DCS Wolrd : chasse aux SAM

Dans DCS World, l’ac­cent est mis sur les com­bats aé­ro­ter­restres, dans les­quels les dé­fenses an­ti­aé­riennes sont un dan­ger re­dou­table. Heu­reu­se­ment il existe une pa­rade : les mis­sions SEAD.

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

On sur­nom­mait na­guère ces mis­sions Wild Wea­sel, mais dans les an­nées quatre-vingt-dix le nom de code un peu folk­lo­rique (be­lette sau­vage, tout un pro­gramme !) est de­ve­nu l ’acro­nyme SEAD pour Su­pres­sion of Ene­my Air De­fenses, ou sup­pres­sion des dé­fenses aé­riennes en­ne­mies. Le concept n’est pas nou­veau, dès la Se­conde Guerre mon­diale et la ba­taille d’An­gle­terre la Luft­waffe avait comme ob­jec­tif prio­ri­taire la des­truc­tion des ra­dars de la Chain Home qui pré­ve­naient la Royal Air Force des raids en ap­proche. De leur cô­té, les al­liés avaient for­mé des uni­tés de chas­seurs bom­bar­diers spé­cia­li­sés dans la re­cherche et l’at­taque des nids de ca­nons an­ti­aé­riens, re­dou­tables me­naces pour les pi­lotes. L’ap­pa­ri­tion de mis­siles an­ti­aé­riens (SAM) du­rant les an­nées soixante chan­gea no­ta­ble­ment la donne : plus ques­tion d’at­taque au sol contre des ins­tal­la­tions d’ar­tille­rie, mais une vé­ri­table guerre élec­tro­nique pour frap­per à dis­tance les an­tennes de dé­tec­tion et les bat­te­ries de mis­siles. L’U.S. Air Force inau­gu­ra les mis­sions spé­cia­li­sées de ce type du­rant la guerre du Viet­nam, l es Is­raé­liens per­fec­tion­nèrent le concept après la guerre du Kip­pour où les SAM arabes pré­le­vèrent un lourd tri­but à la force aé­rienne de l’État hé­breu.

Par la suite, tous les pays dis­po­sant d’une force aé­rienne de com­bat se pen­chèrent sur l’épi­neux pro­blème des SAM et de la DCA. Des mis­siles an­ti­ra­dars furent dé­ve­lop­pés : ils sont ca­pables de re­mon­ter le flux d’onde d’une an­tenne don­née pour la dé­truire. Sans an­tenne ra­dar, les SAM en­ne­mis sont in­ca- pables de re­pé­rer leurs cibles, ils de­viennent aveugles. Les avions en mis­sion SEAD em­portent éga­le­ment des bombes ou mis­siles air-sol plus clas­siques pour éli­mi­ner en­suite les bat­te­ries de tir, une fois que le ra­dar est neu­tra­li­sé. Car une an­tenne ra­dar n’est pas si com­pli­quée à rem­pla­cer, et l’ad­ver­saire peut ra­pi­de­ment chan­ger un dis­po­si­tif en­dom­ma­gé. De plus les mis­siles an­ti­ra­dar coûtent cher (l’ar­gent reste le nerf de la guerre) et ils sont ré­ser­vés aux me­naces prin­ci­pales. Les vé­hi­cules de dé­fense an­ti­aé­rienne mo­biles - do­tés de ca­nons ou de mis­siles à courte por­tée - sont des ob­jec­tifs moins prio­ri­taires que les concen­tra­tions de SAM ou les ins­tal­la­tions lourdes.

Dans DCS World (1.5 et 2.0), il n’existe à ce jour qu’un seul ap­pa­reil vrai­ment apte à ce type de mis­sions. Il s’agit du Su-25T russe, en at­ten­dant l’ar­ri­vée du F/A-18 an­non­cé de­puis long­temps… Et comme le Su-25T est l’un des deux appareils four­nis en stan­dard avec DCS World, on peut donc l’uti­li­ser gra­tui­te­ment. Toutes ses fonc­tions SEAD sont in­cluses, il est im­mé­dia­te­ment opé­ra­tion­nel pour chas­ser les SAM et les dé­fenses ad­verses.

