Yak-1 de l’As so­vié­tique Ly­dia Lit­vak

La Rose Blanche de Sta­lin­grad

Micro Simulateur - - EXTENSION - Fi­chier

Fi­gure em­blé­ma­tique de la ba­taille de Sta­lin­grad, Ly­dia Lit­vak a séduit Pa­trice Grange qui lui consacre, ain­si qu’à son ap­pa­reil, un add-on plein d’en­thou­siasme et d’ad­mi­ra­tion. Une ap­proche ori­gi­nale et un free­ware très réus­si.

Il y a quelques se­maines, je re­ce­vais un mes­sage qui dé­bu­tait ain­si : « En cette époque in­cer­taine où la fa­mille FS de Mi­cro­soft semble s’ap­pro­cher du bout de son his­toire sans re­lève évi­dente (P3D, quand même !), j’ai pas­sé un peu plus de temps dans les livres, plu­tôt les livres sur l’his­toire de l’avia­tion d’ailleurs, et je dois avouer qu’au gré de plu­sieurs lec­tures, je suis tom­bé un peu “amou­reux” (fa­çon de par­ler évi­dem­ment, quoique…) d’une jeune fille russe d’ori­gine juive de tout juste 21 ans. Votre cul­ture étant ce qu’elle est, vous voyez évi­dem­ment de qui je veux par­ler mais je suis éton­né de voir que la plus grande As pi­lote de chasse de sexe fé­mi­nin de l ’His­toire soit si peu connue du grand pu­blic et même des sim­mers ». Pa­trice Grange pré­su­mait beau­coup de ma cul­ture aé­ro­nau­tique, car je ne voyais ab­so­lu­ment pas à qui il fai­sait al­lu­sion. Heu­reu­se­ment, il pour­sui­vait son ré­cit, qui de­vait en­suite ac­com­pa­gner, en an­glais, son add-on. « Elle n’af­fec­tionne pas beau­coup Sta­line ni le Ré­gime So­vié­tique, mais elle aime pro­fon­dé­ment son pays et, par-des­sus tout, elle adore vo­ler. Lâ­chée sur Po­li­kar­pov U-2 ou Po-2 à 15 ans, bre­ve­tée à 16 – en tri­chant un peu sur son âge il est vrai, elle s’amuse un jour à dé­fier son propre ins­truc­teur et prend le des­sus sur lui en com­bat tour­noyant. De fait, elle de­vient à son tour ins­truc­teur. Sur le front à 20 ans, d’abord dans une uni­té fé­mi­nine, puis dans une deuxième escadrille de chasse où elle se re­trouve – avec une seule autre ca­ma­rade – dans une uni­té jusque-là ex­clu­si­ve­ment com­po­sée d’hommes, elle gagne leur res­pect au fur et à me­sure de ses vic­toires aé­riennes (elle en rem-

por­te­ra 12 in­di­vi­duelles + 3 par­ta­gées). Elle com­mence à construire sa lé­gende dans le ciel de Sta­lin­grad en pei­gnant des roses blanches sur le fu­se­lage de son Yak pour chaque Al­le­mand abat­tu. En août 1943, très af­fec­tée par la mort de son ami (pro­ba­ble­ment un peu plus qu’ami…), un autre pi­lote de l’escadrille, celle que l’on ap­pelle dé­jà « La Rose Blanche de Sta­lin­grad » mul­ti­plie les mis­sions au-de­là du rai­son­nable, comme pour s’étour­dir et ne plus pen­ser. Sa der­nière mis­sion com­plé­te­ra sa lé­gende : ce 1er août 1943, c’est la qua­trième sor­tie qu’elle ef­fec­tue dans la même jour­née. Ra­pi­de­ment, elle abat deux ap­pa­reils al­le­mands, mais elle est à son tour prise en chasse par un groupe de huit Bf109 qui l’isolent de sa pa­trouille, bien dé­ci­dés à en fi­nir avec elle. Suivent plu­sieurs mi­nutes d’un com­bat achar­né à une contre huit, où la jeune pi­lote par­vient ce­pen­dant à plu­sieurs re­prises à tou­cher sé­vè­re­ment l’un ou l’autre de ses ad­ver­saires, jus­qu’à suc­com­ber sous le nombre, non sans avoir ten­té dans un ul­time ré­flexe de po­ser sur le ventre son Yak mor­tel­le­ment tou­ché. Elle au­rait eu 22 ans quinze jours plus tard. Elle s’ap­pe­lait Ly­dia Lit­vak. »

Un Yak-1 per­son­na­li­sé

Les 8 721 Yak-1 construits à par­tir de 1940 se sont illus­trés dans la chasse so­vié­tique du­rant la pre­mière par­tie du conflit mon­dial. Mais ce­lui-ci n’est pas un Yak-1 comme les autres. C’est en amou­reux de Li­ly que l’au­teur a re­pris ses ou­tils pour mo­dé­li­ser le « 44 Jaune », l’ap­pa­reil sur le­quel elle a rem­por­té le plus grand nombre de ses vic­toires. La rose blanche est le leit­mo­tiv in­té­rieur comme ex­té­rieur qui per­son­na­lise l’ap­pa­reil, tan­dis que la pi­lote est une bonne évo­ca­tion de l’As à par­tir des pho­tos pré­sentes dans la do­cu­men­ta­tion.

