« 2 230 PME ont été ac­com­pa­gnées vers l’in­dus­trie du fu­tur à la fin 2016 »

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l’oc­ca­sion de l’édi­tion 2017 du sa­lon In­dus­trie Lyon, qui s’est dé­rou­lé du 4 au 7 avril der­nier, une table ronde a réuni Gé­ral­dine Au­bry, di­ri­geante de Co­me­for et 3D&P, Cons­tant Ber­nard, pré­sident du Syn­di­cat des ma­chines et tech­no­lo­gies de pro­duc­tion (Sy­mop), Phi­lippe Dar­mayan, pré­sident de l’al­liance In­dus­trie du fu­tur, Phi­lippe Cho­der­los de La­clos, di­rec­teur gé­né­ral du Centre tech­nique des in­dus­tries mé­ca­niques (Ce­tim), Syl­vie Gui­nard, vice-pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des in­dus­tries mé­ca­niques (FIM) et Pdg de Thi­mon­nier, et Anne Vet­ter-ti­frit, pré­si­dente du groupe ve­lum. ex traits de leurs échanges sur le thème« Deux ans après, le point sur le dé­ploie­ment de l’ in­dus­trie du fu­tur ».

Me­sures. Pou­vez-vous rap­pe­ler l’ori­gine et les ob­jec­tifs de l’al­liance In­dus­trie du fu­tur? Syl­vie Gui­nard. L’al­liance In­dus­trie du fu­tur est un pro­jet né il y a quelques an­nées et qui a vrai­ment pris forme il y a deux ans. Nous fê­tons ain­si, cette an­née, les deux ans d’un vé­ri­table pro­jet na­tio­nal re­grou­pant l’in­dus­trie mé- ca­nique, un cer­tain nombre d’autres fé­dé­ra­tions proches de la nôtre et de centres tech­niques, ain­si que des par­te­naires du monde édu­ca­tif. Cette aven­ture a com­men­cé sur le pa­ri sui­vant : au-de­là des moyens de pro­duc­tion dont nous avions ab­so­lu­ment be­soin pour mo­der­ni­ser les usines fran­çaises, nous de­vions faire face à de vé­ri­tables en­jeux, des en­jeux or­ga­ni­sa­tion­nels, nor­ma­tifs et de pro­mo­tion de l’in­dus­trie fran­çaise. En par­tant du prin­cipe que l’in­dus­trie était la base d’un dé­ve­lop­pe­ment pour nos en­tre­prises. Quand on consi­dère que l’in­dus­trie gé­né­re­ra de­main trois autres types d’em­ploi, on se dit que pré­ser­ver l’in­dus­trie, et même la dé­ve­lop­per, sur notre ter­ri­toire fran­çais va per­mettre de créer les mé­tiers de de­main. Et, au-de­là des seuls mé­tiers qui nous im­portent, nous sommes dans un monde qui évo­lue très, très vite en termes de tech­no­lo­gie, de nu­mé­ri­sa­tion, d’at­tente des gé­né­ra­tions qui ar­rivent, des col­la­bo­ra­teurs et des ci­toyens. Nos en­tre­prises sont donc l’un des ac­teurs ma­jeurs avec les­quels nous al­lons ac­ter toute notre dé­marche pour me­ner à bien les grands axes dé­fi­nis­sant le monde dans les­quel, en tant que Fran­çais et Eu­ro­péens, nous vou­lons vivre de­main. C’est clai­re­ment un vé­ri­table pro­jet de so­cié­té.

Me­sures. Vous par­lez de nu­mé­ri­sa­tion, d’en­jeux or­ga­ni­sa­tion­nels, etc. Tous ces termes, et plus gé­né­ra­le­ment le concept d’usine du fu­tur, sont-ils en­trés dans les en­tre­prises? Syl­vie Gui­nard. Ce sont évi­dem­ment des dé­marches qui ont com­men­cé à être prises en compte par un cer­tain nombre d’en­tre­prises et dans les­quelles, en par­ti­cu­lier, les ré­gions sont beau­coup im­pli­quées au ni­veau de l’ac­com­pa­gne­ment, puisque, en France, la ma­jo­ri­té des en­tre­prises sont destpe et des PME. Pour elles, la ca­pa­ci­té à tou­cher du doigt toutes ces nou­velles tech­no­lo­gies ou à se te­nir in­for­mées des évo­lu­tions est com­pli­qué, hor­mis au tra­vers de leur propre ré­seau. C’est pour ces rai­sons que nous avons mis en place, à tra­vers l’al­liance In­dus­trie du fu­tur et tous les par­te­naires, un cer­tain nombre de re­lais pour ca­pi­ta­li­ser sur tout ce qui est en train d’être mis en place et pour mettre en contact les prin­ci­paux ac­teurs des dif­fé­rentes ré­gions avec les chefs d’en­tre­prise des TPE et PME. Par exemple, dans la Ré­gion Au­vergne-rhône-alpes, les deux prin­ci­paux vec­teurs sont le Plan PME, un pro­gramme qui exis­tait dé­jà avant et qui est en train de se ré­écrire en par­tie à l’au­ra de l’in­dus­trie du fu­tur, ain­si que les Ap­pels à manifestation d’in­té­rêt (AMI), qui per­mettent à la fois d’ac­com­pa­gner les en­tre­prises et de don­ner des bud­gets aux en­tre­prises pour qu’elles puissent tra­vailler sur les dif­fé­rents en­jeux de l’in­dus­trie du fu­tur.

