FIS­CA­LI­TÉ, IM­MO­BI­LIER, DROIT DU TRA­VAIL… CE QUI DE­VRAIT CHAN­GER DANS LES PRO­CHAINS MOIS

CE QUI DE­VRAIT CHAN­GER DANS LES PRO­CHAINS MOIS

Mes Finances - - SOMMAIRE -

Ces der­nières se­maines, les an­nonces gou­ver­ne­men­tales se suivent. Ré­forme du droit du tra­vail, créa­tion d’un im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière (IFI) ou en­core ins­tau­ra­tion de la flat taxe, tour d’ho­ri­zons des prin­ci­pales me­sures an­non­cées.

Ces der­nières se­maines, les an­nonces gou­ver­ne­men­tales se suivent. Ré­forme du droit du tra­vail, créa­tion d’un im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière (IFI) ou en­core ins­tau­ra­tion de la flat taxe, tour d’ho­ri­zons des prin­ci­pales me­sures an­non­cées.

FIS­CA­LI­TÉ Re­va­lo­ri­sa­tion des seuils des tranches de L’IR

Le gou­ver­ne­ment a dé­ci­dé d’ac­tua­li­ser le ba­rème de l'im­pôt sur le re­ve­nu (IR) de 1%. Un chiffre qui cor­res­pond à l’évo­lu­tion pré­vi­sion­nelle de l’in­fla­tion pour 2017. D’après le mi­nis­tère des Fi­nances, sans cette re­va­lo­ri­sa­tion, les Fran­çais per­draient au to­tal 1,1 mil­liard d’eu­ros de pou­voir d’achat.

Exo­né­ra­tion de la taxe d’ha­bi­ta­tion

Dans le Pro­jet de loi de fi­nances 2018 (PLF 2018) pré­sen­té le 27 sep­tembre 2017, un nou­veau dé­grè­ve­ment de la taxe d’ha­bi­ta­tion aux mé­nages oc­cu­pant leur lo­ge­ment à titre de ré­si­dence prin­ci­pale est pré­vu. Avec cette me­sure, en­vi­ron 80% des foyers fis­caux de­vraient être dis­pen­sés de cet im­pôt lo­cal d’ici 2020. Cette exo­né­ra­tion s’ap­pli­que­ra pro­gres­si­ve­ment avec un abat­te­ment fis­cal de 30% en 2018, de 65% en 2019 et une exo­né­ra­tion to­tale en 2020. Pour être éli­gible à la ré­duc­tion d’im­pôt, les res­sources du foyer de­vront être in­fé­rieures ou égales : - à 27.000 eu­ros de re­ve­nu fis­cal de ré­fé­rence (RFR) pour une per­sonne seule - à 43.000 eu­ros de RFR pour un couple sans en­fant - à 52.000 eu­ros de RFR pour un couple avec 2 en­fants. Pour les foyers se si­tuant lé­gè­re­ment au-des­sus de ces seuils, la ré­duc­tion d’im­pôt se­ra par­tielle : - jus­qu’à 28.000 eu­ros pour une per­sonne seule - jus­qu’à 45.000 eu­ros pour un couple sans en­fant - jus­qu’à 54.000 eu­ros pour un couple avec 2 en­fants.

