ef­fet, n’ayez pas peur de sol­li­ci­ter la gé­né­ro­si­té des in­ter­nautes : cer­tains étu­diants ont très bien ven­du leur pro­jet et ont pu ré­col­ter jus­qu’à 8.000 eu­ros. si vous re­ce­vez plus que la somme de dé­part, le bo­nus vous re­vient (après com­mis­sion du site). en cas de suc­cès, l’ar­gent vous se­ra re­mis une se­maine après la fin de la col­lecte. en échange, « un mer­ci » et des nou­velles de votre pro­jet ou la pro­po­si­tion de vos com­pé­tences dans un do­maine à vos do­na­teurs suf­fisent.

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