Les équi­pe­ments

Les mis­sions d’en­traî­ne­ment et de dé­cou­verte du Su-25T donnent l’oc­ca­sion aux néo­phytes de prendre en mains l’avion russe. C’est une ver­sion mo­der­ni­sée du vé­né­rable Su-25 dis­po­nible dans l’extension Fla­ming Cliffs 3. Le Su-25T a été mis aux stan­dards des appareils mo­dernes : sys­tème de vi­sua­li­sa­tion tête haute (HUD), ca­mé­ra TV cou­plée au dé­si­gna­teur la­ser, contre-me­sures in­fra­rouges, cal­cu­la­teur de tir… Sans par­ve­nir à la so­phis­ti­ca­tion du A-10C, le Su-25T est très ef­fi­cace dans les mis­sions air-sol, il a hé­ri­té de la ro­bus­tesse de son pré­dé­ces­seur et em­barque une lourde charge of­fen­sive. Tou­te­fois la pré­pa­ra­tion des mis­sions SEAD im­pose un choix spé­ci­fique d’ar­me­ments. Lors de la pré­pa­ra­tion d’une mis­sion, ou lors du ra­vi­taille­ment au sol entre deux ex­pé­di­tions, il convient de bien choi­sir l’em­port adap­té à la chasse aux SAM. Une des mis­sions d’en­traî­ne­ment

per­met d’abor­der le su­jet, avec mise en si­tua­tion et des­crip­tions des équi­pe­ments, mais il est utile de re­ve­nir sur les fon­da­men­taux (d’au­tant plus qu’il n’est pas tou­jours fa­cile de prendre des notes une fois qu’on est en cock­pit). Le Su­khoi de­vrait idéa­le­ment em­por­ter ce qui suit ( fig. 1) :

Na­celle ELINT/Fan­tas­ma­go­ria : elle est in­dis­pen­sable au Su-25T pour qu’il rem­plisse ses mis­sions SEAD, l’avion par dé­faut n’étant pas do­té de l’élec­tro­nique adap­tée à cet usage très spé­ci­fique. La na­celle est pla­cée sous le ventre de l’ap­pa­reil et com­porte de nom­breux cap­teurs pour dé­tec­ter, iden­ti­fier et clas­ser les me­naces. Elle est in­ac­tive en mode de na­vi­ga­tion ou air-air. En mode air-sol, elle s’active im­mé­dia­te­ment.

Mis­sile Kh-58U : aus­si dé­nom­mé AS-11 Kil­ter dans la no­men­cla­ture OTAN, c’est le plus gros des mis­siles an­ti­ra­dar russes. Sa por­tée at­teint 70 km dans les meilleures condi­tions, mais comme tou­jours la fiche tech­nique du construc­teur a quelques ten­dances à sur­éva­luer les ca­pa­ci­tés ; comp­tez 50 km pour plus de sé­cu­ri­té ! L’arme est im­po­sante, 640 kg dont une tête à frag­men­ta­tion de 150 kg qui fe­ra des ra­vages sur les ins­tal­la­tions fixes ou en dur. En re­vanche, vu sa taille et sa vi­tesse (Mach 4 après ex­tinc­tion du mo­teur), le Kh-58 est plu­tôt mal adap­té aux pe­tites cibles ou aux ra­dars mo­biles.

Mis­sile Kh-25MPU : le mis­sile AS-12 so­vié­tique a été dé­cli­né à toutes les sauces - gui­dage la­ser, pi­lo­tage ra­dio à dis­tance - il était lo­gique que ce pro­jec­tile soit dé­ri­vé en mu­ni­tion an­ti­ra- dar. Il porte moins loin que le Kh-58, seu­le­ment 25 km, et est plus pe­tit avec 320 kg sur la ba­lance. Il est plus ef­fi­cace contre les sys­tèmes mo­biles.

Na­celles CME : le Su-25T ne dis­pose pas de brouilleur élec­tro­nique in­té­gré, des na­celles sup­plé­men­taires sous les ailes per­mettent de sa­tu­rer les ra­dars en­ne­mis d’échos pa­ra­sites dans les­quels se fond le si­gnal de l’ap­pa­reil. No­tons que dans DCS World, le brouillage des ra­dars au sol est moins ef­fi­cace que dans Fal­con 4/BMS, les na­celles ex­ternes sont très utiles mais elles ne consti­tuent pas une ga­ran­tie de sur­vie en contexte hos­tile…

Autres charges : les nom­breux py­lônes du Su-25T per­mettent d’em­bar­quer d’autres armes plus gé­né­rales. Les mis­siles ai­rair donnent une pe­tite chance d’échap­per à des in­ter­cep­teurs en­ne­mis (pe­tite chance, le blin­dé vo­lant n’est pas une ré­fé­rence en ma­nia­bi­li­té !), les bombes clas­siques ou mis­siles à gui­dage la­ser sont des­ti­nés à dé­truire les ins­tal­la­tions au sol après an­ni­hi­la­tion des an­tennes ra­dar.

