Flight Si­mu­la­tor X Tou­jours la ré­fé­rence

Avec onze ans de ser­vice, le vé­né­rable FS X dé­tient le re­cord de lon­gé­vi­té dans sa ca­té­go­rie. Mal­gré les évo­lu­tions tech­niques et une concur­rence tou­jours plus rude, il de­meure la ré­fé­rence en ma­tière de si­mu­la­teur de vol grand pu­blic.

Micro Simulateur - - DOSSIER SIMULATION - E.B.

Lors de sa pu­bli­ca­tion ini­tiale à la fin 2006, le dixième Flight Si­mu­la­tor a eu du mal à s’im­po­ser. Trop en avance sur son temps, il exi­geait bien trop de res­sources sys­tème par rap­port aux ca­pa­ci­tés des PC de l’époque. Trop no­va­teur sur cer­tains points (XML, Di­rectX 10…) il a sur­tout eu la lourde tâche de suc­cé­der à un FS 2004 qui avait très lar­ge­ment sé­duit les pi­lotes vir­tuels. Pas fa­cile d’être le dau­phin dans ces condi­tions !

Néan­moins, au fil du temps, FS X s’est im­po­sé, en par­tie par la force des choses. Re­con­nais­sons que ses qua­li­tés ont pu être dé­voi­lées grâce au re­nou­vel­le­ment des ma­chines, en­fin ca­pables de faire tour­ner le monstre dans de bonnes condi­tions. Fi­na­le­ment FS X est de­ve­nu au dé­but des an­nées 2010 la ré­fé­rence en ma­tière de si­mu­la­tion de vol ci­vil. L’er­go­no­mie per­met de le prendre en mains as­sez ra­pi­de­ment, de dé­fi­nir ses op­tions de vol en quelques clics. La bi­blio­thèque d’ex- ten­sions s’est aug­men­tée au fil des ans de tout ce qui peut vo­ler, de­puis le plus humble ULM jus­qu’au plus gros trans­por­teur com­mer­cial, en pas­sant par les ap­pa­reils his­to­riques, les hé­li­co­ptères, les pla­neurs… Les dé­cors ne sont pas en reste : pe­tit aé­ro­drome hy­per­dé­taillé ou mo­di­fi­ca­tion com­plète du monde vir­tuel à l’aide de tex­tures mo­di­fiées et de re­lief af­fi­né, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Et pur ce qui est des uti­li­taires, on a éga­le­ment le choix de vastes gammes de pro- grammes com­plé­men­taires pour ajou­ter du tra­fic vir­tuel, mo­di­fier la mé­téo, pré­pa­rer ses plans de vol, faire vivre une com­pa­gnie vir­tuelle. En onze ans d’exis­tence, FS X a été le si­mu­la­teur qui a connu le plus grand nombre de conte­nus ad­di­tion­nels.

Chan­ge­ment d’adresse

Las, en 2014, Mi­cro­soft an­non­çait la fin de la com­mer­cia­li­sa­tion de son lo­gi­ciel de si­mu­la­tion et la ces­sion des droits

