FTX PI AYPY

L’ap­pel de l’aven­ture…

Micro Simulateur - - EXTENSION -

Nouvelle ve­nue dans la gamme des ex­ten­sions d’Orbx, cette scène tranche avec tout ce qu’avait au­pa­ra­vant pu­blié l’équipe aus­tra­lienne. Aus­si bien par la des­ti­na­tion exo­tique que par les pos­si­bi­li­tés d’ex­ploi­ta­tion, ce dé­cor mé­rite le voyage !

AYPY ? Ne soyez pas hon­teux de ne pas connaître ce code OACI, il est bien éloi­gné des routes ha­bi­tuelles ! Car si l’on est fa­mi­lia­ri­sé avec les aé­ro­ports com­men­çants par K (États-Unis), LF (France) ou quelques autres com­bi­nai­sons d’aé­ro­ports d’en­ver­gure in­ter­na­tio­nale, le pré­fixe AY a de quoi dé­rou­ter même les pi­lotes les plus aguer­ris ! En fait AYPY est le code pour Jack­sons In­ter­na­tio­nal Air­port… Pas plus avan­cé ? Alors peut-être que le nom pré­cé­dent vous met­tra mieux sur l a piste (avec un beau double sens) : Port Mo­res­by In­ter­na­tio­nal Air­port, soit la ca­pi­tale de l a Papouasie – Nouvelle-Gui­née. Tout com­men­ça en 1940, lors­qu’un corps ex­pé­di­tion­naire aus­tra­lien amé­na­gea une piste de brousse, alors pré­vue dans l’éven­tua­li­té d’un conflit qui pou­vait em­bra­ser le Pa­ci­fique – on sait ce qu’il ad­vint un an plus tard… L’ins­tal­la­tion ini­tiale, à vo­ca­tion mi­li­taire, lais­sa place après la guerre à un tra­fic ci­vil peu dé­ve­lop­pé dans cette ré­gion re­cu­lée. Au­jourd’hui, Jack­sons In­ter­na­tio­nal est la prin­ci­pale in­fra­struc­ture aé­ro­por­tuaire de Papouasie, et le hub des deux opé­ra­teurs lo­caux Air Niu­gi­ni et Air­lines PNG.

Qu’est-ce qui a pu pous­ser Orbx à mo­dé­li­ser un site si exo­tique ? La ré­ponse est his­to­rique et tou­ris­tique. Car du­rant la guerre, les Aus­tra­liens com­bat­tirent les forces ja­po­naises dans la jungle de Papouasie – Nouvelle Gui­née, au sein d’un en­vi­ron­ne­ment qui était tout sauf confor­table ! Le pays, très mon­ta­gneux, ne dis­po­sait pas de routes, en­core moins d’aé­ro­ports, et il fal­lut tout construire. Mais im­pos­sible dans une jungle dense et sur des ver­sants es­car­pés d’éta­blir une au­to­route – à plus forte rai­son en pé­riode de guerre. Pour s’avan­cer dans le coeur de l’île, les forces ex­pé­di­tion­naires se conten­tèrent de tra­cer un che­min, à peine plus large qu’un homme, à coups de ma­chette (et un peu d’ex­plo­sifs).

Ce fut la Piste Ko­ko­da (Ko­ko­da Trail ou Track, se­lon les sources), re­liant la ca­pi­tale Port Mo­res­by au petit vil­lage de Ko­ko­da. Bien après la guerre, la piste res­ta en usage et de­vint une at­trac­tion tou­ris­tique. Nombre de trek­keurs aus­tra­liens ou néo-zé­lan­dais dé­barquent ain­si chaque an­née pour ef­fec­tuer le tra­jet à tra­vers la jungle : ils étaient 76 cu­rieux en 2001, mais 5 600 en 2008 ! Il faut entre quatre et douze jours pour ef­fec­tuer les 96 km de la piste, dans une tem­pé­ra­ture étouf­fante le jour (et gla­ciale la nuit), sous des pluies tor­ren­tielles, avec pas­sage d’un col à près de 2 200 m (plus de 7 000 ft) et dans un pay­sage ex­cep­tion­nel. Tout ce­la est émou­vant, certes, mais quel rap­port avec la si­mu­la­tion ? Sim­ple­ment Orbx n’a pas seu­le­ment mo­dé­li­sé l’aé­ro­port qui des­sert Port Mo­res­by mais est par­ve­nu dans son ex­ten­sion à re­pro­duire toute la piste Ko­ko­da avec ses haltes !

