WA­CO Bi-plane Col­lec­tion

Une vraie bonne idée

Micro Simulateur - - EXTENSION - par Vé­ro­nique Rey­nier

Mettre en va­leur un construc­teur en pro­po­sant ses prin­ci­paux mo­dèles au fil du temps, telle est la mis­sion de cet add-on consa­cré à Wa­co. Un voyage in­té­res­sant entre la fin des an­nées vingt et le Dé­bar­que­ment !

La Wa­co Air­craft Com­pa­ny a pro­duit plu­sieurs avions lé­gers et pla­neurs dans ses usines de l’Ohio entre 1919 et 1947. Les lec­teurs qui avaient ap­pré­cié la re­cons­ti­tu­tion des pla­neurs du Dé­bar­que­ment (cf. Mi­crosim 247) se sou­viennent cer­tai­ne­ment des Wa­co CG4 ar­ri­vés par­mi les pre­miers à Sainte-Mè­rel’Église. Il ne manque évi­dem­ment pas à l’ap­pel, mais n’est pas le seul élé­ment in­té­res­sant de ce pa­ckage his­to­rique pro­po­sé au prix rai­son­nable de 17,95 eu­ros. Pas moins de huit ap­pa­reils avec quelques va­riantes sont i nclus dans ce pa­ckage très va­rié, qui in­clut même une jeep pi­lo­table. L’en­semble pèse plus de 600 Mo en té­lé­char­ge­ment, le site de FS Ad­don n’est pas d’une ra­pi­di­té ex­cep­tion­nelle, il faut donc pré­voir une ving­taine de mi­nutes pour ré­cu­pé­rer l’archive ZIP. L’ins­tal­la­tion au­to­ma­tique né­ces­site la sai­sie d’un nu­mé­ro de sé­rie et se dé­cline en cinq scripts pour les deux ver­sions de FS et les trois ver­sions de P3D ; une fois ter­mi- née, pas moins de treize dos­siers s’ajoutent à votre ré­per­toire Air­plane et à vos han­gars.

Les Ta­per­wing : ATO et CTO

ATO et CTO sont deux dé­cli­nai­sons de la gamme Wa­co-10/sé­rie O, qui se dif­fé­ren­cient es­sen­tiel­le­ment par leur mo­to­ri­sa­tion : l’ATO est équi­pé d’un mo­teur Wright J-5 de 220 ch tan­dis que le CTO est do­té d’un Wright R-760 de 225 ch ; le pre­mier a une hé­lice à pas fixe, le se­cond à pas va­riable. Cette gamme a vite re­çu le sur­nom de Ta­per­wing, soit aile ef­fi­lée. Ce sont des bi­plans mê­lant tu­bu­lures mé­tal­liques, bois

et toile, conçu à la fin des an­nées vingt, construits entre 1927 et 1933 et consi­dé­rés comme des clas­siques de l’âge d’or.

Plé­bis­ci­tés par les pi­lotes de show aé­riens, les Ta­per­wings ont aus­si par­ti­ci­pé à de nom­breuses courses, dont le Na­tio­nal Air Der­by de New York à Los An­geles en 1928. Le pi­lote était alors Jo­na­than Li­ving­stone, qui ins­pi­re­ra le livre de Richard Bach Jo­na­than Li­ving­stone le goé­land. Trois autres Ta­per­wings de sé­rie firent la course lors de la Na­tio­nal Air Races en 1929 à Cle­ve­land.

Pré­sen­té dans une li­vrée jaune étin­ce­lante, l’ATO est équi­pé d’ins­tru­ments contem­po­rains, ou tout du moins re­pré­sen­ta­tifs des mo­no­mo­teurs de club des an­nées quatre-vingt, tels qu’un pi­lote ac­tuel sor­tant en mee­ting pour­rait avoir équi­pé son cock­pit. Il se pi­lote en place ar­rière, le siège avant du pas­sa­ger per­met­tant d’ad­mi­rer de près la jauge à es­sence. Son mo­dèle de vol est ma­niable et sans sur­prise, l’at­ter­ris­sage et le rou­lage étant les exer­cices les plus dif­fi­ciles comme sur tous les ap­pa­reils an­ciens à train clas­sique.

La li­vrée du CTO est l’une des plus es­thé­tiques de la flotte Wa­co, avec ses mo­tifs verts sur fond jaune. Il par­tage le cock­pit de l’ATO et son com­por­te­ment en vol est iden­tique. À la dif­fé­rence de l’autre mo­dèle, il est équi­pé d’un pas va­riable et d’une ma­nette de mix­ture.

