X-Plane 11 Plus sé­dui­sant !

Il est tou­jours dif­fi­cile de se dé­faire d’une ré­pu­ta­tion te­nace, qu’elle soit fon­dée ou non. Avec sa ver­sion 11, X-Plane par­vient en­fin à faire ou­blier son image de lo­gi­ciel aus­tère et peu er­go­no­mique. E.B.

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C’est presque de­ve­nu un cli­ché en si­mu­la­tion que de pré­sen­ter l e lo­gi­ciel X-Plane comme l’éternel concurrent de la li­cence Flight Si­mu­la­tor. Ini­tia­le­ment le lo­gi­ciel n’était qu’un ou­til de tra­vail per­son­nel conçu pour Ma­cOS, avant de conqué­rir un pu­blic fi­dèle mais re­la­ti­ve­ment res­treint. Ces ori­gines mo­destes ex­pliquent en par­tie l e ca­rac­tère de l a fa­mille XP­lane : dé­ve­lop­pé à l’ori­gine pour le plai­sir du pi­lo­tage et l’ex­pé­ri­men­ta­tion (d’où le X du nom), il n’a pas pro­fi­té dès sa nais­sance d’un plan mar­ke­ting, d’une étude de mar­ché pour sé­duire un vaste pu­blic ou même de l ’idée d’une com­mer­cia­li­sa­tion à grande échelle. La pre­mière ver­sion fut pu­bliée en 1993, les dé­cli­nai­sons se sont suc­cé­dé au fil du temps (avec por­tage sous Win­dows et Li­nux), mais avec tou­jours cette image de lo­gi­ciel aus­tère, moins agréable et plus com­pli­qué que la concur­rence illus­trée par la fa­mille Flight Si­mu­la­tor. Il fal­lut at­tendre 2017 pour voir pa­raître X-Plane 11, qui marque une évo­lu­tion no­table dans la phi­lo­so­phie du lo­gi­ciel et ba­laye bien des idées reçues.

Re­fonte partielle

Pour com­prendre la phi­lo­so­phie XP­lane, il faut se plon­ger dans son fonc­tion­ne­ment. La prin­ci­pale par­ti­cu­la­ri­té est ici de cal­cu­ler en per­ma­nence le com­por­te­ment aé­ro­dy­na­mique d’un aé­ro­nef, plu­tôt que de pro­po­ser un mo­dèle de vol à base de va­riables éta­blies em­pi­ri­que­ment. Il en ré­sulte une si­mu­la­tion par­fai­te­ment apte à re­pro­duire aus­si bien le vol d’un ul­tra­lé­ger mo­to­ri­sé que d’une na­vette spa­tiale en phase de ren­trée at­mo­sphé­rique. Le lo­gi­ciel est même four­ni avec des ou­tils de dé­ve­lop­pe­ment pour conce­voir, mo­dé­li­ser puis faire vo­ler ses propres créa­tions ; des pro­fes­sion­nels de l’aé­ro­nau­tique s’en servent par­fois pour va­li­der cer­tains concepts (at­ten­tion, ce­la exige une bonne maî­trise des ou­tils et n’est pas for­cé­ment à la por­tée du pre­mier sim­mer ve­nu).

Si la fi­dé­li­té des mo­dèles de vol a tou­jours été le point fort de la gamme X-Plane, il n’en a pas tou­jours été de même pour la fa­ci­li­té de prise en main et pour le ren­du gra­phique. C’est sur ces deux points que la ver­sion 11 marque une rup­ture franche avec ses

