Pi­lo­tez au­tre­ment !

Presque un an après sa pu­bli­ca­tion ini­tiale, Ae­ro­fly FS 2 est tou­jours en « cours de dé­ve­lop­pe­ment », se­lon la for­mule consa­crée… Très dif­fé­rent des autres lo­gi­ciels dans son ap­proche de la si­mu­la­tion, il mé­rite néan­moins que les cu­rieux se penchent sur s

Micro Simulateur - - DOS­SIER -

On ne l’at­ten­dait pas sur ce cré­neau, et pour­tant il a su sé­duire son pu­blic : Ae­ro­fly FS 2 a vrai­ment créé la sur­prise. Ce loin­tain cou­sin d’un lo­gi­ciel de si­mu­la­tion d’aé­ro­nefs ra­dio­com­man­dés nous vient d’Al­le­magne, mais la pre­mière bonne sur­prise est qu’il est in­té­gra­le­ment tra­duit en fran­çais. Très simple à abor­der, il pro­pose de vo­ler vir­tuel­le­ment sans trop s’en­com­brer de ré­gle­men­ta­tion, de tra­fic dense, de pannes mé­ca­niques ou de chan­ge­ments mé­téo. L’ac­cent est avant tout mis ici sur le plai­sir de pi­lo­ter li­bre­ment… Et c’est dé­jà beau­coup !

Pre­mier constat : Ae­ro­fly FS 2 est beau, très beau ! Les dé­cors sont pho­to réa­listes en très haute ré­so­lu­tion, les ef­fets de lu­mière et de ré­flexion sur les car­lingues sont très soi­gnés, et les points de vue ori­gi­naux pro­posent une vi­site vir­tuelle dans les ap­pa­reils de la flotte. Celle-ci se com­pose de 17 ap­pa­reils par dé­faut : avions lé­gers, li­ners com­mer­ciaux, mo­dèles mi­li­taires, acro­bates aé­riens, pla­neurs, le pa­nel est large ! Les mises à jour suc­ces­sives ont amé­lio­ré le han­gar par dé­faut, et il reste pos­sible qu’à l’ave­nir les fu­turs dé­ve­lop­pe­ments – ou des ex­ten­sions op­tion­nelles – aug­mentent en­core le nombre d’ap­pa­reils. La contre­par­tie est que les mo­dèles sont plu­tôt sim­pli­fiés dans leurs sys­tèmes em­bar­qués. N’at­ten­dez pas d’Ae­ro­fly FS 2 un ou­til pour ap­prendre à pi­lo­ter un Boeing 747 ou un F-15 ! Les avions ici ne dis­posent que du strict né­ces­saire : com- mandes de vol pour les axes et les gaz, ré­glages de ra­dio/na­vi­ga­tion, quelques ac­ces­soires (trains, vo­lets…) et c’est tout. De ce fait, le lo­gi­ciel est as­sez réa­liste pour les pe­tits ap­pa­reils (l’uni­ver­sel Cess­na 172, l’Ex­tra 300, les pla­neurs) mais ne cherche pas à ri­va­li­ser avec ses concur­rents pour ce qui est des avions plus « mus­clés » (Boeing,

Air­bus, F/A-18…). Même si les mo­dèles de vols sont réus­sis et iden­ti­fiables pour chaque ap­pa­reil, l’ac­cent est vrai­ment mis sur le plai­sir d’évo­luer dans le ciel.

Quels pay­sages !

Ce­la tombe bien, car de­puis le ciel vir­tuel (avec chan­ge­ment d’heure et quelques va­ria­tions mé­téo pos­sibles), on peut ad­mi­rer le sol. Le monde AFS2 est plu­tôt ré­duit, si on le com­pare aux autres té­nors : il se res­treint en stan­dard à la Ca­li­for­nie, l’Utah, un bout du Ne­va­da… Mais avec des tex­tures pho­to très haute ré­so­lu­tion et un re­lief à l’ave­nant. C’est très suf­fi­sant pour dé­jà faire ses pre­mières armes et jouer au tou­riste aé­rien. Des ex­ten­sions sont d’ores et dé­jà pro­po­sées : la Suisse, le nord-est des États-Unis, Chi­ca­go, Inns­bruck (voir nos ac­tua­li­tés du mois). Les éten­dues trai­tées en haute ré­so­lu­tion de­vraient à terme per­mettre des vols plus exo­tiques.

