Pre­par3D v4

L’al­ter­na­tive at­ten­due ?

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par Em­ma­nuel Blanc hard

Si les fran­co­phones ont adop­té l’ap­pel­la­tion pho­né­tique « Pé-troisDé », Pre­par3D de­vait plu­tôt se pro­non­cer « Pré­parEd », à en croire ses dé­ve­lop­peurs. Cu­rio­si­té du monde in­for­ma­tique, ce lo­gi­ciel n’est pas un si­mu­la­teur de vol. Pour­tant il y a des aé­ro­nefs de toutes sortes, un monde vir­tuel très bien re­pro­duit, et de nom­breuses si­mi­li­tudes avec FS X. Pour­tant, les ac­teurs his­to­riques de la si­mu­la­tion de vol grand pu­blic pu­blient des ex­ten­sions spé­cia­le­ment dé­diées à P3D (voir p. 28). Avant d’en­trer dans le vif du su­jet, une longue ex­pli­ca­tion sur la na­ture même de ce pro­duit s’im­pose…

Sou­ve­nir de ge­nèse

L’ori­gine de P3D re­monte à 2009 : Mi­cro­soft dé­ci­dait de fer­mer la branche de dé­ve­lop­pe­ment Aces Games Stu­dio, com­po­sée d’une équipe d’une cen­taine de per­sonnes à l’ori­gine (entre autres) de Flight Si­mu­la­tor X. Ce­la si­gni­fiait l’ar­rêt des amé­lio­ra­tions pour ce der­nier, et de nou­velles pers­pec­tives dans la si­mu­la­tion de vol, ce qui abou­tit au fias­co mé­mo­rable de Mi­cro­soft Flight… Mais FS X res­tait dans le gi­ron du géant du lo­gi­ciel et était en­core dis­tri­bué. Ce que le grand pu­blic sait moins, c’est qu’en pa­ral­lèle l’édi­teur pro­po­sait Mi­cro­soft ESP ( En­tre­prise Si­mu­la­tion Plat­form), un ou­til si­mi­laire à FS X SP2 mais des­ti­né au dé­ve­lop­pe­ment et à la re­cherche. Sa­chant que FS X et ESP étaient des­ti­nés à vé­gé­ter, l’avion­neur amé­ri­cain Lock­heed Mar­tin dé­ci­da de ra­che­ter les droits d’ESP pour en faire un ou­til d’étude in­terne, des­ti­né à évo­luer in­dé­pen­dam­ment de son grand frère en­core dans les bacs. Après tout, X-Plane est de­puis long­temps em­ployé par des pro­fes­sion­nels de la construc­tion aé­ro­nau­tique, pour­quoi pas Flight Si­mu­la­tor ? À cette fin, Lock­heed em­bau­cha même des membres de l’an­cienne équipe d’Aces Stu­dio. L’ac­cord de ces­sion du code source et des droits de pro­prié­té in­tel­lec­tuelle fut conclu en 2010 et dès mai 2011, le nou­veau lo­gi­ciel fut mis à dis­po­si­tion des pro­fes­sion­nels.

On touche là au coeur d’un pro­blème propre à P3D. Car les ac­cords pas­sés entre l’édi­teur de lo­gi­ciel et le construc­teur d’avions sous-en­ten­daient que le nou­veau

Et si la der­nière ver­sion du lo­gi­ciel dis­tri­bué par l’avion­neur amé­ri­cain était celle qu’es­pé­raient tant les sim­mers de­puis plu­sieurs an­nées ? Entre pro­messes tech­niques et res­tric­tions d’uti­li­sa­tion, les pas­sion­nés s’y perdent un peu. Après les émois du lan­ce­ment ini­tial, nous avons étu­dié ce pro­gramme à la loupe.

pro­duit ne de­vait pas en­trer en concur­rence avec FS X, en­core dis­tri­bué. L’as­pect pro­fes­sion­nel du nou­veau si­mu­la­teur, bap­ti­sé P3D, était en outre sou­li­gné par le ta­rif de la li­cence : 499 $, pro­hi­bi­tif pour le grand pu­blic. Lock­heed Mar­tin in­sis­ta dès le dé­but sur le fait que P3D était un ou­til de re­cherche et de dé­ve­lop­pe­ment, de for­ma­tion et d’en­traî­ne­ment, nul­le­ment un lo­gi­ciel de si­mu­la­tion de vol du même aca­bit que FS X ou X-Plane. Or comme P3D par­ta­geait le même code source que FS X (même amé­lio­ré), il res­tait com­pa­tible avec nombre d’ex­ten­sions, que ce soit de ma­nière na­tive ou par quelques me­nues mo­di­fi­ca­tions dans la pro­gram­ma­tion des add-ons. De fait, les édi­teurs tiers ne tar­dèrent pas à mettre sur le mar­ché les dé­cli­nai­sons es­tam­pillées P3D de leurs réa­li­sa­tions (avec l’ac­cord de l’ayant droit). Lock­heed Mar­tin com­prit fi­na­le­ment que mal­gré les res­tric­tions contrac­tuelles de son si­mu­la­teur, il exis­tait un mar­ché

