Ae­ro Com­man­der 500S Sur les traces de Bob Hoo­ver

Micro Simulateur - - EXTENSION - par An­nick Pey­re­morte

Voi­là un des ex­ploits que Bob Hoo­ver a réa­li­sé aux com­mandes de son 500S et la tasse ne s’est pas ren­ver­sée ! Mal­heu­reu­se­ment, X-Plane n’étant pas un si­mu­la­teur de tasse de thé, nous ne pour­rons pas pous­ser le réa­lisme aus­si loin. Mais nous avons de la chance, l’Ae­ro Com­man­der 500 S de Nim­bus Si­mu­la­tion Stu­dios est à notre dis­po­si­tion pour amor­cer quelques tonneaux ou autres fi­gures de la même fa­mille.

Au dé­part, cet avion d’après­guerre n’était pas des­ti­né à la vol­tige, mais à un usage plus sage, à savoir trans­por­ter ra­pi­de­ment et sur de grandes dis­tances des hommes d’af­faires. Les pre­miers mo­dèles de la fa­mille Ae­ro Com­man­der étaient des bi­mo­teurs à pis­tons et ailes hautes construits par Ae­ro En­gi­nee­ring Com­pa­ny dont le mo­dèle 720 Al­ti­crui­ser pres­su­ri­sé. Une fi­liale de Ro­ck­well In­ter­na­tio­nal a re­pris le flam­beau 15 ans après pour y adap­ter des mo­teurs tur­bo­pro­pul­sés. Mais c’est le mo­dèle 500 qui nous in­té­resse ici, plus par- ti­cu­liè­re­ment le 500S le plus po­pu­laire et construit en 300 exem­plaires à partir de 1960. Il est équi­pé de deux mo­teurs Ly­co­ming IO-540 de 290 ch qui lui per­mettent de trans­por­ter six per­sonnes sur 1 800 km.

C’est donc cet ap­pa­reil qu’a choi­si le Co­lom­bien San­tia­go But­na­ru pour l’in­té­grer dans XP­lane. Il tra­vaille avec deux autres créa­teurs, l’un pour la réa­li­sa­tion des scènes, l’autre pour les avions. S’ils ont dé­jà pu­blié des scènes, l’Ae­ro Com­man­der 500S est leur pre­mier avion, choi­si tout par­ti­cu­liè­re­ment à cause de l’usage qu’en a fait Bob Hoo­ver, fi­gure de l’avia­tion outre-At­lan­tique (et dis­pa­ru en oc­tobre der­nier). Le pro­jet a été amor­cé il y a quatre ans, mais fi­na-

Vous pren­drez bien une tasse de thé ? D’ac­cord, mais po­sez donc d’abord votre bois­son sur la cas­quette de l’avion. Nous al­lons faire quelques fi­gures de vol­tige et vous pour­rez la boire ensuite !

li­sé ces 6 der­niers mois en pro­fi­tant de l’ex­pé­rience des mo­dé­li­sa­tions d’aé­ro­ports que nous avions ap­pré­ciés dans des ar­ticles pré­cé­dents. San­tia­go But­na­ru n’est pas pro­gram­meur et il a dû ap­prendre sur le tas, par exemple à uti­li­ser SASL et mo­dé­li­ser les dif­fé­rents sons.

Nous tes­te­rons cet avion avec la ver­sion 10.51 du si­mu­la­teur. Il en est ac­tuel­le­ment à la ver­sion 1.2 et fonc­tionne sur Win­dows, Mac et Li­nux en 64 bits. Il coûte en­vi­ron 25 eu­ros. L’ins­tal­la­tion de­mande un mot de passe à ren­trer au pre­mier char­ge­ment. Il est pos­sible d’adap­ter la ré­so­lu­tion des tex­tures à la per­for­mance de son or­di­na­teur en choi­sis­sant le dos­sier qui uti­lise les tex­tures en 1 024 pixels au lieu de celles en 2 048. Le dos­sier d’ori­gine et quelques li­vrées sup­plé­men­taires gra­tuites sont di­rec­te­ment té­lé­char­gés sur le site http://x-plane.org. Une fois dé­zip­pé, le conte­nu donne ac­cès à la do­cu­men­ta­tion. Elle contient une check-list qui énu­mère les étapes d’un vol nor­mal et en vol­tige. Un ma­nuel de 8 pages dé­crit le cock­pit, les op­tions, le pi­lote au­to­ma­tique et le pan­neau de confi­gu­ra­tion par des images lé­gen­dées. Il manque un POH ou au moins quelques chiffres de per­for­mances et abaques, mais ces don­nées ayant été ache­tées par l’au­teur, il ne peut pas les y in­clure. À nous de trou­ver notre bon­heur dans les méandres d’In­ter­net… ou les ache­ter de notre cô­té ! Une fois at­tri­buée une ma­nette par mo­teur sur les pé­ri­phé­riques, tout est prêt pour la dé­cou­verte !

Un grand nez poin­tu

Nous voi­là donc pro­prié­taire d’un bel avion as­sor­ti de 7 li­vrées. Trois sont d’ori­gine, quatre ar­ran­gées par d’autres de­si­gners. Si la plu­part sont clas­siques avec des raies de dif­fé­rents co­lo­ris, celle de Bob Hoo­ver ne passe pas in­aper­çue avec ses dé­co­ra­tions vertes. On peut aus­si ré­cu­pé­rer celles d’im­ma­tri­cu­la­tions pri­vées, de l’US Air Force ou de l’Alas­ka Fo­res­try De­part­ment.

