A-10 Tank Killer (1989)

Le pion­nier !

Micro Simulateur - - SIMU’LOISIR - Www.aban­don­ware-france.org

À la fin des an­nées quatre-vingt, une pe­tite so­cié­té de dé­ve­lop­pe­ment in­for­ma­tique fit sa pre­mière in­cur­sion dans le do­maine de la si­mu­la­tion aé­ro ter­restre. Avec ta­lent: après ce A -10 Tank K il ler,Dy na mix­conn ut la con­sé­cra­tion a ve cRed Ba­ron puis Falc on 3.

Le Fair­child A-10 est, de l’opi­nion gé­né­rale, un des avions les plus laids au monde. Pour­tant il a ins­pi­ré un grand nombre de dé­ve­lop­peurs de jeux. Entre ce A-10 Tank Killer de 1989 (pour la ver­sion MS-Dos) et le A-10C War­thog d’Eagle Dy­na­mics pour DCS World, vingt ans se sont écou­lés et de nom­breux si­mu­la­teurs consa­crés à ce chas­seur de chars ont vu le jour. Peu connu du grand pu­blic, l’ap­pa­reil amé­ri­cain est pas­sé sous le feu des pro­jec­teurs du­rant de la pre­mière Guerre du Golfe puis lors des opé­ra­tions de l’OTAN en ex-You­go­sla­vie.

Qu’est-ce qui a pu mo­ti­ver Dy­na­mix à se lan­cer dans la si­mu­la­tion de cet ap­pa­reil ? Au­pa­ra­vant l’édi­teur de l’Ore­gon avait tâ­té du pi­lo­tage avec un lo­gi­ciel consa­cré au F-14 Tom­cat (mer­ci à Top Gun !) et de la guerre ter­restre avec Abrams Bat­tle Tank. Mais d’autres jeux fi­gu­raient au ca­ta­logue, dans tous les genres : sport, ar­cade, com­bat spa­tial… En 1989, le A-10 n’avait pas encore été en­ga­gé au com­bat, la dé­tente entre les États-Unis et l’URSS de Gor­bat­chev com­men­çait à se faire sen­tir, le bon vieux thème de l’af­fron­te­ment entre les deux blocs pas­sait un peu de mode. S’il y avait sur le mar­ché vi­déo de nom­breux si­mu­la­teurs d’avions de chasse, aus­si bien sur PC (on en était encore au pro­ces­seur 286) que sur Ata­ri, Com­mo­dore et Ami­ga, le com­bat aé­ro­ter­restre res­tait l’apa­nage du seul Gun­ship de Mi­croP­rose.

En cou­leurs !

Quelques va­leurs peuvent prê­ter à sou­rire de nos jours : quand A-10 Tank Killer est pa­ru sur dis­quettes pour MS-Dos, il oc­cu­pait 2,88 Mo sur le disque dur, il fonc­tion­nait en 256 cou­leurs maxi­mum et pou­vait sup­por­ter à la fois une carte au­dio et un joys­tick. Le rêve pour l’époque ! Et dans un pay­sage in­for­ma­tique où bien des lo­gi­ciels étaient encore conçus en mode « fil de fer », les gra­phismes de A-10TK étaient ré­vo­lu­tion­naires.

Le jeu pro­po­sait avant tout des vols d’ac­tion, sans mise en oeuvre com­plexe de sys­tèmes em­bar­qués. Il faut avouer que les PC de 1990 n’au­raient pas sup­por­té ces exi­gences ! On com­men­çait par choi­sir un théâtre d’opé­ra­tions : l’Eu­rope cen­trale en deux cartes dis­tinctes ou, après 1991 grâce à une ex­ten­sion, l’opé­ra­tion De­sert Storm au-des­sus de l’Irak. Chaque théâtre pro­po­sait une de­mi-dou­zaine de mis­sions simples et une cam­pagne où les ob­jec­tifs étaient va­riables. Avant le dé­part, un brie­fing dis­pen­sé par un of­fi­cier dé­cri­vait les ob­jec­tifs et les me­naces. Puis on pas­sait à l’ar­mu­re­rie pour choi­sir son em­port : mis­siles Ma­ve­rick, bombes à gui­dage la­ser, clus­ters… En­fin on se lan­çait dans l’ac­tion.

Dans A-10 Tank Killer, on se trouve face à un pa­nel 2D sur­mon­té d’un gros HUD ; les vues la­té­rales sont in­té­grées (F2/F3) de même que plu­sieurs vues ex­té­rieures. On monte les gaz au cla­vier, on tire le manche à 200 kt, on rentre le train. On se re­père sur une carte 2D (le jeu se met au­to­ma­ti­que­ment en pause dans ce cas), on es­saie de re­pé­rer les ob­jec­tifs au sol. Les mes­sages ra­dio des équi­piers ou du contrôle aé­rien four­nissent une aide à la na­vi­ga­tion. Le ci­blage est au­to­ma­ti­sé, encore faut-il savoir adap­ter ses mu­ni­tions aux mis­sions. Les ca­drans du cock­pit ne sont pas ani­més (dif­fi­cile de connaître son ré­gime mo­teur au­tre­ment qu’à l’oreille) en re­vanche le RWR est fonc­tion­nel et nous aver­tit des tirs de SAM. Heu­reu­se­ment nos CME et chaffs aident à lou­voyer au mi­lieu des dé­fenses en­ne­mies.

Plu­sieurs pan­neaux peuvent af­fi­cher pen­dant le vol l’état de la struc­ture et des mo­teurs, de même que les armes encore sous les ailes. Au pire, le ca­non est très ef­fi­cace contre des vé­hi­cules. Gra­phi­que­ment, il faut re­con­naître que c’est réus­si pour 1989 : les mon­tagnes en py­ra­mides vertes peuvent faire sou­rire, mais on re­con­naît les routes, les fleuves, quelques bâ­ti­ments 3D, et en prime les ex­plo­sions sont très co­lo­rées.

Et en 2017 ?

Au­jourd’hui, Dy­na­mix n’existe plus : après avoir été ra­che­tée par Sier­ra en 1990, la so­cié­té dé­ve­lop­pa plu­sieurs jeux à succès, avant d’être fi­na­le­ment dé­man­te­lée suite à la re­struc­tu­ra­tion vou­lue par Vi­ven­di Uni­ver­sal en 2001. De fait, l’équipe d’ori­gine se dis­per­sa… et quelques-unes de pro­duc­tions pas­sèrent dans le do­maine des aban­don­wares. Et c’est jus­te­ment le cas de A-10 Tank Killer. Le j eu fonc­tionne très bien sous DosBox, à condi­tion de confi­gu­rer l’ému­la­teur pour qu’il fasse mon­ter le ré­per­toire du si­mu­la­teur sur un disque nom­mé C. À notre grande sur­prise, les 3 000 cycles par dé­faut de DosBox ga­ran­tissent une très bonne flui­di­té avec les dé­tails au maxi­mum, chose dif­fi­cile à conce­voir lors de la sor­tie ini­tiale du pro­gramme (li­vré sur une seule dis­quette !). Certes on est très loin des gra­phismes, de la com­plexi­té et des pos­si­bi­li­tés du War­thog pour DCS ; mais nous avons tou­jours sou­te­nu l’idée que 50 % du plai­sir d’une si­mu­la­tion ré­side dans l’ima­gi­naire du pi­lote vir­tuel. De ce point de vue, A-10 Tank Killer don­nait l’im­pres­sion qu’on chas­sait les Scud au-des­sus du dé­sert ira­kien, sa mis­sion était ac­com­plie !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.