L-049 Cons­tel­la­tion

Si le terme de pion­nier est par­fois gal­vau­dé, ce n’est pas le cas du L-049 : le Cons­tel­la­tion a mar­qué les an­nées qua­rante, et cette dé­cli­nai­son vir­tuelle lui rend un hom­mage à la me­sure de sa lé­gende.

Micro Simulateur - - SOMMAIRE N278 - par Em­ma­nuel Blan­chard

Le terme de lé­gende est par­fois gal­vau­dé, mais dans le cas du Cons­tel­la­tion, l’ap­pel­la­tion n’est pas usur­pée : ce pion­nier du trans­port de pas­sa­gers au long cours a ou­vert la voie aux vols trans­at­lan­tiques. A2A lui rend un hom­mage par­ti­cu­liè­re­ment soi­gné avec une ex­ten­sion haut de gamme.

Voi­ci pro­ba­ble­ment l’ex­ten­sion la plus at­ten­due de 2017 - même si elle n’a été pu­bliée qu’en jan­vier. Tout d’abord pour son su­jet : l e L-049, s’il ne fut pas l’avion le plus construit ni le plus ex­ploi­té dans le sec­teur com­mer­cial, a mar­qué les es­prits à la fois par ses per­for­mances, son ca­rac­tère in­no­va­teur et son élé­gance ja­mais éga­lée. Mais la po­pu­la­ri­té d’un ap­pa­reil réel ne ga­ran­tit pas son succès en si­mu­la­tion, encore faut-il que le trai­te­ment soit à la hau­teur des at­tentes. Avec l’équipe d’A2A Si­mu­la­tions aux com­mandes du pro­jet, on peut heu­reu­se­ment s’at­tendre à de bonnes sur­prises. Les au­teurs du 377 Stra­to­crui­ser, le concur­rent his­to­rique du Cons­tel­la­tion, ont su pro­gres­ser pour pro­po­ser aux sim­mers non pas un simple add-on dé­ri­vé, mais un pro­duit ori­gi­nal et no­va­teur. Presque comme le L-049 à son époque…

Pour com­prendre le rôle du Cons­tel­la­tion dans l’his­toire du trans­port aé­rien, il faut re­mon­ter avant la Se­conde Guerre mon­diale. Le concept de voyages trans­at­lan­tiques était alors ré­ser­vé à une élite très for­tu­née, l’es­sen­tiel des voyages s’ef­fec­tuant alors par pa­que­bots. Les long-cour­riers aé­riens de­vaient de toute fa­çon ef­fec­tuer de nom­breuses es­cales et n’étaient pas tou­jours d’une fia­bi­li­té exem­plaire… Dès 1939, le mil­liar­daire et pro­prié­taire de la TWA

Howard Hugues se rap­pro­cha du construc­teur Lock­heed pour étudier et dé­ve­lop­per l’idée d’un avion au long cours pour pas­sa­gers. Après deux ans de tra­vail, plu­sieurs ma­quettes et pro­to­types, le Cons­tel­la­tion était qua­si­ment prêt : ca­bine pres­su­ri­sée pour le vol à haute al­ti­tude, hé­lices à pas va­riable, dé­gi­vrage sur toutes les par­ties sen­sibles, trains ré­trac­tables, il com­por­tait toutes les avan­cées tech­no­lo­giques de l’époque. À tel point que l’ar­mée amé­ri­caine en com­man­da 80 exem­plaires (sous le nom C-69) pour le trans­port de troupes en oc­tobre 1941. Cette com­mande at­ti­ra l’at­ten­tion d’opé­ra­teurs com­mer­ciaux, mais l’en­trée en guerre des États-Unis et la prio­ri­té don­née à la pro­duc­tion d’ar­me­ment re­pous­sèrent la cons­truc­tion des exem­plaires ci­vils. Et pa­ra­doxa­le­ment le re­tard ac­cu­mu­lé fut bé­né­fique à Lock­heed : les avan­cées tech­no­lo­giques (no­tam­ment pour les mo­teurs) du­rant le conflit per­mirent d’amé­lio­rer encore le Cons­tel­la­tion. Le construc­teur ra­che­ta les exem­plaires de C-69 encore en cours de fa­bri­ca­tion à la fin du conflit (et nos li­vrés) pour les conver­tir en L-049 ci­vils, ain­si il put les com­mer­cia­li­ser dès 1945, alors que les concur­rents Dou­glas (DC6) et Boeing (377) avaient pris du re­tard sur leurs projets.