Créa­tion d’un im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière

Un nou­vel im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière (IFI) ver­ra le jour en 2018 en lieu et place de l’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune (ISF). Cet IFI concer­ne­ra les pa­tri­moines im­mo­bi­liers d’une va­leur nette de dettes su­pé­rieure à 1,3 mil­lion d’eu­ros, comme L’ISF ac­tuel. Le seuil de pa­tri­moine net taxable et le ba­rème de cal­cul de l’im­pôt sont iden­tiques et le prin­cipe d’un pla­fon­ne­ment de l’im­po­si­tion du pa­tri­moine à 75% des re­ve­nus de l’an­née pré­cé­dente est main­te­nu dans le cadre de L’IFI. En­fin, les dons à des oeuvres d'in­té­rêt gé­né­ral pour­ront bé­né­fi­cier d'une ré­duc­tion D’IFI de 75% alors que la ré­duc­tion ISF-PME, in­ci­ta­tion fis­cale à l’in­ves­tis­se­ment dans les start-up et les jeunes en­tre­prises, n’est pas trans­po­sée dans le cadre de la trans­for­ma­tion de L’ISF en IFI. Par ailleurs, les ac­tifs im­mo­bi­liers non af­fec­tés à l'ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle de leur pro­prié­taire ne se­ront pas taxables. En­fin, la dé­cla­ra­tion d’im­pôt sur la for­tune im­mo­bi­lière se­ra une an­nexe de la dé­cla­ra­tion de re­ve­nus an­nuelle, dès 2018.

Hausse des taxes sur le ga­zole

Le gou­ver­ne­ment a op­té pour un ali­gne­ment pro­gres­sif de la fis­ca­li­té du ga­zole sur celle de l’es­sence. Pour y ar­ri­ver, une hausse des taxes sur le die­sel de 2,6 cen­times par litre de car­bu­rant est pré­vue dans le PLF 2018 chaque an­née pen­dant 4 ans, soit 10,4 cen­times par litre au to­tal sur la pé­riode. Par ailleurs, les au­to­mo­bi­listes pour­ront en 2018 pro­fi­ter de l’ou­ver­ture à tous de la prime à la conver­sion. Le pro­prié­taire ou le lo­ca­taire d’un vé­hi­cule trop pol­luant es­sence ou die­sel pour­ra bé­né­fi­cier d’une prime à la conver­sion s’il met à la casse son an­cien vé­hi­cule et si c’est sui­vi d’un achat ou d’une lo­ca­tion d’un vé­hi­cule plus propre. Il pour­ra s’agir d’une voi­ture neuve ou d’oc­ca­sion qui de­vra émettre moins de 130 g de CO² par ki­lo­mètre. Le mon­tant de la prime est fixé à 1.000 eu­ros.

PLA­CE­MENTS Ins­tau­ra­tion de la flat tax

Le PLF 2018 pré­voit une mo­di­fi­ca­tion ma­jeure de la fis­ca­li­té de l’épargne avec la créa­tion d’un pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique (PFU), aus­si ap­pe­lé flat tax. Ob­jec­tif af­fi­ché : orien­ter l’épargne des mé­nages vers l’in­ves­tis­se­ment pro­duc­tif, en fai­sant en sorte que les choix de l’épar­gnant soient gui­dés par des rai­sons éco­no­miques plu­tôt que pour des consi­dé­ra­tions fis­cales. Ce pré­lè­ve­ment unique de 30% sur les re­ve­nus du ca­pi­tal se dé­com­pose en un taux d’im­pôt sur le re­ve­nu (IR) fixe de 12,8%, et un taux glo­bal de pré­lè­ve­ments so­ciaux de 17,2% te­nant compte de la hausse de la CSG (contri­bu­tion so­ciale gé­né­ra­li­sée), pré­vue dans le pro­jet de loi de fi­nan­ce­ment de la sé­cu­ri­té so­ciale pour 2018. Tous les gains (in­té­rêts, di­vi­dendes et re­ve­nus as­si­mi­lés, plus-va­lues) ti­rés de pla­ce­ments fi­nan­ciers se­ront sou­mis à ce PFU sauf : - les in­té­rêts du li­vret A, du li­vret de dé­ve­lop­pe­ment du­rable et so­li­daire (LDDS, EX-LDD) et du li­vret d'épargne po­pu­laire (LEP), - les in­té­rêts des CEL (comptes d’épargne lo­ge­ment) et PEL (plans d’épargne-lo­ge­ment) ou­verts avant le 1er jan­vier 2018 - l’épargne sa­la­riale - le PEA et le PEA PME - les gains des contrats d’as­su­rance vie dont l’en­cours est in­fé­rieur ou égal à 150.000 eu­ros par per­sonne - les gains des contrats d’as­su­rance vie pour les ver­se­ments réa­li­sés au plus tard le 26 sep­tembre 2017. Au­tre­ment dit, la flat tax s’ap­plique à tout ver­se­ment ef­fec­tué de­puis le 27 sep­tembre 2017 sur un contrat d’as­su­rance vie nou­veau ou an­cien, en cas de ra­chat réa­li­sé sur un contrat dont l’en­cours est su­pé­rieur à 150.000 eu­ros. Sur op­tion, les contri­buables y trou­vant un in­té­rêt au­ront la pos­si­bi­li­té chaque an­née d’être im­po­sables au ba­rème pro­gres­sif de l’im­pôt sur le re­ve­nu, pour tous leurs re­ve­nus de pla­ce­ments. Le dis­po­si­tif pré­voit éga­le­ment plu­sieurs amé­na­ge­ments des règles fis­cales en vi­gueur pour les dé­ten­teurs d’ac­tions : - sup­pres­sion de l’abat­te­ment de 40% sur les di­vi­dendes en cas d’ap­pli­ca­tion de la flat tax (main­tien en cas d’op­tion pour l’im­po­si­tion au ba­rème de L’IR) - sup­pres­sion des abat­te­ments pour du­rée de dé­ten­tion ap­pli­cables dans le cadre de la fis­ca­li­té des plus-va­lues de ces­sion de va­leurs mo­bi­lières (sauf pour les titres ac­quis avant le 1er jan­vier 2018) - ré­gime tran­si­toire d’abat­te­ment spé­ci­fique pour les plus-va­lues de ces­sion de titres réa­li­sées par des di­ri­geants de PME par­tant à la re­traite.