Me­sures. Quel est alors le bi­lan de ces deux an­nées? Phi­lippe Cho­der­los de La­clos. L’en­ga­ge­ment pris à l’époque était que 2000 en­tre­prises soient ac­com­pa­gnées

“Nous avons mis en place, à tra­vers l’al­liance In­dus­trie du fu­tur et tous les par­te­naires, un cer­tain nombre de re­lais pour ca­pi­ta­li­ser sur tout ce qui est en train d’être mis en place et pour mettre en contact les prin­ci­paux ac­teurs des dif­fé­rentes ré­gions avec les chefs d’en­tre­prise destpe et PME. ” Syl­vie Gui­nard, vice-pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des in­dus­tries mé­ca­niques (FIM) et Pdg de Thi­mon­nier

dans l’in­dus­trie du fu­tur sur les an­nées 2015 et 2016. À la fin de 2016, les ré­sul­tats sont plus que fa­vo­rables, puisque, nous to­ta­li­sons 2230 PME/PMI ef­fec­ti­ve­ment ins­crites dans des dis­po­si­tifs ré­gio­naux pour des opé­ra­tions d’ac­com­pa­gne­ment (diag­nos­tic, in­ves­tis­se­ment), voire même dé­jà dans des opé­ra­tions pour ren­trer dans l’uni­vers nu­mé­rique ou dans un uni­vers de trans­for­ma­tion de l’en­tre­prise dans le cas d’as­pects stra­té­giques ou or­ga­ni­sa­tion­nels. Nous avons aus­si 1870 PME/PMI qui se sont en­ga­gées, au tra­vers des dis­po­si­tifs na­tio­naux et des fi­lières, telles que l’aé­ro­nau­tique ou l’au­to­mo­bile, ain­si qu’au tra­vers de pro­grammes spé­ci­fiques comme Robot Start PME por­té par le Com­mis­sa­riat à l’éner­gie ato­mique et aux éner­gies al­ter­na­tives (CEA), le Centre tech­nique des in­dus­tries mé­ca­niques (Ce­tim) et le Syn­di­cat des ma­chines et tech­no­lo­gies de pro­duc­tion (Sy­mop).au to­tal, nous avons, en l’es­pace de deux ans, ac­com­pa­gné 4 100 en­tre­prises, sur 5 500 fi­nan­ce­ments dis­po­nibles au ni­veau des ré­gions. Et nous avons même une pré­vi­sion de 8 000 en­tre­prises iden­ti­fiées à terme pour un ac­com­pa­gne­ment dans une dé­marche de pro­gres­sion vers l’in­dus­trie du fu­tur, sui­vant les pro­messes de fi­nan­ceurs ré­gio­naux. Ce chiffre est à mettre en rap­port avec les 30000 en­tre­prises ma­nu­fac­tu­rières en France et qui sont prin­ci­pa­le­ment des PME.TOUT ce­la jus­ti­fie plei­ne­ment toutes les opé­ra­tions que nous avons dé­jà me­nées, d’au­tant que l’in­té­rêt est non pas que quelques lea­ders seule­ment se conver- tissent à l’in­dus­trie du fu­tur, mais bien que l’en­semble du tis­su industriel trouve sa voie de pro­grès, son in­dus­trie du fu­tur pour as­su­rer le fu­tur de notre col­lec­ti­vi­té na­tio­nale.

Me­sures. Quel a été l’ap­port de l’al­liance In­dus­trie du fu­tur?

“Au to­tal, nous avons, en deux ans, ac­com­pa­gné 4 100 en­tre­prises, sur 5 500 fi­nan­ce­ments dis­po­nibles au ni­veau des ré­gions. Et nous avons même une pré­vi­sion de 8 000 en­tre­prises ac­com­pa­gne­ment. ” iden­ti­fiées à terme pour un Phi­lippe Cho­der­los de La­clos, di­rec­teur gé­né­ral du Centre tech­nique des in­dus­tries mé­ca­niques (Ce­tim)

Phi­lippe Cho­der­los de La­clos. Elle a été, à mon avis, un ap­port ex­tra­or­di­naire, parce que nous avons ren­du les in­dus­triels res­pon­sables de leur des­tin. Rap­pe­lons que ce sont les fé­dé­ra­tions qui se sont mises en res­pon­sa­bi­li­té à la de­mande du mi­nistre Em­ma­nuel Ma­cron à l’époque et qui se sont as­so­ciées aux centres tech­niques in­dus­triels (CTI). Ce ne sont pas moins de huit centres qui sont as­so­ciés à ces opé­ra­tions pour ap­puyer le dé­ploie­ment vis-à-vis du tis­su industriel, un tis­su qui doit ab­so­lu­ment se ré­no­ver.