Le L-049 fut construit à seule­ment 87 exem­plaires, mais il mar­qua les es­prits. Il vo­la dans des com­pa­gnies du monde en­tier (TWA, BOAC, PanAm, Air France, KLM, Cu­ba­na…) et per­mit de va­li­der le concept de long cour­rier. Sa pro­duc­tion ces­sa à la fin 1946, après un an de com­mer­cia­li­sa­tion, pour lais­ser place aux L-649 et L749, des dé­ri­vés du Cons­tel­la­tion mais conçus ex­clu­si­ve­ment pour le trans­port ci­vil (le L-049 res­tait une adap­ta­tion d’un convoyeur mi­li­taire). Reste que le L-049 a éta­bli plu­sieurs re­cords à son époque : vi­tesse, al­ti­tude, confort… Il dé­tient même encore le re­cord de vi­tesse pour un tri­mo­teur à pis­tons : un exem­plaire avait connu une panne d’un de ses mo­teurs mais avait réus­si à pour­suivre son vol dans de bonnes condi­tions ! C’est donc un pion­nier que nous pro­pose de pi­lo­ter l’équipe d’A2A Si­mu­la­tions, et ce aus­si bien pour des sim­mers dé­bu­tants que pour des aven­tu­riers che­vron­nés.

Pré­sen­ta­tion luxueuse

L’add-on est dis­po­nible sur le site de l’édi­teur au ta­rif de 59,99 US$ (en­vi­ron 55 eu­ros). C’est un ta­rif qui le place aus­si­tôt dans la ca­té­go­rie des pro­duits haut de gamme, mais de notre point de vue c’est to­ta­le­ment jus­ti­fié. Il fonc­tionne sous FS X (et Steam Edi­tion, tes­té ici) et est

dé­cli­né en mo­dèles spé­ci­fiques pour P3D (un pour P3D Aca­de­mic, un autre pour P3D Pro). Après achat on ré­cu­père une archive de 267 Mo qui contient le mo­dule d’ins­tal­la­tion au­to­ma­tique.

Le Cons­tel­la­tion - ou Con­nie pour les in­times - est ac­com­pa­gné de deux mo­dules ex­ternes. Le pre­mier per­met d’in­té­grer dif­fé­rentes con­soles GPS au cock­pit par dé­faut : le mo­dèle stan­dard de FS X/P3D, les ex­ten­sions Rea­li­ty XP, Flight1 ou Mind­star, voire le mo­dule KLN 90B free­ware (le lien de té­lé­char­ge­ment est même four­ni). No­tez que le GPS n’est pas obli­ga­toire dans le cock­pit du L-049, nous y re­vien­drons. Le se­cond mo­dule est dé­dié à l’af­fec­ta­tion de com­mandes par­ti­cu­lières : si les rac­cour­cis tra­di­tion­nels de FS/P3D sont évi­dem­ment fonc­tion­nels, les pos­ses­seurs de ma­té­riels spé­ci­fiques (con­soles de com­mandes, bloc ma­nettes, ex­ten­sions USB…) peuvent ici re­voir et af­fi­ner les cor­res­pon­dances.

L’ex­ten­sion ne se­rait pas com­plète sans son ma­nuel. Et ici, A2A a (une fois de plus) très bien fait les choses. Le fi­chier PDF qui ac­com­pagne le Cons­tel­la­tion est un mo­dèle du genre - du moins pour les an­glo­phones. Il compte 148 pages, et sa pre­mière moi­tié (75 pages) re­fait l’his­to­rique com­plet de l’ap­pa­reil. C’est une mine d’in­for­ma­tions pour tous les pas­sion- nés d’avia­tion an­cienne, ri­che­ment illus­tré et bour­ré d’anec­dotes. On a presque l’im­pres­sion de re­ce­voir un guide du Con­nie en ca­deau bo­nus ! L’autre moi­tié du ma­nuel ex­plique tout ce qu’il faut pour prendre les com­mandes de l’ap­pa­reil vir­tuel : les ins­tru­ments, les pro­cé­dures, le fonc­tion­ne­ment des mo­teurs, le pi­lo­tage… On a droit à un ré­ca­pi­tu­la­tif des check-lists

