Pi­lote de jungle en Papouasie

Micro Simulateur - - PRATIQUE - par Em­ma­nuel Blan­chard

Pour chan­ger des grandes lignes com­mer­ciales in­ter­na­tio­nales et des pe­tites ex­cur­sions en VFR, nous vous in­vi­tons ce mois-ci à dé­cou­vrir une ma­nière au­tre­ment plus aven­tu­reuse d’ex­ploi­ter votre si­mu­la­teur fa­vo­ri. Au me­nu : ap­proches dé­li­cates en mon­tagne, mé­téo peu com­plai­sante et sen­sa­tions au manche !

Rien ne nous pré­dis­po­sait à en­vi­sa­ger des vols (si­mu­lés) en di­rec­tion de la Papouasie-Nouvelle Gui­née, cette moi­tié d’île entre Asie et Océa­nie où la jungle le dis­pute aux mon­tagnes. Il y a de nom­breuses des­ti­na­tions plus connues, plus at­ti­rantes et plus fa­ci­le­ment ac­ces­sibles dans FS… Néan­moins, la pu­bli­ca­tion de la scène FTX AYPY par Orbx le mois der­nier a chan­gé notre re­gard sur cette con­trée équa­to­riale. Le pays dis­pose d’abord d’un aé­ro­port in­ter­na­tio­nal des­ser­vant sa ca­pi­tale, Port Mo­res­by, ce qui en fait la porte d’en­trée pour toute la Papouasie. On trouve éga­le­ment de pe­tites ins­tal­la­tions mo­destes pour des ap­pa­reils lé­gers (de type Twin Ot­ter, Ca­ra­van…) par­se­més dans l’île. Mais sur­tout, et c’est un des dé­fis qui nous in­té­resse ici, il y a de mul­tiples pistes de jungle, d’étroites bandes de la­té­rite amé­na­gées dans la fo­rêt des mon­tagnes. Y at­ter­rir (ou en dé­col­ler) est une ex­pé­rience unique, sans au­cune aide vi­suelle ni ra­dio. Et pour­tant des vols quo­ti­diens des­servent ces ins­tal­la­tions re­cu­lées, aus­si bien pour ache­mi­ner du ra­vi­taille­ment que pour éva­cuer des tou­ristes trop fa­ti­gués (ou bles­sés) pour pour­suivre leurs pé­ré­gri­na­tions fo­res­tières…

Nous al­lons donc par­tir à la dé­cou­verte de cette con­trée loin­taine, comme le fe­rait un pi­lote rom­pu à la fois à la ligne et au vol de mon­tagne. Et dans un pre­mier temps, on peut se conten­ter d’un FS X/P3D/X-Plane par dé­faut pour re­joindre l’île équa­to­riale.

Re­joindre la Papouasie

L’aé­ro­port de Jack­sons / Port Mo­res­by ac­cueille toutes sortes de tra­fics aé­riens : avia­tion gé­né­rale, vols do­mes­tiques, liai­sons in­ter­na­tio­nales et un es­pace est même ré­ser­vé à la Royal Aus­tra­lian Air Force. Pour com­men­cer, ce sont les vols com­mer­ciaux qui vont nous in­té­res­ser, puisque AYPY est une des­ti­na­tion des­ser­vie de­puis Sin­ga­pour, Hong Kong, To­kyo, Ma­nille, Ba­li… Et sur­tout de­puis l’Aus­tra­lie puisque des vols re­lient ré­gu­liè­re­ment Port Mo­res­by à Mel­bourne, Bris­bane et Cairns. Voi­là dé­jà quelques idées de plans de vol en li­ner ! Pre­nons Cairns par exemple, si­tuée sur la côte est de l’Aus­tra­lie : la ville est à moins de 900 km de Port Mo­res­by et de la piste Ko­ko­da, c’est donc un vol ra­pide à réa­li­ser tout en de­meu­rant exi­geant sur un li­ner réa­liste : dans ce type d’ap­pa­reil, l’es­sen­tiel du tra­vail ré­side dans la préparation de l’ap­pa­reil et le res­pect des pro­cé­dures. La plus grande par­tie de la croi­sière s’ef­fec­tue fi­na­le­ment en au­to­ma­tique (hors pannes vo­lon­taires ou non !) et li­mite la charge de l’équi­page.

