L’exemple éclai­rant de l’en­tre­prise Ve­lum

Mesures - - Entretien -

Me­sures. Pou­vez-vous nous pré­sen­ter votre en­tre­prise? Anne Vet­ter-ti­frit. Dans le mi­lieu de l’éclai­rage, le groupe Ve­lum est une en­tre­prise de 180 per­sonnes très aty­pique, puisque nous pro­dui­sons de l’éclai­rage 100 % fran­çais pour le ter­tiaire et le com­merce, en ex­por­tant plus de 25 % de notre chiffre d’af­faires. Me­sures. Quelle était la rai­son sous-ja­cente à votre dé­marche? Anne Vet­ter-ti­frit. L’ar­ri­vée de la Led a été un bou­le­ver­se­ment dans notre do­maine, comme beau­coup d’autres choses (im­pres­sion 3D). Comme nous ne ju­gions pas la tech­no­lo­gie des Led en­core ma­ture à l’époque, nous avons en fait at­ten­du 2011 pour sau­ter le pas et lan­cer des pro­duits in­no­vants, dif­fé­rents et très tech­niques, évi­dem­ment. Au­jourd’hui tout ce que nous fa­bri­quons l’est à la com­mande, ce qui si­gni­fie qu’il n’y a au­cun stock de pro­duits fi­nis chez nous. L’in­té­rêt pour l’en­semble de nos clients est de pou­voir adap­ter de ma­nière idéale les pro­duits d’éclai­rage à leurs lieux. Comme par exemple des halls de pro­duc­tion, où l’on va te­nir compte du confort des opé­ra­teurs, de la dé­pense éner­gé­tique, de l’im­pact de la lu­mière ex­té­rieure, de l’évo­lu­tion du prix de l’élec­tri­ci­té se­lon les ho­raires, etc. Nos clients sont aus­si des pe­tits com­mer­çants et l a grande dis­tri­bu­tion. Au­jourd’hui, nous sommes ca­pables de fa­bri­quer, sur la même ligne, une série de trois pro­jec­teurs, qui peuvent être rouges, verts ou jaunes, sui­vie par une série de 10 000 pièces. Mais tous nos pro­duits sont dé­sor­mais des Led. Les mots ma­giques pour l’in­dus­trie du fu­tur, et pour être prêt de­main, sont «agi­li­té» et «flexi­bi­li­té». Nous avons par ailleurs in­té­gré un ou­til de ther­mo­la­quage com­plé­te­ment au­to­ma­ti­sé, pi­lo­té par notre ERP et qui se veut col­la­bo­ra­tif, puisque nous vou­lons être ou­verts au tis­su lo­cal. Nous sommes ain­si de­ve­nus un sous-trai­tant pour cer­tains de nos clients et nos an­ciens four- nis­seurs. Et nous sommes même de­ve­nus notre propre sous-trai­tant pour la par­tie « éclai­rante », à sa­voir les pro­jec­teurs, les mâts des lu­mi­naires ex­ternes que nous fa­bri- quons sont peints sur notre chaîne. Me­sures. Pou­vez-vous rap­pe­ler com­ment cette dé­marche s’est dé­rou­lée dans votre en­tre­prise? Anne Vet­ter-ti­frit. Le siège so­cial de mon en­tre­prise se si­tuant en Al­sace, nous avons pu bé­né­fi­cier au dé­part, en 2015, d’un diag­nos­tic, au même titre que beau­coup de PME et ETI «al­sa­ciennes» et «rhô­nal­pines». Ce diag­nos­tic a confir­mé la dé­marche que nous avions en­tre­prise de­puis plu­sieurs an­nées, à sa­voir in­for­ma­ti­ser pas mal d’élé­ments, re­gar­der ce que fai­sait la concur­rence, tra­vailler en col­la­bo­ra­tion. L’idée n’était en ef­fet pas de tout avoir chez soi, mais de tra­vailler avec des pé­pites pré­sentes dans le tis­su lo­cal. Pour­quoi ins­tal­ler une ma­chine-ou­til chez soi, s’il en existe une à deux ki­lo­mètres, qui peut ser­vir à d’autres en­tre­prises et qui est pi­lo­tée par une per­sonne com­pé­tente? L’al­liance In­dus­trie du fu­tur pré­pare d’ailleurs des of­freurs de so­lu­tions pour l’in­dus­trie du fu­tur. C’est, pour moi, quelque chose de vrai­ment im­por­tant, parce que les vi­trines que nous sommes, ou que nous se­rons, en termes no­tam­ment de mise en re­la­tion des en­tre­prises, en­gagent une dé­marche glo­bale de la part de l’en­semble des PME et des ETI. Et ce­la va créer du bu­si­ness en lo­cal, au mi­lieu des ter­ri­toires et même au ni­veau na­tio­nal, c’est ce qui est for­mi­dable.

“L’idée de notre dé­marche n’était pas de tout avoir chez soi, mais de tra­vailler avec des pé­pites pré­sentes dans le tis­su lo­cal. Pour­quoi ins­tal­ler une ma­chine-ou­til chez soi, s’il en existe une à deux ki­lo­mètres et qui peut ser­vir à d’autres en­tre­prises? ” Anne Vet­ter-ti­frit, pré­si­dente du groupe Ve­lum

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