ré­par­ties entre les trois postes prin­ci­paux du cock­pit, pi­lote, co­pi­lote et mé­ca­ni­cien na­vi­gant. Il est for­te­ment re­com­man­dé d’im­pri­mer ces pages et de les con­ser­ver à por­tée de main pour les vols à ve­nir. La même re­marque s’ap­plique aux dif­fé­rentes tables et abaques pour les ré­glages mo­teurs, les vi­tesses et masses. On ap­pré­cie tou­jours qu’un édi­teur ne se contente pas d’un ap­pa­reil vir­tuel, mais four­nisse toute la do­cu­men­ta­tion pour ne pas « vo­ler idiot » : de notre point de vue, ce­la fait au­tant par­tie du réa­lisme de la si­mu­la­tion que la re­pro­duc­tion 3D ou des per­for­mances de vol.

Au han­gar

Comme bien des pro­duits avan­cés, le L-049 d’A2A pos­sède de nom­breuses par­ti­cu­la­ri­tés qui l’af­fran­chissent des uti­li­sa­tions habituelles d’aé­ro­nefs dans FS X. Même si nous évo­que­rons ces par­ti­cu­la­ri­tés au fur et à me­sure du test, il faut gar­der à l’esprit que l’ap­pa­reil est avant tout pré­vu pour fonc­tion­ner de concert avec les pop-ups de confi­gu­ra­tion qui lui sont propres, et avec des ré­glages de réa­lisme (pannes, mé­lange, mo­dèle de vol) confi­gu­rés se­lon les re­com­man­da­tions du ma­nuel.

On est un peu dé­çu de ne dé­cou­vrir que trois en­trées dans le han­gar : un L-049 en mé­tal na­tu­rel aux cou­leurs de TWA (son pre­mier opé­ra­teur, Howard Hugues avait in­sis­té sur ce point !) ; un autre pour le bri­tan­nique BOAC à la li­vrée bleu, blanc et alu­mi­nium ; en­fin un aus­tère C-69 de l’Ar­my Air Force en vert olive. On es­père que d’autres li­vrées se­ront dis­po­nibles à terme, car ce grand voya­geur mé­rite am­ple­ment de se pa­rer des cou­leurs d’opé­ra­teurs his­to­riques et plus exo­tiques ! Heu­reu­se­ment la qua­li­té des tex­tures ra­chète la dé­cep­tion liée à la quan­ti­té. Le mé­tal est par­fai­te­ment tra­vaillé, loin d’être to­ta­le­ment lisse (du moins pour l’ap­pa­rence) et avec de nom­breuses lignes de ri­ve­tage. Les formes du Con­nie sont im­pec­ca­ble­ment ren­dues, il rap­pelle un cé­ta­cé vo­lant plus qu’un oi­seau, mais avec une grande élé­gance gé­né­rale. On n’est pas encore au ni­veau es­thé­tique de son fu­tur des­cen­dant Su­per Cons­tel­la­tion, mais dé­jà les ca­rac­té­ris­tiques gé­né- tiques de la fa­mille sont bien pré­sentes. Per­ché haut sur son train, il do­mine le tar­mac, lais­sant le so­leil se re­flé­ter sur sa peau d’alu­mi­nium. Il ne manque aucune an­tenne, prise, aucun gui­gnol de com­mande, l’avion vir­tuel est une par- faite re­pro­duc­tion vi­suelle de son au­guste ho­mo­logue des an­nées qua­rante. Les sur­faces et le train sont cor­rec­te­ment ani­més, tout comme l’ou­ver­ture des ra­dia­teurs et prises d’air. Par l’en­tre­mise d’un des pop-ups de contrôle, on peut ou­vrir la porte de ca­bine et celle de la soute, ain­si que les vitres du cock­pit ; on peut éga­le­ment af­fi­cher les échelles d’ac­cès (ce qui pro­voque l’ap­pa­ri­tion d’une hô­tesse sur le pas de porte), ain­si qu’un GPU fonc­tion­nel et in­dis­pen­sable pour le dé­mar­rage.