LO­GE­MENT Fin du cré­dit d’im­pôt pour la tran­si­tion éner­gé­tique

L’an­née 2018 se­ra la der­nière pour bé­né­fi­cier d’un cré­dit d’im­pôt pour la tran­si­tion éner­gé­tique (Ci­té). Ce coup de pouce fis­cal per­met de bé­né­fi­cier d’une ré­duc­tion de 30% de son IR sur les sommes dé­pen­sées. En 2019, ce dis­po­si­tif se­ra trans­for­mé en prime per­cep­tible im­mé­dia­te­ment à l’is­sue des tra­vaux et non l'an­née sui­vante. Avant la sup­pres­sion, des amé­na­ge­ments sont d’ores et dé­jà pro­gram­més. Ain­si, de­puis le 27 sep­tembre 2017, le taux du cré­dit d’im­pôt a été abais­sé de 30 % à 15% pour les fe­nêtres, portes d’en­trée et vo­lets iso­lants. Il se­ra sup­pri­mé le 28 mars 2017. De­puis le 27 sep­tembre éga­le­ment, les chau­dières à haute per­for­mance éner­gé­tique ali­men­tées au fioul ont été ex­clues du Ci­té. A l’in­verse, le dis­po­si­tif se­ra éten­du, au 1er jan­vier 2018, aux pres­ta­tions de rac­cor­de­ment aux ré­seaux de cha­leur et frais d’au­dits de ré­no­va­tion éner­gé­tique.

Mo­di­fi­ca­tion du pé­ri­mètre du dis­po­si­tif Pi­nel et du PTZ

Le dis­po­si­tif Pi­nel, qui ac­corde au contri­buable do­mi­ci­lié en France une ré­duc­tion d’im­pôt sur le re­ve­nu en contre­par­tie de l’achat d’un ap­par­te­ment neuf ou as­si­mi­lé (tra­vaux de ré­ha­bi­li­ta­tion d’un lo­ge­ment an­cien) à des fins d’in­ves­tis­se­ment lo­ca­tif est re­con­duit pour quatre ans, de 2018 à 2021, mais pas à l’iden­tique.

