AJS-37Vig­gen

Ton­nerre sué­dois !

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par Em­ma­nuel Blan­chard

Le si­mu­la­teur DCS World n’au­ra de cesse de nous éton­ner par les do­maines cou­verts. On y vo­lait dé­jà sur des in­ter­cep­teurs mo­dernes tels les F-15C, Su-27, Mi­rage 2000, des avions d’ap­pui rap­pro­ché (A10A/C, Su-25/25T), des hé­li­co­ptères de com­bat et de trans­port, des avions d’en­traî­ne­ment, des ap­pa­reils his­to­riques… Il man­quait jus­qu’alors à l’ar­se­nal un ap­pa­reil vrai­ment conçu pour l’at­taque au sol et le bom­bar­de­ment lé­ger, mis­sions que ne pou­vaient ac­com­plir qu’en par­tie les ap­pa­reils dé­jà exis­tants. On au­rait pu s’at­tendre à un Ja­guar In­ter­na­tio­nal fran­co-bri­tan- nique, un Su-17 ou MiG-27 so­vié­tique, mais la sur­prise est ve­nue de Scan­di­na­vie. C’est l‘équipe de Lea­ther­neck Si­mu­la­tions, à qui on de­vait dé­jà un MiG-21 par­ti­cu­liè­re­ment réus­si, qui a li­vré en fé­vrier der­nier sa vi­sion du SAAB AJS-37, le « ca­nard sué­dois » à la sil­houette im­mé­dia­te­ment re­con­nais­sable. Di­sons-le d’em­blée, la réa­li­sa­tion est im­pres­sion­nante (même si l’ap­pa­reil est en­core en phase de dé­ve­lop­pe­ment/ ear­ly ac­cess), l’équipement em­bar­qué est ori­gi­nal et rompt avec les autres avions mi­li­taires mo­dernes, et sur­tout le Vig­gen vient com­bler un manque dans la liste des opé­ra­tions à me­ner dans DCS World. LA contre­par­tie est qu’un tel ap­pa­reil ne s’adresse pas à tous les pu­blics !

His­to­rique

Pour com­prendre le Vig­gen, il faut com­prendre la Suède. Fière de sa neu­tra­li­té mais coin­cée pen­dant des dé­cen­nies entre l’Otan et le Pacte de Var­so­vie, la na­tion scan­di­nave a tou­jours vou­lu conser­ver

son in­dé­pen­dance, y com­pris mi­li­taire. Dès la fin des an­nées cin­quante s’est fait sen­tir le be­soin de trou­ver un fu­tur rem­pla­çant aux SAAB Dra­ken. Le pro­jet Vig­gen fut ini­tié en fé­vrier 1961, sous l’ap­pel­la­tion Flyg­plan (avion) 37, tou­jours sous la res­pon­sa­bi­li­té du construc­teur na­tio­nal Svens­ka Ae­ro­plan Ak­tie­bo­lag (SAAB). Le bu­reau d’étude fut confron­té à un ca­hier des charges jus­qu’alors in­édit, spé­ci­fique aux be­soins na­tio­naux. Tout d’abord l’ap­pa­reil d’at­taque au sol et de lutte an­ti­na­vire de­vait pou­voir opé­rer de­puis des por­tions de route ou des aé­ro­dromes som­maires, de ma­nière à échap­per aux frappes an­ti­pistes d’un po­ten­tiel agres­seur. En­suite la main­te­nance de­vait être sim­pli­fiée au maxi­mum pour cor­res­pondre aux ca­pa­ci­tés d’une ar­mée consti­tuée de 80 % d’ap­pe­lés et de ré­ser­vistes. En­fin l’avion était conçu pour opé­rer par tous les temps dans un cli­mat rude, et donc équi­pé des der­nières évo­lu­tions tech­no­lo­giques… Pour tout autre construc­teur, ces trois axes de re­cherche au­raient don­né nais­sance à trois avions dif­fé­rents, mais SAAB réus­sit l’ex­ploit de les in­té­grer dans le nouvel ap­pa­reil. L’AJ37 Vig­gen fit son pre­mier vol en 1967 et en­tra en ser­vice en 1971, pour suivre une car­rière de 36 ans dans la Flyg­va­pen, au­près de son pe­tit frère JA-37 (une dé­cli­nai­son spé­cia­li­sée dans l’in­ter­cep­tion et le com­bat aé­rien, ex­té­rieu­re­ment très proche mais aux équi­pe­ments et ar­me­ments ra­di­ca­le­ment dif­fé­rents). Dans les an­nées qua­tre­vingt-dix, les AJ su­birent un pro­gramme de mo­der­ni­sa­tion qui don­na nais­sance à la ver­sion AJS37 pré­sen­tée ici.

