Le meilleur de l’au­to­ma­ti­sa­tion in­dus­trielle reste à ve­nir

L’an­née 2017 s’an­nonce pas­sion­nante en ma­tière de dé­ploie­ment des tech­no­lo­gies dé­diées à l’op­ti­mi­sa­tion des pro­cess in­dus­triels. En tant que spé­cia­liste de la four­ni­ture de pièces in­dus­trielles de re­change, la so­cié­té EU Au­to­ma­tion cô­toie as­si­dû­ment les a

Mesures - - Front Page - Leroy Spence, res­pon­sable com­mer­cial chez EU Au­to­ma­tion Ar­ticle adap­té par Pas­cal Coutance

Qu’on l’ap­pelle In­dus­trie 4.0, In­ter­net in­dus­triel ou In­ter­net des ob­jets in­dus­triel (IIOT), le pas­sage aux tech­no­lo­gies connec­tées est clair dans la plu­part des sec­teurs in­dus­triels. Les dé­ve­lop­pe­ments conti­nus ré­duisent le coût des tech­no­lo­gies in­tel­li­gentes pour les sys­tèmes d’au­to­ma­ti­sa­tion in­dus­trielle et mettent ces nou­velles tech­no­lo­gies à la dis­po­si­tion de l’en­semble de l’in­dus­trie. Les cap­teurs in­tel­li­gents, les sys­tèmes de vi­sion, les lo­gi­ciels d’ana­lyse de don­nées et le cloud com­pu­ting sont les com­po­santes du site de fa­bri­ca­tion connec­té et de la chaîne lo­gis­tique in­tel­li­gente. Et pour ac­com­pa­gner ce mou­ve­ment, plu­sieurs grandes ten­dances se dé­gagent.

Con­nec­ti­vi­té et tech­no­lo­gie sans fil in­dus­trielle

La plu­part des en­tre­prises in­dus­trielles s’ap­puient ac­tuel­le­ment sur les sys­tèmes fi­laires, tels que la fibre op­tique, pour prendre en charge leur in­fra­struc­ture ré­seau. Bien que les ré­seaux fi­laires per­mettent des vi­tesses de trans­mis­sion éle­vées et de grands vo­lumes de tra­fic, les câbles ont ten­dance à se dé­gra­der au fil du temps, en­traî­nant une mau­vaise qua­li­té de trans­mis­sion et des coûts de main­te­nance éle­vés. Sans ou­blier que lorsque les ins­tal­la­tions de pro­duc­tion sont dis­per­sées sur un grand es­pace, les câbles peuvent de­ve­nir très ra­pi­de­ment un in­con­vé­nient. His­to­ri­que­ment, deux fac­teurs ont li­mi­té l’adop­tion à grande échelle de la tech­no­lo­gie sans fil dans les en­vi­ron­ne­ments in­dus­triels : le coût et les failles de sé­cu­ri­té po­ten­tielles. Le pre­mier semble de­voir bien­tôt dis­pa­raître, car les cap­teurs sans fil et les ob­jets connec­tés de­viennent de plus en plus abor­dables. De la même ma­nière, les amé­lio­ra­tions de la cy­ber­sé­cu­ri­té ( voir notre ar­ticle en page 32) et une connais­sance ac­crue des meilleures pra­tiques font de la tech­no­lo­gie sans fil une op­tion plus viable pour l’in­dus­trie. La de­mande crois­sante en tech­no­lo­gies IOT ( In­ter­net of things) fa­vo­rise la mise en oeuvre de la tech­no­lo­gie sans fil in­dus­trielle. Un ré­cent rap­port D’ON World es­time que les ventes de chip­sets sans fil uti­li­sés pour les ap­pli­ca­tions de dé­tec­tion et de contrôle at­tein­dront

cette an­née le cap des 500 mil­lions d’uni­tés.

