DE­MAN­DER SA RE­TRAITE SUR IN­TER­NET,

C’EST DÉ­SOR­MAIS POS­SIBLE

Mes Finances - - LA UNE -

De­puis le 4 jan­vier 2017, les sa­la­riés peuvent ef­fec­tuer une de­mande de re­traite 100% dé­ma­té­ria­li­sée pour leur pen­sion de base. Cette nu­mé­ri­sa­tion va se dé­ve­lop­per pro­gres­si­ve­ment pour concer­ner, au plus tard le 1er jan­vier 2019, l’en­semble des ré­gimes de re­traite et des ac­tifs.

Dé­sor­mais, une par­tie des Fran­çais peuvent réa­li­ser leur de­mande de re­traite de base sur In­ter­net. Pour rap­pel, en France, ce sont les ac­tifs qui doivent de­man­der à quit­ter la vie pro­fes­sion­nelle. L'em­ployeur ne peut pas mettre un em­ployé d'of­fice à la re­traite sauf si son poste né­ces­site des ap­ti­tudes phy­siques par­ti­cu­lières. Jus­qu'ici, pour de­man­der la li­qui­da­tion de leurs droits, les as­su­rés de­vaient re­ti­rer un for­mu­laire à leur caisse de re­traite ou le té­lé­char­ger sur le site in­ter­net de leur caisse, l'im­pri­mer, le rem­plir et l'en­voyer par cour­rier ac­com­pa­gné des pièces jus­ti­fi­ca­tives de­man­dées. De­puis le 4 jan­vier 2017, les sa­la­riés du sec­teur pri­vé et les agents non ti­tu­laires de la fonc­tion pu­blique peuvent ef­fec­tuer une de­mande de re­traite de base en ligne. A par­tir du 1er juillet 2017, les sa­la­riés agri­coles et les tra­vailleurs in­dé­pen­dants (ar­ti­sans, com­mer­çants, chefs d'en­tre­prise) pour­ront à leur tour de­man­der à bé­né­fi­cier de leur re­traite de base de ma­nière en­tiè­re­ment dé­ma­té­ria­li­sée. Au plus tard le 1er jan­vier 2019, la de­mande de re­traite en ligne se­ra éten­due aux non-sa­la­riés agri­coles (ex­ploi­tants agri­coles, col­la­bo­ra­teurs d'ex­ploi­ta­tion et aides fa­mi­liaux), aux pro­fes­sions li­bé­rales (mé­de­cins, no­taires, ar­chi­tectes, ex­perts-comp­tables...), aux fonc­tion­naires ti­tu­la­ri­sés et aux agents des en­tre­prises et éta­blis­se­ments pu­blics (SNCF, RATP, Banque de France...).

