Na­vi­ga­tion aé­rienne

La boîte à ou­tils…

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

Par­fois in­ti­mi­dante mais in­dis­pen­sable aux pi­lotes, la na­vi­ga­tion aé­rienne mé­rite l’at­ten­tion des sim­mers. Notre dos­sier re­prend les bases et four­nit quelques as­tuces…

La na­vi­ga­tion aé­rienne est une des com­po­santes es­sen­tielles du pi­lo­tage. In­ti­mi­dante pour les dé­bu­tants, elle peut aus­si être lais­sée de cô­té par les vé­té­rans qui pensent, par­fois à tort, en maî­tri­ser les règles. Ce dos­sier spé­cial pro­pose jus­te­ment d’en (re) voir les bases et de faire le point sur les connais­sances né­ces­saires à un bon dé­rou­le­ment de vol vir­tuel.

Trai­ter de la na­vi­ga­tion aé­rienne en quelques pages est un pa­ri im­pos­sible à te­nir, et nous n’avons pas la pré­ten­tion ici d’en­trer dans tous les as­pects de cette dis­ci­pline. Plus mo­des­te­ment, nous sou­hai­tons rap­pe­ler les prin­ci­pales règles à res­pec­ter, le fonc­tion­ne­ment et l’ex­ploi­ta­tion des ou­tils à dis­po­si­tion des pi­lotes (aus­si bien vir­tuels que réels) ain­si que quelques as­tuces utiles dans le cock­pit de votre ap­pa­reil fa­vo­ri, quel que soit le lo­gi­ciel uti­li­sé.

Certes on peut fort bien pra­ti­quer le vol vir­tuel sans rien connaître de la na­vi­ga­tion aé­rienne ; après tout, la si­mu­la­tion, c’est la li­ber­té ! La na­vi­ga­tion réa­liste im­plique des con­traintes tech­niques, des connais­sances, des cal­culs que l’on n’a pas for­cé­ment le temps ou l’en­vie de mettre en oeuvre. On a éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de se lais­ser gui­der par la carte in­ter­ac­tive propre à chaque lo­gi­ciel, pour sa­voir où on est et où on va, sans trop se po­ser de ques­tion. Mais de notre point de vue, ces fa­çons de pro­cé­der, si simples soient-elles, ne per­mettent pas de pro­fi­ter plei­ne­ment des pos­si­bi­li­tés of­fertes par FS X, X-Plane ou Aerofly FS2.

La nav, c’est fa­cile !

La pre­mière rai­son est que la si­mu­la­tion de vol, même lu­dique, cherche à at­teindre un bon ni­veau de réa­lisme. Or ce pa­ra­mètre ne dé­coule pas seule­ment de la bonne re­pro­duc­tion vi­suelle des élé­ments d’un aé­ro­nef, ni du com­por­te­ment convain­quant de ses sys­tèmes em­bar­qués. Si­mu­ler, c’est avant tout un état d’es­prit, et se mettre aux com­mandes d’un avion vir­tuel sous-en­tend que l’on va adop­ter la même dé­marche qu’un pi­lote réel. Les risques sont moindres, les écarts par rap­port à la ré­gle­men­ta­tion sont peu ou pas sanc­tion­nés (at­ten­tion tou­te­fois aux vols en ré­seau !). C’est ici la dif­fé­rence entre une ap­proche « si­mu­la­trice » et un simple jeu vi­déo.

Cette re­cherche de réa­lisme peut consti­tuer une ré­ti­cence pour cer­tains. Les ins­tru­ments et rè­gle­ments sont in­ti­mi­dants pour les dé­bu­tants, ils semblent nou­veaux et les ap­pri­voi­ser pa­raît par­fois hors de por­tée. Qu’on se ras­sure, il n’en est rien ! Comme toute dis­ci­pline, la na­vi­ga­tion aé­rienne re­pose sur quelques bases simples et de bon sens, en com­prendre les

prin­cipes est dé­jà la plus grosse par­tie du tra­vail. Si on sait re­gar­der une carte et lire des va­leurs sur un ca­dran, le plus dur est fait…

On pour­rait ci­ter un troi­sième avan­tage qu’il ya à connaître les ru­di­ments de la na­vi­ga­tion aé­rienne : c’est une forme de li­ber­té. Ce­la peut sem­bler pa­ra­doxal lors­qu’on parle de règles à suivre, mais en sa­chant uti­li­ser les ba­lises et les prin­cipes de base, on n’est plus obli­gé de suivre scru­pu­leu­se­ment une route tra­cée sur le GPS ou sur la carte in­ter­ac­tive ; on peut s’écar­ter du che­min pré­vu, faire un peu de tou­risme vir­tuel, voire échap­per au contrôle aé­rien du si­mu­la­teur pour se concoc­ter une pro­cé­dure réa­liste et bien plus in­té­res­sante qu’une ar­ri­vée gui­dée.