In­té­gra­tion et conver­gence

La conver­gence des tech­no­lo­gies opé­ra­tion­nelles (OT, ope­ra­tio­nal tech­no­lo­gies) et des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion (IT, in­for­ma­tion tech­no­lo­gies) est plus évi­dente que ja­mais. Les avan­tages d’une in­té­gra­tion étroite entre les usines et les sys­tèmes com­mer­ciaux d’en­tre­prise per­mettent une amé­lio­ra­tion de l’ef­fi­ca­ci­té et de la flexi­bi­li­té en fa­bri­ca­tion, ou­vrant la voie à l’usine in­tel­li­gente. Des couches de suites lo­gi­cielles com­pa­tibles per­mettent aux fa­bri­cants de ras­sem­bler et de conser­ver les don­nées de concep­tion, de pro­duc­tion et com­mer­ciales dans des rap­ports clairs que les en­tre­prises peuvent uti­li­ser pour la ges­tion des res­sources, l’op­ti­mi­sa­tion des pro­ces­sus, le sys­tème lo­gis­tique et le ser­vice à la clien­tèle. Lors de la der­nière édi­tion du sa­lon SPS Drives qui s’est dé­rou­lée du 22 au 24 no­vembre 2016, plus de 10 four­nis­seurs d’équi­pe­ments d’au­to­ma­ti­sa­tion de pre­mier plan se sont réunis pour sou­te­nir l’ar­chi­tec­ture uni­fiée OPC (OPC UA, OPC Uni­fied Ar­chi­tec­ture), le plus po­pu­laire des pro­to­coles de com­mu­ni­ca­tion de ma­chine à ma­chine (M2M) pour l’in­ter­opé­ra­bi­li­té, dé­ve­lop­pé par L’OPC Foun­da­tion. ABB, Bosch Rex­roth, Cis­co, Ge­ne­ral Elec­tric, Ku­ka, pour ne ci­ter que quelques noms, pré­voient de prendre en charge L’OPC UA dans leurs fu­turs pro­duits. Il s’agit d’un mo­ment im­por­tant pour l’in­dus­trie, car ce­la pour­rait si­gna­ler la fin d’une époque au cours de la­quelle les sys­tèmes d’au­to­ma­ti­sa­tion in­dus­trielle s’ap­puyaient sur des normes in­com­pa­tibles et non in­ter­opé­rables pour la com­mu­ni­ca­tion entre les ap­pa­reils. Par voie de consé­quence, ce­la peut si­gni­fier que les fa­bri­cants ne se­ront plus pri­son­niers de sys­tèmes pro­prié­taires et pour­ront choi­sir les meilleures tech­no­lo­gies pro­po­sées par dif­fé­rents équi­pe­men­tiers (OEM).

Ana­lyse des don­nées

D’énormes vo­lumes de don­nées de­ve­nant dis­po­nibles dans les sites de fa­bri­ca­tion, le pas­sage à la sur­veillance de l’état et à l’ana­lyse pré­dic­tive de­vient fi­na­le­ment pos­sible. Les ou­tils lo­gi­ciels dans le cloud sont de plus en plus abor­dables et convi­viaux, per­met­tant aux fa­bri­cants d’ob­te­nir un contrôle et une op­ti­mi­sa­tion avan­cés des pro­ces­sus. Des pla­te­formes telles que Mi­cro­soft Azure per­mettent aux fa­bri­cants d’avoir une vue d’en­semble claire et en temps réel de leurs ins­tal­la­tions de pro­duc­tion. Ils peuvent uti­li­ser ces connais­sances pour amé­lio­rer la prise de dé­ci­sion et af­fi­ner les pro­ces­sus de fa­bri­ca­tion. Du point de vue de la main­te­nance, cette sur­veillance en conti­nu des équi­pe­ments et de la pro­duc­tion per­met aux fa­bri­cants de ré­duire si­gni­fi­ca­ti­ve­ment les coûts de main­te­nance et de ré­pa­ra­tion. Elle peut éga­le­ment éli­mi­ner un cau­che­mar in­dus­triel sé­cu­laire : les in­ter­rup­tions non pla­ni­fiées.