Le Vig­gen a été consi­dé­ré du­rant toute sa car­rière comme l’un des meilleurs ap­pa­reils de sa ca­té­go­rie. Rem­plis­sant par­fai­te­ment ses rôles, il n’a pour­tant pas connu de suc­cès à l’ex­por­ta­tion, contrai­re­ment à ses prin­ci­paux ri­vaux dans le même do­maine, le SEPECAT Ja­guar et le MiG-27. Ce­la s’ex­plique d’abord par les ac­cords liés avec le mo­to­riste Pratt & Whit­ney qui était à l’ori­gine du ré­ac­teur uti­li­sé comme base de tra­vail. Le JT8D qui équi­pait les DC-9 ou les B727 avait été amé­lio­ré par Vol­vo qui ajou­ta (entre autres) un ca­nal de post­com­bus­tion, mais il res­tait

sou­mis aux dé­ci­sions amé­ri­caines pour l’ex­port. L’autre rai­son, moins évi­dente, est que le Vig­gen était avant tout conçu pour la Suède : sa faible au­to­no­mie y était contre­ba­lan­cée par son ap­ti­tude à opé­rer de­puis des ter­rains dis­per­sés, chose que peu de forces aériennes dans le monde re­cherchent.

Li­vrai­son

Le Vig­gen est donc dis­po­nible dans DCS World 1.5.6 de­puis fé­vrier, et dans DCS World 2.0 de­puis dé­but mars ; nous avons pré­fé­ré la pre­mière ver­sion pour nos tests, d’une part parce que la mou­ture 2.0 semble gé­né­rer en­core beau­coup de bugs (im­pres­sion confir­mée par les échanges sur le fo­rum DCS et par nos tests) ; en­suite parce que dans le Cau­case, cet ap­pa­reil nor­dique nous pa­rais­sait plus dans son élé­ment qu’au-des­sus des éten­dues dé­ser­tiques du Ne­va­da ! Der­nier dé­tail, l’ex­ten­sion est pro­po­sée au ta­rif de 59,99 US$, un ta­rif éle­vé mais par­fai­te­ment en rap­port avec la qua­li­té du pro­duit.

Le ma­nuel com­porte 377 pages en an­glais, il lui manque en­core de très nom­breuses illus­tra­tions et les an­nexes pro­mises dans le som­maire. Par ailleurs, dans DCS 2.0 on pro­fite d’une fiche ré­ca­pi­tu­la­tive des ar­me­ments avec l’es­sen­tiel des pro­cé­dures de mise en oeuvre, un do­cu­ment presque in­dis­pen­sable pour le Vig­gen. Pen­sez à im­pri­mer cette fiche, voire les pages les plus im­por­tantes de la do­cu­men­ta­tion. Dans DCS 1.5, on pro­fite de mis­sions d’en­traî­ne­ment ba­siques (dé­mar­rage, dé­col­lage, at­ter­ris­sage, na­vi­ga­tion, uti­li­sa­tion de quelques ar­me­ments). L’avion par dé­faut est four­ni avec deux li­vrées : un gris mé­tal stan­dard et sur­tout le sché­ma « puzzle » en quatre cou­leurs qui donne des cau­che­mars à tous les mo­dé­listes… Dans la réa­li­té c’est cette dé­co­ra­tion qui était em­ployée sur les Vig­gen opé­ra­tion­nels, on ne s’étonne donc pas du manque de cou­leurs sur cet ap­pa­reil. Af­fi­ché en gros plan, le double del­ta scan­di­nave ré­vèle ses formes ca­rac­té­ris­tiques, son fu­se­lage tra­pu, aux stan­dards de qua­li­té de DCS. Mais le plus im­por­tant pour cet avion n’est pas l’ex­té­rieur, c’est plu­tôt ce qu’il cache de­dans…

Rus­tique mo­derne !