La qua­li­té gra­phique est éga­le­ment au ren­dez-vous dans le cock­pit vir­tuel avec quatre places mo­dé­li­sées : pi­lote prin­ci­pal, co­pi­lote, na­vi­ga­teur et mé­ca­ni­cien. La planche prin­ci­pale est ty­pique de l’époque de l’ap­pa­reil : ins­tru­men­ta­tion ana­lo­gique et sans fio­ri­ture. Pe­tite conces­sion faite à la mo­der­ni­té, le sim­mer peut ajou­ter sur la console cen­trale un pe­tit sup­port de GPS (en fonc­tion des ré­glages sé­lec­tion­nés dans le mo­dule ci­té plus haut). C’est ana­chro­nique mais ce­la peut ras­su­rer les dé­bu­tants ! Chaque élé­ment pré­sente une li­si­bi­li­té re­mar­quable et s’ac­com­pagne de plus d’in­fo­bulle qui ren­seigne sur l’in­ti­tu­lé de l’ins­tru­ment, sa po­si­tion ou la va­leur af­fi­chée. Même en an­glais c’est ap­pré­ciable et l’in­té­rieur est très ra­pi­de­ment ap­pri­voi­sé. Du moins pour les deux places avant !

Na­vi­ga­tion…

Pour les longs tra­jets, le tra­vail de gui­dage re­ve­nait à un poste de na­vi­ga­teur ; le sim­mer so­li­taire

de­vra-t-il sans cesse sau­ter à ce siège à l’ar­rière du cock­pit ? Heu­reu­se­ment non. Si on ne sou­haite pas ex­ploi­ter le GPS et res­ter dans le cadre his­to­rique, on dis­pose de mo­dules propres. Outre l’ADF et le VOR sur la planche prin­ci­pale, l’équi­page pro­fite d’une fonc­tion na­vi­ga­tion (dé­jà pré­sente dans le 377 de l’édi­teur). Il s’ouvre en pop-up sur une carte zoo­mable, com­pre­nant les ba­lises et aé­ro­ports, af­fi­chant la route pré­vue (si pro­gram­mée dans l’or­ga­ni­sa­teur de FS) et per­met­tant à tout mo­ment de savoir où on est t où on va. Triche ? Non, c’est juste un équi­valent vir­tuel d’un na­vi­ga­teur en chair et en os qui in­di­que­rait à tout mo­ment les co­or­don­nées de l’ap­pa­reil à l’équi­page.

… et mé­ca­nique.

Reste que le gros mor­ceau de ce Cons­tel­la­tion est son poste de mé­ca­ni­cien na­vi­gant, as­sis lui aus­si à l’ar­rière face à une im­po­sante console. A ce poste re­vient la charge du contrôle des mo­teurs : si les deux pi­lotes gèrent la puis­sance (et éven­tuel­le­ment le pas d’hé­lice), le reste est sous la res­pon­sa­bi­li­té du mé­ca­ni­cien. Ce qui veut dire le ré­glage du mé­lange, l’ac­ti­va­tion des tur­bo­com­pres­seurs, la ges­tion du car­bu­rant et de l’huile, l’ac­ti­va­tion des cir­cuits élec­triques, le chauf­fage et la pres­su­ri­sa­tion… Con­for­mé­ment à la po­li­tique « ac­cu-sim » de l’édi­teur, dans cette ex­ten­sion chaque élé­ment mé­ca­nique a sa vie propre. Concrè­te­ment, aucun mo­teur ne tour­ne­ra à la même vi­tesse que les autres, chaque ra­dia­teur d’huile au­ra ses pro­prié­tés, cer­tains tur­bos peuvent fa­ti­guer plus vite que d’autres. En vol, un pop-up si­gnale à l’en­vi les pro­blèmes ren­con­trés (tel mo­teur sur­chauffe, tel cir­cuit d’huile est trop froid…) et en vol des mes­sages vo­caux (en an­glais mal­heu­reu­se­ment, pas tou­jours com­pré- hen­sibles par votre ser­vi­teur) aver­tissent d’une si­tua­tion préoccupante. Mais que les dé­bu­tants ne pa­niquent pas. Con­trai­re­ment à ce qui se pas­sait dans le 377 Stra­to­crui­ser, on peut ici dé­lé­guer la charge de tra­vail du mé­ca­ni­cien na­vi­gant à un as­sis­tant vir­tuel, soit en to­ta­li­té, soit pour la ges­tion des com­pres­seurs ou de la pres­su­ri­sa­tion. Le Cons­tel­la­tion reste ain­si à la por­tée d’un dé­bu­tant cu­rieux et mo­ti­vé, tout en s’adres­sant aus­si aux plus vé­té­rans des ama­teurs de belles mé­ca­niques. Après chaque vol, il est pos­sible de consul­ter un dos­sier tech­nique de l’état de l’ap­pa­reil et de ré­pa­rer les or­ganes ayant souf­fert. Ce n’est pas aus­si éla­bo­ré que pour le Co­manche du même édi­teur, mais on a affaire ici à un gros-por­teur bien plus com­plexe !