Quel que soit l’em­port sé­lec­tion­né, rap­pe­lez-vous tou­jours que les mis­siles an­ti­ra­dars et la na­celle Fan­tas­ma­go­ria pèsent lourd et in­fluent né­ga­ti­ve­ment sur le com­por­te­ment de l’ap­pa­reil. At­ten­tion donc à la sur­charge, si on doit ef­fec­tuer des ma­noeuvres éva­sives on se­ra content de vo­ler lé­ger…

Pro­fil de mis­sion

Les opé­ra­tions SEAD rompent avec les ha­bi­tudes d’at­taque au sol plus clas­siques. Tra­di­tion­nel­le­ment, les avions d’as­saut adoptent un pro­fil de vol Hi-Lo-Hi : vol vers la cible à haute al­ti­tude (High) pour éco­no­mi­ser du car­bu­rant, passe d’at­taque à basse al­ti­tude (Low) pour jus­te­ment échap­per aux me­naces an­ti­aé­riennes, et re­tour à haute al­ti­tude (High). Pour chas­ser les SAM, c’est le contraire, ou presque ! Le vol vers la zone d’opé­ra­tion s’ef­fec­tue à basse al­ti­tude ( fig. 2) pour échap­per à toute dé­tec­tion préa­lable et se pré­mu­nir des chas­seurs ad­verses. Puis en ap­pro­chant de la zone où les me­naces ont été lo­ca­li­sées, l’avion ef­fec­tue une res­source pour mon­ter au-des­sus de la pro­tec­tion du re­lief ( fig. 3). De cette ma­nière, il s’ex­pose aux dé­fenses, mais il est en me­sure de cap­ter les émis­sions en­ne­mies, ne se­rait-ce qu’à l’aide de son sys­tème d’alerte ra­dar. Si les condi­tions le per­mettent, il peut dé­jà ef­fec­tuer un pre­mier tir ; si le pi­lote res­sent le be­soin de faire un point sur la si­tua­tion tac-

tique (me­naces trop proches ou trop éloi­gnées, émis­sions ra­dar spo­ra­diques…) il re­plonge au ras du sol pour éta­blir un plan d’at­taque adap­té à la si­tua­tion. Dans le cadre de mis­sion SEAD, on opère sou­vent seul, avec l’avan­tage de l’in­dé­pen­dance d’ac­tion et l’ab­sence de co­équi­piers à sur­veiller ; en contre­par­tie, on doit sa­voir faire face à toutes les me­naces et être ca­pable de se dé­brouiller sans aide ex­té­rieure. Le pi­lote SEAD est un so­li­taire en­vers qui les autres pi­lotes de com­bat doivent avoir confiance.

Ces prin­cipes im­pliquent qu’une mis­sion de chasse aux SAM doit être pré­pa­rée en fonc­tion du re­lief en­vi­ron­nant la zone d’in­ter­ven­tion, en pré­voyant des zones où l’avion pour­ra mon­ter à dé­cou­vert et re­plon­ger se dis­si­mu­ler der­rière les re­liefs. Du moins pour ce qui concerne l’at­taque des ins­tal­la­tions de mis­siles les plus im­por­tantes : Pa­triot, Hawk, SA-11, SA-6. Les autres me­naces (SA-8, Cha­par­ral…) et les bat­te­ries de DCA sont plu­tôt trai­tées au coup par coup, leurs po­si­tions va­rient ra­pi­de­ment et il se ré­vèle peu ef­fi­cace de pla­ni­fier soi­gneu­se­ment une at­taque contre ces types d’ob­jec­tifs. Contre les cibles lé­gères il faut sa­voir im­pro­vi­ser. Par ailleurs, ces types de me­naces sont plu­tôt l’apa­nage des hé­li­co­ptères d’at­taque (Ka50, Ga­zelle) ou des avions an­ti­chars (A-10A/C, Su-25). Ces aé­ro­nefs sont à même d’ef­fec­tuer la sup­pres­sion de ces ins­tal­la­tions à dis­tance, sans trop se mettre en dan­ger.