La sé­rie F, plus lé­gère et plus ré­pu­tée

La sé­rie F suc­cé­da à la sé­rie O chez le construc­teur et ap­por­ta des amé­lio­ra­tions no­tables aux mo­dèles pré­cé­dents, no­tam­ment au ni­veau du poids – 200 kg de per­dus, de quoi faire rê­ver les ama­teurs de ré­gime ! Il est ain­si pos­sible d’of­frir des per­for­mances iden­tiques avec des mo­teurs moins puis­sants et plus éco­no­miques. L’un de ses mo­dèles, le RNF War­ner Sca­rab, a été mo­dé­li­sé par Gol­den Age Si­mu­la­tions (cf. Mi­crosim 173). FS Ad­don pro­pose pour sa part le QF2, dé­no­mi­na­tion qui n’existe pas dans la no­men­cla­ture mais cor­res­pond à un ap­pa­reil ex­po­sé à l’His­to­ric Air­craft Res­to­ra­tion Mu­seum de Saint Louis. C’est ce mo­dèle qui est re­pris dans la col­lec­tion vir­tuelle. Il ap­par­te­nait à une sé­rie d’ap­pa­reils li­vrés à la com­pa­gnie pé­tro­lière Texa­co, dont il ar­bore fiè­re­ment les cou­leurs rouge et blanc, ain­si que le nu­mé­ro 17 dans la flotte. Ici encore le cock­pit est iden­tique à quelques nuances près à ceux des autres Wa­co, de même que le com­por­te­ment en vol et les vi­tesses ca­rac­té­ris­tiques.

Autre dé­cli­nai­son dans la sé­rie F, l’UPF7 était une ver­sion école en tandem avec un train plus large, équi­pée d’un mo­teur Conti­nen­tal de 220 ch. L’UPF7 est encore plus co­lo­ré, fu­se­lage et em­pen­nage rouge et ailes do­rées, l’idéal pour les shows aé­riens. Cette fois le cock­pit est dif­fé­rent, avec un équi­pe­ment dou­blé en place avant pour l’ins­truc­teur et des formes plus car­rées. L’équi­pe­ment reste tou­te­fois le même. Ce mo­dèle qui a été le plus construit, no­tam­ment pour

ser­vir d’avion d’en­traî­ne­ment de l’US Air Force, est un peu plus ra­pide que les autres, plus ner­veux aux com­mandes éga­le­ment.

Des Gol­dies mo­dernes

Avec l’YMF, l’YMF-5 et l ’YMF hy­dra­vion, c’est un re­tour vers le fu­tur. Les avions pré­sen­tés sont en ef­fet ceux qu’a fait re­naître Wa­co Air­craft, une en­tre­prise créée en 1983, qui construit des bi­plans à partir des mo­dèles d’époque. L’YMF his­to­rique était un UMF équi­pé d’un mo­teur Ja­cobs L-4 de 225 ch, la ver­sion contem­po­raine a 300 ch sous son gros ca­pot. L’adap­ta­tion en hy­dra­vion est une idée du concep­teur de l’add-on.

Les trois dé­cli­nai­sons sont équi­pées de la ma­nière la plus mo­derne et ef­fi­cace pos­sible, ce qui leur ouvre un plus grand do­maine de vol, no­tam­ment l’IFR et le vol de nuit. L’écran du GPS, pla­cé sous la main droite du pi­lote, au­rait été encore plus in­té­res­sant s’il avait été pos­sible de l’af­fi­cher en pop-up 2D, car sa po­si­tion le rend dif­fi­ci­le­ment li­sible. Équi­pé d’ins­tru­ments de ra­dio­na­vi­ga­tion, il per­met aus­si de voya­ger de ma­nière conven­tion­nelle. L’YMF-5 a une hé­lice à pas fixe, l’YMF une hé­lice à pas va­riable, de même que l’hy­dra­vion. Beau­coup plus ra­pides que les autres ap­pa­reils de l’add-on, ils croisent à la vi­tesse res­pec­table de 120 mph.

Steam­punk ?

Le Wa­co Jet est une étran­ge­té qui a réel­le­ment exis­té. C’est à la base un UPF-7 re­ma­nié pour le show aé­rien à la fin des an­nées soixan­te­dix, avec un mo­teur Pratt & Whit­ney de 600 ch, puis équi­pé d’un ré­ac­teur sur le mo­dèle des ca­mions de course chers aux États-uniens. L’his­toire com­plète et les pho­tos de l’ap­pa­reil réel se trouvent sur la page In­ter­net www.frank­li­nair- show.com, ru­brique His­to­ry/Jet puis Wa­co. On pour­rait croire, en re­gar­dant la ver­sion si­mu­lée, qu’il s’agit d’un ca­nu­lar, tant la pré­sence du ré­ac­teur et de son énorme tuyère pa­raissent bi­zarres, mais non, ce n’est pas une vi­sion steam­punk d’un bi­plan d’époque. Avec ce mo­dèle, ce sont les joies de la vol­tige qui sont ac­ces­sibles, comme l’in­dique le pro­gramme d’ex­hi­bi­tion af­fi­ché sur la planche de bord. L’ap­pa­rence de celle-ci est sim­pli­fiée, avec un PFD qui donne toutes les in­for­ma­tions né­ces­saires au pi­lote vir­tuel. Mal­heu­reu­se­ment, du­rant les tests, un sou­ci d’af­fi­chage ne nous a pas per­mis de pro­fi­ter du cock­pit, mais l’édi­teur était dé­jà en train de pré­pa­rer un ser­vice pack.

