Les cartes aériennes

Où les trou­ver, com­ment les ex­ploi­ter…

Micro Simulateur - - PRATIQUE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

Pas for­cé­ment in­dis­pen­sables pour juste s’amu­ser, mais très utiles quand on cherche un mi­ni­mum de réa­lisme, les cartes aériennes ne sont pas si in­ti­mi­dantes que cer­tains pensent…

Un aver­tis­se­ment s’im­pose dès lors qu’on évoque les cartes réelles et leur usage en si­mu­la­tion. L’Or­ga­ni­sa­tion pour l’Avia­tion Ci­vile In­ter­na­tio­nale (OACI, ICAO en an­glais) a la charge de la stan­dar­di­sa­tion des don­nées re­la­tives à la na­vi­ga­tion, mais chaque État sou­ve­rain peut pu­blier les cartes re­la­tives à ses es­paces aé­riens se­lon son bon vouloir, que ce soit gra­tuit, payant ou in­ter­dit (ima­gi­nez-vous dé­ni­cher une carte of­fi­cielle de VFR pour la Co­rée du Nord ?). Or les don­nées sont ré­gu­liè­re­ment mises à jour, pour d’évi­dentes rai­sons de sé­cu­ri­té ; comme FS X n’a pas bé­né­fi­cié de mise à jour de sa base de don­nées de ba­lises et d’ins­tal­la­tions, on peut fa­ci­le­ment se re­trou­ver dé­pas­sé. Mo­ra­li­té : il faut com­pa­rer les cartes réelles avec ce que pro­pose le si­mu­la­teur de pré­di­lec­tion avant d’en­ta­mer un plan de vol !

Les sym­boles

Il existe lo­gi­que­ment des normes in­ter­na­tio­nales pour les cartes aériennes, de ma­nière à ce que les pi­lotes iden­ti­fient ai­sé­ment les in­for­ma­tions in­dis­pen­sables à leur na­vi­ga­tion. Sur les cartes VFR, les plus char­gées mais les plus sus­cep­tibles d’ai­der les sim­mers, on trouve ain­si :

les aé­ro­ports : les grandes ins­tal­la­tions sont re­pro­duites avec ● un sché­ma de leurs pistes, les plus mo­destes par dif­fé­rentes confi­gu­ra­tions de cercles. On sait aus­si­tôt vers quelle piste se di­ri­ger en cas de dé­rou­te­ment ( fig. 1) ;

les es­paces aé­riens sont dé­li­mi­tés par des bandes co­lo­rées ● (va­riables se­lon les pays), les zones in­ter­dites ou res­treintes sont dou­blées de ha­chures, de points ou de X ;

les ba­lises NDB sont re­pré­sen­tées par des nuages de points ● cir­cu­laires ( fig. 2) ;

les ba­lises VOR se pré­sentent sous la forme d’hexa­gones, ins● crites dans un car­ré si elles sont dou­blées d’un DME. Une rose des vents, orien­tée sur le nord ma­gné­tique, per­met d’iden­ti­fier les di­rec­tions (pour trou­ver un ra­dial plus ai­sé­ment – fig. 3).

N’ou­bliez pas que chaque carte est four­nie avec sa lé­gende propre, et qu’une vé­ri­fi­ca­tion avant usage s’im­pose pour évi­ter toute mé­prise – même si en si­mu­la­tion les consé­quences sont ra­re­ment dra­ma­tiques.

Les cartes des si­mu­la­teurs

Les prin­ci­paux si­mu­la­teurs ci­vils (FS X, X-Plane 10/11 et Aerofly FS2) pos­sèdent une op­tion de carte dans leur in­ter­face. L’avan­tage est qu’elles sont im­mé­dia­te­ment dis­po­nibles, sans avoir à sor­tir du lo­gi­ciel ; l’in­con­vé­nient de­meure une taille d’af­fi­chage ré­duite, avec comme consé­quence une li­si­bi­li­té par­fois pro­blé­ma­tique. De plus, il est im­pos­sible d’y an­no­ter quoi que ce soit (à moins d’ex­por­ter la carte avec un lo­gi­ciel d’ima­ge­rie) et une in­for­ma­tion aus­si im­por­tante que les ca­drans des ba­lises VOR n’y fi­gurent pas tou­jours. Men­tion spé­ciale à XP­lane tou­te­fois, puis­qu’il in­tègre cette fonc­tion – fig. 4. Le si­mu­la­teur de La­mi­nar pré­sente en outre l’avan­tage, sur sa carte, d’af­fi­cher une rose des vents au­tour de l’avion de l’uti­li­sa­teur pour clai­re­ment iden­ti­fier les di­rec­tions. Aerofly FS2 pos­sède une fonc­tion si­mi­laire, c’est fi­na­le­ment FS X qui marque le pas avec sa carte très com­plète en ba­lises, aé­ro­ports, routes aériennes mais dé­mu­nie de ces pe­tits ou­tils pra­tiques.

Tra­vailler sur ces cartes « vir­tuelles » oblige à jon­gler avec les mo­dules de créa­tion de plan de vol et de bien no­ter les fré­quences, les caps, les étapes… Il n’est pas fa­cile de les im­pri­mer, sauf à jon­gler avec des lo­gi­ciels tiers, c’est pour­quoi nous re­com­man­dons de bien les étu­dier à l’avance, seg­ment par seg­ment (la taille ré­duite de l’in­ter­face n’aide pas !) pour pou­voir en pro­fi­ter au mieux. Quoi qu’il en soit, dis­po­ser de cartes clas­siques est tou­jours pré­fé­rable !