UNI­QUE­MENT LA RE­TRAITE DE BASE

Ac­tuel­le­ment, la de­mande de re­traite dé­ma­té­ria­li­sée est pos­sible uni­que­ment au­près de l'as­su­rance re­traite, le ré­gime de re­traite de base des sa­la­riés et des agents pu­blics non ti­tu­laires. Par ailleurs, il faut que l'as­su­rance re­traite soit le der­nier ré­gime de base d'af­fi­lia­tion. Un an­cien sa­la­rié de­ve­nu ar­ti­san ne peut ain­si pas de­man­der à li­qui­der ses droits en ligne. Il doit conti­nuer à en­voyer par cour­rier sa de­mande de re­traite au Ré­gime so­cial des in­dé­pen­dants (RSI). Les sa­la­riés et agents pu­blics non ti­tu­la­ri­sés doivent conti­nuer à de­man­der leur re­traite com­plé­men­taire par cour­rier. En plus de la de­mande dé­ma­té­ria­li­sée à l'as­su­rance re­traite, les sa­la­riés doivent ain­si ef­fec­tuer une de­mande « clas­sique » au­près de l'arr­co et, s'ils pos­sèdent le sta­tut cadre, au­près de l'agirc. Les cadres ont be­soin de rem­plir un seul for­mu­laire, fai­sant of­fice à la fois de de­mande de re­traite pour l'arr­co et l'agirc. Les agents non ti­tu­laires de la fonc­tion pu­blique doivent, pour leur part, réa­li­ser une dé­marche si­mi­laire au­près de l'ir­can­tec, leur ré­gime spé­ci­fique de re­traite com­plé­men­taire. A comp­ter du 1er juillet, les sa­la­riés agri­coles (em­ployés dans une ex­ploi­ta­tion agri­cole, une co­opé­ra­tive agri­cole, une mu­tuelle agri­cole ou une en­tre­prise agro-ali­men­taire) de­vront, à l'image des autres sa­la­riés, de­man­der leur re­traite en­core par cour­rier au­près de l'arr­co et, pour les cadres, au­près de l'agirc, sauf si d'ici là la de­mande en ligne est éten­due à l'agirc-arr­co. La de­mande de re­traite étant com­mune au ré­gime de base et au ré­gime com­plé­men­taire au RSI, les tra­vailleurs in­dé­pen­dants de­vraient pou­voir a prio­ri - à par­tir du 1er juillet - ef­fec­tuer leur de­mande de re­traite en­tiè­re­ment en ligne. D'ici à 2019, il est pré­vu que l'en­semble des ré­gimes, y com­pris les ré­gimes com­plé­men­taires et les ré­gimes de la fonc­tion pu­blique, pro­posent la de­mande de re­traite dé­ma­té­ria­li­sée. L'ob­jec­tif est que les Fran­çais puissent à l'ave­nir réa­li­ser une seule de­mande de re­traite sur In­ter­net et ce, quels que soient leur sta­tut et par­cours pro­fes­sion­nel.

LES DÉ­MARCHES PRÉA­LABLES À LA DE­MANDE

Comme pour une de­mande de re­traite tra­di­tion­nelle, l'in­ter­naute doit avant toute chose dé­ter­mi­ner quand il veut par­tir à la re­traite. Au mi­ni­mum, il lui faut at­teindre l'âge lé­gal de dé­part à la re­traite, soit l'âge à par­tir du­quel les as­su­rés sont au­to­ri­sés à quit­ter la vie ac­tive. Cette borne d'âge a été por­tée à 62 ans pour les ac­tifs nés à par­tir de 1955.

Tou­te­fois, cer­tains as­su­rés ont la pos­si­bi­li­té de prendre leur re­traite avant l'âge lé­gal. C'est le cas des ac­tifs qui ont com­men­cé à tra­vailler avant 20 ans et qui dis­posent de tous leurs tri­mestres de co­ti­sa­tion à la re­traite. Les bé­né­fi­ciaires de la re­traite an­ti­ci­pée pour car­rière longue (RACL) peuvent ef­fec­tuer une de­mande de re­traite en ligne à condi­tion d'avoir vé­ri­fié au préa­lable au­près de l'as­su­rance re­traite qu'ils étaient éli­gibles au dis­po­si­tif et d'avoir re­çu leur at­tes­ta­tion de RACL men­tion­nant la date à par­tir de la­quelle ils peuvent de­man­der leur dé­part an­ti­ci­pé. Sans ce jus­ti­fi­ca­tif, leur de­mande ne se­ra pas va­li­dée. Quant aux autres dis­po­si­tifs de dé­part an­ti­ci­pé à la re­traite (au titre du han­di­cap, de l'in­va­li­di­té, de l'ex­po­si­tion à l'amiante, de la pé­ni­bi­li­té), il ne se­ra pas pos­sible de réa­li­ser une de­mande en ligne, les cas et dé­marches pour en bé­né­fi­cier étant trop spé­ci­fiques.

FIXER SON ÂGE DE DÉ­PART

Les as­su­rés peuvent choi­sir de par­tir après l'âge lé­gal en vue de jus­ti­fier de tous leurs tri­mestres et per­ce­voir ain­si une pen­sion de base à taux plein, c'est-à-dire sans abat­te­ment. Dans tous les cas, il est donc in­dis­pen­sable de connaître sa date de dé­part avant de dé­mar­rer sa de­mande de re­traite en ligne. L'opé­ra­tion est pos­sible uni­que­ment six mois avant la date choi­sie. En­fin, avant de se connec­ter, les in­ter­nautes ont in­té­rêt à se ren­sei­gner sur les pièces jus­ti­fi­ca­tives qui leur se­ront de­man­dées. A mi­ni­ma, ils doivent avoir sous la main leur carte Vi­tale ou leur at­tes­ta­tion d'as­su­rance ma­la­die s'ils ne connaissent pas leur nu­mé­ro de Sé­cu­ri­té so­ciale, leur carte d'iden­ti­té ou leur pas­se­port, leur re­le­vé d'iden­ti­té ban­caire (RIB), leurs trois der­niers bul­le­tins de sa­laire et leur der­nier avis d'im­po­si­tion (ou de non-im­po­si­tion). L'idéal est de scan­ner les do­cu­ments ou, à dé­faut, de les pho­to­gra­phier avec un smart­phone. Ils pour­ront ain­si être en­voyés en pièces jointes à la de­mande de re­traite en ligne.