Le Pro­jet de loi de fi­nances met un terme au droit à la Loi Pi­nel pour les lo­ge­ments si­tués dans des pro­grammes im­mo­bi­liers construits dans une com­mune des zones géo­gra­phiques B2 et C. Un dis­po­si­tif tran­si­toire est ce­pen­dant pré­vu pour la zone B2 et peut être éga­le­ment pour la zone C pour per­mettre la com­mer­cia­li­sa­tion jus­qu’à la fin de l’an­née des pro­grammes si­tués dans les com­munes agréées : en cas de ré­ser­va­tion dé­po­sée chez un no­taire ou en­re­gis­trée au ser­vice des im­pôts au plus tard le 31 dé­cembre 2017, le contri­buable bé­né­fi­cie de sa ré­duc­tion d’im­pôt à condi­tion de si­gner l’acte au­then­tique d’ac­qui­si­tion chez le no­taire au plus tard le 31 mars 2018. Dans les zones A, A bis et B1 (ré­gion pa­ri­sienne, Ge­ne­vois fran­çais, côte d’azur et grandes ag­glo­mé­ra­tions ré­gio­nales), le dis­po­si­tif est main­te­nu à l’iden­tique. La lo­gique se­ra la même pour l’oc­troi du prêt à taux zé­ro (PTZ), ac­cor­dé sous condi­tions de res­sources pour l’achat de sa pre­mière ré­si­dence prin­ci­pale. A par­tir de 2018, il se­ra ré­ser­vé aux ac­qué­reurs d’un bien neuf à condi­tion qu’il se si­tue dans les zones en manque de lo­ge­ment et à ceux d’un lo­ge­ment an­cien prin­ci­pa­le­ment dans les villes moyennes.

PRO­TEC­TION SO­CIALE Sup­pres­sion du RSI

Comme pro­mis par Em­ma­nuel Ma­cron lors de la cam­pagne pré­si­den­tielle, le Ré­gime so­cial des in­dé­pen­dants (RSI), très dé­crié pour ses mul­tiples dys­fonc­tion­ne­ments de­puis sa créa­tion en 2005, va être sup­pri­mé. Plus pré­ci­sé­ment, ce ré­gime, qui gère l’as­su­rance ma­la­die des tra­vailleurs non­sa­la­riés (ar­ti­sans, com­mer­çants, chefs d’en­tre­prise et pro­fes­sions li­bé­rales) ain­si que les re­traites de base et com­plé­men­taires des ar­ti­sans, com­mer­çants et en­tre­pre­neurs, se­ra fu­sion­né avec le ré­gime gé­né­ral des sa­la­riés à comp­ter du 1er jan­vier 2018. L’opé­ra­tion s’ef­fec­tue­ra sur deux ans. A par­tir du 1er jan­vier 2020, les TNS de­vront ain­si s’adres­ser à la Caisse pri­maire d’as­su­rance ma­la­die (CPAM) de leur lieu de ré­si­dence pour ob­te­nir leur carte Vi­tale et se faire rem­bour­ser leurs dé­penses de soins. Les ar­ti­sans, com­mer­çants et chefs d’en­tre­prise se­ront af­fi­liés à la Caisse d’as­su­rance re­traite et de san­té au tra­vail (Car­sat) de leur ré­gion pour la re­traite. Le ré­gime de re­traite com­plé­men­taire des in­dé­pen­dants (RCI) de­vrait per­du­rer au sein du ré­gime gé­né­ral. Les droits de re­traite ac­quis auprès du RSI se­ront sau­ve­gar­dés.