Conçu dans les an­nées soixante - et mo­der­ni­sé dans les an­nées quatre-vingt-dix - le Vig­gen est un étrange mé­lange de haute tech­no­lo­gie et de vieilles ha­bi­tudes. Le cock­pit vir­tuel, lé­gen­dé en sué­dois par dé­faut, fait co­ha­bi­ter de nom­breux ca­drans ana­lo­giques (en sys­tème mé­trique, at­ten­tion aux conver­sions !) au­tour d’un écran ra­dar, le tout sur­mon­té d’un HUD spé­ci­fique. Toutes les com­mandes

sont ac­ti­vables à la sou­ris, mais cer­taines ne sont pas ai­sé­ment ac­ces­sibles, ni fa­ci­le­ment li­sibles. Le poste de pi­lo­tage semble pensé avant tout pour les adeptes du Tra­ckIR ou des casques de réa­li­té vir­tuelle, il faut sans cesse se contor­sion­ner pour vé­ri­fier les ins­crip­tions sur les bou­tons, pous­soirs et autres contac­teurs ro­ta­tifs. Pen­sez à re­le­ver le HUD et éven- tuel­le­ment mo­di­fier la hau­teur du siège par dé­faut.

Le Vig­gen est or­ga­ni­sé au­tour de deux équi­pe­ments prin­ci­paux, son ra­dar PS-37 si­gné Erics­son et son or­di­na­teur de bord CK37. Le pre­mier fonc­tionne en mode es­sen­tiel­le­ment air-sol mais dis­pose de ca­pa­ci­tés li­mi­tées air-air. Il sert à re­pé­rer les cibles au sol (mais sans les ver­rouiller), à dé­tec­ter le re­lief et la to­po­gra­phie en avant de l’ap­pa­reil, et af­fiche les don­nées de na­vi­ga­tion prin­ci­pales. Son pour­tour est agré­men­té à la fois d’un com­pas ro­ta­tif et de bandes lu­mi­neuses, ces der­nières fai­sant of­fice de RWR pour si­gna­ler la di­rec­tion et l’in­ten­si­té des si­gnaux ra­dar dé­tec­tés.

Le CK37 quant à lui mé­ri­te­rait un ou­vrage en­tier. Il sert à la fois à la na­vi­ga­tion, à la ges­tion des sys­tèmes de l’ap­pa­reil, à la dé­si­gna­tion de cibles… Il se règle à l’aide d’une in­ter­face d’en­trée de don­nées, d’une flo­pée de bou­tons et de plu­sieurs contac­teurs ro­ta­tifs. Le CK37 a be­soin de nombre de don­nées : la­ti­tude et lon­gi­tude des points de dé­part et de pas­sage, codes spé­ci­fiques à chaque ar­me­ment et chaque si­tua­tion… Bien trop de pos­si­bi­li­tés et de ma­ni­pu­la­tions pour être toutes dé­crites ici ! Heu­reu­se­ment un plan de vol réa­li­sé dans l’éditeur est au­to­ma­ti­que­ment im­por­té dans la mé­moire de l’ap­pa­reil. Mais il fau­dra tout de même confi­gu­rer les points cor­res­pon­dants aux phases d’at­taque ou bas­cu­ler les modes de ges­tion des armes. Et puis­qu’on évoque les armes…

