C177Car­di­nalII

Le plus élé­gant des mo­no­mo­teurs

Micro Simulateur - - SOMMAIRE -

Avec son aile haute sans haubans, le Cess­na Car­di­nal est d’une élé­gance rare. Les per­for­mances sont aus­si au ren­dez-vous et le plai­sir des yeux s’ac­com­pagne d’un grand agré­ment de pi­lo­tage.

Il de­vait suc­cé­der au 172, mais il n’est fi­na­le­ment res­té qu’une pa­ren­thèse, certes fruc­tueuse, dans la pro­duc­tion de son construc­teur. Le Car­di­nal est pour­tant un très bel ap­pa­reil, avec son aile can­ti­le­ver sans haubans et son train ren­trant – il existe aus­si en train fixe et les deux ver­sions sont mo­dé­li­sées ici – mais cer­tains as­pects de sa concep­tion vont li­mi­ter sa dif­fu­sion et même le sou­tien des per­son­nels de Cess­na à l’adop­tion du mo­dèle. Le dé­faut prin­ci­pal re­pro­ché aux ailes hautes est le manque de vi­si­bi­li­té en vi­rage. La ré­ponse des in­gé­nieurs est de po­si­tion­ner le pi­lote de­vant les ailes, mais il en ré­sulte des pro­blèmes de cen­trage avant. L’al­lé­ge­ment du mo­teur, grâce à l’adop­tion du Ly­co­ming O-320, plus lé­ger que le Con­ti­nen­tal O-300 qui équipe le 172, n’est pas for­cé­ment la ré­ponse adap­tée. Mal­gré ce dé­faut, le Car­di­nal est construit en près de 4 300 exem­plaires entre 1968 et 1978, mais c’est le 172 qui reste fi­na­le­ment le mo­no­mo­teur qua­dri­place de ré­fé­rence chez Cess­na.

Les ver­sions du Car­di­nal pro­po­sées dans l’add-on d’Ala­beo sont le 177B, à train fixe, où les sou­cis d’os­cil­la­tion et de cen­trage ont été ré­so­lus, et le 177RG à train ren­trant. Les deux ap­pa­reils sont ven­dus dans un seul pack di­rec­te­ment par l’édi­teur 28,95 $, soit en­vi­ron 22 eu­ros, et leur té­lé­char­ge­ment at­teint presque les 300 Mo. L’ins­tal­la­tion est au­to­ma­tique et in­clut FS X, P3D1 et P3D2. Vous de­vrez juste re­com­men­cer le pro­ces­sus pour chaque ver­sion de si­mu­la­teur.

Une ligne de toute beau­té

L’ab­sence de haubans donne au Car­di­nal une sil­houette très épu­rée pour un avion à aile haute, sur­tout en ver­sion train ren­trant. On com-

prend qu’Ala­beo ait été ten­té de mettre son ta­lent gra­phique au ser­vice de ce bel ap­pa­reil. Les formes res­ti­tuées par les mo­de­leurs sont tout sim­ple­ment par­faites, avec des dé­tails trai­tés avec le plus grand soin, même dans les vues les moins usi­tées. Même en zoo­mant for­te­ment sur un écran HD, la ré­so­lu­tion reste ex­cel­lente. Le tra­vail sur les textures, comme tou­jours chez l’édi­teur, per­met de ne pas sur­char­ger in­uti­le­ment le mo­dèle ex­té­rieur et donne cette im­pres­sion d’uti­li­sa­tion qui est si im­por­tante pour l’am­biance. Les ef­fets de re­flets, trans­pa­rence, brillance sont bien pré­sents, les jeux d’ombre pre­nant en­core plus de re­lief dans P3D. La per­son­na­li­sa­tion ex­té­rieure ne concerne que l’ou­ver­ture de la porte pas­sa­ger et les chaus­settes de train, amo­vibles, mais sans in­fluence sur le com­por­te­ment en vol. Dom­mage de ne pas avoir les cales et autres caches-Pi­tot très sou­vent pré­sents dans ce type d’add-on.

Le Car­di­nal est en­core plus spa­cieux que le 172, c’est une des qua­li­tés de Cess­na que de pro­po­ser des avions confor­tables et ac­ces­sibles aux pas­sa­gers. À bord des ver­sions si­mu­lées, le pas­sa­ger dis­pose de sa vue pour ad­mi­rer jus­qu’aux rails des sièges avant, au grain de la mo­quette et au brillant des cen­driers. En place droite, il n’y a pas grand-chose à voir, seul l’ho­ri­zon ar­ti­fi­ciel est dou­blé, le bloc ra­dio/ra­dio­nav/GPS oc­cu­pant pas mal de place. C’est un GNS530 qui équipe l’ap­pa­reil, avec un écran cou­leur bien li­sible. Il est pos­sible, mais seu­le­ment dans FS X, d’in­té­grer une avio­nique Rea­li­tyXP à la place de l’ins­tru­ment Ala­beo.