Co­bots

Ceux qui ont pu, ces der­niers mois, ar­pen­ter les al­lées d’évé­ne­ments ou de sa­lons pro­fes­sion­nels dé­diés à l’in­dus­trie, ou lu la presse pro­fes­sion­nelle dé­diée, n’ont pu échap­per à l’ef­fer­ves­cence, mais aus­si à l’ap­pré­hen­sion ac­com­pa­gnant le dé­ve­lop­pe­ment des ro­bots in­dus­triels de der­nière gé­né­ra­tion, à sa­voir les ro­bots col­la­bo­ra­tifs ou co­bots. Lé­gers et abor­dables, les co­bots trans­forment la cage des ro­bots in­dus­triels en ob­jet d’un autre temps car ils peuvent fonc­tion­ner aux cô­tés des per­sonnes sur une ligne de pro­duc­tion, non bien sûr sans avoir au préa­lable pro­cé­dé à une ana­lyse de risques. Leur sys­tème de vi­sion in­té­gré ain­si que leur lo­gi­ciel évo­lué per­mettent aux co­bots de pré­sen­ter une ex­cel­lente connais­sance si­tua­tion­nelle. Mais l’élé­ment le plus en­thou­sias­mant de la sa­ga des co­bots est peut-être son ca­rac­tère fa­mi­lier. À l’ins­tar de la ré­vo­lu­tion des PC qui a été dé­clen­chée par la di­mi­nu­tion du coût de la tech­no­lo­gie et un ac­cès à un pu­blic plus large, les co­bots in­dus­triels de­viennent, de la même ma­nière, plus abor­dables et dis­po­nibles, cer­tains co­bots étant ac­tuel­le­ment af­fi­chés à des prix in­fé­rieurs à 40 000 dol­lars. Une autre par­ti­cu­la­ri­té du mar­ché de la ro­bo­tique est sa crois­sance in­ter­na­tio­nale ra­pide. La Chine consti­tue à pré­sent le deuxième mar­ché mon­dial de la ro­bo­tique. Si des sec­teurs tels que l’au­to­mo­bile et l’élec­tro­nique res­tent tou­jours au pre­mier plan en termes de ventes d’équi­pe­ments ro­bo­tiques, la pro­duc­tion de mé­taux, de pro­duits chi­miques et agroa­li­men­taires aug­mente ra­pi­de­ment son au­to­ma­ti­sa­tion et adopte de plus en plus l’uti­li­sa­tion de ro­bots in­dus­triels. Sans ou­blier d’autres sec­teurs à forte crois­sance tels que les sys­tèmes lo­gis­tiques, la dé­fense, la construc­tion ou bien en­core les ro­bots de ser­vices uti­li­sés pour le net­toyage ou les re­la­tions avec la clien­tèle. Les ten­dances évo­quées ici au­ront in­dé­nia­ble­ment un im­pact sur l’in­dus­trie dans l’an­née à ve­nir. Que les fa­bri­cants choi­sissent ou non de mettre en place l’une de ces tech­no­lo­gies, il est clair que les en­tre­prises ne peuvent plus au­jourd’hui igno­rer la trans­for­ma­tion ma­jeure que les tech­no­lo­gies in­tel­li­gentes pro­voquent dans l’in­dus­trie. En réa­li­té, 2017 s’an­nonce comme une grande an­née pour l’in­dus­trie et il y a fort à pa­rier qu’elle soit mar­quée par l’ap­pa­ri­tion des pre­miers vé­ri­tables en­tre­pôts et usines in­tel­li­gents.

D’énormes vo­lumes de don­nées de­ve­nant dis­po­nibles dans les sites de fa­bri­ca­tion, le pas­sage à la sur­veillance de l’état et à l’ana­lyse pré­dic­tive de­vient fi­na­le­ment pos­sible.

À l’ins­tar de la ré­vo­lu­tion des PC qui a été dé­clen­chée par la di­mi­nu­tion du coût de la tech­no­lo­gie et un ac­cès à un pu­blic plus large, les co­bots in­dus­triels de­viennent plus abor­dables et dis­po­nibles, cer­tains co­bots étant ac­tuel­le­ment af­fi­chés à des prix in­fé­rieurs à 40 000 dol­lars.

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