pré­dé­ces­seurs. L’in­ter­face a été en­tiè­re­ment re­pen­sée pour per­mettre à tout uti­li­sa­teur de pa­ra­mé­trer un vol en quelques clics. Ré­glages tech­niques, op­tions de ren­du vi­suel, pa­ra­mé­trages mé­téo, l’er­go­no­mie de XP11 n’a plus grand-chose à en­vier à la li­cence FS en termes de fa­ci­li­té d’em­ploi. Pour les gra­phismes, le ju­ge­ment est plus me­su­ré. Les dé­cors sont plu­tôt agréables à l’oeil (X-Plane uti­lise les rou­tines OpenGL alors que la concur­rence pri­vi­lé­gie Di­rectX, propre aux sys­tèmes Win­dows), les re­liefs sont convain­cants, mais la ges­tion des types de ter­rains, l’ap­pli­ca­tion de tex­tures co­hé­rentes avec les en­droits sur­vo­lés et la dis­tri­bu­tion des ob­jets 3D reste fan­tai­siste. Certes X-Plane 11 est en constant dé­ve­lop­pe­ment – une tra­di­tion de la fa­mille ! – et cer­taines zones s’amé­liorent au fil du temps. Mais il faut re­con­naître que sur­vo­ler Pa­ris sans voir de tour Eif­fel est un peu triste ! No­tons que le dé­cor s’ins­talle à la carte, par en­sembles géo­gra­phiques, et qu’on peut ajou­ter ou sup­pri­mer ces zones à l’en­vi. Il est pré­fé­rable de pos­sé­der une confi­gu­ra­tion ma­té­rielle mus­clée pour pro­fi­ter de X-Plane 11, avec la bonne sur­prise de voir la plu­part des pé­ri­phé­riques USB fonc­tion­ner sans sou­ci (à condi­tion de pas­ser par le pan­neau de ré­glage des com­mandes). Dé­jà des ex­ten­sions sont pu­bliées pour ce der­nier opus en date. Outre les com­por­te­ments en vol tou­jours aus­si sé­dui­sants, les aé­ro­nefs pro­fitent dé­sor­mais en stan­dard d’un cock­pit vir­tuel, de sys­tèmes em­bar­qués plus so­phis­ti­qués. X-Plane 11 pro­pose un contrôle aé­rien et un tra­fic IA en­core en re­trait par rap­port à ceux de FS X mais plus ef­fi­caces que dans les pré­cé­dentes édi­tions. La flotte par dé­faut com­prend toutes sortes d’ap­pa­reils : li­ners, avions lé­gers, pla­neur, hé­li­co­ptère… Le ca­ta­logue d’ex­ten­sions (aé­ro­nefs, dé­cors, uti­li­taires) s’étoffe chaque mois de nou­velles en­trées, et il y a de quoi vo­ler pour tous les goûts de tous les pi­lotes.

Cette ver­sion 11 de X-Plane semble at­teindre un but re­cher­ché de­puis presque 20 ans : par­ve­nir à pro­po­ser un conte­nu ca­pable de ri­va­li­ser avec la li­cence FS. Le lo­gi­ciel n’a en­core que six mois d’exis­tence et est ap­pe­lé à être amé­lio­ré au fil du temps (connexion In­ter­net qua­si­ment in­dis­pen­sable), mais dé­jà tel quel il est par­fai­te­ment à la por­tée de tous les pi­lotes vir­tuels. Les grands dé­bu­tants pro­fitent d’une in­ter­face convi­viale et cor­rec­te­ment tra­duite en fran­çais (il reste quelques lignes en an­glais de-ci de-là, mais rien de rédhi­bi­toire) ; les cu­rieux ve­nus du camp d’en face pour­ront s’es­sayer à des mo­dèles de vol au­tre­ment plus réa­listes. Quant aux vé­té­rans, nul doute qu’ils pos­sèdent dé­jà ce lo­gi­ciel qui pour­rait fort bien de­ve­nir la nou­velle ré­fé­rence du genre, et pour le­quel les ex­ten­sions se mul­ti­plient.

L’in­ter­face re­ma­niée, plus fa­cile à ap­pré­hen­der.

Les ex­ten­sions haut de gamme com­mencent à fleu­rir, tel le C172SP d’Air­foil Labs.

Le cock­pit vir­tuel du Boeing 737-800 par dé­faut.

Le pe­tit Stin­son L-5 au-des­sus des re­liefs de Pa­poua­sie

La na­vette spa­tiale fait par­tie du han­gar stan­dard : la classe !

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