Le cock­pit est iden­tique dans tous les ap­pa­reils, les ver­sions à train ren­trant ayant en sup­plé­ment une ma­nette de train à cô­té de celles de puis­sance, de pas d’hé­lice et de mix­ture, avec deux voyants lu­mi­neux pour in­di­quer train sor­ti ou ren­tré.

Une ins­tru­men­ta­tion clas­sique et ef­fi­cace

En plus des fonc­tions COM et NAV du GNS 530, le Car­di­nal VHF dis­pose d’une ra­dio conven­tion­nelle de se­cours, d’un bloc ADF et d’un trans­pon­deur mo­derne. La boîte de mé­lange est très com­plète et, petit raf­fi­ne­ment mon­trant la qua­li­té de la réa­li­sa­tion, la sé­lec­tion du bou­ton d’écoute des VOR sur le mé­lan­geur ra­dio fait au­to­ma­ti­que­ment aug­men­ter le son cor­res­pon­dant sur le GPS, ani­ma­tion à l’ap­pui. Plu­sieurs vues per­mettent de pi­lo­ter de l’une ou l’autre place, une vue cen­trale fa­ci­li­tant le ré­glage des moyens ra­dio, ra­dio-

nav et GPS, tan­dis que la vue basse est in­dis­pen­sable au dé­mar­rage. Dans toutes les vues, le yoke peut être es­ca­mo­té en cli­quant des­sus.

Les ca­drans ana­lo­giques sont très li­sibles et les gauges agréables à ma­ni­pu­ler avec juste ce qu’il faut de ré­ac­ti­vi­té à la mo­lette pour les bou­tons tour­nants. L’im­pres­sion de re­lief du ta­bleau de bord est don­née par les textures, très ha­bi­le­ment. La très haute ré­so­lu­tion de celles-ci va jus­qu’au grain de la ma­tière et aux marques d’uti­li­sa­tion, sub­tiles, et il est pos­sible de zoo­mer très for­te­ment sans perdre de qua­li­té d’af­fi­chage.

L’éclai­rage noc­turne est lui aus­si un plai­sir pour les yeux. Par­fai­te­ment do­sé, il in­cite à voya­ger en VFR de nuit, la sta­bi­li­té du Car­di­nal étant un atout pour ce type de vol. Les éclai­rages ex­té­rieurs sont éga­le­ment sans re­proche. Le tra­vail sur les ver­rières et les vitres des gauges est digne d’éloges, mais il peut être plus confor­table sur un vol long de désac­ti­ver ces op­tions grâce au mo­dule de contrôle.

Proche du 172 dans son com­por­te­ment

Bien que les choix aé­ro­dy­na­miques du C177 ne soient pas les mêmes que ceux du 172, les sen­sa­tions de pi­lo­tage res­tent as­sez proches. Sous-mo­to­ri­sé dans sa pre­mière ver­sion, il a vite été équi­pé d’un 180 ch, qui était in­dis­pen­sable. Un 200 ch sur la ver­sion RG au­rait été en­core plus ef­fi­cace, mais l’add-on a choi­si la mo­to­ri­sa­tion l a plus ré­pan­due, donc celle de 180 ch du Ly­co­ming IO-360.

La mise en puis­sance est bien re­pro­duite avec des ef­fets mo­teur do­sés cor­rec­te­ment. Par dé­faut, le Car­di­nal em­porte deux pas­sa­gers à l’avant, mais le cen­trage n’est pas ex­ces­sif mal­gré tout. Ce qui frappe as­sez vite en pro­me­nant le point de vue est que l’aile est beau­coup moins vi­sible que dans le 172, comme vou­lu par le construc­teur, mais la sen­sa­tion vi­suelle est de ce fait as­sez dé­rou­tante. Plu­tôt stable, l’ap­pa­reil prend gen­ti­ment une pente de mon­tée sans ex­cès. Les ter­rains de mon­tagne res­tent ac­ces­sibles, en veillant à la charge et à la tem­pé­ra­ture du mo­ment. Les pa­lon­niers sont très ré­ac­tifs, un peu trop peut-être.

La séance de ma­nia est agréable, avec des ré­ponses souples mais ef­fi­caces aux com­mandes, et au­cune traî­trise même en tan­gage. Le mo­teur s’étouffe s’il n’est pas mix­tu­ré en al­ti­tude, ce qui est un bon point et per­met de tra­vailler le vol pla­né. Le re­dé­mar­rage est au­to­ma­tique avec le vent re­la­tif. Le tra­vail sur les trois ma­nettes est d’au­tant plus in­té­res­sant qu’elles ré­agissent très bien à la sou­ris. Les vo­lets très ef­fi­caces fa­ci­litent le re­tour au sol et un at­ter­ris­sage court. N’hé­si­tez pas à tra­vailler au mo­teur avec une as­siette as­sez ca­brée, même si la vi­si­bi­li­té avant n’est pas ex­cep­tion­nelle.

Pas de PA !