Mise en place

L’ex­ten­sion est pro­po­sée à un ta­rif au­tour de 23 eu­ros sur le site de son édi­teur. Elle pèse 511 Mo à té­lé­char­ger. La scène est pré­vue pour FS X et P3D V.1 et V.2, le choix du si­mu­la­teur s’ef­fec­tuant à l’ins­tal­la­tion (pour les ré­per­toires par dé­faut des lo­gi­ciels). Une pré­ci­sion doit être ap­por­tée aux re­com­man­da­tions d’Orbx : l’édi­teur an­nonce que FTX PI AYPY est conçu pour fonc­tion­ner de concert avec l’ex­ten­sion de dé­cor mon­dial FTX Glo­bal, ren­dant cette der­nière qua­si in­dis­pen­sable. Or le manuel PDF four­ni in­dique la marche à suivre pour pro­fi­ter de la nouvelle scène sans FTX Glo­bal – c’est d’ailleurs ce que nous avons fait ici, et sans grand sou­ci. On perd certes l’avan­tage d’un ef­fet de fon­du entre les textures par dé­faut du monde vir­tuel et celles du nou­veau dé­cor, on ne pro­fite pas des ef­fets lu­mi­neux par­ti­cu­liers du monde FTX Glo­bal, mais in­sis­ter sur l’ins­tal­la­tion préa­lable du dé­cor mon­dial nous semble plus un ar­gu­ment com­mer­cial qu’une obli­ga­tion tech­nique. De notre point de vue, AYPY se suf­fit à elle-même sans né­ces­si­ter le gros pack de textures et re­liefs. En re­vanche (et c’est as­sez mal in­di­qué), il est très re­com­man­dé de ré­cu­pé­rer le re­lief propre à cette ré­gion de la Papouasie : c’est un fi­chier qui n’est pas in­clus dans le pack de la scène mais pro­po­sé gratuitement au té­lé­char­ge­ment dans le fo­rum de sup­port d’Orbx (fi­chier OrbxFTXPNG_HOLGERMESH100. zip, 74 Mo). Si on ne dis­pose pas du mo­dule de ges­tion FTX Glo­bal, les ac­ti­va­tions de la scène AYPY et du mesh PNG doivent s’ef­fec­tuer à la main dans la bi­blio­thèque de dé­cors de FS X ; men­tion spé­ciale au manuel PDF four­ni (en an­glais) qui dé­taille bien l’opé­ra­tion. La nouvelle scène est ac­com­pa­gnée d’un petit mo­dule ex­terne à FS X (ou P3D) qui laisse la main sur cer­tains ré­glages ( per­son­nages ani­més, pré­sence d’ap­pa­reils sta­tiques sur l’aé­ro­port…). Le plus im­por­tant pour le sim­mer reste le pas­sage par le pan­neau de ré­glage gra­phique de son si­mu­la­teur, afin de mettre la

grille de re­lief sur 5 mètres (in­dis­pen­sable à la scène) et la qua­li­té des textures au maxi­mum pos­sible (30, voire 7 cm/pix).