à une mai­son de pu­bli­ca­tion bri­tan­nique, Do­ve­tail Games. Ce « chan­ge­ment de pro­prié­taire » fai­sait suite à di­vers sou­cis d’évo­lu­tion : FS X a dû su­bir les chan­ge­ments de sys­tème d’ex­ploi­ta­tion, pas tou­jours bien sup­por­tés (ni par le si­mu­la­teur ni par ses ex­ten­sions). De plus, le lo­gi­ciel com­mence à da­ter et ne ré­pond plus for­cé­ment aux cri­tères d’au­jourd’hui en termes de gra­phismes. Do­ve­tail a néan­moins eu l’idée de trans­po­ser FS X au sys­tème de té­lé­char­ge­ment en ligne Steam. Si les sup­ports DVD ont dis­pa­ru peu à peu des rayons, le lo­gi­ciel reste dis­po­nible à la vente pour une tren­taine d’eu­ros, dans sa ver­sion com­pre­nant l’Ac­ce­le­ra­tion Ex­pan­sion Pack (un cor­rec­tif ma­jeur in­té­grant des ap­pa- reils et dé­cors sup­plé­men­taires). Bonne nou­velle, cette ver­sion ap­pe­lée lo­gi­que­ment FS X SE (pour Steam Edi­tion) est com­pa­tible avec la ma­jo­ri­té des ex­ten­sions pu­bliées au­pa­ra­vant, le prin­ci­pal sou­ci dans ce cas pro­ve­nant sur­tout du pas­sage à Win­dows 10 pas tou­jours sup­por­té par les conte­nus ad­di­tion­nels. Et pe­tit pro­blème pour les pi­lotes uni­que­ment fran­co­phones, le lo­gi­ciel a conser­vé l’an­glais pour ses me­nus. Si on peut en­core mettre la main sur des DVD d’ori­gine en foui­nant sur le mar­ché de l’oc­ca­sion, mais gare aux re­ven­deurs peu scru­pu­leux qui jouent la carte de la spé­cu­la­tion : à plus de 40 eu­ros le DVD, c’est pu­re­ment de l’ar­naque.

Alors FS X est-il en­core in­té­res­sant à ce jour ? In­con­tes­ta­ble­ment oui. Si on ac­cepte l’in­ter­face an­glo­phone de Steam Edi­tion, on dis­pose dé­jà d’un monde vir­tuel com­plet, d’une ving­taine d’aé­ro­nefs dans tous les styles et de condi­tions de vol to­ta­le­ment pa­ra­mé- trables (jour, nuit, mé­téo…), avec un tra­fic IA et un contrôle aé­rien op­tion­nel. S’y ajoutent une bi­blio­thèque d’ex­ten­sions très four­nie, et une vaste com­mu­nau­té d’uti­li­sa­teurs dans le monde en­tier. Certes FS X ac­cuse son âge : ses gra­phismes sont plu­tôt da­tés (sur­tout si on n’uti­lise pas de dé­cor ad­di­tion­nel), les bases de na­vi­ga­tion (ba­lises, aé­ro­ports) sont dé­pas­sées (mais peuvent être mises à jour à l’aide d’élé­ments tiers), et le mo­dèle de vol des ap­pa­reils est sou­vent ju­gé un peu trop com­plai­sant. Voi­là pour­quoi cer­tains se tournent plu­tôt vers P3D (voir p. 26), mais toutes les ex­ten­sions ne sont pas com­pa­tibles entre les deux lo­gi­ciels.

Au fi­nal, en 2017 FS X est en­core la ré­fé­rence en ma­tière de si­mu­la­tion de vol mal­gré son âge. Les pos­si­bi­li­tés de per­son­na­li­sa­tion, d’ajout de conte­nus et d’aven­tures di­verses et va­riées sont ses points forts. De l’ap­pren­tis­sage du pi­lo­tage en pe­tit mo­no­mo­teur jus­qu’à la tra­ver­sée océa­nique en avion de ligne en pas­sant par les opé­ra­tions aé­ro­na­vales, il s’adapte à tous les contextes. Il n’y a au­cune rai­son pour que Do­ve­tail Games en ar­rête la com­mer­cia­li­sa­tion sur Steam, et des opé­ra­tions pro­mo­tion­nelles ponc­tuelles per­mettent d’ac­qué­rir FS X pour une di­zaine d’eu­ros.

Par­fait pour dé­bu­ter, le Cess­na C172 par dé­faut.

Vi­site pré­vol, en­tre­tien, pla­ni­fi­ca­tion : se­lon les ex­ten­sions, les pos­si­bi­li­tés sont nom­breuses et s’adaptent à tous les pu­blics (PA26 Co­manche par A2A Si­mu­la­tions).

Par­mi les ex­ten­sions mar­quantes, le Boeing 747-400 iF­ly : tout y est fonc­tion­nel, on s’y croi­rait.

Les ex­ten­sions de dé­cor per­mettent le vol à vue très réa­liste – ici la Pro­vence par France VFR.

Vo­lez par­tout dans le monde (scène de Pa­poua­sie AYPY par Orbx).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.