Le monde vir­tuel est en outre ac­com­pa­gné de ba­lises de ra­dio­na­vi­ga­tion et de points tour­nants. Les aé­ro­ports sont nom­breux, de la pe­tite piste pri­vée jus­qu’à l’im­po­sante ins­tal­la­tion in­ter­na­tio­nale. Néan­moins, AFS2 ne prend pas en compte (pour le mo­ment) de tra­fic IA, ni de con­trôle aé­rien, et il fait l’im­passe sur la ré­gle­men­ta­tion aé­rienne. Rien n’em­pêche les sim­mers épris de réa­lisme de s’ai­der de cartes VFR, puisque tous les re­pères sont clai­re­ment iden­ti­fiables ici. Nous en avons fait l’ex­pé­rience ré­cem­ment, AFS2 est par­fai­te­ment apte à de­ve­nir une base pour l’ap­pren­tis­sage de la na­vi­ga­tion à l’aide de ba­lises ADF ou VOR, et cer­tains ap­pa­reils dis­posent d’un GPS. Très fa­cile à prendre en main, le si­mu­la­teur per­met de sur­croît de pré­pa­rer un pe­tit plan de vol en trois clics, et éven­tuel­le­ment d’af­fi­cher la route vir­tuelle sous la forme de cadres dans le ciel. Trop fa­cile ? Alors on baisse la vi­si­bi­li­té et on ef­fec­tue son aven­ture en ré­gime IFR. Le C172 ou les bi­mo­teurs lé­gers au­to­risent ces genres de contextes réa­listes. Mais la fan­tai­sie n’est pas ou­bliée, puis­qu’on peut se faire plai­sir en re­mon­tant le Grand Ca­nyon en F-15 à Mach 1, mul­ti­plier les ap­proches à KLAX en B747, convoyer des VIP en biz­jet et en pi­lote au­to­ma­tique…

Clai­re­ment Ae­ro­fly FS2 ne vise pas le réa­lisme pous­sé des autres si­mu­la­teurs, il pa­rie plu­tôt sur une forme de plai­sir égoïste et dé­com­plexé. Ce qui n’est pas pour nous dé­plaire. Car fi­na­le­ment, les an­ciennes ver­sions de FS (95, 98) ou de X-Plane ne pro­po­saient guère mieux en termes de réa­lisme des sys­tèmes, et pour­tant elles ont per­mis de mettre le pied à l’étrier pour de nom­breux sim­mers. Pour le mo­ment, les prin­ci­pales la­cunes concernent les com­mu­ni­ca­tions ra­dio, les pannes ou dom­mages et la pos­si­bi­li­té de vo­ler en ré­seau. Mais ces dé­ve­lop­pe­ments sont à l’étude par les équipes d’IPACS. Il ne fau­drait pas non plus qu’AFS2 de­vienne trop com­plexe, il y per­drait son ca­rac­tère de si­mu­la­tion de loi­sir, ac­ces­sible à tous et qui le dé­marque des autres lo­gi­ciels de pi­lo­tage vir­tuel. Pour notre part, AFS2 livre de très bons mo­ments dans des dé­cors ma­gni­fiques. L’éva­sion est bien au ren­dez­vous, le plai­sir aux com­mandes éga­le­ment, que de­man­der de plus ?

San Fran­cis­co en F/A-18 ?

Un peu de pla­neur ? AFS2 re­pro­duit très bien les in­fluences du re­lief sur les vents et les ther­miques.

Le cock­pit du C172SP, avec GPS in­té­gré.

Au dé­col­lage de KLAX à la tom­bée de la nuit.

Dé­fi­ni­ti­ve­ment, c’est très beau !

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