Al­cyon MS733

L’école fran­çaise des an­nées 50

Micro Simulateur - - EXTENSION - par Vé­ro­nique Rey­nier

Les Ailes fran­çaises voient en­trer un nou­veau free­ware réus­si dans la flotte de FS X. Le MS733, ap­pa­reil de for­ma­tion des pi­lotes mi­li­taires et ci­vils des an­nées 50, de­vrait sé­duire tous les ama­teurs d’His­toire.

Après la Se­conde Guerre mon­diale, la for­ma­tion ini­tiale des pi­lotes mi­li­taires fran­çais pas­sait en­core sou­vent par le Stampe, un ex­cellent ap­pa­reil mais plus vrai­ment à la pointe du pro­grès, sur­tout pour la na­vi­ga­tion. La flotte d’en­traî­ne­ment était plu­tôt hé­té­ro­clite et ba­sée sur la ré­cu­pé­ra­tion. Le gou­ver­ne­ment ne pou­vait pas at­tendre pour lan­cer un ap­pel d’offres, ce qu’il fit dès 1948. Le MS733 est la ré­ponse de Mo­rane Saul­nier à ce pro­gramme des­ti­né à équi­per l’ar­mée de l’air et la Ma­rine. Deux cents exem­plaires furent construits entre 1951 et 1958, dont un quart pour la Ma­rine. Une ver­sion ar­mée a par­ti­ci­pé à la guerre d’Al­gé­rie, tan­dis qu’Air France re­pre­nait une par­tie de la flotte pour la for­ma­tion de ses pi­lotes. So­lide et bien conçu sur le plan aé­ro­dy­na­mique, l’Al­cyon souf­frait sur­tout d’une mo­to­ri­sa­tion un peu li­mi­tée, avec 240 ch seu­le­ment pour un poids de 1,8 tonne. Il pou­vait tout de même pas­ser la vol­tige po­si­tive et ef­fec­tuer les mises en garde in­dis­pen­sables à la for­ma­tion. Sa construc­tion mo­du­laire fa­ci­li­tait les ré­pa­ra­tions, puis­qu’il suf­fi­sait de chan­ger les élé­ments bri­sés pour re­trou­ver un ap­pa­reil neuf, et ses pa­tins per­met- taient de se po­ser sur le ventre. Une bonne idée sur un avion à train ren­trant !

Pas fa­cile à mo­dé­li­ser

Mal­gré une bonne aé­ro­dy­na­mique, l’Al­cyon pré­sente des par­ti­cu­la­ri­tés qui ne fa­ci­litent pas sa mo­dé­li­sa­tion en 3D, no­tam­ment au ni­veau de la vi­laine pro­tu­bé­rance du haut du ca­pot mo­teur, as­sez gê­nante en vue in­té­rieure. Mais l’en­semble est bien ren­du et l’ap­pa­reil est conforme à l’Al­cyon réel : c’est le ré­sul­tat d’un tra­vail col­lec­tif de Ber­nard Ju­niot (Ber­ju83) avec

Jean-Pierre Bour­geois (Bee Gee) et Jean-Michel Re­naux, sur un projet ini­tial de Clé­ment Pri­mat. Aux cinq textures cor­res­pon­dant à des li­vrées réelles du pa­ckage viennent ré­gu­liè­re­ment s’ajou­ter des re­paints dont les liens fi­gurent sous ce­lui per­met­tant le té­lé­char­ge­ment de l’ex­ten­sion sur le site de la Royale French Na­vy, preuve s’il en était be­soin du suc­cès de l’ap­pa­reil. Ce der­nier est pro­po­sé sous la forme d’une ar­chive zip de 28 Mo et l’ins­tal­la­tion est ultrarapide : il suf­fit de pla­cer l e dos­sier dé­com­pres­sé dans SimOb­jects/Air­planes.