Du fait de sa sta­bi­li­té, de son ex­cel­lente vi­si­bi­li­té et de ses per­for­mances – 120 kt en croi­sière –, le Car­di­nal entre dans la ca­té­go­rie des mo­no­mo­teurs de voyage. Pour­tant, Ala­beo a choi­si de ne pas l’équi­per d’un pi­lote au­to­ma­tique, comme il l’avait dé­jà fait sur le 172 Cut­lass. Dans la réa­li­té, ce type d’avion ne dis­pose que ra­re­ment d’une telle op­tion, du moins en ver­sion train fixe. La plu­part des trains ren­trants, en re­vanche, ont au moins un PA deux axes (as­siette et rou­lis). Heu­reu­se­ment, la sta­bi­li­té du Car­di­nal per­met, avec de bons ré­glages de com­pen­sa­teurs, de lâ­cher les com­mandes. Mais les nom­breux ama­teurs de PA dans FS risquent d’être dé­çus. Hor­mis ce point, qui fait dé­bat par­mi les sim­mers de­puis le 172 Cut­lass de l’édi­teur, le Car­di­nal est bien équi­pé pour le voyage en VFR, de nuit comme de jour – même s’il n’est pas conforme à la ré­gle­men­ta­tion fran­çaise pour le vol de nuit. Ses ins­tru­ments par­ti­cu­liè­re­ment li­sibles fa­ci­litent l’ap­pren­tis­sage d’un pi­lo­tage pré­cis, tan­dis que l’ex­cellent GPS évite tout risque de se perdre.

Si l’ab­sence de PA laisse place au dé­bat et n’est pas for­cé­ment un dé­faut, la do­cu­men­ta­tion, pour sa part, conti­nue à être à la fois in­té­res­sante et très in­com­plète, ce der­nier point étant vrai­ment gê­nant pour la prise en main de l’avion. Le contrôle d’un mo­no­mo­teur est certes fa­cile, mais ex­ploi­ter au mieux le GNS 530 né­ces­site de cher­cher sa do­cu­men­ta­tion sur le site du construc­teur, rien ne fi­gu­rant à ce su­jet dans les fi­chiers qui ac­com­pagnent l’ap­pa­reil. Le cô­té in­té­res­sant est la re­pro­duc­tion d’ex­traits du manuel de vol réel, avec toutes les fiches de per­for­mances, et la pré­sence des che­ck­lists d’ur­gence.

Bien que ce point fasse ré­gu­liè­re­ment l’ob­jet de re­proches adres­sés à Ala­beo et à Ca­re­na­do, au­cun pro­grès n’est à consta­ter. Ce­pen­dant, les réa­li­sa­tions gra­phiques des deux so­cié­tés soeurs sont tel­le­ment sé­dui­santes, et ce C177 en est en­core l’il­lus­tra­tion, que ce seul dé­faut est ai­sé­ment pardonnable sur un avion très clas­sique à la prise en main ne né­ces­si­tant pas de lire des cen­taines de pages.

Agréable à pi­lo­ter, su­perbe à l’in­té­rieur comme à l’ex­té­rieur, ac­com­pa­gné de sons mo­teur bien ca­rac­té­ri­sés, le Car­di­nal est un avion in­té­res­sant pour la flotte de tout ama­teur de mo­no­mo­teurs. Dis­po­ser de deux ver­sions, l’une avec train fixe, l’autre avec train ren­trant, jus­ti­fie le prix un peu plus éle­vé que d’or­di­naire pour ce type d’add-on. Un avion pour le plai­sir des yeux à consom­mer en pro­me­nade comme pour tra­vailler son pi­lo­tage.

Dom­mage que le pa­ra­mé­trage au sol fasse l’im­passe sur les cales et autres « goo­dies » qui ajoutent à l’am­biance (P3D).

Ci-contre : Il y a plus per­for­mant au dé­col­lage, sur­tout à la masse maxi­male. En bas (à gauche) : Dé­ci­dé­ment, la vue par dé­faut du cock­pit vir­tuel dans P3D n’est pas flat­teuse. En bas (à droite) : La place pas­sa­ger est très réa­liste, avec les gi­lets prêts pour la tra­ver­sée ma­ri­time.

Une vue un peu cen­trale pra­tique pour ré­gler les ra­dios/ ra­dio­nav, as­sez proche d’un cock­pit 2D quant à la dis­po­si­tion.

Ci-contre : Un petit coup de PA per­met­trait de souf­fler en re­gar­dant le pay­sage, mais il faut te­nir son Car­di­nal à la main. Ci-des­sous : Confor­table et agréable en voyage.

Ci-des­sus : Les textures servent par­fai­te­ment le mo­dèle 3D, même en zoo­mant de près.

L’éclai­rage in­té­rieur est par­fai­te­ment adap­té au pi­lo­tage. Ci-des­sus : Le­ver de Lune sur le C177RG ren­trant à Biar­ritz. Ci-des­sous : Les re­flets sur la ver­rière peuvent être ac­ti­vés.

Les jeux d’ombre dans P3D mettent en va­leur la réa­li­sa­tion gra­phique.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.