Bien­ve­nue en

Papouasie

L’aé­ro­port Jack­sons In­ter­na­tio­nal est donc la porte d’en­trée pri­vi­lé­giée pour vi­si­ter la Papouasie – Nouvelle-Gui­née. Il est pré­sent dans FS X par dé­faut avec ses deux pistes pa­ral­lèles (une en as­phalte, l’autre en herbe) et quelques bâ­ti­ments. Bien évi­dem­ment, le nou­veau dé­cor re­met de l’ordre dans le vir­tuel ! On trouve donc les deux pistes en dur de l’aé­ro­port réel (dou­blon 14/32, une de 6 200 ft, l’autre de 9 000 ft) et sur­tout tous les bâ­ti­ments et em­pla­ce­ments. Les ins­tal­la­tions dis­posent de deux ter­mi­naux : l’in­ter­na­tio­nal peut ac­cueillir deux gros-por­teurs (747/777), deux moyen-cour­riers de type 737-900 ou A330 et un com­mu­ter plus lé­ger ; l’es­pace ré­ser­vé aux vols do­mes­tiques per­met de par­quer des ap­pa­reils de type A320, DHC-8, voire des com­mu­ters plus mo­destes. Au nord-est des ins­tal­la­tions est si­tué le sec­teur mi­li­taire, uti­li­sé par la force aé­rienne aus­tra­lienne (RAAF).

Par­tout dans ces ins­tal­la­tions, on re­trouve le sou­ci du dé­tail, une constante chez Orbx. Il est vrai­ment im­por­tant d’ac­ti­ver dans le mo­dule cor­res­pon­dant la pré­sence d’ap­pa­reils sta­tiques et les per­son­nages ani­més pour se rendre compte du tra­vail ac­com­pli. Chaque bâ­ti­ment et ac­ces­soire a été re­pro­duit avec une grande fi­dé­li­té, de­puis les ter­mi­naux jus­qu’à l’épave d’avion ser­vant à l’en­traî- ne­ment des pom­piers, en pas­sant par les cha­riots à ba­gages ou les han­gars de main­te­nance. Les alen­tours sont trai­tés en tex­ture de 30 cm. Les per­son­nages ani­més donnent vie à l’en­semble, aus­si bien les pas­sa­gers en at­tente que le per­son­nel de l’aé­ro­port. C’est d’au­tant plus ap­pré­ciable que sans eux et sans les avions sta­tiques, Jack­sons In­ter­na­tio­nal sem­ble­rait bien dé­sert, cette des­ti­na­tion n’étant pas la prio­ri­té des vols IA ! Une pe­tite carte des ins­tal­la­tions est four­nie dans la do­cu­men­ta­tion, il fau­dra néan­moins se dé­brouiller

avec d’autres sources pour trou­ver les cartes d’ap­proche. La 14L/32R pro­fite d’un ILS dans ses deux axes, ap­pré­ciable dans une ré­gion où les in­tem­pé­ries ne fa­ci­litent pas tou­jours le tra­vail du pi­lote.

Dé­jà on com­prend que cet aé­ro­port, par la di­ver­si­té de son tra­fic, est à même d’in­té­res­ser les sim­mers. Qu’il s’agisse de li­ners long­cour­riers, de pe­tits ap­pa­reils de trans­port, d’hé­li­co­ptères ou même de car­gos mi­li­taires, AYPY ac­cueille toutes sortes d’ap­pa­reils mal­gré la mo­deste taille de ses ins­tal­la­tions. On ima­gine les liai­sons avec toute l’aire pa­ci­fique (To­kyo, Sin­ga­pour, Syd­ney, Ma­nille…) ou les vols do­mes­tiques pour les nom­breuses îles en­vi­ron­nantes. Mais ce n’est ici qu’une mise en ap­pé­tit car, pour les ama­teurs de dé­fis à re­le­ver, le plus in­té­res­sant est à l’in­té­rieur des terres…

