Dia­mond DA40

De belles per­for­mances !

Micro Simulateur - - EXTENSION - par Vé­ro­nique Rey­nier

Un peu moins connu que sa ver­sion bi­mo­teur, le DA40 est aus­si une belle réus­site du construc­teur au­tri­chien Dia­mond Air­craft. L’in­té­rêt que lui portent les édi­teurs d’add-ons en est la preuve. Cet avion aux lignes ma­gni­fiques est bien mis en va­leur par les gra­phistes d’Ala­beo.

La suc­cess sto­ry de Dia­mond Air­craft est as­sez rare pour mé­ri­ter d’être sou­li­gnée. En jouant la carte du tout com­po­site par­mi les pre­miers en Eu­rope, le construc­teur au­tri­chien s’est vite fait connaître. Entre les ama­teurs de mo­der­ni­té sé­duits par l es per­for­mances aé­ro­dy­na­miques of­fertes par ce type d’ap­pa­reil et les clas­siques mé­fiants quant au vieillis­se­ment du matériel, l es dé­bats ont été sou­te­nus dans les aéro-clubs. Le mo­teur die­sel, autre ar­gu­ment de vente en Eu­rope où la 100LL com­men­çait à at­teindre des prix éle­vés, a lui aus­si été l’ob­jet de po­lé­miques, sa fia­bi­li­té po­sant ques­tion sur les pre­miers mo­dèles. Une ver­sion à mo­teur tra­di­tion­nelle a vite été mise sur le mar­ché, per­met­tant aus­si à Dia­mond Air­craft de conqué­rir l e mar­ché ou­treAt­lan­tique.

C’est donc équi­pé d’un clas­sique Ly­co­ming 180 ch que le DA40 est pré­sen­té par Ala­beo dans ce nou­vel opus d’un été très pro­li­fique. C’était aus­si le cas de l’add-on pro­po­sé par Lion­heart Creations (cf. Mi­cro Sim n°225) il y a deux ans. La prin­ci­pale dif­fé­rence entre les ver­sions des deux édi­teurs se si­tue au ni­veau du cock­pit : l e plus an­cien dis­pose d’un glass cock­pit à base de Gar­min G1000, le plus ré­cent d’un équi­pe­ment plus clas- sique, avec des gauges ana­lo­giques et deux Gar­min GNS430 pour la na­vi­ga­tion. Le prix du DA40 d’Ala­beo est un peu plus éle­vé que ce­lui du Lion­heart : 26,95 $ contre 24,95 $, ce qui n’est pas vrai­ment un fac­teur de dif­fé­ren­cia­tion. Il peut tou­te­fois pa­raître un peu étrange de voir deux édi­teurs s’in­té­res­ser au même mo­no­mo­teur eu­ro­péen à deux ans d’in­ter­valle, mais la clé

est sans doute à cher­cher dans la ver­sion X-Plane qu’Ala­beo ne man­que­ra pas de sor­tir d’ici quelques se­maines. Comme tou­jours chez l’édi­teur, l’ins­tal­la­tion est au­to­ma­ti­sée et peut être re­com­men­cée dans les trois ver­sions de si­mu­la­teur sup­por­tées sans coût ad­di­tion­nel.

Une sil­houette

de rêve

Dia­mond a vrai­ment réus­si un coup de maître avec le de­si­gn de ses ap­pa­reils, qui ont un pro­fil très proche du bi­place Ka­ta­na (DA20) au bi­mo­teur DA42. Les longues ailes ter­mi­nées par des win­glets et pla­cées der­rière le pi­lote, l’em­pen­nage en T avec ses pe­tits win­glets in­ver­sés, les ron­deurs du cock­pit et la fi­nesse de la queue ne de­mandent qu’à s’ex­pri­mer sous la patte de bons mo­dé­li­sa­teurs, et la flui­di­té des lignes est par­fai­te­ment re­trans­crite par Ala­beo. Tous les dé­tails sont pris en compte avec soin, qu’ils soient très vi­sibles ou non.

Les textures sont comme tou­jours en haute dé­fi­ni­tion, à l’ex­té­rieur et à l’in­té­rieur. L’avion est dé­cli­né en cinq li­vrées plus une blanche pour les re­paints, ins­pi­rées des li­vrées du monde réel. Ce sont donc des mo­tifs met­tant en va­leur le pro­fil du DA40, sur fond blanc. Les pe­tites marques d’uti­li­sa­tion dis­crètes – l’avion est ré­cent – mettent juste ce qu’il faut d’am­biance, tan­dis que mo­quette, sièges et re­vê­te­ment in­té­rieur ont le cé­lèbre grain Ala­beo, qui ajoute au réa­lisme. La trans­pa­rence de la ver­rière est pa­ra­mé­trable, pas tant pour les per­for­mances que pour le confort de vision. Les ama­teurs de réa­lisme choi­si­ront le mode avec re­flets, ceux dont les yeux se fa­tiguent vite pré­fé­re­ront le mode trans­pa­rent. Il en est de même pour les re­flets sur les ca­drans, in­dis­pen­sables pour qu’ils ne soient pas trop sombres dans P3D2 et en vol de nuit.

