Ba­li X

La perle de l’In­do­né­sie

Micro Simulateur - - EXTENSION - par Em­ma­nuel Blan­chard

En mo­dé­li­sant l’aé­ro­port prin­ci­pal de l’île de Ba­li et ses en­vi­rons im­mé­diats, cette scène est une in­vi­ta­tion au voyage, à condi­tion d’ap­pré­cier les avions de ligne et la mous­son !

Ba­li est l’une des in­nom­brables îles qui forment l’ar­chi­pel in­do­né­sien. Ce pe­tit mor­ceau de terre vol­ca­nique (140 km d’est en ouest, 80 km du nord au sud) en­tou­ré de co­raux pré­sente la par­ti­cu­la­ri­té d’être une en­clave hin­douiste dans une In­do­né­sie à forte ma­jo­ri­té mu­sul­mane. L’an­cienne co­lo­nie néer­lan­daise ob­tint son in­dé­pen­dance en même temps que le reste de l’ar­chi­pel en 1949 pour de­ve­nir une des ré­pu­bliques de l’État fé­dé­ral in­do­né­sien. Dans l’entre-deux-guerres, Ba­li avait dé­jà ac­quis la ré­pu­ta­tion d’un site pa­ra­di­siaque, et connut une pre­mière vague de tou­risme (ré­ser­vé à une élite for­tu­née !). Puis du­rant plu- sieurs dé­cen­nies l’at­trait fut moindre : oc­cu­pa­tion ja­po­naise du­rant la Se­conde Guerre mon­diale, troubles liés à l’in­dé­pen­dance, heurts entre des in­dé­pen­dan­tistes lo­caux et les au­to­ri­tés in­do­né­siennes, éruption dra­ma­tique du vol­can Agung en 1963 firent de Ba­li l’en­droit à évi­ter… Jus­qu’aux an­nées qua­tre­vingt où le gou­ver­ne­ment de Dja­kar­ta re­prit conscience du po­ten­tiel tou­ris­tique et cultu­rel de Ba­li, et en­tre­prit de pro­mou­voir l’ac- cueil des étran­gers. À cette fin l’aé­ro­port des­ser­vant la ca­pi­tale Den­pa­sar fut agran­di et mo­der­ni­sé en plu­sieurs étapes. À tel point qu’il est de­ve­nu le troi­sième aé­ro­port d’In­do­né­sie pour le nombre de mou­ve­ments, ac­cueillant dé­sor­mais près de 17 mil­lions de pas­sa­gers annuels (pour 4 mii­lions de Ba­li­nais). Les deux at­tentats is­la­mistes de 2002 et 2005 di­ri­gés contre les vi­si­teurs étran­gers ont pro­vo­qué une baisse de l’ac­ti­vi­té du­rant quelques an­nées, mais Ba­li a re­pris ses droits et at­teint même ses li­mites d’ac­cueil.

C’est donc une pla­te­forme tou­ris­tique ty­pique que pro­pose Ae­ro­soft avec cette scène dé­diée à l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de Den­pa­sar (code ICAO : WADD). Les plus fi­dèles de nos lec­teurs se sou­viennent peut-être de notre my­thique sé­rie d’ar­ticles sur la liai­son entre Mel­bourne et Ba­li en B737-800 (MS 221 à 224), où la des­ti­na­tion était un peu dé­ce­vante dans un FS X stan­dard. Le nou­veau dé­cor rend-il hon­neur à la perle des îles de la Sonde ?