La piste Ko­ko­da

On au­rait pu croire qu’Orbx al­lait se conten­ter de mo­dé­li­ser l’aé­ro­port en dé­tail, comme ce­la avait été fait maintes fois au­pa­ra­vant (voir notre vol en Ca­li­for­nie à des­ti­na­tion de Mon­te­rey, p. 58). L’équipe a réus­si à re­nou­ve­ler le genre en ajou­tant pas moins de onze ins­tal­la­tions tout au long de la pe­tite piste Ko­ko­da (un che­min que l’on peut de­vi­ner à tra­vers la jungle). Ce sont des sites réels, bien qu’ils n’aient pas été re­pro­duits dans FS par dé­faut (sauf Ko­ko­da AYKO) : trop mo­destes, trop re­cu­lés… Et pour­tant, chaque piste consti­tue un vrai dé­fi. Les vil­lages, qui re­pré­sentent au­tant d’étapes de re­pos pour les trek­keurs, sont re­pro­duits en plein coeur de la fo­rêt équa­to­riale, là en­core avec une dé­bauche de dé­tails (cases en ron­dins, pe­tits feux au mi­lieu du vil­lage, linge éten­du sur des câbles… et même pan­neaux in­di­ca­teurs !). Au­tour de Ko­ko­da, c’est une tex­ture en 60 cm qui prend le pas, et on y admire les plan­ta­tions, che­mins, ri­vières… La grille de re­lief men­tion­née plus haut est in­dis­pen­sable ici pour re­pro­duire le contexte mon­ta­gneux et l’in­cli­nai­son des pe­tites pistes d’at­ter­ris­sage. Et ce n’est pas qu’un ar­gu­ment tou­ris­tique : dans une ré­gion où la seule voie de com­mu­ni­ca­tion ter­restre est une piste boueuse ne per­met­tant le pas­sage que d’un pié­ton de front, les ac­cès par avion (ou hé­li­co­ptère) sont une ga­ran­tie de ra­vi­taille­ment, voire de sé­cu­ri­té. La zone est même connue pour la plus courte liai­son aé­rienne com­mer­ciale, entre Efo­gi et Ka­gi, soit 90 se­condes de vol. Mais at­ten­tion, elles ne sont pas ac­ces­sibles à tous les pi­lotes ! Si vous pen­siez que Cour­che­vel (LLH Creations) consti­tuait le fin du fin en ma­tière d’ap­proche dif­fi­cile, vous n’avez pas en­core tes­té les pistes de jungle de Papouasie ! Bor­dée de vé­gé­ta­tion luxu­riante (et dif­fi­ciles à re­pé­rer – ne per­dez pas la carte four­nie dans la do­cu­men­ta­tion), dé­mu­nies de la moindre aide lu­mi­neuse ou ra­dio, ces ins­tal­la­tions sont des dé­fis per­ma­nents, sur­tout avec une mé­téo qui ajoute brouillard ou pluie équa­to- riale. C’est le mo­ment de pro­fi­ter du Maule, du Cess­na Ca­ra­van, voire d’un Twin Ot­ter. Ou­bliez tous les autres ap­pa­reils qui n’ont pas de ca­pa­ci­té d’at­ter­ris­sage ou dé­col­lage courts !

Nous étions cir­cons­pects quant à l’an­nonce d’un aé­ro­port de Papouasie – Nouvelle-Gui­née, nous avons été sé­duits par le ré­sul­tat. Ce n’est pas qu’une ins­tal­la­tion mise à jour que nous pro­pose ici Orbx, mais plu­tôt un vrai contexte de vol. Tous les types d’ap­pa­reils (na­tifs ou ex­ten­sions) peuvent être ex­ploi­tés au dé­part de cette scène, et les sen­sa­tions de vol dans la jungle sont in­édites. Nous avions trou­vé les ta­rifs des scènes Orbx un peu éle­vés par le pas­sé, mais pour AYPY, c’est par­fai­te­ment jus­ti­fié, même sans l’ajout de FTX Glo­bal. Au­cun doute, nous pas­se­rons des heures à ex­plo­rer la piste Ko­ko­da !

Un 737-800 au ter­mi­nal in­ter­na­tio­nal ; les deux autres avions sont des ap­pa­reils sta­tiques.

Le ter­mi­nal do­mes­tique au cré­pus­cule.

Sur­vol de la

Ko­ko­da Trail », un che­min dans la jungle.

L’hé­li­co­ptère peut être une al­ter­na­tive… mais on est dé­jà à 4 000 ft !

Dé­col­lage de­puis la pe­tite piste de Ka­gi, sueurs froides !

Dans FS X par dé­faut et avec la scène : l’aé­ro­port Jack­sons In­ter­na­tio­nal.

Vous êtes sûrs que vous vou­lez vous po­ser là ?

Trek­keurs et lo­caux sym­pa­thisent au­tour du feu !

Le petit aé­ro­drome de Ko­ko­da.

En bout de piste à Efo­gi, un pan­neau nous sou­haite bien­ve­nue.

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