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Les nou­veau­tés de La Loi Ma­cron Pour l'épargne sa­la­riale

Mes Finances - - SOMMAIRE -

La loi Ma­cron in­tro­duit plu­sieurs me­sures sur l’in­té­res­se­ment et la par­ti­ci­pa­tion dans les pe­tites et moyennes en­tre­prises. Les plans d’épargne pour la re­traite col­lec­tifs (Per­co) et les ac­tions gra­tuites sont no­tam­ment concer­nés, tout comme la fis­ca­li­té pa­tro­nale.

du 7 août 2015 in­tègre di­verses dis­po­si­tions en fa­veur du dé­ve­lop­pe­ment, de la sim­pli­fi­ca­tion et de l’élar­gis­se­ment de l’épargne sa­la­riale. De nom­breux sa­la­riés vont bé­né­fi­cier de ces me­sures vi­sant no­tam­ment à dé­mo­cra­ti­ser l’in­té­res­se­ment et la par­ti­ci­pa­tion dans les pe­tites et moyennes en­tre­prises. Par­mi les le­viers ac­tion­nés pour ré­pondre aux at­tentes des sa­la­riés et des en­tre­pre­neurs, la sim­pli­fi­ca­tion du plan d'épargne pour la re­traite col­lec­tif, la diminution de la fis­ca­li­té pa­tro­nale ou

en­core l’har­mo­ni­sa­tion des dis­po­si­tifs d’in­té­res­se­ment et de par­ti­ci­pa­tion.

La loi Ma­cron, ce n’est pas seule­ment le tra­vail le di­manche ou la li­bé­ra­li­sa­tion du trans­port en au­to­car. Par­mi les me­sures moins mé­dia­ti­sées mais tout aus­si im­por­tantes, les dis­po­si­tions re­la­tives à l’épargne sa­la­riale de la loi pour la crois­sance, l’ac­ti­vi­té et l’éga­li­té des chances éco­no­miques de­vraient di­rec­te­ment bé­né­fi­cier au por­te­feuille des Fran­çais. Le texte pu­blié au Jour­nal of­fi­ciel le 7 août 2015 pré­voit un vé­ri­table ar­se­nal de me­sures pour at­teindre trois ob­jec­tifs : élar­gir l’ac­cès à l’épargne sa­la­riale dans les tpe/ PME, sim­pli­fier les mé­ca­nismes d’épargne sa­la­riale et amé­lio­rer l’in­for­ma­tion des sa­la­riés.