Ar­me­ments spé­ci­fiques

Bien plus que toute autre ex­ten­sion pré­cé­dem­ment pu­bliée pour DCS World, le Vig­gen est li­vré avec un ar­se­nal im­pres­sion­nant, par­ti­cu­liè­re­ment orien­té at­taque au sol. Du fait que ces mu­ni­tions sont nou­velles, elles mé­ritent beau­coup d’en­traî­ne­ment pour être cor­rec­te­ment maî­tri­sée, d’au­tant plus que les mis­sions d’en­traî­ne­ment four­nies avec le Vig­gen ne couvrent

qu’une très pe­tite par­tie de tout ce que l’avion sué­dois peut em­por­ter au com­bat. L’ap­pa­reil dis­pose de sept py­lônes d’em­port : deux sous chaque aile, un cen­tral (ré­ser­vé au bi­don de car­bu­rant, op­tion­nel en théo­rie mais pra­ti­que­ment in­dis­pen­sable vu la consom­ma­tion de l’avion). Pas­sons en re­vue ce que le Vig­gen em­porte au com­bat :

● Rb04 : c’est un mis­sile an­ti­na­vire de grandes di­men­sions. Il pos­sède son propre ra­dar ac­tif et se ver­rouille au­to­ma­ti­que­ment sur la cible la plus évi­dente, dans l’axe prin­ci­pal du ra­dar lors du tir. La por­tée maxi­male de 32 km et sa ca­pa­ci­té à vo­ler au ras des vagues en font une mu­ni­tion re­dou­table pour at­ta­quer un na­vire iso­lé ; dom­mage qu’il n’y ait pas de ver­rouillage sur le ra­dar pour dis­so­cier les ob­jec­tifs.

● Rb05a : on ne dis­po­sait pas en­core de mis­siles de ce genre dans DCS World. Le Rb05a est de la pre­mière gé­né­ra­tion des mis­siles à gui­dage ra­dio, comme le Bull­pup amé­ri­cain. Il pré­sente une por­tée d’une di­zaine de ki­lo­mètres. Il est gui­dé à l’aide d’un pe­tit joys­tick en cock­pit (haut, bas, droite, gauche), le pi­lote le suit du re­gard grâce à un ar­ti­fice py­ro­tech­nique pla­cé dans la queue du pro­jec­tile. Il n’est pas fa­cile du tout de maî­tri­ser ce type de mu­ni­tion tout en pi­lo­tant un avion, il faut de l’en­traî­ne­ment. Ini­tia­le­ment conçu pour l’at­taque air-sol, le Rb05 pos­sède une fu­sée de proxi­mi­té qui lui confère des ca­pa­ci­tés air-air li­mi­tées. Ou­bliezle en com­bat tour­noyant, mais contre une for­ma­tion de bom­bar- diers en pa­lier, il peut être ef­fi­cace.

● Rb15F : autre mis­sile an­ti­na­vire à gui­dage ra­dar ac­tif, le Rb15 sur­prend par sa por­tée de 70 km, équi­va­lente à celle du Har­poon amé­ri­cain. Comme pour le Rb04, on ne peut pas lui as­si­gner une cible pré­cise lors du tir, mais il est pos­sible de pa­ra­mé­trer ses op­tions de re­cherche (fais­ceau large ou étroit, orien­ta­tion sur un cap par­ti­cu­lier) pour aug­men­ter son ef­fi­ca­ci­té. ● Rb75 : c’est la ver­sion construite lo­ca­le­ment et sous li­cence du mis­sile AGM-65 Ma­ve­rick. Le ci­blage té­lé­vi­sé s’ef­fec­tue par le biais d’un pe­tit mo­ni­teur pla­cé dans un ocu­laire, à droite du HUD. La ma­nette du contrôle ra­dar per­met de dé­pla­cer le vi­seur et de ver­rouiller ou dé­ver­rouiller les cibles. S’il n’est pas évident de pi­lo­ter avec l’oeil collé au mo­ni­teur, on a l’avan­tage d’un mis­sile in­dé­pen­dant après le tir ( fire and for­get) ● Bk90 : autre ex­clu­si­vi­té du Vig­gen, le sys­tème Bk90 est un dis­pen­seur de sous-mu­ni­tions pour at­taques à dis­tance de sé­cu­ri­té (moins de 10 ki­lo­mètres). Une fois lan­cé, il se com­porte comme une bombe pla­nante, se di­rige vers la zone de l’ob­jec­tif (dé­fi­nie à l’aide du cal­cu­la­teur du Vig­gen) et y largue une ving­taine de pe­tites charges ex­plo­sives, comme une CBU clas­sique. L’uti­li­sa­tion de cette arme est com­pli­quée et semble souf­frir de quelques bugs au mo­ment où nous ré­di­geons le test, mais elle ne peut que s’amé­lio­rer ! ● Rb24/74 : ce sont des mis­siles Si­de­win­der cons­truits sous li­cence en Suède. L’ac­qui­si­tion des cibles s’ef­fec­tue à l ’oreille à l ’aide su si­gnal au­dio de la tête cher­cheuse du mis­sile. Le Rb24 cor­res­pond à l’AIM-9P à dé­tec­tion ar­rière, le Rb74 au mo­dèle 9L mul­ti-as­pect. ● AKAN M55 : ces na­celles ca­non de 30 mm pal­lient en par­tie le manque