Un plan de vol entre Cairns YBCS et Jack­sons AYPY est de sur­croît très simple, quel que soit le li­ner em­ployé. Nous avons fait l’es­sai avec le 737-800 NGX de PMDG, mais l’aé­ro­port ac­cepte aus­si les ap­pa­reils plus im­po­sants (jus­qu’aux B767 et A330, on doit même pou­voir en­vi­sa­ger les 777/747). La route à suivre ne fait que 453 milles nau­tiques, et la pro­gram­ma­tion dans le FMS se fait par les points sui­vants : YBCS – ZANEY – route aé­rienne R210 – LENAK – AYPY. À vous de trou­ver d’autres routes en pro­ve­nance des aé­ro­ports du Ja­pon, de Sin­ga­pour ou des autres îles de l’ar­chi­pel. En fait, la route du sud est la plus simple car elle dé­bouche sur la par­tie « basse » de la Papouasie. En ve­nant du nord, on doit fran­chir une chaîne mon­ta­gneuse éle­vée (le point culmi­nant dé­passe les 13 000 ft / 4 000 m – fig. 1). Il fau­dra donc contour­ner les re­liefs pour dé­bou­cher sur les tra­jec­toires d’ar­ri­vée à Jack­sons.

La do­cu­men­ta­tion et les cartes sont dif­fi­ciles à dé­ni­cher pour YBCS, la seule res­source que nous avons trou­vée est is­sue de la Royal Aus­tra­lian Air Force ( www.raa­fais.gouv.au) qui fait of­fice d’or­ga­nisme d’in­for­ma­tion aé­ro­nau­tique. Et cette do­cu­men­ta­tion laisse sup­po­ser qu’il n’y a pas de STAR ca­rac­té­ris­tique pour AYPY. Les ap­proches ILS sur la 14L/32R s’ef­fec­tuent en ex­ploi­tant l e VOR/DME de Port Mo­res­by (PY, 117.00) ou au GPS. Pour nos es­sais, l e B737-800 NGX de PMDG com­por­tait bien dans sa base de don­nées une ap­proche ILS pour la piste 14, mais elle né­ces­site de dé­tour­ner l’avion

bien au nord-ouest de la piste et en­suite vi­rer au 140 ; sans quoi, à suivre les in­di­ca­tions du FMC, on risque un brusque vi­rage en fi­nale à basse al­ti­tude, trop ris­qué dans un li­ner.

La piste prin­ci­pale 14L/32R dis­pose d’un ILS/DME sur ses deux axes : 110.10 pour la 14L, 109.50 pour la 32R. L’ar­ron­di est à la charge du pi­lote, et il ne reste plus qu’à re­ga­gner le par­king cor­res­pon­dant au type de vol. Toute la par­tie sud-ouest des ins­tal­la­tions est ré­ser­vée aux vols ci­vils : au centre, les tra­jets in­ter­na­tio­naux se garent de­vant le ter­mi­nal prin­ci­pal ; au nord, ce sont les vols do­mes­tiques, et à l’ex­trême sud l’es­pace est ré­ser­vé aux car­gos vo­lants et à l’avia­tion gé­né­rale. En re­vanche, la par­tie nord-est de Jack­sons est dé­vo­lue à l’avia­tion mi­li­taire, es­sen­tiel­le­ment aux ap­pa­reils de la RAAF.

Jungle ou mon­tagne ?

Nous voi­ci po­sés en Papouasie, il est temps de dé­lais­ser notre li­ner pour des mon­tures plus adap­tées au vol dans la jungle des mon­tagnes – et par la même oc­ca­sion de pro­fi­ter du dé­cor Orbx. Ici, il faut prendre un avion lé­ger, mais pas n’im­porte le­quel : il faut des ca­pa­ci­tés à dé­col­lage et at­ter­ris­sage courts, mais aus­si un bon mo­teur car on pour­ra être ame­né à vo­ler au-des­sus de 6 000 ft. Pour nos aven­tures, nous avons donc pri­vi­lé­gié le Maule et le Ca­ra­van de FS X par dé­faut, ain­si que le Twin Ot­ter d’Ae­ro­soft – des ap­pa­reils en outre réel­le­ment em­ployés dans la ré­gion.