Coup de pouce aux pe­tites en­tre­prises

Pre­mier ob­jec­tif de la loi sur la crois­sance et l’ac­ti­vi­té, ou­vrir l’épargne sa­la­riale aux pa­trons de PME et tpe. car si l’as­so­cia­tion fran­çaise de la ges­tion fi­nan­cière (AFG) re­cen­sait près de 11 mil­lions de comptes de por­teurs d’épargne sa­la­riale à fin 2014, avec un en­cours en hausse de 5% sur un an à 110 mil­liards d’eu­ros, les sa­la­riés de pe­tites en­tre­prises sont ma­jo­ri­tai­re­ment pri­vés de tels dis­po­si­tifs. se­lon les der­nières sta­tis­tiques pu­bliées par la di­rec­tion de l’ani­ma­tion de la re­cherche, des études et des sta­tis­tiques (dares), seuls 15,8% des col­la­bo­ra­teurs d’en­tre­prises de moins de 50 sa­la­riés avaient ac­cès à un dis­po­si­tif d’in­té­res­se­ment ou de par­ti­ci­pa­tion en 2013 et 10,9% avaient ef­fec­ti­ve­ment tou­ché une prime à ce titre, contre res­pec­ti­ve­ment 93,8% et 79,1% dans les en­tre­prises de plus de 500 sa­la­riés. Pour dé­mo­cra­ti­ser l’in­té­res­se­ment et la par­ti­ci­pa­tion dans les tpe/pme, la loi Ma­cron pré­voit no­tam­ment d’abais­ser la fis­ca­li­té sup­por­tée par les chefs d’en­tre­prise afin d’in­ci­ter ces der­niers à mettre en place un mé­ca­nisme au pro­fit de leurs em­ployés. dès le 1er jan­vier 2016, un taux de for­fait so­cial ré­duit se­ra donc ef­fec­tif pour les en­tre­prises de moins de 50 sa­la­riés. re­le­vée à 20% pour les ver­se­ments des em­ployeurs de­puis le 1er août 2012, cette taxa­tion va être abais­sée à 8% pour les en­tre­prises de moins de 50 sa­la­riés qui mettent en place un dis­po­si­tif de par­ti­ci­pa­tion aux résultats de l’en­tre­prise. concrè­te­ment, ce coup de pouce bé­né­fi­cie­ra aux en­tre­prises qui signent un ac­cord de par­ti­ci­pa­tion ou d’in­té­res­se­ment mais éga­le­ment à celles qui en concluent un pour la pre­mière fois de­puis au moins cinq ans. une fis­ca­li­té adou­cie qui de­vrait per­mettre aux sa­la­riés de tpe/pme de pro­fi­ter d’un re­ve­nu sup­plé­men­taire non né­gli­geable : « En 2013, le com­plé­ment de ré­mu­né­ra­tion dé­ga­gé par l’en­semble des dis­po­si­tifs s’est éta­bli en moyenne à 2.269 eu­ros par sa­la­rié bé­né­fi­ciaire dans les en­tre­prises de 10 sa­la­riés ou plus », pointe ain­si la dares. un mon­tant qui re­pré­sente tout de même 6,3% du sa­laire an­nuel des bé­né­fi­ciaires ! seul bé­mol à ap­por­ter à cette me­sure, elle ne bé­né­fi­cie­ra pas aux em­ployeurs qui ont mis en place un dis­po­si­tif d’in­té­res­se­ment ou de par­ti­ci­pa­tion avant la date du 1er jan­vier 2016. « Un si­gnal né­ga­tif as­sez fort » en­voyé à ces en­tre­prises se­lon le dé­pu­té Les ré­pu­bli­cains des Yve­lines Jean-fré­dé­ric Pois­son. une po­si­tion par­ta­gée par ri­chard thi­riet, pré­sident na­tio­nal du centre des jeunes di­ri­geants d’en­tre­prises (cjd France), pour qui « les en­tre­prises ver­tueuses sur l’épargne sa­la­riale ne bé­né­fi­cient pas d’un trai­te­ment équi­table ».

l’épargne re­traite re­lan­cée

ou­vrir l’épargne sa­la­riale aux pe­tites en­tre­prises est né­ces­saire mais in­suf­fi­sant pour la dé­ve­lop­per en France. Le gou­ver­ne­ment a ain­si pré­vu de mettre en avant le plan d'épargne pour la re­traite col­lec­tif. Le Per­co est vi­sé par une bat­te­rie de me­sures spé­ci­fiques, l’ob­jec­tif étant double ici, à sa­voir orien­ter l’épargne des sa­la­riés vers l’éco­no­mie « réelle » tout en pous­sant les Fran­çais à se consti­tuer un pé­cule pour la re­traite. Mal­gré l’ur­gence de la si­tua­tion et la né­ces­si­té de pré­pa­rer un re­ve­nu de com­plé­ment à la re­traite, « le mon­tant moyen de l’abon­de­ment sur Per­co a re­cu­lé en 2013 au ni­veau his­to­ri­que­ment bas de 445 eu­ros par sa­la­rié bé­né­fi­ciaire », rap­porte le mi­nis­tère du tra­vail. Pour in­ci­ter les em­ployeurs à re­le­ver le mon­tant de leurs ver­se­ments, la loi Ma­cron ins­ti­tue une fis­ca­li­té ré­duite, avec un taux de for­fait so­cial ra­me­né à 16% pour cer­tains Per­co, dé­si­gnés sous le terme de Per­co+. Les mon­tants pla­cés sur ces plans de­vront être af­fec­tés par dé­faut sur un mode de ges­tion pi­lo­tée, qui consiste à di­mi­nuer pro­gres­si­ve­ment l’ex­po­si­tion au risque à me­sure que l’heure de la re­traite ap­proche. Par ailleurs, ces Per­co de­vront conte­nir des fonds com­muns de pla­ce­ment d’en­tre­prise (Fcpe) in­ves­tis au mi­ni­mum à 7% en titres de PME et eti (en­tre­prises de taille in­ter­mé­diaire) éli­gibles à l’en­ve­loppe fis­cale du Pea-pme. ces deux obli­ga­tions ré­pondent en par­tie à la pro­blé­ma­tique de la consti­tu­tion d’un re­ve­nu de com­plé­ment pour la re­traite, avec un ren­de­ment boos­té par rap­port aux fonds mo­né­taires pri­vi­lé­giés par une ma­jo­ri­té de sa­la­riés, ain­si qu’au flé­chage de l’épargne des Fran­çais vers l’éco­no­mie réelle, via le fi­nan­ce­ment d’en­tre­prises.

