Ro­ma-Ciam­pi­no X Ves­tige mo­der­ni­sé

Rome, ville éter­nelle, n’est pas ré­ser­vée qu’aux élites : pour dé­bar­quer dans la ca­pi­tale ita­lienne en low cost, on passe gé­né­ra­le­ment par l’aé­ro­port de Ciam­pi­no. Sa taille est mo­deste, mais son ex­ploi­ta­tion de­meure in­té­res­sante.

Micro Simulateur - - EXTENSION - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

La pé­riode es­ti­vale étant pro­pice aux es­ca­pades mé­di­ter­ra­néennes, c’est à Rome que nous in­vite FS X par l’en­tre­mise d’une des der­nières scènes en date sor­ties des ate­liers Ae­ro­soft. La créa­tion de ce dé­cor est par ailleurs due à une équipe lo­cale de pas­sion­nés ( Ita­lian Air­ports De­si­gners ou IAD, ça ne sonne pas très ita­lien mais l’an­glais est de­ve­nu la norme en avia­tion !) qui ont ar­pen­té les dé­cors traités et semblent par­fai­te­ment maî­tri­ser leur su­jet. C’est d’au­tant plus im­por­tant dans le cas qui nous in­té­resse que Ciam­pi­no n’est pas le prin­ci­pal aé­ro­port de la Botte. Et pour­tant c’est un mo­nu­ment his­to­rique, à quelques ki­lo­mètres du Co­li­sée, pour la simple rai­son qu’il a été ou­vert en 1916 et est tou­jours en ser­vice, un cas rare dans l’aé­ro­nau­tique, même ailleurs dans le monde. Ini­tia­le­ment ce champ de ver­dure à la pé­ri­phé­rie de Rome était un ter­rain d’ex­pé­ri­men­ta­tion, puis de­vint une ins­tal­la­tion d’État sous le ré­gime fas­ciste. Du­rant la Se­conde Guerre mon­diale, après que Rome fut pro­cla­mée ville ou­verte par l’en­trée des troupes amé­ri­caines, les ins­tal­la­tions furent ex­ploi­tées par l’U.S.A.A.F. pour de­ve­nir une base de bom­bar­diers et une es­cale pour les ap­pa­reils de tran­sport mi­li­taire. Après-guerre, Ciam­pi­no conser­va une ac­ti­vi­té mi­li­taire mais s’ou­vrit éga­le­ment au tra­fic ci­vil, en plein es­sor du­rant les an­nées cin­quante, pour de­ve­nir l’aé­ro­port de Rome jus­qu’à connaître la sa­tu­ra­tion. L’ou­ver­ture en 1960 de Fiu­mi­ci­no (bien plus à l’ouest) et de ses ins­tal­la­tions vastes si­gna le dé­but d’un dé­clin pour Ciam­pi­no qui ne sur­vé­cut pen­dant quatre dé­cen­nies que grâce aux vols mi­li­taires et of­fi­ciels : les ins­tal­la­tions ne sont si­tuées qu’à quinze ki­lo­mètres du centre de Rome, ce qui en fai­sait une pla­te­forme idéale pour tous les trans-

ports di­plo­ma­tiques. Or au dé­but des an­nées 2000, le dé­ve­lop­pe­ment des opé­ra­teurs à bas coût don­na une se­conde vie à Ciam­pi­no. L’opé­ra­teur Rya­nAir en a fait un de ses hubs mé­di­ter­ra­néens, le trans­por­teur DHL y a ins­tal­lé un centre de tri, alors que les ap­pa­reils de sé­cu­ri­té (es­sen­tiel­le­ment des bom­bar­diers d’eau) main­tiennent la tra­di­tion d’une fonc­tion de ser­vice pu­blic. Avec plus de cinq mil­lions de pas­sa­gers par an, l’Ae­ro­por­to In­ter­na­zio­nale G. B. Pas­tine (du nom d’un pi­lote ita­lien de la Pre­mière Guerre mon­diale) n’est pas le plus im­por­tant d’Ita­lie mais consti­tue une porte d’en­trée pour de nom­breux voya­geurs éco­nomes.