Pour survoler la piste Ko­ko­da, au dé­col­lage de Jack­sons, on gagne en al­ti­tude (au moins 5 000 ft) et on prend un cap 50°, quitte à s’ai­der du VOR de Port Mo­res­by. Après une tren­taine de mi­nutes de vol, on ar­rive sur la zone où se trouvent les pe­tites pistes de mon­tagne. Le seul fait de les re­cher­cher (et de les iden­ti­fier) est un dé­fi en soi, avant de pen­ser y at­ter­rir. La liste des ins­tal­la­tions le long de l a piste Ko­ko­da telles qu’elles ont été mo­dé­li­sées fi­dè­le­ment par Orbx est rap­pe­lée dans l’en­ca­dré ci­contre, nous vous pro­po­sons une pré­sen­ta­tion ra­pide de cha­cun de ces ter­rains : BO­DI­NU­MO : la pre­mière piste par ordre al­pha­bé­tique est pro­ba­ble­ment la plus dif­fi­cile de toute la zone cou­verte ! Lo­ca­li­sée au fond d’une cu­vette en­cais­sée, elle adopte une pente pro­gres­sive. L’ap­proche ne peut donc pas s’an­ti­ci­per… Pas plus que le dé­col­lage qui im­pose une mon­tée ra­pide à la li­mite du dé­cro­chage pour ne pas s’écra­ser sur l es re­liefs. Notre conseil : at­ten­dez d’avoir maî­tri­sé les autres pistes avant de ten­ter la des­serte de Bo­di­nu­mo !

BO­RI­DI : le site est à flanc de col­line, as­sez éle­vé par rap­port aux col­lines en­vi­ron­nantes ce qui sim­pli­fie l’ap­proche. La piste pro­pre­ment dite est bien dé­ga­gée de la vé­gé­ta­tion sur son cô­té gauche mais lé­gè­re­ment en courbe sur la droite. EFO­GI : la piste en herbe est dé­ga­gée sur ses cô­tés en ap­proche, avec une pente mo­dé­rée. La dif­fi­cul­té vient ici d’un pro­mon­toire si­tué quelques cen­taines de mètres avant le « seuil », qui im­pose de main­te­nir une al­ti­tude de sé­cu­ri­té avant de se po­ser. KA­GI : la piste est courte, étroite, presque si­tuée sur une arête. Le vil­lage est plus haut sur la col­line. La pente du terrain est im­pres­sion­nante. En re­vanche, son ap­proche est dé­ga­gée et, une fois la piste iden­ti­fiée, on peut en­tre­prendre un cir­cuit d’ar­ri­vée à dis­tance pour bien vi­ser le seuil. LAU­NU­MU : cette piste est la seule à être ba­li­sée par des plots blancs… La belle af­faire ! Car cette piste est à double pente : près du vil­lage, au som­met du terrain aménagé, on est qua­si­ment à l’ho­ri­zon­tale ; mais après quelques di­zaines de mètres, le terrain plonge, j us­qu’à son ex­tré­mi­té qui donne di­rec­te­ment sur la val­lée et un pré­ci­pice. MANARI : la piste la plus proche de Jack­sons est si­tuée au fond d’une cu­vette. Si elle est re­la­ti­ve­ment plane, l’ap­proche est pro­blé­ma­tique à cause des re­liefs alen­tours, plu­sieurs cir­cuits peuvent être né­ces­saires pour se trou­ver en fi­nale à la vi­tesse adé­quate. MI­LIE : vous pen­siez que les pistes d’at­ter­ris­sage de­vaient être rec­ti­lignes ? Ici vous al­lez dé­cou­vrir le concept lo­cal de terrain en vi­rage re­le­vé, comme en NASCAR ! La pe­tite piste de Mi­lie, accessible uni­que­ment en avion très lé­ger (et très lent) se niche au fond d’un cirque et pré­sente une in­cur­va­tion sur la droite très nette, à tel point que sur le seuil de piste (en bas), on ne peut pas voir le vil­lage, ca­ché par la vé­gé­ta­tion. Le dé­col­lage peut se ré­vé­ler en­core plus pro­blé­ma­tique que l’at­ter­ris­sage ! MYOLA : c’est par là qu’il est pré­fé­rable de dé­bu­ter, c’est la piste la plus accessible de la ré­gion – mais mal­heu­reu­se­ment in­di­quée comme étant dé­sor­mais fer­mée ! Elle se re­père fa­ci­le­ment, au mi­lieu d’une vaste éten­due claire ( sable ? gra­vats ?), à une dou­zaine de ki­lo­mètres à l’est d’Efo­gi. Ici, vous pour­rez po­ser sans pro­blème un Twin Ot­ter ou un Ca­ra­van. TIMKENUMO : c’est une autre piste en terre, très abrupte mais au moins dé­ga­gée sur son cô­té gauche. Sa si­tua­tion presque au som­met d’une col­line fa­ci­lite les ap­proches. Du haut de la piste, on a une vue ma­gni­fique sur la val­lée, où l ’on dis­tingue en contre­bas Bo­di­nu­mo ! Le prin­ci­pal pro­blème ici vient des ra­fales de vent qui s’en­gouffrent dans la val­lée et qui peuvent ba­lan­cer l’avion au der­nier mo­ment. Pru­dence donc !

