Pi­sa X

Tour pen­chée mais ap­proche bien droite

Micro Simulateur - - EXTENSION - par Vé­ro­nique Rey­nier

Connue pour sa cé­lèbre tour pen­chée, la ville de Pise est loin d’avoir l’im­por­tance de sa voi­sine Florence, mais son aé­ro­port in­ter­na­tio­nal ac­cueille la plu­part des tou­ristes qui re­joignent ensuite cette des­ti­na­tion. Li­mi­té dans son ex­pan­sion et son ac­cès par le re­lief, l’aé­ro­port de Florence est moins ac­ces­sible que ce­lui de Pise, proche de la mer et do­té dès son ori­gine d’un fon­cier im­por­tant. L’ aé­ro­port Ga­li­leo Ga­li­lei de Pise (LIRP) est à l’ori­gine un ter­rain mi­li­taire ; il reste encore au­jourd’hui par­tiel­le­ment dé­dié à cette fonc­tion. Dixième aé­ro­port d’Ita­lie en 2014, il avait été créé comme « champ d’avia­tion » en 1911. Une école d’avia­tion mi­li­taire y a été im­plan­tée dès 1914. Dans les an­nées trente, il fit l’ob­jet de travaux d’agran­dis­se­ment im­por­tants pour ac­cueillir le 46e Stor­mo. Comme tous les ter­rains mi­li­taires im­por­tants de la Se­conde Guerre mon­diale, il a su­bi de lourds bom­bar­de­ments, mais y sur­vé­cut et vit re­ve­nir son es­ca­drille dès la fin du conflit. Ses pistes ac­tuelles furent construites dans les an­nées cin­quante pour per­mettre aux transports mi­li­taires, ba­sés sur des Fair­child C-119, de s’y im­plan­ter. Le 46e Stor­mo de­vint alors la 46e bri­gade de trans­port aé­rien.

Les an­nées cin­quante virent aus­si dé­bu­ter les vols com­mer­ciaux, aucun ter­rain ci­vil n’étant encore dis­po­nible. L’ou­ver­ture to­tale à l’avia­tion ci­vile s’ef­fec­tua dans les an­nées soixante-dix. L’aé­ro­port prit alors le nom du na­tif le plus cé­lèbre de la ville, Ga­li­lée. La ca­pa­ci­té im­por­tante des pistes et une mé­téo souvent fa­vo­rable at­tirent de nom­breuses com­pa­gnies aé­riennes. Florence étant proche mais plus dé­li­cate d’ac­cès du fait du re­lief, des liai­sons pour les nom­breux tou­ristes re­lient ra­pi­de­ment les deux villes, Pise de­ve­nant l’aé­ro­port de pré­di­lec­tion pour la ca­pi­tale tos­cane et le de­meu­rant mal­gré l’ou­ver­ture de Pe­re­to­la dans les an­nées quatre-vingt. Les com­pa­gnies low cost lui donnent une nouvelle vi­gueur dans les an­nées quatre-vingt-dix, RyanAir y a du reste si­tué sa base ita­lienne.

Un prix rai­son­nable

Pi­sa X est pro­po­sé par Ae­ro­soft à un ta­rif rai­son­nable, au­tour de 18 eu­ros. L’add-on pèse plus de 800 Mo au té­lé­char­ge­ment et mo­dé­lise l’aé­ro­port ain­si que ses en­vi­rons, ville his­to­rique in­cluse. Celle-ci se trouve en ef­fet en bout de piste ou presque, tan­dis que l’ap­proche face à l’est passe au­des­sus du port. L’ins­tal­la­tion au­to­ma­tique pré­voit trois scé­na­rios : FS X, FS X Steam et P3D, mais seule­ment en ver­sion 3. Il uti­lise la fonc­tion « ava­tar », qui per­met de se pro­me­ner à pied dans le dé­cor, de la der­nière ver­sion du si­mu­la­teur de Lock­heed Mar­tin, mais ce n’est pas une rai­son pour faire l’impasse sur les nom­breux uti­li­sa­teurs qui ont choi­si de res­ter en ver­sion 2.xx. La scène a été tes­tée avec FS X stan­dard.

Lors de l’ins­tal­la­tion et ensuite à tout mo­ment (de­puis le dos­sier

Pi­sa X sur ré­per­toire Ae­ro­soft dans votre dos­sier de si­mu­la­teur), un pe­tit ou­til de confi­gu­ra­tion per­met de pa­ra­mé­trer la scène. At­ten­tion FS/P3D ne doit pas être ou­vert. Vous pou­vez choi­sir la ré­so­lu­tion des tex­tures – 2 048 ou 1 024 – le nombre d’avions sta­tiques af­fi­chés et l’ac­ti­va­tion ou non des ombres. Cette der­nière op­tion doit être sur « mas­quer » dans P3D 3.0 qui a ses propres mé­ca­nismes en la ma­tière. Les ré­glages maxi­maux sont par­faits pour vi­si­ter la ré­gion en VFR, pas­ser en plus basse ré­so­lu­tion peut fa­ci­li­ter l’ar­ri­vée avec un li­ner gour­mand.