La scène

L’aé­ro­port de Fiu­mi­ci­no avait dé­jà fait l’ob­jet de plu­sieurs mo­dé­li­sa­tions, mais le « pe­tit » Ciam­pi­no man­quait en­core à de nom­breux ca­ta­logues. C’est dé­sor­mais chose ré­pa­rée pour FS X (la ver­sion tes­tée ici), Steam Edi­tion et P3D V.3 et V.4, le choix du si­mu­la­teur de des­ti­na­tion s’ef­fec­tuant lors de l’ins­tal­la­tion. La scène pèse 1,1 Go en té­lé­char­ge­ment et est pro­po­sée au ta­rif de 23 eu­ros sur le site de l’édi­teur. Elle se pré­sente ini­tia­le­ment sous la forme d’une ar­chive ZIP conte­nant l’ins­tal­la­teur au­to­ma­ti­sé. On rentre l’adresse mail in­di­quée lors de l’achat et le code d’ac­ti­va­tion four­ni à l’oc­ca­sion, le tour est joué. Outre la scène, le mo­dule au­to­ma­tique ins­talle éga­le­ment l’ex­ten­sion SODE dans sa der­nière ver­sion (at­ten­tion aux in­com­pa­ti­bi­li­tés avec des scènes plus an­ciennes !) pour gé­rer le tra­fic au sol, et les cartes d’ex­ploi­ta­tion. Jus­qu’à ré­cem­ment Ae­ro­soft four­nis­sait ces der­nières au for­mat PDF, elles sont dé­sor­mais au for­mat de NavDa­ta Pro, l’ou­til de cartes propre à l’édi­teur. Le lo­gi­ciel de vi­sua­li­sa­tion est four­ni, on dis­pose de toutes les don­nées sur l’aé­ro­port (SID, STAR, pro­cé­dures ILS, VOR et RNAV, im­plan­ta­tion au sol) mais nous de­vons avouer que nous pré­fé­rions le PDF, plus simple à ma­ni­pu­ler. Les temps changent ! Un ma­nuel PDF som­maire est aus­si four­ni, il pré­cise que le dé­cor pro­fite mieux d’un re­lief en 10 mètres de pré­ci­sion. Un uti­li­taire ex­terne per­met de ré­gler la den­si­té de dé­tails sur le nou­veau dé­cor : herbe vo­lu­mé­trique, ap­pa­reils sta­tiques, bâ­ti­ments aux alen­tours…

Il est temps de lan­cer FS X, dont la bi­blio­thèque de dé­cors a au­to­ma­ti­que­ment pris en compte la nou­velle scène, et de choi­sir LIRA comme point de dé­part. Au choix, les deux ex­tré­mi­tés de la piste unique (15/33) ou l’une des 77 po­si- tions de par­kings. Cer­taines sont ré­ser­vées au fret, d’autres aux ap­pa­reils lé­gers. Le ter­mi­nal est an­cien et ne dis­pose pas de pas­se­relles d’ac­cès, ce qui ex­plique l’ab­sence de dé­no­mi­na­tions de portes d’em­bar­que­ment dans la liste, mais la carte de NavDa­ta de­vrait ai­der à trou­ver le bon em­pla­ce­ment pour votre ap­pa­reil fa­vo­ri.

La scène est or­ga­ni­sée au­tour de l’aé­ro­port mais dé­passe ses li­mites propres (voir cap­ture ci-des­sus). Sur une tex­ture sai­son­nière (même si les va­ria­tions d’une pé­riode de l’an­née à l’autre ne sont pas fla­grantes) en haute dé­fi­ni­tion, on pro­fite des en­vi­rons des ins­tal­la­tions où on re­con­naît deux hip­po­dromes (dont un dé­fi­gu­ré par les feux de gui­dage, comme dans la réa­li­té !), une ci­men­te­rie, des quar­tiers d’ha­bi­ta­tion… La ville de Ciam­pi­no est to­ta­le­ment re­pro­duite, avec bâ­ti­ments et vé­gé­ta­tion. De nuit, l’en­semble est par­fai­te­ment éclai­ré, les rues et routes sont très fa­ci­le­ment iden­ti­fiables et les construc­tions 3D font jouer leurs éclai­rages spé­ci­fiques. Le ma­nuel pré­cise que les tex­tures sol ont été op­ti­mi­sées pour se fondre par­fai­te­ment avec celles du dé­cor glo­bal FTX ; ne dis­po­sant pas de cette ex­ten­sion sur notre ma­chine, nous avons consta­té que pour ce qui est des tex­tures par dé­faut de FS X, le ré­sul­tat n’est pas très heu­reux.

Pour ce qui est de l’aé­ro­port qui reste le coeur de la scène, il est conforme aux at­tentes. Sa piste unique 15/33 a été re­cons­truite pa­ral­lè­le­ment à une an­cienne construc­tion au sol, il est heu­reu­se­ment fa­cile de ne pas se trom­per ! Les ba­li­sages et mar­quages au sol sont nom­breux et par­faite- ment re­pro­duits, avec les traces de sa­lis­sures propres aux écou­le­ments de fluides di­vers et aux dé­pôts de gomme. Le ter­mi­nal de Ciam­pi­no pa­raît mi­nus­cule, sans pas­se­relle et sur un seul ni­veau. Il est ados­sé à une tour de contrôle qui est un ves­tige du pas­sé mi­li­taire des ins­tal­la­tions, un bloc cu­bique qui sur­monte à peine les autres construc­tions. L’en­semble des par­kings est en­tou­ré d’en­tre­pôts et han­gars di­vers, dont les tex­tures au­raient par­fois mé­ri­té une plus haute dé­fi­ni­tion. Les dé­ve­lop­peurs ont eu la bonne idée d’ajou­ter quelques ap­pa­reils sta­tiques : des 737 de l’opé­ra­teur ir­lan­dais Rya­nAir, des bom­bar­diers d’eau B415 (qu’on ap­pelle abu­si­ve­ment les Ca­na­dair dans l e sud de l’Hexa­gone) ain­si que de nom­breux équi­pe­ments de piste. L’en­semble est donc com­plet, réa­liste et plai­sant à l’oeil, même s’il manque tout de même un peu de vie et de mou­ve­ment aux ins­tal­la­tions. Quelques vé­hi­cules et per­son­nages ani­més au­raient mé­ri­té leur place ici.