Disparition des co­ti­sa­tions ma­la­die et chô­mage

Afin d’aug­men­ter le pou­voir d’achat des sa­la­riés, la Pro­jet de loi de fi­nan­ce­ment de la Sé­cu­ri­té so­ciale pour 2018 (PLFSS 2018), pré­sen­té le 28 sep­tembre 2018, pré­voit la sup­pres­sion des co­ti­sa­tions sa­la­riales d’as­su­rance ma­la­die et d’as­su­rance chô­mage. Cette me­sure, qui va se tra­duire par une baisse de 3,15% des pré­lè­ve­ments so­ciaux, va s’ap­pli­quer en deux temps. Au 1er jan­vier 2018, les sa­la­riés vont bé­né­fi­cier d’une pre­mière baisse de 2,25 points. Puis, une se­conde de 0,9 point in­ter­vien­dra au 1er oc­tobre 2018. Une me­sure presque si­mi­laire va être mise en place pour les tra­vailleurs non-sa­la­riés (TNS). Comme ils ne co­tisent pas à l’as­su­rance chô­mage, les baisses ne vont pas por­ter sur les mêmes co­ti­sa­tions. Les co­ti­sa­tions pa­tro­nales aux al­lo­ca­tions fa­mi­liales vont être abais­sées de 2,15 points. Par ailleurs, les co­ti­sa­tions d’as­su­rance ma­la­die et ma­ter­ni­té se­ront pu­re­ment et sim­ple­ment sup­pri­mées pour les tra­vailleurs in­dé­pen­dants et les pro­fes­sions li­bé­rales dé­cla­rant des re­ve­nus pro­fes­sion­nels an­nuels in­fé­rieurs à 43.000 eu­ros.

Hausse de la CSG

Pour fi­nan­cer la baisse des co­ti­sa­tions, la contri­bu­tion so­ciale gé­né­ra­li­sée (CSG) va être aug­men­tée de 1,7 point au 1er jan­vier 2018. Cette hausse va s’ap­pli­quer sur les re­ve­nus du tra­vail (sa­laires des sa­la­riés, trai­te­ments des fonc­tion­naires, bé­né­fices des TNS…) et du ca­pi­tal (sauf pour les pro­duits fi­nan­ciers dé­fis­ca­li­sés comme le Li­vret A). Ain­si, les pré­lè­ve­ments so­ciaux sur les in­té­rêts an­nuels du fonds en eu­ros et des plus-va­lues des uni­tés de compte des contrats d’as­su­rance vie vont pas­ser de 15,5% à 17,2%.

Pour les re­trai­tés, seuls ceux dont les re­ve­nus ex­cèdent 1.394 eu­ros par mois su­bi­ront la hausse de la CSG. Soit 60% des pen­sion­nés, se­lon le gou­ver­ne­ment. En outre, les al­lo­ca­tions chô­mage et les in­dem­ni­tés jour­na­lières (pour ma­la­die et ma­ter­ni­té) ne se­ront pas concer­nées par l’aug­men­ta­tion de la CSG.

Baisse de la Paje

La Paje ou pres­ta­tion d’ac­cueil du jeune en­fant est une al­lo­ca­tion ver­sée par la Caf (ou la MSA pour les per­sonnes re­le­vant du ré­gime agricole de Sé­cu­ri­té so­ciale) des­ti­née à com­pen­ser les dé­penses liées à la nais­sance d’un bé­bé, aux frais quo­ti­diens d’en­tre­tien de l’en­fant et à sa garde à do­mi­cile ou auprès d’une as­sis­tante ma­ter­nelle. Elle re­groupe plu­sieurs aides comme la prime de nais­sance et le com­plé­ment de libre choix du mode de garde (CMG). Pour les fa­milles mo­no­pa­ren­tales, le mon­tant maxi­mum du CMG bé­né­fi­cie­ra d’une aug­men­ta­tion de 30% pour les gardes d'en­fant ef­fec­tuées à par­tir du 1er oc­tobre 2018. Sur la base du ba­rème ac­tuel­le­ment en vi­gueur, le mon­tant du CMG se­rait en hausse de 138,83 eu­ros (pas­sage de 462,78 à 601,61 eu­ros) pour une per­sonne seule éle­vant un seul en­fant, au titre de l’em­ploi di­rect d’une as­sis­tante ma­ter­nelle agréée ou d’une garde à do­mi­cile. Le PLFSS pour 2018 pré­voit éga­le­ment un ali­gne­ment des condi­tions de res­sources et des mon­tants de l’al­lo­ca­tion de base de la Paje sur celles du com­plé­ment fa­mi­lial, une al­lo­ca­tion fa­mi­liale ver­sée sous condi­tion de res­sources aux pa­rents de fa­milles nom­breuses ayant au moins 3 en­fants à charge. Le mon­tant du com­plé­ment fa­mi­lial (169,02 eu­ros au­jourd’hui) étant in­fé­rieur à ce­lui de l’al­lo­ca­tion de base de la Paje (184,62 eu­ros à taux plein), cette dé­ci­sion est sy­no­nyme de baisse de la somme ver­sée soit, sur la base du ba­rème 2017-2018, 15,60 eu­ros par mois en moins. La date d’ap­pli­ca­tion de ce chan­ge­ment n’est pas en­core connue. Ge­lé de­puis 2013, le mon­tant de la prime à la nais­sance et de la prime à l’adop­tion va de nou­veau faire l’ob­jet d’une re­va­lo­ri­sa­tion à par­tir du 1er avril 2018. Cette hausse se­ra in­dexée sur l’in­fla­tion.