d’ar­me­ment in­terne du Vig­gen, et sont adap­tées aus­si bien à l’at­taque au sol qu’au com­bat aé­rien. ● ARAK M/70B : les ro­quettes font par­tie de la do­ta­tion de tout ap­pa­reil d’at­taque au sol qui se res­pecte ; les pa­niers M/70B contiennent six ro­quettes de 125 mm à tête ex­plo­sive ou perce blin­dage. ● Bombes M/71 : les mu­ni­tions M/71 sont des bombes clas­siques de 120 kg, à chute libre ou ra­len­ties par pa­ra­chute (SB71). Elles sont mon­tées par quatre sur un éjec­teur dé­dié. Le Vig­gen peut les lar­guer en pi­qué, en mode pré­dic­tif avec ré­ti­cule au HUD (CCIP, seule­ment pour les bombes frei­nées), en pa­lier voire en mode TOSS : l’avion ef­fec­tue une res­source et les bombes suivent une tra­jec­toire ba­lis­tique jus­qu’à la cible. ● Bombes LysB : pour l’ap­pui noc­turne, le Vig­gen peut être do­té de ces bombes éclai­rantes qui des­cendent au bout d’un pa­ra­chute. ● Na­celles CME et leurres : trois na­celles consa­crées à la guerre élec­tro­nique font par­tie de l’ar­se­nal stan­dard. L’ap­pa­reil n’étant pas do­té par dé­faut d’équi­pe­ments CME ni de chaff/flare, on com­prend leur in­té­rêt pour les frappes au sol. Prin­ci­pal sou­cis, elles oc­cupent cha­cune un py­lône d’ar­me­ment qui pour­rait être em­ployé à meilleur es­cient en com­bat. Il va fal­loir faire des com­pro­mis !

En mis­sion

Au manche on a des sen­sa­tions ex­cep­tion­nelles, entre la vi­tesse et la ré­ac­ti­vi­té de l’ap­pa­reil. Le Vig­gen est un avion puis­sant et ma­niable, pas très stable par dé­faut mais do­té d’un pi­lote au­to­ma­tique pour le main­tien d’al­ti­tude. Et c’est heu­reux, car entre la sur­veillance du ra­dar, la confi­gu­ra­tion des ar­me­ments, la ges­tion du CK37 et ac­ces­soi­re­ment les me­naces en­ne­mies, on a beau­coup à faire dans ce cock­pit - dont la vi­si­bi­li­té vers l’ex­té­rieur est très sa­tis­fai­sante au de­meu­rant. Il ne faut sur­tout pas ou­blier que le Vig­gen est avant tout conçu pour une doc­trine d’em­ploi par­ti­cu­lière, dans les cieux sué­dois et au-des­sus de la Bal­tique. Il doit vo­ler vite et bas, très bas (mer­ci au sys­tème d’évi­te­ment d’obs­tacles !), suivre un iti­né­raire pré­cis et cor­rec­te­ment pro­gram­mé, frap­per avec pré­ci­sion et re­tour­ner à une base peu éloi­gnée. Quelques pe­tits ma­lins ont même mis en ligne des vi­déos prou­vant qu’on peut re­pro­duire dans DCS World les ins­tal­la­tions rou­tières qui ac­cueillent le Vig­gen, même sur des pistes très courtes où la por­tance des plans ca­nards et l’in­ver­sion de pous­sée du ré­ac­teur font mer­veille. Pour le reste, il est pos­sible de conce­voir des mis­sions avec des cibles d’op­por­tu­ni­té (avec les Ma­ve­rick, ro­quettes ou Rb05) mais ce­la exige une très bonne connais­sance de l’avion.