SEAD ty­pique

Pre­nons l’exemple de l’at­taque d’une ins­tal­la­tion « lourde » en Su-25T. On pré­cise lourde pour des sys­tèmes d’armes com­plets. En ef­fet, les sites de SAM ne se com­posent pas seu­le­ment d’une rampe de lan­ce­ment : outre les mis­siles pro­pre­ment dits (plu­sieurs bat­te­ries de lan­ceurs, cha­cune sup­por­tant jus­qu’à quatre pro­jec­tiles), les ins­tal­la­tions com­portent au mi­ni­mum un ra­dar de gui­dage et un vé­hi­cule de con­trôle. Et s’y ajoutent sou­vent un ra­dar de veille/re­cherche, une gé­né­ra­trice élec­trique, un vé­hi­cule de trans­port des équipes ( fig. 4), une pe­tite ville

dé­diée à la dé­fense an­ti­aé­rienne. Si l’ob­jec­tif prin­ci­pal est l’an­tenne de gui­dage, le ra­dar de re­cherche est aus­si une cible à dé­truire, et le reste des équi­pe­ments doit éga­le­ment être sup­pri­mé - un ra­dar seul se rem­place ai­sé­mentf…

Lors du tra­jet à basse al­ti­tude d’une zone hos­tile, le pi­lote de Su-25T se concentre avant tout sur l’évi­te­ment d’obs­tacles et sur la me­nace des chas­seurs en­ne­mis. En ar­ri­vant à por­tée des ob­jec­tifs, le pi­lote active ses na­celles CME (touche par dé­faut : E) ; elles ont be­soin de quelques se­condes pour s’ini­tia­li­ser, un mes­sage ECM cli­gnote sur le HUD puis il de­vient fixe ( fig. 5). Le Su-25T dis­pose en outre d’un brouilleur in­fra­rouge sous sa dé­rive ( fig. 6), il per­turbe les cap­teurs des mis­siles qui se guident sur la cha­leur émise par les ré­ac­teurs ; on active le brouilleur avec le rac­cour­ci Maj. Gauche + E, ce qui af­fiche DIRCM sur le HUD.

En ap­proche de la zone de com­bat, on ef­fec­tue une mon­tée en al­ti­tude - au­cune va­leur fixe, tout dé­pend du ter­rain en­vi­ron­nant et des re­liefs. Le pi­lote sur­veille son aver­tis­seur ra­dar ( fig. 7), élé­ment in­dis­pen­sable aux mis­sions SEAD plus que toute autre. Le SPO-15 est ty­pique russe (voire so­vié­tique) et se ré­vèle moins ex­pli­cite que ses équi­va­lents oc­ci­den­taux. Avec un peu de pra­tique on peut néan­moins l’ap­pri­voi­ser. Au moins, lors­qu’il cli­gnote, on sait que la mis­sion d’at­taque peut dé­bu­ter !

On bas­cule en mode air-sol et la na­celle ELINT est ac­ti­vée. Nul be­soin de pré­chauf­fage, elle est im­mé­dia­te­ment dis­po­nible et son fonc­tion­ne­ment est si­gna­lé par l’ins­crip­tion ETS sur le HUD, ain­si qu’un car­ré de dé­si­gna­tion de cible ( fig. 8). Pen­sez à sé­lec­tion­ner un ar­me­ment com­pa­tible, Kh-58 ou Kh-25MPU (si­gna­lé en bas à droite du HUD). En poin­tant l’avion en di­rec­tion des ra­dars émet­teurs, leurs em­pla­ce­ments s’af­fichent sous la forme de lo­sange avec une in­di­ca­tion de si­gnal - par exemple P pour Pa­triot, S11 pour SA-11 ( fig. 9). Le pi­lote po­si­tionne son car­ré sur le lo­sange vou­lu à l’aide des com­mandes de cur­seur de dé­si­gna­tion, et va­lide l’ac­qui­si­tion. Le lo­sange de­vient un cercle, va­li­dant le ver­rouillage du mis­sile sur l’ob­jec­tif ( fig. 10). Sur la par­tie gauche du HUD fi­gure une échelle de dis­tance. Un mar­queur pré­cise la dis­tance de la cible, et une flèche des­cend le long de l’échelle ver­ti­cale. Les va­leurs sont ob­te­nues à par­tir de la na­celle ELINT qui com­pare l’in­ten­si­té et le type du si­gnal avec sa base de don­nées in­terne. La flèche mo­dé­lise la por­tée utile du mis­sile : plus on se rap­proche de l’ob­jec­tif dé­si­gné, plus la flèche des­cend. Lors­qu’elle est au ni­veau du mar­queur, on est à por­tée de tir, et le mes­sage LA (pour Launch, ti­rer) est pré­ci­sé sur le HUD ( fig. 11). On peut pres­ser la dé­tente !