Le char­ge­ment de l’avion s’ef­fec­tue non pas à l’aide du ges­tion­naire de FS, mais par un pop-up dé­dié. Nombre de pas­sa­gers (pré­ré­glé ou en choi­sis­sant soi-même les sièges oc­cu­pés), quan­ti­té de fret, rem­plis­sage des ré­ser­voirs, tout y est pris en compte, même le re­nou­vel­le­ment de l’huile ou du li­quide des ex­tinc­teurs. Lorsque l’on sé­lec­tionne un nombre de pas­sa­gers, on peut op­ter pour l’op­tion d’em­bar­que­ment réa­liste : une voix d’hô­tesse se fait alors en­tendre, sou­hai­tant la bien­ve­nue aux voya­geurs, alors même que les sièges sont pro­gres­si­ve­ment oc­cu­pés. Ce­la dure le temps d’un em­bar­que­ment de vrais pas­sa­gers et s’ac­com­pagne d’une am­biance so­nore évo­quant cette phase de la pré­pa­ra-

tion. Et après l’at­ter­ris­sage et l’ar­rêt au par­king, on peut pro­cé­der au dé­bar­que­ment de la même ma­nière.

Am­biance his­to­rique

C’est l’un des as­pects les plus mar­quants de cet ap­pa­reil : les au­teurs ont vrai­ment in­sis­té pour que le sim­mer se sente aux com­mandes d’un ap­pa­reil des an­nées qua­rante, et pas seule­ment d’une ex­ten­sion pour si­mu­la­teur grand pu­blic. Par exemple les mes­sages vo­caux se suivent sans se res­sem­bler dans le cock­pit : annonces du mé­ca­ni­cien ou du co­pi­lote (V1, ro­ta­tion, train ren­tré…), vi­site du per­son­nel de ca­bine (l’hô­tesse vient pro­po­ser un ca­fé après le dé­col­lage), les po­pups in­diquent si les voya­geurs ont trop chaud, trop froid, voire font hon­neur au re­pas ser­vi à bord.

Le pi­lo­tage du Cons­tel­la­tion n’ap­pelle pas de re­marque par­ti­cu­lière : il est lourd mais dé­pour­vu de vice ma­jeur, il dé­colle presque à plat dès que Vr est atteinte, il af­fiche une ten­dance na­tu­relle à grim­per mais obéit do­ci­le­ment à son équi­page. En croi­sière, son pi­lote au­to­ma­tique ru­di­men­taire (époque oblige !) per­met es­sen­tiel­le­ment de con­ser­ver une al­ti­tude et un cap, à condi­tion d’avoir préa­la­ble­ment cor­ri­gé au trim les dé­rives po­ten­tielles. Néan­moins, tou­jours à l’adresse des dé­bu­tants, A2A a conser­vé la pos­si­bi­li­té d’ex­ploi­ter un pi­lote au­to plus conven­tion­nel hé­ri­té de FS, avec conser­va­tion d’al­ti­tude et/ou de vi­tesse ver­ti­cale. C’est un peu tri­cher (on y re­vient) avec la réa­li­té, mais si ce­la per­met à des néo­phytes de faire leurs pre­miers vols au long cours sans risque, c’est une bonne ini­tia­tive ! Il faut bien com­prendre que le L049 est avant tout un avion pour pi­lotes his­to­riques, pas pour les ama­teurs d’au­to­ma­tismes et d’élec­tro­nique em­bar­quée ; à trop se re­po­ser sur ces aides mo­dernes, on per­drait ce qui fait jus­te­ment le sel de ce type d’ex­ten­sion. Au­tant vo­ler sur l’A321 stan­dard de FS dans ce cas !