La fe­nêtre de pa­ra­mé­trage pro­pose éga­le­ment d’ou­vrir la ver­rière et de sup­pri­mer les chaus­settes de train – sans im­pact sur le com­por­te­ment en vol. Une fois de plus, il est dom­mage de ne plus avoir les caches Pi­tot, cales et autres ac­ces­soires au sol, pour l’am­biance au dé­part. Cer­tains avions ont juste le pi­lote à bord, d’autres deux per­sonnes en ca­bine, mais ce n’est pas pa­ra­mé­trable.

Des gauges in­té­res­santes

Si au pre­mier abord l’équi­pe­ment du DA40 ne dif­fère pas vrai­ment de ce­lui des autres mo­no­mo­teurs ré­cents d’Ala­beo, un exa­men plus at­ten­tif du cock­pit met en évi­dence de nom­breux élé­ments ori­gi­naux, cor­res­pon­dant aux ins­tru­ments de l’ap­pa­reil réel. En place droite, c’est un écran nu­mé­rique qui af­fiche les pa­ra­mètres mo­teur : pres­sion d’ad­mis­sion, tours hé­lice – le DA40 est équi­pé d’une hé­lice à pas va­riable –, pres­sion d’es­sence, etc. Seul le mé­lange a son écran dé­dié, lui aus­si nu­mé­rique. Chauf­fage et dé­gi­vrage ca­bine se trouvent sur le bloc cen­tral, à cô­té du frein de parc, et l’uti­li­sa­tion de ma­nettes juste au-des­sus du bloc puis­sance, pas d’hé­lice et mix­ture

peut me­ner à des er­reurs d’in­at­ten­tion. Le pan­neau d’alarmes est pour sa part très com­plet, bien plus que ce qu’on trouve ha­bi­tuel­le­ment dans un mo­no­mo­teur.

Le ta­bleau de bord est d’au­tant plus accessible qu’il n’y a pas de yoke, mais deux mi­ni-manches pla­cés au bord du siège, entre les jambes du pi­lote et du pas­sa­ger. Les ins­tru­ments ana­lo­giques sont clas­siques, avec un VOR/ILS, un ADF et un HSI à la place du conser­va­teur de cap. Deux GPS Gar­min GNS 430 trônent au centre du ta­bleau de bord, pré­fi­gu­rant cer­tai- ne­ment ceux qui équi­pe­ront la ver­sion X-Plane. Ils gèrent les fré­quences ra­dio et ra­dio­nav, tan­dis que le DME a sa propre boîte. Le pi­lote au­to­ma­tique est bien pré­sent, ce qui est im­por­tant pour un avion de voyage.

Pas si vé­loce qu’an­non­cé

Le DA40 est dé­jà ré­pu­té pour ses bonnes per­for­mances, mais Ala­beo, pour les mettre en va­leur, n’hé­site pas à le pré­sen­ter par dé­faut en char­ge­ment ré­duit, avec seu­le­ment deux per­sonnes à l’avant et le plein. Du coup, le dé­col­lage est ultrarapide et la pente de mon­tée im­pres­sion­nante, mais le réa­lisme est meilleur en mo­di­fiant charge et car­bu­rant pour s’ap­pro­cher de la masse maxi­male. Même ain­si, le va­rio reste joyeu­se­ment po­si­tif ! Le « petit » mo­teur de 180 ch n’a au­cun mal à faire grim­per le DA40, sur­tout avec l’hé­lice plein petit pas.

Si les ef­fets mo­teur au sol sont do­sés avec mi­ni­ma­lisme – ce qui cor­res­pond à la réa­li­té, il faut en­suite, dans la mon­tée, bien tra­vailler au pa­lon­nier car, à pleine puis­sance, on a du rou­lis in­duit qui se cor­rige mieux avec le la­cet. On re­trouve cette même né­ces­si­té en vi­rage, les ai­le­rons as­sez étroits né­ces­si­tant un peu d’aide de la di­rec­tion pour un ré­sul­tat ef­fi­cace. Le mo­dèle de vol, dans son en­semble, est as­sez fa­cile, une fois que vous avez pris le coup de main, ou plu­tôt de pied. Les ré­ac­tions sont souples et sans vice.

Plu­tôt stable pour un ap­pa­reil

aus­si fin et l éger, bien que très sen­sible à la tur­bu­lence, le DA40 se prête bien au voyage, mais les 130 kt an­non­cés par son construc­teur sont bien loin d’être au ren­dez­vous. Sous pi­lote au­to­ma­tique, à 75 %, il af­fiche mo­des­te­ment un 110 kt très en de­çà même des 120 kt de son ri­val chez Lion­heart, pour­tant plus réa­liste. Les ama­teurs de bri­co­lage ob­jec­te­ront que ce n’est qu’une va­leur à chan­ger dans le fi­chier air­craft.cfg, ceux qui ap­pré­cient les pro­me­nades tran­quilles ne ver­ront pas la dif­fé­rence.