Me­sures. Existe-t-il des dis­pa­ri­tés entre les ré­gions? Phi­lippe Cho­der­los de La­clos. Oui, il y a ef­fec­ti­ve­ment des dis­pa­ri­tés entre les ré­gions. On peut d’au­tant mieux en par­ler ici que c’est cer­tai­ne­ment la ré­gion Au­vergne-rhône-alpes qui est en pre­mière po­si­tion sur le dé­ploie­ment et l’ac­com­pa­gne­ment des en­tre­prises. Je vou­drais quand même dire que ces chiffres, ex­cel­lents, sont le re­flet d’un mi­racle. Nor­ma­le­ment, du­rant les deux an­nées que l’on vient de tra­ver­ser, nous avons vé­cu le cham­bar­de­ment des ré­gions, dont le nombre est pas­sé de 19 à 13, des chan­ge­ments de ma­jo­ri­té au ni­veau des ré­gions. En toute lo­gique, tous ces évé­ne­ments au­raient dû in­ter­rompre le flux. En réa­li­té, bien au contraire, le flux a conti­nué. Donc, in­dé­pen­dam­ment des fluc­tua­tions po­li­tiques, mon plus grand voeu est que ce­la conti­nue en­core. On n’ar­rête pas l’in­dus­trie du fu­tur, et c’est très bien pour nous tous. Syl­vie Gui­nard. Si nos po­li­tiques ré­gio­naux ont mis en avant la vo­lon­té forte et af­fi­chée de tra­vailler sur l’as­pect nu­mé­ri­sa­tion des en­tre­prises, dans leur ac­com­pa­gne­ment, je vois une autre don­née très im­por­tante qui dif­fère entre notre ré­gion et les autres. Il s’agit de la di­ver­si­té des ac­tions qui y sont me­nées. Dans un cer­tain nombre de ré­gions, les ac­tions fi­nan­cées sont soit juste des diag­nos­tics, soit consistent à

in­ter­ve­nir sur quelques points de la nu­mé­ri­sa­tion. La ré­gion Au­ver­gneR­hône-alpes est la seule à avoir tra­vaillé de front sur tous les en­jeux (diag­nos­tic, en­jeux tech­no­lo­giques, nu­mé­rique, or­ga­ni­sa­tion, en­vi­ron­ne­ment, for­ma- tion et in­ves­tis­se­ment). Comme seule­ment 500 PME se sont à ce jour lan­cées dans des opé­ra­tions liées à l’in­dus­trie du fu­tur, sur un to­tal de 2790 que la ré­gion s’est en­ga­gée à ac­com­pa­gner à l’ho­ri­zon de 2020, je lance un ap­pel aux PME de notre ré­gion: « Les fi­nan­ce­ments sont dis­po­nibles, les struc­tures se sont mises en place, il ne reste plus que vous, chefs d’en­tre­prise, à vous en­ga­ger ».

Me­sures. A-t-on une idée plus dé­taillée des types d’opé­ra­tions réa­li­sés par les en­tre­prises? Phi­lippe Cho­der­los de La­clos. L’at­ten­tion des en­tre­prises s’est sur­tout fo­ca­li­sée, pour l’ins­tant, sur le « rat­tra­page », c’est-à-dire sur l’in­ves­tis­se­ment et le re­tour de l’ou­til pro­duc­tif. Il est clair que le sur­amor­tis­se­ment a été un ou­til ef­fi­cace pour ac­com­pa­gner ce nou­vel in­ves­tis­se­ment. Le sur­amor­tis­se­ment s’ar­rête d’ailleurs juste main­te­nant, ce qui jus­ti­fie les der­niers achats qui se font sur le sa­lon In­dus­trie Lyon. Et c’est une opé­ra­tion qu’il fau­dra cer­tai­ne­ment re­nou­ve­ler. Mais beau­coup

Quelle meilleure oc­ca­sion que le sa­lon In­dus­trie Lyon 2017 pour par­ler d’in­dus­trie du fu­tur ? C’est ce qu’ont dû se dire les or­ga­ni­sa­teurs en pro­po­sant une table ronde sur le thème de « Deuxan­sa­près,le­point­sur­le­dé­ploie­ment­del’in­dus­trie­du­fu­tur ». Et les si

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