Ex­ten­sion com­plète

Le dé­cor pro­po­sé par Ae­ro­soft en té­lé­char­ge­ment (la ver­sion boîte de­vrait suivre dans quelques se­maines) est dis­po­nible au ta­rif de 25,05 eu­ros sur le site de l’édi­teur. La scène est pré­vue pour FS X SP2, FS X Steam Edi­tion (tes­tée ici) et P3D V.3. L’archive à té­lé­char­ger pèse 724 Mo et contient un exé­cu­table au­to­ma­ti­sé. Le lo­gi­ciel de des­ti­na­tion doit être pré­ci­sé lors de l’ins­tal­la­tion. Le mo­dule pro­pose aus­si d’op­ti­mi­ser cer­tains ré­glages gra­phiques (den­si­té de la vé­gé­ta­tion 3D, pré­sence d’herbe vo­lu­mé­trique, lu­mières spé­ci­fiques) ain­si que l’ajout op­tion­nel du mo­dule SODE. Ce der­nier amé­liore le contrôle des pas­se­relles d’ac­cès par le biais d’une boîte de dia­logue dans FS X/P3D. No­tez que pour le si­mu­la­teur de Lock­heed Mar­tin, on pro­fite d’un per­son­nage de piste mo­bile qui per­met d’ex­plo­rer tout le dé­cor à hau­teur d’homme. Deux fi­chiers PDF ac­com­pagnent le dé­cor. Le pre­mier est un ma­nuel en al­le­mand et an­glais, as­sez suc­cinct et es­sen­tiel­le­ment cen­tré sur la pro­cé­dure d’ins­tal­la­tion de la scène. Le se­cond, plus in­té­res­sant, est un gros ré­per­toire de cartes de na­vi­ga­tion qui com­porte tout ce qu’il faut pour opé­rer de ma­nière réa­liste à WADD : im­plan­ta­tion au sol, pro­cé­dures SID, STAR, ar­ri­vées

RNAV (GNSS) et VOR, il y en a pour tous les goûts. On ap­pré­cie qu’un en­semble de cartes aus­si com­plet soit four­ni pour une des­ti­na­tion exo­tique, il n’est pas tou­jours fa­cile de trou­ver les in­for­ma­tions vou­lues quand on ne parle pas in­do­né­sien !

La zone cou­verte par la scène s’étend lé­gè­re­ment au-delà de l’aé­ro­port pro­pre­ment dit, elle s’étend sur quelques ki­lo­mètres au nord et au sud, ain­si que sur toute la baie à l’est des ins­tal­la­tions. Le re­lief est sans aucun in­té­rêt ici, on est sur du plat, très plat ! Les tex­tures sol ob­te­nues à partir de pho­to­gra­phies aé­riennes en 40 cm/pixel. Le ré­sul­tat est im­pec­cable (d’au­tant qu’il n’y a qu’une sai­son à 8° de la­ti­tude sud) et peu­plé d’une dé­bauche de bâ­ti­ments 3D et de vé­gé­ta­tion. C’est presque un plai­sir que se dé­pla­cer dans les rues de Den­pa­sar pour ad­mi­rer les ha­bi­ta­tions et quelques mo­nu­ments re­mar­quables : centres com­mer­ciaux, hô­tels de luxe, jus­qu’à l’im­pres­sion­nant pont rou­tier qui sur­plombe la baie et donne ac­cès à l’aé­ro­port.

I Gus­ti Ngu­rah Rai air­port

Le nom com­plet de l’ins­tal­la­tion est un hom­mage à un hé­ros lo­cal de la lutte pour l’in­dé­pen­dance, mort en com­bat­tant les Néer­lan­dais en 1946. Il est construit sur un isthme étroit qu’il tra­verse de part en part, d’est en ouest, et il se pro­longe sur un es­pace ga­gné sur l’océan. Le pre­mier aé­ro­port fut inau­gu­ré en 1931, puis agran­di par les Ja­po­nais du­rant la guerre. Re­de­ve­nu ci­vil après le conflit, il s’ou­vrit au tra­fic com­mer­cial avec un ter­mi­nal pas­sa­ger construit en 1949. Les travaux d’agran­dis­se­ment et d’amé­lio­ra­tion n’ont ja­mais ces­sé de­puis, mais en 2017 WADD at­teint ses li­mites. L’em­pla­ce­ment em­pêche tout agran­dis­se­ment ou ajout de piste ; les li­ners mo­dernes peuvent y opé­rer, même les plus grands (B777, B747, A340) ; l’A380 pour­rait ac­cos­ter le ter­mi­nal mais les taxi­ways sont trop étroits pour lui… Un pro­jet sou­te­nu par le gou­ver­ne­ment in­do­né­sien vise à cons­truire de toutes pièces un nou­vel aé­ro­port in­ter­na­tio­nal sur l’île voi­sine de Lom­bok, or un tel chan­tier de­man­de­rait plu­sieurs an­nées du­rant les­quelles WADD tour­ne­ra quoi qu’il en soit à plein ré­gime.