En fait, le Vig­gen de Lea­ther­neck et un ap­pa­reil ex­tra­or­di­nai­re­ment réa­liste (nous n’avons pu ju­ger sur le vrai Vig­gen, mais si Mon­sieur SAAB ou un res­pon­sable de la Flyg­va­pen nous lit, qu’il n’hé­site pas à nous contac­ter !) et com­plexe qui se ré­vé­le­ra très in­grat pour un dé­bu­tant. Même un vé­té­ran de DCS, quels que soient les ap­pa­reils qu’il au­ra maî­tri­sés au­pa­ra­vant, risque d’être per­du dans cet avion aux pro­cé­dures, équi­pe­ments et doc­trines d’em­ploi très par­ti­cu­liers. Il faut du temps pour l’ap­pri­voi­ser, en sai­sir les sub­ti­li­tés et domp­ter le CK37. Les au­teurs ont eu la bonne idée de le do­ter d’une plan­chette ( knee­board) spé­ci­fique avec de nom­breuses in­for­ma­tions sup­plé­men­taires par rap­port aux autres avions pour DCS, mais un ré­su­mé de la do­cu­men­ta­tion à por­tée de mains nous pa­raît in­dis­pen­sable. Vous êtes pré­ve­nus, le Vig­gen est un joyau brut, su­perbe mais in­ti­mi­dant. En so­lo, il est im­pres­sion­nant et per­met de nom­breuses ses­sions d’en­traî­ne­ment ; en mul­ti­joueur, il per­met­tra de com­bler l’ab­sence d’ap­pa­reils d’at­taque au sol pour frap­per du­re­ment l’ad­ver­saire.

Le sché­ma de ca­mou­flage très spé­ci­fique est par­fai­te­ment re­pro­duit.

En haut : Cock­pit, cô­té gauche : ma­nette des gaz et sur­tout joys­tick de com­mande du ra­dar. En bas : Cô­té droit, do­mi­né par l’in­ter­face d’en­trée de don­nées de l’or­di­na­teur CK37. Vol à basse al­ti­tude dans les re­liefs ; la plan­chette com­porte nombre d’in­for­ma­tions pour chaque point de na­vi­ga­tion. At­taque d’aé­ro­drome à l’aide de bombes frei­nées, une au­baine pour les par­ties mul­ti­joueurs.

Le mis­sile Rb04 rase les flots avant d’at­teindre sa cible. Gros plan sur le ra­dar, il pro­pose une por­tée de 15 à 120 km.

En mis­sion d’ap­pui-feu équi­pé de Rb75, la ver­sion de l’AGM-65 Ma­ve­rick construite sous li­cence.

En confi­gu­ra­tion air-air « lourde », deux mis­siles et deux na­celles ca­non. Pour le ci­blage des Rb75, un mo­ni­teur vi­déo a été ajou­té à droite du HUD.

La li­vrée grise, bien moins im­pres­sion­nante, à ré­ser­ver aux vols hi­ver­naux.

Le Bk90 « Mjol­nir », un dis­pen­seur de sous-mu­ni­tion à lar­guer à dis­tance de sé­cu­ri­té.

Salve de ro­quettes, tou­jours im­pres­sion­nant !

Le vol à très basse al­ti­tude est la spé­cia­li­té du Vig­gen, ai­dé par son ra­dar air-sol, son sys­tème de na­vi­ga­tion et son HUD. Les ca­nons de 30 mm en ac­tion contre un pauvre Il-76.

En mis­sion an­ti­na­vire, une des spé­cia­li­tés du Vig­gen.

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