C’est vo­lon­tai­re­ment que nous avons lais­sé de cô­té Ko­ko­da (AYKO) qui est fi­na­le­ment très « clas­sique » (rec­ti­ligne, plane et

fa­ci­le­ment re­pé­rable en un cir­cuit d’ap­proche aux abords dé­ga­gés) et le petit vil­lage d’Isu­ra­va qui ne peut ac­cueillir que des hé­li­co­ptères.

Trucs et as­tuces

Des­ser­vir les pe­tites pistes de la jungle pa­poue ne s’im­pro­vise pas ! Les pre­miers es­sais, même pour des pi­lotes ex­pé­ri­men­tés, se soldent au mieux par un ca­po­tage ou une col­li­sion avec la vé­gé­ta­tion en bor­dure des ter­rains, au pire par un crash sur les re­liefs en­vi­ron­nants. À cô­té de ces ins­tal­la­tions, l’al­ti­port de Cour­che­vel, ré­pu­té comme l’un des plus dan­ge­reux au monde, fait fi­gure de voie royale. Et alors qu’il faut ob­te­nir une qua­li­fi­ca­tion spé­ciale pour se po­ser sur cette piste al­pine, rien n’in­dique des pré­re­quis par­ti­cu­liers pour vo­ler dans cet en­vi­ron­ne­ment équa­to­rial. Heu­reu­se­ment, la si­mu­la­tion per­met de s’af­fran­chir de cer­taines contraintes !

Pre­mière règle : vo­ler lé­ger et len­te­ment. Les ap­proches doivent se faire vo­lets bais­sés, à la li­mite du dé­cro­chage. Pen­sez donc au préa­lable à cor­rec­te­ment ré­gler le pas d’hé­lice et le mé­lange. Du­rant nos aven­tures dans la ré­gion, nous avons consta­té qu’il était pré­fé­rable de te­nir le yoke d’une seule main, l’autre étant prête à ma­ni­pu­ler la ma­nette des gaz. En­suite, il faut s’ha­bi­tuer aux pistes lo­cales, ne pas hé­si­ter à ef­fec­tuer des cir­cuits de re­con­nais­sance. Les pi­lotes du cru sont ha­bi­tués et ont des cen­taines d’at­ter­ris­sages à leur ac­tif, mais le sim­mer peu fa­mi­lia­ri­sé avec la jungle de­vra s’as­treindre à de nom­breux es­sais pour as­si­mi­ler les tra­jec­toires (un peu comme un pi­lote de F1 dé­cou­vrant un nou­veau cir­cuit). Il peut être pra­tique de mo­di­fier le point de vue en cock­pit, en dé­zoom­mant puis en re­haus­sant le siège vir­tuel afin d’avoir une meilleure vue vers l’avant de l’ap­pa­reil.

De sur­croît, il ne faut pas craindre de tri­cher un peu en désac­ti­vant les crashes. Car FS X gère as­sez mal les pistes avec dé­cli­vi­té (fut un temps où il ne les gé­rait pas du tout), et les pe­tits ter­rains d’Orbx semblent ré­vé­ler un pro­fil très étroit, le moindre écart se sol­dant par un ac­ci­dent.

La mé­thode em­pi­rique qui nous a sem­blé la plus ef­fi­cace est d’ef­fec­tuer un cir­cuit des­cen­dant en spi­rale au­tour du terrain vi­sé, à très faible vi­tesse (vo­lets sor­tis à un ou deux tiers, se­lon l’ap­pa­reil) afin d’ap­pré­hen­der les alen­tours de la piste de des­ti­na­tion. Heu­reu­se­ment, le tra­fic IA est plu­tôt li­mi­té ! Une fois que l’on se sent prêt, on aborde la piste de face, le plus loin pos­sible (dans la me­sure où le re­lief l’au­to­rise) et tou­jours avec une al­ti­tude su­pé­rieure de 100 ft mi­ni­mum au seuil de piste. On frô­le­ra cer­tai­ne­ment la

cime des arbres, l ’avion risque d’être bal­lot­té par les ra­fales de vent, et si on a le moindre doute on n’hé­site pas à re­mettre les gaz et re­ga­gner de l’al­ti­tude. Dans ce cadre par­ti­cu­lier, les pi­lotes ha­bi­tués aux opé­ra­tions d’ap­pon­tage se­ront fa­vo­ri­sés, les si­mi­li­tudes entre un porte-avions et une pe­tite piste de jungle étant nom­breuses. Sauf qu’un porte-avions n’a pas un pont in­cli­né et en courbe !