L’am­biance à bord reste le prin­ci­pal at­trait de ce mo­dèle. Ain­si les mauvaises ac­tions - ma­noeuvres trop brusques, ré­glages er­ro­nés de tem­pé­ra­ture ou de pres­su­ri­sa­tion, at­ter­ris­sages trop « vi­rils » - sont sanc­tion­nées par des gron­de­ments ve­nus de la ca­bine pas­sa­gers : cris d’en­fants effrayés, in­di­gna­tion des voya­geurs, ce­la concourt bien plus à l’am­biance à bord qu’un mes­sage d’alerte sur un EICAS. Pour al­ler plus loin, A2A a in­té­gré un mo­dule de ges­tion de car­rière de pi­lote. Il est op­tion­nel mais très amu­sant, il ajoute une dose de jeu de rôle à la si­mu­la­tion. S’il est ac­ti­vé, cet ou­til consigne le temps de vol et les mo­ments mar­quants, y com­pris les plaintes des pas­sa­gers au­près de la com­pa­gnie.

Ce der­nier mo­dule cor­res­pond à la dé­no­mi­na­tion choi­sie par A2A pour son der­nier-né : on n’est pas ici un simple sim­mer qui en­chaîne les vols sans lo­gique, on est bel et bien le « ca­pi­taine du vais­seau » ayant la res­pon­sa­bi­li­té à la fois d’une mé­ca­nique com­plexe, d’un équi­page co­opé­ra­tif et sur­tout d’une car­gai­son de pas­sa­gers qui ne lais­se­ront rien pas­ser. Bien plus que le 377 Stra­to­crui­ser du même édi­teur ou que les autres re­pro­duc­tions vir­tuelles de la fa­mille Cons­tel­la­tion, ce pion­nier L-049 réus­sit la dé­li­cate al­chi­mie de la réus­site gra­phique, du com­por­te­ment en vol convain­cant, du fonc­tion­ne­ment mé­ca­nique pré­cis et de l’am­biance à bord d’un li­ner de l’im­mé­diate après-guerre. De notre point de vue c’est une réus­site, et il est en­tré de­puis nos tests dans le han­gar des meilleures ex­ten­sions pour FS X.

En at­tente des pas­sa­gers.

Le pan­neau de char­ge­ment de l’ap­pa­reil, avec une op­tion de temps réel. Le poste du na­vi­ga­teur avec en pop-up la planche de la carte de gui­dage.

Le Cons­tel­la­tion de la BOAC au dé­part pour un Londres-Le Caire d’une traite.

Ci-contre : Dé­mar­rage avec un GPU : le pop-up des contrôles est ré­glé en mode mé­ca­ni­cien vir­tuel. En bas (à gauche) : Dé­tails du train. En bas (à droite) : Tex­tures im­pec­cables même en gros plan. Le cock­pit de­puis le siège du co­pi­lote : les vitres sont gi­vrées, c’est nor­mal !

Le C-69, pré­dé­ces­seur mi­li­taire du L-049.

Le poste du mé­ca­ni­cien na­vi­gant : • console su­pé­rieure ; • pan­neau prin­ci­pal ; • bloc de chauf­fage/pres­su­ri­sa­tion.

En croi­sière à 24 000 ft.

Le cock­pit avec le GPS op­tion­nel ins­tal­lé.

Le carnet de vol du ca­pi­taine : pour notre pre­mier es­sai, l’at­ter­ris­sage fut un peu « vi­ril » et les pas­sa­gers s’en sont plaints !

Les ef­fets lu­mi­neux sont très réus­sis.

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