Ex­ploi­ta­tion

Si on cherche le réa­lisme avant tout, Ciam­pi­no est prêt à ac­cueillir votre B737 Rya­nAir toute l’an­née pour une grande va­rié­té de des­ti­na­tions eu­ro­péennes. La même re­marque peut être faite pour la com­pa­gnie hon­groise Wizz Air qui des­sert LIRA avec ses A320/A319. L’aé­ro­port ac­cueille éga­le­ment un tra­fic d’avia­tion lé­gère voire d’af­faire, ain­si que les vols of­fi­ciels des membres du gou­ver­ne­ment (et du Va­ti­can, LIRA est à mi-che­min entre la place Saint Pierre et la ré­si­dence d’été de Cas­tel Gan­dol­fo). Et si vous avez un bom­bar­dier d’eau, vous pour­rez le ba­ser ici, au­près de ses col­lègues de la Pro­te­zione Ci­vile – nul be­soin de tra­duc­tion. Au sud, la zone de fret se confond avec les ate­liers d’en­tre­tien, mais des pho­to­gra­phies de l’aé­ro­port réel font bien état de Boeing aux cou­leurs de DHL. Ou­bliez en re­vanche les longs cour­riers et gros por­teurs, ils n’ont pas leur place ici : la piste est courte, 2 200 mètres, et les ins­tal­la­tions au sol in­ca­pables d’ac­cueillir un B777 ou A340. Dé­fi­ni­ti­ve­ment LIRA est avant tout un aé­ro­port do­mes­tique.

Les cartes four­nies pour NavDa­ta sont in­té­res­santes car elles mettent en évi­dence les pro­blèmes liés à un aé­ro­port an­cien, rat­tra­pé au fil des ans par l’ur­ba­ni­sa­tion. L’ap­proche pour la piste 15 ou les dé­parts en 33 font sur­vo­ler le centre de la ca­pi­tale, à une quin­zaine de ki­lo­mètres du bout de la piste. Ce qui pro­voque des tra­jec­toires avec une baisse ra­pide d’al­ti­tude (ou mon­tée tout aus­si ra­pide) pour ne pas in­com­mo­der les Ro­mains et res­pec­ter les normes de sé­cu­ri­té. Des re­liefs à l’est de la piste em­pêchent de dé­ga­ger se­lon son bon vou­loir en cas de re­mise des gaz, un bon éta­ge­ment des vols est in­dis­pen­sable ici. L’axe 15 pa­raît être pri­vi­lé­gié même s’il sur­vole Rome, c’est ce­lui qui dis­pose d’un ILS. Mais les ap­proches de type VOR, NDB et RNAV sont aus­si en­vi­sa­geables, et ce pour les deux sens de la piste. Le temps est gé­né­ra­le­ment clé­ment au­tour de la ville éter­nelle et les re­pères vi­suels sont nom­breux, les condi­tions sont donc réunies pour des vols sans sou­ci en ap­pa­reils lé­gers. En re­vanche, les tra­jec­toires im­po­sées aux li­ners (sur­tout pour les low cost où le ren­de­ment est la clef de l’ef­fi­ca­ci­té) pour­raient consti­tuer des dé­fis aux pos­ses­seurs de B737 vir­tuels.

Ciam­pi­no reste une des­ti­na­tion in­té­res­sante, à condi­tion d’avoir la bonne mon­ture pour s’y rendre. Le trai­te­ment de l’en­semble est cor­rect et conforme à la réa­li­té, mais il manque ces pe­tites touches qui font la dif­fé­rence entre une scène lamb­da et une grande réus­site : un peu d’ani­ma­tion, plus d’ap­pa­reils sta­tiques et plus va­riés, des tex­tures plus dé­taillées sur cer­tains han­gars… Rien de rédhi­bi­toire dans ces re­marques, mais au fil du temps on s’est ha­bi­tué à une dé­bauche d’ef­fets, alors on y prend goût !

De­vi­nez quel opé­ra­teur prin­ci­pal des­sert Ciam­pi­no…

Le mo­dule de confi­gu­ra­tion de den­si­té des dé­cors.

De nuit, les éclai­rages sont très réus­sis.

Les dé­tails sont nom­breux et ne pé­na­lisent pas trop le fra­me­rate.

Les cartes sont dé­sor­mais four­nies au for­mat de NavDa­ta Pro et vi­sibles avec le mo­dule dé­dié.

L’aé­ro­port ac­cueille aus­si l’avia­tion gé­né­rale et lé­gère.

Le ter­mi­nal pas­sa­gers, très mo­deste en taille !

En haut : En at­tente pour la piste 15 : les re­liefs s’élèvent à l’est de l’aé­ro­port. En bas : Le ba­li­sage pour l’axe 15 a im­po­sé une fo­rêt de por­tiques.

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