Le tra­vail de mo­dé­li­sa­tion 3D ac­com­pli sur l’aé­ro­port est un des plus im­pres­sion­nants. Car même si l’éten­due des ins­tal­la­tions peut sem­bler mo­deste, les construc­tions ont des formes très tor­tu­rées et to­ta­le­ment in­ha­bi­tuelles. L’es­sen­tiel du tra­fic ci­vil est can­ton­né au nord de la piste, avec d’est en ouest le ter­mi­nal char­ter, la zone car­go, le grand ter­mi­nal in­ter­na­tio­nal et la zone ré­ser­vée aux vols do­mes­tiques. Au sud, un es­pace plus mo­deste est consa­cré à l’avia­tion gé­né­rale et d’affaire.

Il n’y a pas de sys­tème de gui­dage au par­king comme sur cer­tains aé­ro­ports mo­dernes, en re­vanche cha­cun des 37 em­pla­ce­ments est ac­com­pa­gné d’un pan­neau pré­ci­sant le nu­mé­ro de place de par­king et les co­or­don­nées géo­gra­phiques en la­ti­tude/lon­gi­tude. Ama­teurs de cen­trales iner­tielles, à vos con­soles ! Le ter­mi­nal in­ter­na­tio­nal adopte une ar­chi­tec­ture ca­rac­té­ris­tique de Ba­li, mé­lange d’in­fluences de tout le sud-est asia­tique (In­do­né­sie, Inde, Thaï­lande, Chine). Il est sur­mon­té de la tour de contrôle qui pa­raît presque sobre dans cet en­vi­ron­ne­ment. Quelques vé­hi­cules de piste s’animent sur le tar­mac, où s’ac­cu­mulent échelles d’ac­cès et contai­ners. Les pas­se­relles sont mo­biles, à deux condi­tions : soit on désac­tive le mo­dule SODE (et on garde les pas­se­relles

de FS X), soit on l’ac­tive mais il faut alors pen­ser à va­li­der le mo­dule (bou­ton « Re­gis­ter ») lors de son ins­tal­la­tion.

Si on uti­lise le tra­fic IA par dé­faut de FS X, on risque d’être dé­çu : seule la zone char­ter ac­cueille des ap­pa­reils de l’IA, le reste de l’aé­ro­port pa­rais­sant dé­sert. On au­rait presque ap­pré­cié d’avoir quelques avions sta­tiques pour don­ner un peu de vie à l’en­semble. Avec un ges­tion­naire tiers (UT2 dans notre cas), l’in­ten­si­té du tra­fic de­vient plus réa­liste.