Le cock­pit mé­rite des éloges, car il est équi­pé tel qu’il était uti­li­sé dans les an­nées 50, avec de nom­breuses gauges ori­gi­nales très réus­sies. La do­cu­men­ta­tion (en fran­çais, pour une fois !) offre les planches lé­gen­dées né­ces­saires pour s’y re­trou­ver, de même que les pe­tits pan­neaux – d’ori­gine – qui sur­montent la plu­part des com­mandes et in­ter­rup­teurs. Pour l’époque, l’Al­cyon était très bien équi­pé, d’une part avec son pas va­riable et train ren­trant qui per­met­taient d’al­ler as­sez loin dans la for­ma­tion au pi­lo­tage ; d’autre part avec ses deux ré­cep­teurs ADF et son VOR, dont les pre­mières ins­tal­la­tions sont contem­po­raines de l’avion. Les nom­breux ca­drans de sui­vi mo­teur font tra­vailler le cir­cuit vi­suel, et tous les ins­tru­ments sont opé­ra­tion­nels, jus­qu’aux brea­kers élec­triques qui se désac­tivent en même temps que la bat­te­rie et au ro­bi­net d’ali­men­ta­tion des ins­tru­ments à dé­pres­sion. At­ten­tion, le va­rio est en hec­to­mètres/mn, ce qui sur­prend au pre­mier abord mais est tout à fait conforme à la réa­li­té. C’est un vrai plai­sir que de se fa­mi­lia­ri­ser avec cet en­vi­ron­ne­ment ori­gi­nal et très bien res­ti­tué par l’au­teur.

PPas un ffou­dred

de guerre

Dès le dé­col­lage, le manque de puis­sance qui a été le prin­ci­pal re­proche des pi­lotes de l’avion se fait sen­tir, avec des ef­fets mo­teur par­fai­te­ment do­sés. Il faut vite ren­trer le train, qui traîne énor­mé­ment, et on com­prend que le pre­mier pro­to­type avec 180 ch et un train fixe n’ait pas du tout con­vain­cu l’ar­mée de l’air. À moins d’être un ar­tiste du com­pen­sa­teur et de trou­ver exac­te­ment l’as­siette lé­gè­re­ment pi­quée qui don­ne­ra la meilleure vi­tesse, il est bien dif­fi­cile de sor­tir de l’arc blanc. Tant mieux pour les vo­lets !

Pour les fi­gures de vol­tige, il va fal­loir com­men­cer par ga­gner un maxi­mum de vi­tesse en des­cente avant de ten­ter quoi que ce soit, ce qui est for­ma­teur, après tout. En mise dos, une bonne sur­prise vous at­tend : le son du mo­teur in­dique qu’il manque d’ali­men­ta­tion, ce qui est as­sez rare pour être si­gna­lé. L’en­vi­ron­ne­ment so­nore, plu­tôt réus­si, né­ces­site de pous­ser un peu la puis­sance, car le cock­pit est plus in­so­no­ri­sé qu’on pour­rait s’y at­tendre.

Le com­por­te­ment de vol montre la patte Bee Gee, en don­nant juste ce qu’il faut d’ef­fets dans toutes les phases de vol, ni trop ni trop peu. L’ap­pa­reil n’a pas de vice, si l’on ex­cepte sa sous-mo­to­ri­sa­tion qui rend les vi­tesses trop basses en fi­nale dif­fi­ciles à rat­tra­per. Pour évi­ter de s’y trou­ver, ce n’est pas 1,3 Vs qu’il faut prendre, mais 5 kt de plus. Les vo­lets traînent beau­coup moins que le train, leur bra­quage étant mo­dé­ré, l’avion se pose trois points plu­tôt fa­ci­le­ment pour un train clas­sique.

Ac­com­pa­gné d’une do­cu­men­ta­tion en fran­çais courte mais ef­fi- cace, de ses check-lists et d’une table de vi­tesses com­plète, bien réa­li­sé, cet Al­cyon pos­sède suf­fi­sam­ment d’atouts pour se faire une bonne place dans vos han­gars. Un maillage en­core plus fin pour la 3D et des textures en haute dé­fi­ni­tion se­raient évi­dem­ment un plus, mais l’as­pect vi­suel est de bonne fac­ture et, du fait de la consom­ma­tion en res­sources peu im­por­tante, l’add-on se prête par­fai­te­ment au vol à plu­sieurs, d’au­tant plus qu’il est free­ware. De quoi se faire quelques pe­tites pa­trouilles-école bien sym­pa­thiques !

Le cock­pit d’ori­gine est

vrai­ment in­té­res­sant. No­tez les brea­kers élec­triques qui sortent quand la

bat­te­rie est cou­pée, et la bulle rouge sur l’ho­ri­zon ar­ti­fi­ciel lors­qu’il n’est pas ali­men­té.

En haut (gauche) : Grâce à ses pa­tins, il peut se po­ser sur le ventre sans trop de dom­mages. Ci-des­sus (haut) : L’éclai­rage de nuit est agréable, ici en vue par dé­faut à 60 %. Ci-des­sus (bas) :

C’est un avion d’école : tout est lé­gen­dé sur le ta­bleau de bord. Pra­tique, n’est-ce pas ? Un coup de main as­sez fa­cile à prendre pour le po­ser trois points, mais at­ten­tion à ne pas lais­ser la vi­tesse chu­ter.

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