Comme à son ha­bi­tude, Pa­trice Grange n’ou­blie pas les nom­breux pi­lotes qui res­tent fi­dèles à FS 2004, ce qui n’em­pêche pas son add-on de fonc­tion­ner dans FS X et P3D. L’ar­chive à té­lé­char­ger sur Sim­via­tion fonc­tionne dans toutes les ver­sions sans mo­di­fi­ca-

tions. Elle contient les gauges FS 2004 né­ces­saires à son fonc­tion­ne­ment dans FS X et P3D, si vous ne les avez pas dé­jà. Il y a aus­si des ef­fets à co­pier, car Li­ly at­taque réel­le­ment avec des balles tra­çantes. Mi­chael Pook, avec l’au­to­ri­sa­tion de l’au­teur, pro­pose sur la même page de Sim­via­tion une tex­ture aux cou­leurs plus vives à ajou­ter ou pour rem­pla­cer la tex­ture par dé­faut. Les deux sont in­té­res­santes et co­ha­bitent sans trop de ma­ni­pu­la­tions.

La mo­dé­li­sa­tion 3D met en va­leur les lignes fluides du Yak-1, qui est sans doute l’un des plus beaux ap­pa­reils de la Se­conde Guerre mon­diale au ni­veau de l’aé­ro­dy­na­mique. Le ni­veau de po­ly­gones sup­porte sans ruptures le mode HD, tous les élé­ments ex­té­rieurs sont bien ani­més, de même que le conte­nu du cock­pit vir­tuel, et les deux li­vrées sont réus­sies. S’il fal­lait en­core trou­ver une cri­tique à faire à l’ex­té­rieur, ce se­rait au ni­veau de la tex­tu­ra­tion des ca­pots de train et du ventre de l’ap­pa­reil.

Une vraie at­mo­sphère dans le cock­pit

Il ne faut pas hé­si­ter à re­cu­ler le point de vue pour pro­fi­ter du cock­pit, plus dé­taillé que dans les ap­pa­reils pré­cé­dents de l’au­teur au ni­veau de la 3D. De nom­breuses touches de per­son­na­li­sa­tion met- tent dans l’am­biance, comme la carte russe ou les roses. L’ins­tru­men­ta­tion suit la mé­trique russe, avec un al­ti­mètre en ki­lo­mètres et un ané­mo­mètre en km/h. Le ta­bleau de bord en 2D est as­tu­cieu­se­ment conçu pour re­prendre les com­mandes de vo­lets et de train tout en se rap­pro­chant au plus près du cock­pit vir­tuel.

Le com­por­te­ment en vol est très agréable, la mise en puis­sance au dé­col­lage dé­clenche pas mal d’ef­fet, ce qui est co­hé­rent – agis­sez pro­gres­si­ve­ment sur les gaz – et la vi­si­bi­li­té avant n’est pas bonne, le Yak-1 étant par­ti­cu­liè­re­ment en pente. L’avion est vite en l’air et monte ef­fi­ca­ce­ment. Il ré­agit avec ef­fi­ca­ci­té aux com­mandes et vous vous pren­drez vite au jeu du dog­fight, sur­tout en vol à deux, exer­cice pour le­quel ce Yak-1 free­ware et peu gour­mand en res­sources se prête avec brio. On en vien­drait presque à re­gret­ter que les balles tra­çantes, très spec­ta­cu­laires, ne frappent pas vrai­ment l’ad­ver­saire. Le re­tour au sol est sans doute l’opé­ra­tion la plus dé­li­cate, la fa­tigue du com­bat n’ar­ran­geant rien. Les vo­lets sont ef­fi­caces pour cas­ser la vi­tesse mais l’as­siette as­sez ca­brée ne fa­ci­lite pas la prise d’axe. De quoi pas­ser de bons mo­ments !

Le der­nier opus de Pa­trice Grange est sé­dui­sant à plus d’un titre : il fait dé­cou­vrir une hé­roïne tou­chante et peu connue de la Se­conde Guerre mon­diale, dans une mise en scène très réus­sie aé­ro­nau­ti­que­ment, et il donne de bonnes sen­sa­tions de pi­lo­tage dans un ap­pa­reil à la réa­li­sa­tion très ho­mo­gène, sans im­pact sur le fra­me­rate. Les add-ons servent aus­si à ra­con­ter de très belles his­toires !

At­ten­tion à la mise en puis­sance au dé­col­lage, ef­fets mo­teurs ga­ran­tis.

Pour bien voir le ta­bleau de bord du cock­pit vir­tuel, il faut re­cu­ler au maxi­mum la ca­mé­ra.

Textures plus flat­teuses à l’in­té­rieur aus­si. Ci-des­sus : Com­bat en­ga­gé au-des­sus de Le­nin­grad en hiver. Ci-des­sous (in­sert) : Une mo­dé­li­sa­tion 3D in­té­rieure très dé­taillée, avec la pe­tite touche flo­rale in­dis­pen­sable. Ci-des­sous : Un vrai plai­sir de pi­lo­tage même aux ex­trêmes, le Yak-1 est un ex­cellent vol­ti­geur.

En haut : Dans sa li­vrée al­ter­na­tive, d’un vert plus vif avec des bandes noires. Ci-des­sus (gauche) : Le ta­bleau de bord 2D joue la carte de l’ef­fi­ca­ci­té. Ci-des­sus (droite) : At­ten­tion, il ar­rive vite et mange pas mal de piste à l’at­ter­ris­sage.

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