plus de Flexi­bi­li­té pour les per­co

dans l’op­tique de sim­pli­fier l’uti­li­sa­tion des Per­co « clas­siques », les sommes ver­sées sur ces plans à comp­ter du 1er jan­vier se­ront orien­tées sur un mode de ges­tion pi­lo­tée si le sa­la­rié ne com­mu­nique pas son choix à son pa­tron. autres avan­cées pra­tiques, les sa­la­riés pour­ront, lors­qu’ils ne dis­posent pas d’un compte épargne temps (cet), ver­ser jus­qu’à 10 jours de re­pos sur le Per­co, contre 5 jus­qu’ici. cô­té em­ployeur, la flexi­bi­li­té est éga­le­ment de mise à par­tir du 1er jan­vier pro­chain. un chef d’en­tre­prise pour­ra alors abon­der li­bre­ment le Per­co de ses sa­la­riés, « même en l’ab­sence de contri­bu­tion du sa­la­rié », pré­cise la loi Ma­cron. Le rè­gle­ment du plan de­vra pré­voir cette éven­tua­li­té, en pré­ci­ser la pé­rio­di­ci­té et les ver­se­ments de­vront être égaux entre tous les col­la­bo­ra­teurs concer­nés. Pour pous­ser les pa­trons à jouer le jeu du Per­co à fond, la contri­bu­tion spé­ci­fique ac­quit­tée par les em­ployeurs, d’un taux de 8,2% pour la frac­tion du ver­se­ment su­pé­rieure à 3.200 eu­ros par an, est sup­pri­mée.

meilleure li­si­bi­li­té pour l’in­té­res­se­ment et la par­ti­ci­pa­tion

Par­mi les me­sures vi­sant à fa­ci­li­ter la mise en place d’un dis­po­si­tif d’épargne sa­la­riale, l’har­mo­ni­sa­tion du fonc­tion­ne­ment de l’in­té­res­se­ment et de la par­ti­ci­pa­tion fi­gure en bonne po­si­tion. ain­si, les dates li­mites de ver­se­ment sur ces deux mé­ca­nismes se­ront ali­gnées, pour in­ter­ve­nir le der­nier jour du cin­quième mois sui­vant la clô­ture de l’exer­cice de l’en­tre­prise. en­tré en vi­gueur le 7 août 2015, l’ar­ticle 153 de la loi pour la crois­sance et l’ac­ti­vi­té per­met dé­sor­mais d’en fi­nir avec le dé­ca­lage de dates bu­toirs de ver­se­ments pour l’in­té­res­se­ment et la par­ti­ci­pa­tion. autre fac­teur de sim­pli­fi­ca­tion, les primes d’in­té­res­se­ment se­ront au­to­ma­ti­que­ment blo­quées sur un Pee (plan d'épargne d'en­tre­prise) ou un Pei (plan d'épargne in­ter­en­tre­prises) en l’ab­sence de choix du sa­la­rié. une pé­riode de tran­si­tion, pré­vue entre le 1er jan­vier 2016 et le 31 dé­cembre 2017, per­met­tra aux sa­la­riés étour­dis de de­man­der le ver­se­ment de leur prime jus­qu’à trois mois après avoir été no­ti­fiés de l’af­fec­ta­tion de ces sommes sur leur plan d’épargne sa­la­riale.

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EU­ROS D’ABON­DE­MENT MOYEN SUR LES PLANS D'ÉPARGNE POUR LA RE­TRAITE COL­LEC­TIFS en 2013

10,9 % des sa­la­riés D’EN­TRE­PRISES DE MOINS DE 50 SA­LA­RIÉS ONT TOU­CHÉ UNE PRIME D’IN­TÉ­RES­SE­MENT OU DE PAR­TI­CI­PA­TION en 2013

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