Dès le char­ge­ment, un bruit de pneus qui crissent an­nonce son en­trée dans le si­mu­la­teur. Un pe­tit me­nu ap­pa­raît sur la gauche de l’écran et com­mande l’ou­ver­ture de deux fe­nêtres mo­biles, mais non re­di­men­sion­nables. L’une d’elles per­met de régler le car­bu­rant en fonc­tion du poids des pas­sa­gers et des ba­gages. Il suf­fit de cli­quer sur les sièges pour voir ap­pa­raître jus­qu’à 4 per­son­nages sup­plé­men­taires dans la ca­bine. L’autre met en op­tion l’af­fi­chage du GPS, des win­glets et des fonc­tions de par­king (couvre-mo­teur, flammes, cales de roues).

La forme de l’avion est bien re­pro­duite avec sa sil­houette im­po­sante, son nez poin­tu, ses deux na­celles ac­cro­chées sous les ailes et son train très dé­taillé (câbles, sus­pen­sions) lui don­nant une al­lure de ci­gogne. Les dé­tails sont nom­breux. Les ri­vets, sa­lis­sures en par­ti­cu­lier der­rière les vo­lets de ca­pot, ins­crip­tions et in­té­rieur des prises d’air contri­buent au réa­lisme. De nom­breuses par­ties sont ani­mées, dont les vo­lets de ca­pots si­tués ici au-des­sus des ailes.

La vi­site pré­vol est main­te­nant ter­mi­née. Les portes ne s’ouvrent pas, mais quelle im­por­tance ? Notre but est de pi­lo­ter, alors ins­tal­lons-nous di­rec­te­ment dans le cock­pit. Un pe­tit coup d’oeil à la ca­bine nous rap­pelle sa fonc­tion pre­mière. Quatre élé­gants sièges en cuir beige ac­cueillent nos pas­sa­gers, leur vue ex­té­rieure cou­pée par la sus­pen­sion du train au par­king. Ils se font face, per­met­tant à nos VIP de se réunir sans perdre de temps même pen­dant le vol.

Doubles com­mandes

La vue of­ferte aux deux pi­lotes est très pa­no­ra­mique - sur 300° en­vi­ron - car les ailes sont un peu en ar­rière, ce qui est très confortable. Le fond de la planche de bord est clair, les ins­tru­ments très li­sibles et en 3D. Leur éclai­rage, com­man­dé par l’ove­rhead, est très ef­fi­cace de nuit. Il n’est pas pos­sible de faire dis­pa­raître les vo­lants.

Nim­bus a choi­si une ver­sion an­cienne des ins­tru­ments pour le ta­bleau de bord. Le GPS 530 de XP­lane y a tout de même été in­té­gré pour les ama­teurs de mo­der­ni­té, mais seule­ment en op­tion. Il se si­tue sous le bloc ma­nettes, ce qui le rend dif­fi­cile d’ac­cès, mais il est heu­reu­se­ment pos­sible de l’af­fi­cher en pop-up sur l’écran. La par­tie gauche com­prend les ins­tru­ments de base, un ra­dar al­ti­mé­trique et un pi­lote au­to­ma­tique d’époque, le mo­dèle AF-520. Le sé­lec­teur au­dio et ré­cep­teur ADF KMA 20TSO ain­si que la com­mande des vo­lets de ca­pot se trouvent der­rière le vo­lant de gauche, ce qui com­plique un peu les ré­glages. Au centre, une bous­sole est ac­cro­chée à la barre ver­ti­cale et un ther­mo­mètre est col­lé sur une des vitres. Les fré­quences des ins­tru­ments ra­dio (2 pour les com­mu­ni­ca­tions et 2 pour la na­vi­ga­tion) en ver­sion an­cienne et éli­més sont très fa­ci­le­ment ré­glables par des flèches ver­ti­cales. Au­des­sous, les pa­ra­mètres mo­teurs sont af­fi­chés sur un ca­dran unique pour les deux pro­pul­seurs par une double ai­guille. On re­marque que la com­mande du train pré­sente un le­vier de blo­cage. Les vi­tesses de ré­fé­rence sont pla­car­dées sous la cas­quette, pour rap­pel. L’ove­rhead per­met de com­man­der les lu­mières et dé­mar­rer le mo­teur. À droite, le pan­neau de fu­sibles n’est pas fonc­tion­nel.

Nous voi­là prêts à dé­mar­rer chaque mo­teur l’un après l’autre. Les portes sont fer­mées et les com­mandes dé­ver­rouillées, le par­king est dé­ga­gé. L’ove­rhead est ac­ces­sible par le Track IR ou une vue pré­pro­gram­mée. Les étapes du lan­ce­ment sont très dé­taillées et il ne faut pas en man­quer une seule sous peine de res­ter au sol ! Le bruit des mo­teurs, per­son­na­li­sé et en sté­réo, est très réa­liste. Pour éco­no­mi­ser les freins, le rou­lage s’ef­fec­tue ensuite de pré­fé­rence avec la puis­sance re­la­tive des mo­teurs sur les deux ma­nettes des gaz, mais il fonc­tionne aus­si bien avec les pa­lon­niers.

Tous les pas­sa­gers sont ins­tal­lés, le rou­lage peut com­men­cer ! At­ter­ris­sage sur une roue.

Vue de des­sus avec les vo­lets de ca­pot et leurs traî­nées de fu­mée. En haut : le ta­bleau de bord en ver­sion an­cienne, mais avec le GPS. En bas : La ca­bine est confortable.

Ani­ma­tion de la ren­trée des trains. Les tex­tures sont en haute ré­so­lu­tion et l’avion très dé­taillé. Les deux pi­lotes sont concen­trés sur la check-list.

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