RÉ­FORME DU CODE DU TRA­VAIL Aug­men­ta­tion de l’in­dem­ni­té de li­cen­cie­ment

Les in­dem­ni­tés lé­gales de li­cen­cie­ment sont aug­men­tées de 25% pour les sa­la­riés li­cen­ciés dans leurs dix pre­mières an­nées de pré­sence dans l'en­tre­prise. De­puis le 27 sep­tembre 2017, l'in­dem­ni­té lé­gale de li­cen­cie­ment est pas­sée, pour les dix pre­mières an­nées d'an­cien­ne­té, d'un cin­quième à un quart du sa­laire brut par an­née. A comp­ter de 11 ans de pré­sence, elle de­meure fixée à un tiers du sa­laire brut par an­née d'an­cien­ne­té. Le sa­laire de ré­fé­rence cor­res­pond à la moyenne des ré­mu­né­ra­tions per­çues dans les 12 mois pré­cé­dant le li­cen­cie­ment. Pour les sa­la­riés pré­sents de­puis moins d'un an dans l'en­tre­prise, il équi­vaut à la moyenne des sa­laires ver­sés dans l'en­semble des mois pré­cé­dant le li­cen­cie­ment.

« Ba­rè­mi­sa­tion » des in­dem­ni­tés prud’ho­males

Les in­dem­ni­tés fixées par les Prud’hommes en cas de li­cen­cie­ment ir­ré­gu­lier ou « sans cause réelle, ni sé­rieuse » sont dé­sor­mais en­ca­drées, avec des mon­tants mi­ni­mum et maxi­mum. Si la per­sonne li­cen­ciée tra­vaillait dans une en­tre­prise d’au moins 11 sa­la­riés, l 'in­dem­ni­té mi­ni­male cor­res­pond à un mois de sa­laire brut au bout d'un an de pré­sence du sa­la­rié dans l'en­tre­prise, puis à trois mois à comp­ter de deux ans d'an­cien­ne­té. L'in­dem­ni­té maxi­male est, elle, fixée à un mois par an­née d'an­cien­ne­té jus­qu'à la dixième an­née (dix mois de sa­laire brut). A par­tir de la on­zième an­née, elle aug­mente de 0,5 sa­laire brut par an et est pla­fon­née à 20 mois de sa­laire brut à comp­ter de 30 ans d'an­cien­ne­té et plus. Dans les en­tre­prises de moins de 11 sa­la­riés, l'in­dem­ni­té mi­ni­male s’élève à 0,5 sa­laire brut pour 1 ou 2 ans d'an­cien­ne­té, puis aug­mente de 0,5 sa­laire brut tous les deux ans pour at­teindre 2,5 sa­laire brut à par­tir de 10 ans et plus de pré­sence dans la so­cié­té.

Ce ba­rème ne s’ap­plique pas aux in­dem­ni­tés lé­gales de li­cen­cie­ment, ni aux in­dem­ni­tés prud’ho­males ver­sées en cas de « li­cen­cie­ment abu­sif », c’es­tà-dire lié à une dis­cri­mi­na­tion ou à un har­cè­le­ment (mo­ral ou sexuel).