VIA SON ES­PACE PER­SON­NEL OU SON COMPTE RE­TRAITE

Pour ef­fec­tuer une de­mande de re­traite en ligne au­près de l'as­su­rance re­traite, l'in­ter­naute doit se connec­ter sur son es­pace per­son­nel sur las­su­ran­ce­re­traite.fr ou sur son compte per­son­nel re­traite sur in­fo-re­traite.fr. Il peut se créer, dans les deux cas, un compte avec un code confi­den­tiel ou uti­li­ser Fran­ce­con­nect. Cette pla­te­forme tech­no­lo­gique mise au point par l'etat per­met de bé­né­fi­cier, avec un très haut ni­veau de sé­cu­ri­té, des ser­vices en ligne pro­po­sés par les sites ins­ti­tu­tion­nels en uti­li­sant les iden­ti­fiants de son compte en ligne fis­cal (im­pot-gouv.fr), d'as­su­rance ma­la­die (ame­li.fr) ou d'iden­ti­té nu­mé­rique (idn.laposte.fr). Il est de­man­dé, en pre­mier lieu, de sti­pu­ler la date de dé­part choi­sie. Si cette date est an­té­rieure de plus de six mois au dé­part ou si l'as­su­ré n'au­ra pas at­teint l'âge lé­gal à ce mo­ment-là, ce­lui-ci ne peut pas al­ler plus loin. S'il le sou­haite, il peut re­ce­voir une alerte e-mail lorsque sa de­mande en ligne se­ra pos­sible.

UN PRO­CES­SUS EN SIX ÉTAPES

La de­mande de re­traite en ligne s'ef­fec­tue en six étapes. L'opé­ra­tion est cen­sée du­rer entre 15 et 30 mi­nutes se­lon les si­tua­tions per­son­nelle et pro­fes­sion­nelle. A cha­cune des étapes et en fonc­tion des ré­ponses don­nées, les jus­ti­fi­ca­tifs re­quis s'af­fichent à la droite de l'écran. Dans la ma­jo­ri­té des cas, l'in­ter­naute de­vra joindre une co­pie de ses der­niers bul­le­tins de sa­laire, de son li­vret de fa­mille, du dé­compte de ses in­dem­ni­tés jour­na­lières en cas d'ar­rêt ma­la­die les an­nées pré­cé­dant le dé­part et l'at­tes­ta­tion de ver­se­ment des al­lo­ca­tions As­se­dics en cas de chô­mage in­dem­ni­sé. L'as­su­ré a éga­le­ment la pos­si­bi­li­té d'en­voyer les jus­ti­fi­ca­tifs par cour­rier. Si le dos­sier est ju­gé com­plet, l'in­ter­naute re­çoit par cour­rier une no­ti­fi­ca­tion de sa re­traite quatre mois après l'en­voi de sa de­mande. Ce do­cu­ment men­tionne la date de dé­part ef­fec­tif à la re­traite et le mon­tant de sa pen­sion de base. Il est très im­por­tant et doit être im­pé­ra­ti­ve­ment conser­vé car il fait of­fice d'at­tes­ta­tion de re­traite et peut être éven­tuel­le­ment de­man­dé (no­tam­ment par l'ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, l'as­su­rance ma­la­die ou la com­plé­men­taire san­té). En­fin, dans le cas d'une er­reur, d'un ou­bli ou s'il manque une pièce jus­ti­fi­ca­tive, un conseiller re­traite est sus­cep­tible de con­tac­ter l'as­su­ré par té­lé­phone.

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