Un Pi­tot aga­çant

Pour per­mettre de ren­trer in­opi­né­ment dans la couche sans trop de risques, le DA40 dis­pose d’un dé­gi­vrage du tube de Pi­tot, ce qui lui per­met aus­si l’IFR, mais hors condi­tions gi­vrantes. Pour la ré­gle­men­ta­tion fran­çaise, l’ins­tru­men­ta­tion de bord n’est du reste pas suf­fi­sante, mais le PA sup­porte le mode ap­proche et son gui­dage sur l’ILS est tout à fait cor­rect, de même que son sui­vi de plan de vol avec le GPS. L’en­nui de ce Pi­tot dé­gi­vré, c’est qu’il af­fiche une alarme sur le ta­bleau ad hoc si le dé­gi­vrage n’est pas ac­ti­vé, même par beau temps chaud. Il faut donc prendre la (mau­vaise) ha­bi­tude de l’al­lu­mer sys­té­ma­ti­que­ment, ou s’ac­com­mo­der du mes­sage.

Un petit exer­cice de panne mo­teur met en évi­dence la fi­nesse de l’avion, qui plane par­fai­te­ment à 75 kt avec un va­rio de seu­le­ment -750 ft/mn, ce qui est peu pour un mo­no­mo­teur mais s’ex­plique par sa ligne de pla­neur. Il fau­dra donc faire at­ten­tion lors de la des­cente à ne pas le lais­ser trop ac­cé­lé­rer, mais les vo­lets, qui oc­cupent une large part de l’aile, sont ef­fi­caces et les 70 kt re­com­man­dés en fi­nale pas trop dif­fi­ciles à ob­te­nir, du moins mo­teur ré­duit.

L’ap­proche n’est donc pas aus­si dé­li­cate qu’on au­rait pu le croire, il suf­fit d’af­fi­cher la bonne as­siette, ni trop ca­brée ni pas as­sez, et ne pas hé­si­ter à tout réduire même à 300 ft/sol si la vi­tesse est trop im­por­tante. Ne pas ar­ron­dir ex­ces­si­ve­ment non plus, pour ne pas tou­cher de la queue, et lais­ser sim­ple­ment le train prin­ci­pal prendre contact avec le sol. Presque trop fa­cile !

Pour se pro­me­ner es­sen­tiel­le­ment

L’ex­cep­tion­nelle vi­si­bi­li­té, of­ferte par la for­mule des ailes pla­cées der­rière le pi­lote et la ver­rière bulle de grande taille, fait du DA40 un mo­no­mo­teur idéal pour la pro­me­nade, voyage comme vi­site de scènes VFR so­phis­ti­quées. Fa­cile à pi­lo­ter, agréa­ble­ment pré­sen­tée, sa ver­sion par Ala­beo n’est ni su­pé­rieure, ni in­fé­rieure à celle de Lion­heart, juste équi­pée dif­fé­rem­ment. Le gra­phisme est plus éla­bo­ré chez Ala­beo, le mo­dèle de vol chez Lion­heart plus abou­ti, mais la dif­fé­rence n’est pas si­gni­fi­ca­tive. Il est tou­jours éton­nant de voir sor­tir à in­ter­valle de temps ré­duit d’ex­cel­lents add-ons sur le même avion ou le même aé­ro­port, sur­tout lors­qu’il ne s’agit pas d’un mo­dèle très connu de Boeing ou Air­bus, ou d’une des­ti­na­tion in­con­tour­nable, et ce­la ne fa­ci­lite pas le choix. Le DA40 Lion­heart a dé­jà deux ans et son édi­teur n’est plus très ac­tif ces der­niers temps, ce­ci ex­plique peu­têtre ce­la. Avec la ver­sion X-Plane, qui ne sau­rait tar­der, le pro­blème du choix ne se­ra pas le même, heu­reu­se­ment !

Les manches sont pla­cés sur les sièges.

De haut en bas : • La pente de mon­tée est ef­fi­cace pour un mo­no­mo­teur. • Les op­tions d’af­fi­chage au sol au­raient mé­ri­té d’être plus nom­breuses. • Prêt à dé­mar­rer, fe­nêtres ou­vertes car il fait chaud sous la « bulle ».

Ci-contre : Par­fait pour le tou­risme et la ba­lade. En bas (à gauche) : Le PA est très ef­fi­cace et per­met d’ap­pré­cier le voyage mal­gré la tur­bu­lence, au­quel le DA-40 est sen­sible. En bas (à droite) : Le pas­sa­ger a aus­si sa vue dé­diée mais dans P3D, elle donne un peu le mal de l’air.

Les re­flets consomment des res­sources (ils sont désac­ti­vables), mais sont vrai­ment réus­sis.

Au par­king à Per­san, les Pi­per pa­raissent bien pa­tauds à cô­té de ce tout com­po­site. En vol pla­né tout ré­duit, la fi­nesse est meilleure que sur beau­coup d’autres mo­no­mo­teurs.

En fi­nale, dé­jà tout ré­duit, mal­gré les vo­lets sor­tis au maxi­mum.

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