Créa­tion du CDI d’opé­ra­tion

Le CDI d'opé­ra­tion a été conçu sur le mo­dèle du CDI de chan­tier créé pour le sec­teur du BTP. Il s’agit d’un contrat à du­rée in­dé­ter­mi­née qui in­tègre une clause pré­voyant que le contrat de tra­vail s’ar­rête à l’achè­ve­ment d'un pro­jet ou d'une mis­sion. Il n’est donc pas conclu pour une du­rée pré­cise. En outre, contrai­re­ment au contrat à du­rée dé­ter­mi­née (CDD), le CDI d'opé­ra­tion ne pré­voit pas le ver­se­ment d’une prime de pré­ca­ri­té. En re­vanche, il donne droit aux in­dem­ni­tés lé­gales de li­cen­cie­ment lorsque le contrat s’achève. Le gou­ver­ne­ment as­sure que le CDI d’opé­ra­tion ne se­ra pas gé­né­ra­li­sé, mais li­mi­té à cer­tains sec­teurs d’ac­ti­vi­té. Les en­tre­prises ne peuvent en ef­fet l’uti­li­ser qu’à condi­tion qu’il soit au­to­ri­sé par leur branche pro­fes­sion­nelle.

Ré­forme du compte pé­ni­bi­li­té

Mis en place le 1er jan­vier 2015, le compte per­son­nel de pré­ven­tion de la pé­ni­bi­li­té (C3P) offre la pos­si­bi­li­té à des sa­la­riés ex­po­sés à des risques pro­fes­sion­nels de cu­mu­ler des points leur per­met­tant à terme de suivre une for­ma­tion de re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle, de tra­vailler à temps par­tiel payé comme un temps plein ou de par­tir plus tôt à la re­traite. Dans le nou­veau C3P re­bap­ti­sé « compte pro­fes­sion­nel de pré­ven­tion » (ou C2P), seuls six cri­tères de pé­ni­bi­li­té (tra­vail de nuit, tra­vail à la chaîne, tra­vail en 3x8, tra­vail sous l’eau et sous terre, bruit, tem­pé­ra­tures ex­trêmes) sur dix per­met­tront tou­jours d’ac­qué­rir des points. A par­tir du 1er jan­vier 2018, les quatre cri­tères res­tants (ma­nu­ten­tion de charges lourdes, vi­bra­tions mé­ca­niques, pos­tures pé­nibles, ex­po­si­tions à des agents chi­miques dan­ge­reux) per­met­tront de bé­né­fi­cier uni­que­ment d’une re­traite an­ti­ci­pée et à condi­tion que le sa­la­rié souffre d’une ma­la­die pro­fes­sion­nelle ayant en­traî­né une in­va­li­di­té per­ma­nente d’au moins 10%. Les points ac­quis dans le C3P se­ront trans­fé­rés dans le C2P.

MICROENTREPRENEURS

Chan­ge­ment im­por­tant en pers­pec­tive pour les microentrepreneurs, nom don­né aux au­to-en­tre­pre­neurs de­puis 2016. Le Pro­jet de loi de fi­nances pour 2018 (PLF 2018) pré­voit de re­le­ver le pla­fond de chiffre d’af­faires an­nuel hors taxes ap­pli­cable. Il de­vrait pas­ser de 33.200 eu­ros à 70.000 eu­ros pour les ac­ti­vi­tés de pres­ta­tions de ser­vices et non-com­mer­ciales et de 82.800 eu­ros à 170.000 eu­ros pour les ac­ti­vi­tés com­mer­ciales ou d’hé­ber­ge­ment. Cette me­sure doit en­trer en vi­gueur pour l’im­po­si­tion des re­ve­nus per­çus en 2017. Le dou­ble­ment de ces pla­fonds per­met­trait à un plus grand nombre d’en­tre­pre­neurs de conser­ver les avan­tages du ré­gime mi­cro-so­cial et mi­cro­fis­cal.

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