Des ap­proches as­sez simples

La proxi­mi­té de LIRP avec la mer laisse au­gu­rer des ar­ri­vées et des dé­parts plu­tôt fa­ciles, mais le re­lief n’est pas loin mal­gré tout. Ae­ro­soft met­tant dans sa do­cu­men­ta­tion le dos­sier de cartes com­plet, soit 28 pages, on peut en ju­ger ra­pide- ment : quelques sur­prises sont au pro­gramme, no­tam­ment une pro­cé­dure basse vi­si­bi­li­té pour les por­tées vi­suelles de piste in­fé­rieures à 500 m et les pla­fonds in­fé­rieurs à 200 ft, qui in­ter­dit d’avoir plus d’un ap­pa­reil dans la zone de ma­noeuvres, pas très pra­tique pour un aé­ro­port qui re­çoit tout de même pas mal de tra­fic.

Pour ne pas as­sour­dir les tou­ristes, les ar­ri­vées se font pré­fé­ren­tiel­le­ment sur la 04 et les dé­parts sur la 22. FS/P3D ne sa­chant pas gé­rer ce type de pré­fé­rences, pen­sez à bien choi­sir votre piste. Le dou­blet pro­pose une 04L/22R de 2 736 mètres de long et une 04R/22L de 2 992 mètres, toutes deux de 45 mètres de large, ce qui est confortable pour la plu­part des li­ners. Les ma­noeuvres une fois la piste dé­ga­gée ou pour y par­ve­nir sont en re­vanche plu­tôt li­mi­tées, les rares taxi­ways se si­tuant entre les ter­mi­naux ci­vils et le seuil 22. La zone mi­li­taire, qui oc­cupe une grande par­tie de l’es­pace dis­po­nible, a ses propres ac­cès, qui n’aident en rien à la cir­cu­la­tion. Les jours où le vent n’est pas fa­vo­rable, il faut pré­voir de re­mon­ter la piste.

Les places de sta­tion­ne­ment sont as­sez ser­rées, avec quelques pas­se­relles té­les­co­piques non opé-

ra­tion­nelles dans l’add-on. SIDs et STARs sont simples et en mode RNAV ou tra­di­tion­nel. La piste 04 dis­pose d’un ILS de CAT II seule­ment. Mais l’épais brouillard des aé­ro­ports de Mi­lan n’est pas vrai­ment un sou­ci à Pise. Une ap­proche VOR-DME est aus­si dis­po­nible pour cette piste pré­fé­ren­tielle à l’ar­ri­vée, au point que les cartes pour une ap­proche en 22 ne sont pas dis­po­nibles, du moins dans le dos­sier qui ac­com­pagne d’add-on.

Un en­semble ho­mo­gène

La scène d’Ae­ro­soft ne se contente pas de mo­dé­li­ser l’aé­ro­port, mais fait aus­si une pe­tite place à la ville de Pise comme au port de Ma­ri­na di Pi­sa. At­ten­tion, il ne s’agit pas d’une scène dé­taillée de ces en­vi­rons in­dis­pen­sables au réa­lisme des ap­proches comme des vols à vue, mais d’une amé­lio­ra­tion de ce qui est pro­po­sé par dé­faut. Les bâ­ti­ments per­son­na­li­sés sont la tour pen­chée (in­dis­pen­sable !), le duo­mo qui la jouxte et le stade de foot­ball en face. L’au­to­gen est consti­tué d’ob­jets 3D propres à la scène et mieux adap­tés au pay­sage. Les tex­tures sol sont pho­to­réa­listes et cor­res­pondent au prin­temps pour les tex­tures de FS X gé­né­riques. À d’autres sai­sons, l’in­té­gra­tion avec le dé­cor par dé­faut est moins bonne.

Ce n’est pas de la faute de la scène, il a souvent été sou­li­gné concer­nant l’Ita­lie que les dé­ve­lop­peurs de FS avaient choi­si des tex­tures très jaunes plus proches du dé­sert que des plaines fer­tiles de la côte tos­cane. On peut tou­te­fois re­gret­ter que les re­liefs du nord et de l’est, qui se voient bien de par­tout, n’aient pas été re­tex­tu­rées même dans une ré­so­lu­tion moyenne, l’ef­fet « guir­lande » des routes nui­sant à la qua­li­té vi­suelle glo­bale. Reste que l’amé­lio­ra­tion est im­pres­sion­nante, le dé­cor par dé­faut de FS/P3D étant par­mi les plus pauvres de la base de pay­sages, avec juste des pistes sur sable et un au­to­gen pay­sage/mai­sons in­adap­té.