D’Efo­gi à Ka­gi

Il était ten­tant de re­pro­duire ici la plus courte liai­son com­mer­ciale en ac­ti­vi­té, 90 se­condes de vol entre Efo­gi et Ka­gi (après un dé­part de Jack­sons) pour li­vrer toutes sortes de mar­chan­dises dans cette jungle dé­mu­nie de route : nour­ri­ture, vê­te­ments, ba­gages des tou­ristes… Pla­cé sur le terrain d’Efo­gi, face à la des­cente dans notre petit Maule, on sort dé­jà deux crans de vo­lets ( fig. 2). Le mé­lange est ré­duit au 2/3. On monte les gaz freins ser­rés jus­qu’aux 2/3 de la course de la ma­nette. At­ten­tion, en re­lâ­chant les freins, le couple mo­teur va faire son oeuvre et au­ra ten­dance à ti­rer l’avion sur sa gauche. Sur une piste aus­si étroite, c’est prendre un grand risque ! Voi­là pour­quoi on ne pousse pas les gaz à fond et on pousse le pa­lon­nier à droite pour ten­ter de conser­ver l’ali­gne­ment avec la bande ga­zon­née. On de­vrait at­teindre la vi­tesse de ro­ta­tion en fran­chis­sant le « seuil » de la piste, et aus­si­tôt on tire le manche pour grim­per, il faut ga­gner en quelques se­condes les 300 ft qui séparent Ka­gi d’Efo­gi, et ajou­ter 100 ft de sé­cu­ri­té. Tout va très vite, at­ten­tion au dé­cro­chage, il faut vrai­ment se battre avec le manche, le pa­lon­nier et les gaz. En re­vanche, on ne rentre pas les vo­lets, on en au­ra be­soin dans quelques se­condes ! On double un pro­mon­toire sur la droite, et aus­si­tôt l’en­trée de la piste de Ka­gi ap­pa­raît comme une trouée dans la vé­gé­ta­tion ( fig. 3). Le Maule est contrô­lé à la li­mite du dé­cro­chage (70 kt) dans un vi­rage à droite. On se pose « comme on peut », sou­vent en crabe à en croire nos ex­pé­riences ! Mais ce type d’exer­cice est ra­pide (vrai­ment 90 se­condes !) et très for­ma­teur. On peut même se sur­prendre à ef­fec­tuer à la chaîne des al­lers-re­tours entre Ka­gi et Efo­gi !

La Papouasie-Nouvelle-Gui­née, terre d’aven­tures !

Fig. 1 : Les ap­proches de Port Mo­res­by par le nord sont blo­quées par le re­lief ; mieux vaut contour­ner pour ar­ri­ver par le qua­drant sud. (Source : Royal Aus­tra­lian Air Force)

À Bo­di­nu­mo, le re­lief est aus­si gê­nant au dé­col­lage qu’à l’at­ter­ris­sage.

En ap­proche de Bo­ri­di sur Twin Ot­ter.

Efo­gi, ni­ché dans la jungle.

La piste de Lau­nu­mu se ter­mine brus­que­ment par un plon­geon dans un pré­ci­pice.

Fi­nale un peu ra­pide (100 kt) à Ka­gi, il fau­drait vi­ser 70 kt.

En fi­nale à Jack­sons à bord du 737-800 NGX.

Un es­pace de l’aé­ro­port est ré­ser­vé aux transports mi­li­taires.

En Ca­ra­van à Manari, sans doute un peu op­ti­miste !

Bien vi­sible et dé­ga­gée, la piste de Timkenumo reste dan­ge­reuse par son angle de mon­tée.

La piste de Mi­lie est en courbe, une ex­clu­si­vi­té de Papouasie !

Après toutes les ap­proches com­plexes, Myola et sa piste semblent très ac­ces­sibles !

Une re­con­nais­sance à haute al­ti­tude per­met dé­jà de re­pé­rer les pe­tites pistes dans la jungle.

Fig. 2 : Le Maule en at­tente à Efo­gi, vo­lets sor­tis à deux crans.

Fig. 3 : La piste de Ka­gi ap­pa­raît par une trouée dans la vé­gé­ta­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.