Pour ce dos­sier, nous avons pris le par­ti d’abor­der es­sen­tiel­le­ment l’avia­tion gé­né­rale et le vol ci­vil. Les avions de ligne mo­dernes dis­posent soit de cen­trales iner­tielles, soit de GPS in­ter­fa­cés avec leurs sys­tèmes de contrôle de vol (FMS) qui au­to­ma­tisent les tâches de na­vi­ga­tion ; ce­la n’em­pêche en rien de connaître le fonc­tion­ne­ment des ba­lises ra­dio et les rè­gle­ments des es­paces aé­riens, mais ce n’est pas in­dis­pen­sable en si­mu­la­tion « lu­dique » pour dé­jà se faire plai­sir. Tou­jours dans la fa­mille aé­rienne mais à l’op­po­sé se trouvent les avions mi­li­taires mo­dernes. Nous les avons écar­tés eux aus­si, car le vol de com­bat es­sen­tiel­le­ment dans DCS ou Fal­con 4/BMS ne se fo­ca­lise guère sur les pro­blèmes de na­vi­ga­tion : si les ap­pa­reils ont gé­né­ra­le­ment des ré­cep­teurs ADF, VOR/TACAN ou des cen­trales iner­tielles, la na­vi­ga­tion échappe aux res­tric­tions ha­bi­tuelles et pro­fite en outre d’équi­pe­ments très so­phis­ti­qués (voir à ce su­jet le test du Vig­gen pour DCS). L’ob­jec­tif fi­nal est que le pi­lote n’ait pas trop à se concen­trer sur les routes à suivre afin d’être plus ré­ac­tif dans l’ac­com­plis­se­ment de ses mis­sions.

Pour pra­ti­quer cor­rec­te­ment la na­vi­ga­tion aé­rienne, du moins dans le cadre de la si­mu­la­tion, il faut un mi­ni­mum d’ou­tils à dis­po­si­tion. Il existe des lo­gi­ciels spé­cia­li­sés pour pré­pa­rer ses plans de vol, im­pri­mer des ré­su­més, conver­tir des va­leurs… Nous avons pré­fé­ré res­ter clas­siques dans notre ap­proche, pour pri­vi­lé­gier les bons ré­flexes et nous ap­pro­cher au mieux du tra­vail d’un pi­lote dans son cock­pit.

Les in­dis­pen­sables

Pre­mière chose à avoir sous la main : une carte. Nous abor­de­rons plus loin le su­jet en dé­tail, mais sa­chez d’ores et dé­jà que les fonds de cartes dis­po­nibles dans les lo­gi­ciels cou­rants – FS X, X-Plane et Aerofly FS 2 – sont suf­fi­sants pour dé­bu­ter, mais pas pour un tra­vail ap­pro­fon­di de pré­pa­ra­tion. In­utile de se rui­ner pour au­tant, In­ter­net re­gorge de res­sources gra­tuites (et lé­gales) pour ob­te­nir des cartes de na­vi­ga­tion à im­pri­mer ou à vi­sua­li­ser sur un écran dé­por­té (voire une ta­blette nu­mé­rique). En­suite vous au­rez be­soin d’une règle et d’un rap­por­teur, avec l’in­évi­table crayon pour tra­cer les routes. Ajou­tez une cal­cu­la­trice, que ce soit un mo­dèle de poche ou l’ap­pli­ca­tion four­nie avec Win­dows, et vous se­rez prêt à ef­fec­tuer des cal­culs de dis­tance en fonc­tion de l’échelle de la carte, donc des éva­lua­tions des temps de sur­vol. Le rap­por­teur fa­ci­li­te­ra la re­cherche des caps. Un pe­tit ca­le­pin en prime fa­ci­lite les an­no­ta­tions ra­pides et évite d’avoir à se rap­pe­ler les fré­quences des ba­lises, les caps, les ra­diales… Comme vous le voyez, il s’agit d’un ma­té­riel simple et abor­dable, qui tient ai­sé­ment dans une pe­tite po­chette à conser­ver près de son poste de pi­lo­tage, fût-il vir­tuel. Vous êtes dé­sor­mais pa­rés pour la pre­mière le­çon, qui va abor­der le su­jet des ba­lises de ra­dio­na­vi­ga­tion.

La carte de FS X, un dé­but pour na­vi­guer mais elle se montre vite in­suf­fi­sante.

Le TB-20 de So­ca­ta, par­fai­te­ment adap­té au vol à vue comme à l’IFR.

Ci-des­sus : Un dé­cor VFR (ici Lan­gue­docRous­sillon de France VFR) fa­ci­lite la na­vi­ga­tion à vue, mais il n’af­fran­chit pas de la lec­ture des ins­tru­ments. Ci-contre : Même sur un mo­derne glass­cock­pit, le VOR est tou­jours pré­sent, preuve de l’im­por­tance des ou­tils de ra­dio­na­vi­ga­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.