Un aé­ro­port bien dé­taillé

Bien que l e mi­li­taire mette sa marque sur une grande par­tie de l’aé­ro­port, ce qui n’est ja­mais flat­teur à l’oeil avec des han­gars stan­dar­di­sés aux cou­leurs peu seyantes, la par­tie ci­vile est une belle réus­site avec quelques élé­ments vrai­ment ori­gi­naux. Très grou­pée vers le seuil 22, la zone ci­vile pro­pose des ter­mi­naux fret et pas­sa­ger d’une taille com­pa­rable à ceux de Bor­deaux, avec une belle dé­co­ra­tion vé­gé­tale pour l’ar­ri­vée des pas­sa­gers cô­té par­king rou­tier. Le par­king aé­rien vaut aus­si le dé­tour.

Tous les bâ­ti­ments sont res­ti­tués en dé­tail et cor­res­pondent à leurs mo­dèles réels. La 3D est soi­gnée, même sur des pas­se­relles té­les­co­piques qu’on au­rait sou­hai­tées opé­ra­tion­nelles. Plu­sieurs ob­jets sta­tiques, voi­tures comme avions et « ac­ces­soires » de piste mettent de la vie sur l’aé­ro­port qui, en l’ab­sence d’un lo­gi­ciel gé­rant le tra­fic IA, est tout à fait vide.

Les tex­tures sont dans l’en­semble de bonne fac­ture. Au sol, elles mé­langent pho­to­réa­lisme et tex­tures de pistes et de voies de cir­cu­la­tion plus clas­siques, de ma­nière har­mo­nieuse. Sur les bâ­ti­ments, les plus réus­sies mettent en va­leur l’ori­gi­na­li­té du site, no­tam­ment la dé­co­ra­tion du ter­mi­nal pas­sa­ger cô­té route. Seules les sur­faces vi­trées manquent un peu de réa­lisme, phé­no­mène encore plus mar­quant la nuit où bien d’autres scènes ri­va­lisent de créa­ti­vi­té alors que celle-ci ne pro­pose que de vagues car­rés ou rec­tangles clairs. Il faut tou­te­fois re­con­naître que l’éclai­rage de nuit lui-même est d’une grande qua­li­té. Le ha­lo des lam­pa­daires est proche de la per- fec­tion, le do­sage des éclai­rages de piste ex­trê­me­ment agréable à l’oeil et donc très fa­vo­rable au pi­lo­tage.

Pour la vé­gé­ta­tion, les créa­teurs ont choi­si un mo­dèle « hy­bride » entre herbe vo­lu­mé­trique et tex­tures clas­siques, qui a l’avan­tage de consom­mer moins de res­sources mais n’est pas tou­jours seyant se­lon l’en­droit d’où on la re­garde. Le bord de l‘herbe près des voies de cir­cu­la­tion et de la piste est or­né d’une ligne 3D qui lui donne un peu de re­lief. Les arbres sont per­son­na­li­sés et cor­res­pon- dent bien à la vé­gé­ta­tion tos­cane.

Sans être ex­cep­tion­nel – mais c’est une scène à prix mo­dé­ré – l’en­semble est de bonne qua­li­té et per­met d’ajou­ter Pise à ses des­ti­na­tions en ne crai­gnant pas les blo­cages mé­moire souvent ren­con­trés avec les der­niers li­ners pour FS/P3D. Mais il existe dé­jà, de­puis 2009, une scène pho­to­réa­liste plus large et in­cluant une ver­sion de Pise in­té­res­sante, dis­po­nible en free­ware sur OZx (cf. Mi­crosim 191). Cette der­nière n’est pas compatible avec P3D3 et peut-être pas avec FS X Steam, à la dif­fé­rence de celle d’Ae­ro­soft, mais mé­rite tou­jours l’at­ten­tion de ceux qui veulent vi­si­ter la Tos­cane.

La zone mi­li­taire abrite aus­si un en­tre­pôt Ikea.

Les bâ­ti­ments de l’aé­ro­port sont re­pro­duits fi­dè­le­ment. Men­tion spé­ciale à l’en­vi­ron­ne­ment lu­mi­neux très réus­si… Vue glo­bale de la scène. C’est au prin­temps que les tex­tures par dé­faut et per­son­na­li­sées s’har­mo­nisent le mieux.

Soi­rée de match au stade de Pise.

En vent ar­rière, sans la scène (haut) et avec la scène (bas) ; l’amé­lio­ra­tion est fla­grante.

La vue de la tour met en va­leur les ob­jets sta­tiques.

Vue sur les par­kings cô­té aé­ro­port et cô­té route. Ar­ri­vée au cré­pus­cule. La belle fa­çade du ter­mi­nal pas­sa­gers cô­té route. Les tex­tures de nuit des sur­faces vi­trées ne sont pas à la hau­teur de la qua­li­té de l’éclai­rage.

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