À la re­cherche du vol 19…

Aven­tures dans les Ber­mudes

Micro Simulateur - - PRATIQUE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

Que n’a-t-on en­ten­du comme théo­ries au su­jet du Tri­angle des Ber­mudes : du constat scien­ti­fique au dé­lire lou­foque, cette por­tion de l’At­lan­tique ouest mé­rite une ex­plo­ra­tion vir­tuelle…

Au temps de la ma­rine à voile, des ca­ra­velles puis ga­lions, nombre d’his­toires plus ou moins cré­dibles cir­cu­laient sur des aven­tures fan­tas­tiques et des phé­no­mènes pa­ra­nor­maux ren­con­trés sur les océans. Ce qu’on a ap­pe­lé le tri­angle des Ber­mudes fit ra­pi­de­ment par­tie de ces en­droits de mau­vaise ré­pu­ta­tion. Ce tri­angle se­rait dé­fi­ni par ses trois som­mets : Mia­mi en Flo­ride à l’ouest, Por­to Ri­co au sud et l’ar­chi­pel des Ber­mudes au nord. Pré­ci­sons d’em­blée que se­lon les au­teurs qui se sont pen­chés sur son ca­rac­tère mys­té­rieux, la taille de la zone peut va­rier, jus­qu’à qua­dru­pler la sur­face… Au fil des siècles, et par­ti­cu­liè­re­ment de­puis les an­nées 1800, la liste des na­vires dis­pa­rus mys­té­rieu­se­ment sem­bla s’al­lon­ger dans cette ré­gion de l’At­lan­tique ouest. À ces bâ­ti­ments de sur­face s’ajou­tèrent au siècle der­nier des aé­ro­nefs. Il n’en fal­lut pas plus pour que des au­teurs en mal de sen­sa­tion­na­lisme se jettent sur le su­jet et fassent part de leurs théo­ries : monstres ma­rins, sur­vi­vants de l’At­lan­tide ca­chés au fond des flots, pe­tits hommes verts en mal de sports nau­tiques, com­plots et autres dé­lires res­sur­gissent ré­gu­liè­re­ment dans une presse peu re­com­man­dable.

Si toutes les dis­pa­ri­tions ne sont pas prou­vées (quelques au­teurs men­tionnent des na­vires qui n’existent nulle part, ou qui sont bien ar­ri­vés à bon port !), quelques épi­sodes mal­heu- reux et ac­ci­dents sont bien sur­ve­nus dans ce tri­angle. Néan­moins nul be­soin d’ex­pli­ca­tions alam­bi­quées dans ces cas, la lo­gique suf­fit gé­né­ra­le­ment.

Tout d’abord, cette zone est l’une des plus fré­quen­tée au monde, par des na­vires mais aus­si de­puis le mi­lieu du ving­tième siècle par des avions. Et au tra­fic ci­vil et com­mer­cial par­fai­te­ment connu s’ajoute de sur­croît un nombre im­por­tant de tra­fi­quants en tous genres qui ne sou­haitent pas par­ti­cu­liè­re­ment se si­gna­ler, ni lais­ser de té­moins der­rière eux. Entre les boot­leg­gers de la pro­hi­bi­tion des an­nées 20 et les trans­por­teurs de co­caïnes contem­po­rains, il y a de quoi faire ! Vu le nombre d’em­bar­ca­tions, il est sta­tis­ti­que­ment lo­gique que le nombre d’ac­ci­dents soit plus éle­vé que dans des zones dé­ser­tées par le tra­fic. En­suite le cli­mat par­ti­cu­lier de cette ré­gion tro­pi­cale pro­voque des tem­pêtes su­bites, vio­lentes, sans par­ler des ou­ra­gans fré­quents (mais qu’on avait du mal à pré­voir avant l’ère des sa­tel­lites) ou des vagues scé­lé­rates (un phé­no­mène dé­cou­vert dans les an­nées 80). Les hauts fonds, les ro­chers non ré­per­to­riés sur les cartes, les mou­ve­ments tec­to­niques achèvent la liste des rai­sons concrètes qui font de ce tri­angle vir­tuel un en­droit où mieux vaut cir­cu­ler avec pru­dence. Mais point d’ex­tra­ter­restres ou de ma­lé­dic­tion à prendre en compte ! Quel rap­port avec la si­mu­la­tion dans tout ça, nous de­man­de­rez-vous ?

Pa­ré au dé­part à Fort Lau­der­dale.

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