Les CG4 du jour J

Le concept de pla­neur à usage unique, uti­li­sé pour ache­mi­ner

troupes et ma­té­riel, a été ex­pé­ri­men­té par les Al­le­mands dès 1940, mais l’idée a été re­prise ou­treManche et outre-At­lan­tique pour pré­pa­rer le Dé­bar­que­ment de juin 1944. Wa­co a donc construit près de 14 000 pla­neurs CG4 qui ont été en­ga­gés dès les pre­mières heures du Jour-J sur Sainte-Mè­rel’Église. Un add-on consa­cré au construc­teur ne pou­vait pas faire l’impasse sur ces ap­pa­reils, même s’ils sont très dif­fé­rents des bi­plans pré­cé­dem­ment dé­crits. Le CG4 se dé­cline ici en quatre ver­sions, dont un bi­mo­teur, le CG4 Ha­drian, qui en reprend les ca­rac­té­ris­tiques tout en étant mo­to­ri­sé, et une jeep pi­lo­table très réus­sie mal­gré une cer­taine ten­dance au ton­neau. Mais elle est plus un bo­nus en guise de clin d’oeil qu’une rai­son d’ac­qué­rir la col­lec­tion !

Outre sa ri­chesse en mo­dèles va­riés dé­cli­nés aus­si bien dans leurs ver­sions his­to­riques que mo­dernes, la WA­CO Bi-plane Col­lec­tion est aus­si un add-on bien réa­li­sé, avec une qua­li­té gra­phique, tant sur le plan de la 3D que sur ce­lui des tex­tures, de bon aloi – sans al­ler tou­te­fois vers les som­mets aux­quelles cer­tains édi­teurs ont por­té l a dis­ci­pline. Chaque ap­pa­reil est très soi­gné et bien per­son­na­li­sé, l es éclai­rages bien do­sés, les li­vrées va­riées et agréables à l’oeil, les cock­pits mo­dé­li­sés en dé­tail quelle que soit la di­rec­tion du re­gard.

Une bonne réa­li­sa­tion

Les équi­pe­ments de bord ne sont pas en reste, al­lant de gauges clas­siques au glass-cock­pit. On peut tou­te­fois re­gret­ter qu’ils cor­res­pondent plus à des avions pré­sen­tés en mee­ting qu’à des planches de bord réel­le­ment his­to­riques, avec des ca­drans ty­piques des an­nées quatre-vingt, mais c’est sans doute un choix pour une uti­li­sa­tion dans l’es­pace aé­rien ac­tuel.

Les mo­dèles de vol donnent un com­por­te­ment as­sez stan­dar­di­sé, ré­ac­tif aux com­mandes, pas trop dif­fi­cile à l’at­ter­ris­sage, ce qui per­met des pré­sen­ta­tions en mee­ting et à plu­sieurs ai­sées. Une des rai­sons du succès des Wa­co était leur sim­pli­ci­té de pi­lo­tage, on n’est donc pas trop éloi­gné de la réa­li­té, même si un zeste d’ef­fets mo­teur sup­plé­men­taire au­rait été le bien­ve­nu, étant don­né le rap­port poids/puis­sance des ap­pa­reils mo­dé­li­sés.

L’idée de pro­po­ser une ré­tros­pec­tive consa­crée à l’un des plus grands construc­teurs de l’en­tre­deux-guerres est ex­cel­lente et le tra­vail réa­li­sé com­mer­cia­li­sé à moins de 20 eu­ros, ce qui est un ex­cellent rap­port ri­chesse fonc­tion­nelle/prix.

Les cock­pits des ATO et CTO sont mo­der­ni­sés. L’YMF est re­cons­truit de­puis les an­nées quatre-vingt par Wa­co Classic Air­craft.

Vue la­té­rale du cock­pit. Les YMF sont équi­pés d’un éclai­rage de nuit.

Le QF2, re­pro­duc­tion de l’ap­pa­reil ex­po­sé au mu­sée de Saint Louis.

L’UPF7, avion-école et mo­dèle le plus ven­du de la gamme. Sur l’UPF7, les ca­drans sont dou­blés en place ar­rière pour l’ins­truc­teur.

Les Wa­co – ici l’ATO – sont ré­ac­tifs aux com­mandes.

Une ver­sion hy­dra­vion qui en­ri­chit encore le do­maine de vol de l’add-on. Un ré­ac­teur sous le fu­se­lage ! C’est une idée qui a été réel­le­ment ex­pé­ri­men­tée. Le GPS au­rait mé­ri­té un pop-up pour une meilleure li­si­bi­li­té.

Il y a même une sym­pa­thique jeep mi­li­taire pi­lo­table.

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