L’avan­tage des mis­siles an­ti­ra­dar est qu’ils sont « fire and for­get » : une fois lan­cés, ils sont au­to­nomes et n’ont pas be­soin

de l’avion lan­ceur. D’où l’in­té­rêt pour le pi­lote de vi­rer à 90° pour avoir le si­gnal ra­dar dans ses 3 ou 9 heures et pi­quer vers le sol. C’est ici le B.A.-BA des ma­noeuvres éva­sives. Car si on est à por­tée de tir pour at­ta­quer les SAM, il y a de grands risques que nous soyons aus­si dans la zone mor­telle de la bat­te­rie de dé­fense. On ne sau­ra pas for­cé­ment si on a fait mouche, mais au moins on est à l’abri pour une deuxième passe d’at­taque. N’ou­bliez pas de lar­guer chaffs et flares en vous échap­pant. Gar­der un angle entre 60 et 90° entre un mis­sile à tête cher­cheuse et votre ap­pa­reil est en­core la meilleure ga­ran­tie de pou­voir cor­rec­te­ment le leur­rer.

Li­mites de l’exer­cice

C’est une chose que de suivre les pro­cé­dures « se­lon le ma­nuel » (doc­trine so­vié­tique puis russe), mais sur le ter­rain les choses se passent ra­re­ment comme pré­vu. En mis­sion SEAD, il faut sa­voir an­ti­ci­per les im­pré­vus ; comme pour toute opé­ra­tion mi­li­taire, la sé­quence d’ac­tions doit être par­fai­te­ment mé­mo­ri­sée et exé­cu­tée comme par ré­flexe, de ma­nière à gar­der l’es­prit ca­pable d’im­pro­vi­ser en cas de pro­blème.

Pre­mière re­marque : les mis­siles an­ti­ra­dar sont des aé­ro­nefs à leur ma­nière, et peuvent eux-mêmes consti­tuer des cibles pour les SAM. Nous avons ain­si eu la sur­prise de voir deux Pa­triot fondre sur notre gros Kh-58 ti­ré trop tôt, alors même que notre Su-25T était hors de por­tée des mis­siles. Le bon cô­té est que les deux Pa­triot ain­si gas­pillés par l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle n’al­laient pas dé­truire d’avion… No­tez que les bat­te­ries de DCA sont moins ré­ac­tives et qu’il y a peu de chance (ce qui ne veut pas dire im­pos­sible) qu’un mis­sile soit dé­truit par les obus de dé­fense.

Autre sou­ci : les sys­tèmes an­ti­ra­dars sont sans au­cun ef­fet contre les mis­siles à gui­dage in­fra­rouge. Et comme les ser­pents, les plus pe­tits sont les plus dan­ge­reux. Un vé­hi­cule de trans­port de SA-8 ou de Cha­par­ral pos­sède bel et bien un ra­dar d’ac­qui­si­tion, même si ses pro­jec­tiles ont une tête cher­cheuse à in­fra­rouge. Au moins on est aver­ti de leur pré­sence, et la por­tée moindre de ces sys­tèmes par rap­port aux mis­siles à gui­dage ra­dar per­met de conser­ver une dis­tance de sé­cu­ri­té. En re­vanche les mis­siles por­tables - Stin­ger, SA-18 et consorts - frappent sans au­cun moyen d’être aver­ti ni de leur pré­sence, ni de leur lan­ce­ment. Mo­ra­li­té : chaque passe à basse al­ti­tude (par exemple pour sup­pri­mer les vé­hi­cules et lan­ceurs après avoir neu­tra­li­sé l’an­tenne émet­trice d’un ra­dar) doit se faire avec brouilleur in­fra­rouge ac­ti­vé et lar­gage de flares ( fig. 12).

Les mis­sions SEAD sont tech­ni­que­ment simples à ef­fec­tuer, bien plus que des bom­bar­de­ments avec dé­si­gna­tion la­ser en A-10C ou une at­taque an­ti­na­vire à longue dis­tance en Vig­gen. Il y a fi­na­le­ment peu de com­mandes à mé­mo­ri­ser, les sé­quences de ma­ni­pu­la­tions sont ra­pides et ne de­mandent pas de dex­té­ri­té hors du com­mun. La dif­fi­cul­té vient sur­tout de l’en­vi­ron­ne­ment, par dé­fi­ni­tion très hos­tile, et de la vi­tesse d’exé­cu­tion des opé­ra­tions. Le pi­lote SEAD est un so­li­taire, une fois de plus, et il ne peut comp­ter que sur lui pour la réus­site de son vol. Il faut du cran et une par­faite maî­trise de son Su­khoi. En contre­par­tie, tout pos­ses­seur de DCS World (quelle qu’en soit la ver­sion) est à même de s’es­sayer à ces opé­ra­tions et de s’en­traî­ner à chas­ser les SAM. Pro­fi­tez donc bien de l’édi­teur de mis­sions pour concoc­ter des opé­ra­tions réa­listes et met­tant en oeuvre toutes sortes de mis­siles.