Les vraies cartes

Pour la France, il existe deux res­sources of­fi­cielles et in­con­tour­nables. Pour le VFR (et l’IFR dans une moindre me­sure), les cartes sont pu­bliées par l’IGN en par­te­na­riat avec la DGAC. Elles sont dis­po­nibles sur pa­pier ou en ver­sion élec­tro­nique (qui né­ces­site un lo­gi­ciel spé­ci­fique). Un lot de quatre cartes couvre la France mé­tro­po­li­taine, pour un ta­rif au­tour de 90 eu­ros. Y fi­gurent les es­paces aé­riens, les ba­lises, les al­ti­tudes de sé­cu­ri­tés, les zones à risques, de­puis le sol jus­qu’à 11 500 ft (ou 3 000 ft au-des­sus des re­liefs pour les zones de mon­tagne). Pour le sim­mer bien équi­pé, une ver­sion en ligne gra­tuite est vi­sible sur le site Geo­por­tail (www.geo­por­tail.gouv.fr/don­nees/ carte-oaci-vfr-2016 - fig. 5) mais on ne peut pas im­por­ter les don­nées, les in­for­ma­tions sont four­nies à titre consul­ta­tif. Pour le vol IFR, les aé­ro­dromes et en al­ti­tude, le Ser­vice d’In­for­ma­tion Aé­ro­nau­tique (www.sia.avia­tion-ci­vile.gouv.fr) pro­pose les cartes de ré­fé­rence au for­mat PDF, gra­tuites pour un usage per­son­nel.

Les choses se corsent dès qu’on fran­chit les fron­tières hexa­go­nales. Pour ob­te­nir des cartes, il fau­drait contac­ter les au­to­ri­tés com­pé­tentes de chaque pays concer­né (un vrai par­cours du com­bat­tant !). Heu­reu­se­ment il existe des res­sources en ligne fa­ci­le­ment ac­ces­sibles, pour peu que l’on connaisse un mi­ni­mum d’an­glais (la langue in­ter­na­tio­nale de l’avia­tion, avec le fran­çais). Pour la cou­ver­ture des États-Unis, le site in­dis­pen­sable à connaître est www.sky­vec­tor.com, qui pro­pose toutes sortes de cartes (IFR, VFR, hé­li­co­ptères, EnRoute…) mais en ver­sion nu­mé­rique. On peut par ailleurs télécharger les mêmes cartes en PDF (plus de 100 Mo par mo­dule) gra­tui­te­ment sur le site de la fé­dé­ra­tion aé­ro­nau­tique amé­ri­caine : www.faa.gov, ru­brique Air Traf­fic/Flight In­for­ma­tion/Ae­ro­nau­ti­cal In­for­ma­tion Ser­vices/Di­gi­tal Pro­ducts/VFR Charts.

Pour le reste du monde, il faut se tour­ner soit vers les au­to­ri­tés lo­cales, soit vers des pres­ta­taires de ser­vices qui peuvent com­mer­cia­li­ser des cartes pa­pier ou nu­mé­riques (Jep­pe­sen, Na­vi­graph…). Pour la si­mu­la­tion, on peut éga­le­ment se tour­ner vers les com­mu­nau­tés IVAO et VAT­SIM, qui ont des an­tennes dans de nom­breux pays. Les por­tails lo­caux (on peut y ac­cé­der de­puis les sites fran­çais) ont gé­né­ra­le­ment une par­tie tra­duite en an­glais, et pro­posent sou­vent des cartes spé­ci­fiques (aé­ro­ports et na­vi­ga­tion) à leurs vi­si­teurs. En­fin des ad­dons de dé­cors sont par­fois ac­com­pa­gnés de cartes spé­ci­fiques – une idée que tous les édi­teurs de­vraient suivre !

Fig. 1 : Les prin­ci­paux sym­boles d’aé­ro­ports d’après l’OACI : en bleu les ins­tal­la­tions dis­po­sant d’un contrôle aé­rien, en ma­gen­ta les autres. 1- ins­tal­la­tions sans piste en dur (mais en herbe, terre, gra­vier…) ou de moins de 1 500 ft de long ; 2- ins­tal­la­tions en dur avec piste de 1 500 à 8 069 ft ; 3- ins­tal­la­tions en dur avec piste de plus de 8 069 ft ; 4- iden­tique à 3, mais le pe­tit point blanc si­gnale qu’un VOR est si­tué sur l’aé­ro­port (ou très proche) ; 5- la pe­tite croix sous le sym­bole in­dique la pos­si­bi­li­té de ra­vi­tailler en car­bu­rant. Évi­dem­ment ces sym­boles ne donnent que les in­for­ma­tions es­sen­tielles, il est tou­jours bon de se ren­sei­gner pour chaque ins­tal­la­tion pré­cise.

Fig. 3 : Re­pré­sen­ta­tion d’un VOR/DME sur une carte de type VFR : la ba­lise est en­tou­rée par une rose des vents (pour iden­ti­fier les caps) et ac­com­pa­gnée d’un car­touche pré­ci­sant son nom, son code, la fré­quence et même le code morse du si­gnal émis.

Fig. 2 : Les sym­boles nor­ma­li­sés pour les ba­lises NDB, VOR, VOR/DME.

Fig. 5 : Un ex­trait de Geo­por­tail en mode carte VFR : vous pou­vez com­pa­rer la zone de Tou­lon avec ses re­pré­sen­ta­tions dans FS X (voir p. 39) et dans X-Plane.

Fig. 4 : La carte de X-Plane est pra­tique pour les in­di­ca­tions des ba­lises ; en re­vanche, pour les es­paces aé­riens, elle est très in­com­plète.

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