Ex­ploi­ta­tion

Pre­mier constat : WADD est avant tout un aé­ro­port pour li­ners, même si la pe­tite zone d’avia­tion gé­né­rale té­moigne d’une pe­tite ac­ti­vi­té pri­vée. Mais à Den­pa­sar, on ac­cueille toutes sortes d’ap­pa­reils, de­puis de nom­breuses des­ti­na­tions. Les com­mu­ters à ré­ac­tion ou tur­bo­pro­pul­sés ef­fec­tuent les liai­sons avec les îles avoi­si­nantes de l’ar­chi­pel. Les moyen-cour­riers re­lient l’Aus­tra­lie (prin­ci­pal vi­vier de tou­ristes, elle est à moins de 1 200 km au sud) ou le conti­nent asia­tique ; en­fin les gros-por­teurs (B747, B777, B787, A330/340) convoient des car­gai­sons d’ama­teurs de plon­gée sous-marine, de trek dans la jungle ou d’ascension vol­ca­nique de­puis le monde en­tier : KLM pro­pose ain­si une liai­son di­recte de­puis Am­ster­dam ou UTair de­puis Mos­cou. Si vous ne ju­rez que par les li­ners, ré­gu­liers ou char­ters, Ba­li est for­cé­ment une des­ti­na­tion qui vous in­té­res­se­ra !

Ceux qui se sou­viennent de notre Mel­bourne-Ba­li en 737 ont pro­ba­ble­ment re­te­nu que l’ap­proche ILS sur la piste 27 était dé­ca­lée dans FS 2004 et FS X, gui­dant les avions sur un axe très au nord de la piste. Avec la nouvelle scène, c’est chose ré­pa­rée, l’ILS est par­fai­te­ment ca­lé aus­si bien dans l’axe ho­ri­zon­tal que pour le plan de des­cente. Et il faut avouer que frô­ler le pont au­to­rou­tier en fi­nale est tou­jours un mo­ment de stress. Pour l’axe 09, pas d’ILS mais un gui­dage vi­suel PAPI, en re­vanche les cartes four­nies font bien état de pro­cé­dures RNAV (GNSS) pour se po­ser vers l’est. Il faut bien étudier les pro­cé­dures car il y a deux dif­fi­cul­tés à WADD. La pre­mière est l’in­ten­si­té du tra­fic avec plus de 40 000 pas­sa­gers et presque 300 mou­ve­ments par jour (un tra­fic re­la­ti­ve­ment aus­si dense qu’à Pa­ris CDG avec ses 4 pistes). Ce­ci peut im­po­ser des at­tentes pro­lon­gées au­tant sur les cir­cuits d’ar­ri­vée que sur les voies de cir­cu­la­tion. Le se­cond pro­blème est la mous­son qui sé­vit de no­vembre à mars, avec son cor- tège de pré­ci­pi­ta­tions et de condi­tions de vi­si­bi­li­té mé­diocre. La mé­téo ne consti­tue pas un dé­fi in­sur­mon­table, mais ajou­tée au tra­fic et à la fa­tigue d’une longue tra­ver­sée, elle re­lève le ni­veau de dif­fi­cul­té !

La réa­li­sa­tion ir­ré­pro­chable et les cartes four­nies font de Ba­li X une des­ti­na­tion vir­tuelle de choix pour les in­con­di­tion­nels des li­ners. Les seuls re­grets concernent l’ab­sence d’ap­pa­reils sta­tiques et une ex­ten­sion du dé­cor un peu trop étri­quée ; mais le plai­sir de se po­ser aux li­mites des co­raux pal­lie lar­ge­ment ces pe­tites la­cunes.

Temple ou aé­ro­port ? L’ar­chi­tec­ture ba­li­naise est re­mar­quable.

Vue de la sur­face cou­verte par la scène de­puis 12 000 ft.

De nom­breux équi­pe­ments de piste sont mo­dé­li­sés.

Le pont au­to­rou­tier qui sur­plombe la baie de Den­pa­sar.

Dans la ca­pi­tale, on dé­couvre des bâ­ti­ments ori­gi­naux comme ce centre com­mer­cial. Même de­puis les par­kings, les bâ­ti­ments sont ma­gni­fiques.

En fi­nale ILS sur la 26, cette fois ça marche ! Dé­part en 747-400, le plus gros ap­pa­reil ac­cep­té à Ba­li.

En fi­nale « cra­bée » sur la 09 en plein orage de mous­son.

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