Fig. 1 : Une confi­gu­ra­tion d’em­port SEAD ty­pique : sous le ventre, l’in­dis­pen­sable na­celle Fan­tas­ma­go­ria. Sous les ailes, de l’in­té­rieur vers l’ex­té­rieur, deux Kh-58U longue por­tée, deux Kh-25MPU an­ti­ra­dars, deux Kh25L à gui­dage la­ser pour les vé­hi­cules ou ins­tal­la­tions fixes, deux mis­siles air-air pour l’au­to­dé­fense et en­fin deux na­celles CME. Ou­bliez la ma­nia­bi­li­té avec cette charge aux li­mites des ca­pa­ci­tés du Su-25T !

En rase-mottes vers la zone d’at­taque…

Fig. 3 : Une fois dans la zone « sen­sible », on monte au-des­sus des re­liefs pour cap­ter les si­gnaux ra­dar. En se ma­ni­fes­tant ain­si, on pro­voque la cu­rio­si­té des dé­fenses, qui de­viennent plus fa­ci­le­ment re­pé­rables. Un jeu de chat et sou­ris !

Fig. 2 : En vol vers la zone de com­bat où les SAM ont été si­gna­lés, sous la ligne de crête pour ne pas être dé­tec­té.

Fig. 4 : Une bat­te­rie de Pa­triot ne com­porte pas que les tubes lance-mis­siles : il y a le ra­dar de gui­dage, ce­lui de re­cherche, le vé­hi­cule de con­trôle, ce­lui qui em­barque la gé­né­ra­trice élec­trique…

Fig. 5 : Le HUD men­tionne les modes de brouillage ac­tifs : ECM contre les ra­dars, DIRCM contre les in­fra­rouges.

Fig. 6 : Le brouilleur in­fra­rouge est si­tué sous la dé­rive, entre la gou­verne et l’em­pla­ce­ment du pa­ra­chute de frei­nage.

Tir d’un Kh-58, un mis­sile de taille im­po­sante.

Le Kh-58 va frap­per son ob­jec­tif alors qu’on s’est mis à l’abri.

Fig. 7 : L’aver­tis­seur ra­dar SPO-15 : ici une me­nace est dé­tec­tée dans le sec­teur avant de l’ap­pa­reil. Le cercle en poin­tillé orange in­dique la force du si­gnal. Si un tir a été re­pé­ré, le disque au­tour de la sil­houette de l’avion cli­gnote en rouge.

Fig. 8 : Mode air-sol ac­ti­vé, mis­siles Kh-58 sé­lec­tion­nés (in­di­ca­tion 58 en bas à droite), et na­celle ELINT fonc­tion­nelle (men­tion ETS et car­ré de dé­si­gna­tion).

Fig. 9 : Un ra­dar de gui­dage de SA-11 est dé­tec­té à une heure, sym­bo­li­sé par un lo­sange.

Le Kh-25 est plus pe­tit et moins ra­pide que le Kh-58.

Fig. 10 : La cible est ver­rouillée (cercle) ; no­tez l’échelle de dis­tance à gauche, de 0 (en bas) à 100 km (en haut). Le ra­dar est ap­proxi­ma­ti­ve­ment à 45 km.

Fig. 11 : La flèche et le mar­queur se su­per­posent sur l’échelle de dis­tance, l’in­di­ca­tion LA s’af­fiche, on est à por­tée de tir.

Une bat­te­rie de Hawk tire après dé­tec­tion. Notre mis­sile frap­pe­ra le ra­dar im­mé­dia­te­ment après, lais­sant le Hawk désem­pa­ré.

Fig. 12 : Lar­gage de flares, des pe­tites boules d’un com­po­sé chi­mique (ma­gné­sium, souffre) qui brûlent à haute tem­pé­ra­ture et peuvent dé­rou­ter les mis­siles à gui­dage in­fra­rouge.

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