plus vaste que ce­lui li­mi­té aux in­gé­nieurs en aé­ro­nau­tique et autres ap­pren­tis pi­lotes. Re­voyant sa po­li­tique, il com­mer­cia­li­sa une ver­sion dite « Aca­de­mic » de son pro­duit, pour une soixan­taine de dol­lars. Le cadre d’uti­li­sa­tion était tou­jours res­tric­tif – nous y re­vien­drons – mais ce­la per­mit à de nom­breux cu­rieux de dé­cou­vrir P3D. Sur­tout, alors que FS X n’évo­luait plus, P3D connais­sait d’im­por­tantes évo­lu­tions au fil du temps et des ver­sions suc­ces­sives. Reste que chaque évo­lu­tion ma­jeure fai­sant pas­ser le lo­gi­ciel en ver­sion V +1 im­po­sait le ra­chat d’une li­cence et la ré­ins­tal­la­tion de l’en­semble. Soyons hon­nêtes : le sys­tème peut sem­bler cri­ti­quable, mais on n’ou­blie­ra pas que jus­qu’à FS X, une nou­velle mou­ture de Flight Si­mu­la­tor était pu­bliée tous les deux ou trois ans, avec tous les frais de chan­ge­ment de lo­gi­ciel et d’add-ons que ce­la im­pli­quait, et peu de sim­mers trou­vaient à y re­dire. Donc la po­li­tique de Lock­heed Mar­tin sur ce point n’est guère dif­fé­rente de celle des autres édi­teurs.

Reste que les ver­sions 1 (2011), 2 (2013) et 3 (2015) ne pré­sen­taient fi­na­le­ment que de mo­destes évo­lu­tions entre elles. Or en mai 2017 fut pu­bliée la ver­sion 4, qui elle change réel­le­ment la donne, alors même que Do­ve­tail Games (pro­prié­taire de la li­cence FS de­puis quatre ans) lan­çait Flight Sim World, suc­ces­seur an­non­cé de FS X, en mode anticipé. Grande ré­vo­lu­tion : alors que FSW fait en­core l’ef­fet d’un FS X ayant su­bi une chi­rur­gie es­thé­tique, P3D v4 va bien plus loin dans ses amé­lio­ra­tions. Car en­fin on pro­met le sup­port des sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion 64 bits avec à la clef une bien meilleure ges­tion de la mé­moire des or­di­na­teurs, dé­sor­mais li­bé­rée de la li­mite des 4 Go des sys­tèmes 32 bits. Alors, pro­messe te­nue ?

Res­tric­tions d’usage

Ne nous em­bal­lons pas, car avant de pé­né­trer dans l’uni­vers P3D, il faut en ac­cep­ter les contraintes. Tout d’abord, le lo­gi­ciel est en an­glais, et au­cune pers­pec­tive de tra­duc­tion en fran­çais n’est à l’ordre du jour. Ce­ci consti­tue dé­jà un frein à l’achat pour bon nombre d’uti­li­sa­teurs po­ten­tiels dans l’Hexa­gone. Mais ache­ter une li­cence P3D, c’est aus­si se sou­mettre à la stricte po­li­tique d’ex­ploi­ta­tion du lo­gi­ciel, maintes fois évo­quée sur le site de l’édi­teur et dans la pro­cé­dure d’ins­tal­la­tion. En clair : P3D n’est pas (se­lon Lock­heed Mar­tin) un si­mu­la­teur de vol mais un lo­gi­ciel conçu pour la for­ma­tion ini­tiale et l’en­traî­ne­ment à la prise de dé­ci­sion, pro­po­sant de sur­croît des si­tua­tions propres au monde de l’avia­tion… Il est dé­cli­né en plu­sieurs li­cences se­lon le pu­blic vi­sé (voir ta­bleau ci-des­sous). Et à tout mo­ment il est rap­pe­lé que non, ce n’est pas un lo­gi­ciel de si­mu­la­tion de loi­sir des­ti­né au grand pu­blic pour dé­cou­vrir le pi­lo­tage ou

s’éva­der par écran i nter­po­sé… L’ac­cep­ta­tion du contrat d’uti­li­sa­tion est donc un ac­cord de l’ache­teur pour em­ployer P3D dans le cadre strict pour le­quel il est pré­vu.

Hy­po­cri­sie ou res­pect des ac­cords pas­sés entre l’avion­neur et Mi­cro­soft ? Il est dif­fi­cile d’ima­gi­ner que Lock­heed Mar­tin croie vrai­ment que P3D que tous l es ac­qué­reurs de la li­cence Aca­de­mic soient ly­céens et col­lé­giens et ne l’uti­lisent que dans le cadre strict pré­co­ni­sé. An­non­çons donc la cou­leur : ce test est ac­com­pli dans l’op­tique d’une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et pour la dé­cou­verte de la si­mu­la­tion i nfor­ma­tique, et si vous cher­chez un si­mu­la­teur de vol grand pu­blic, ar­rê­tez de lire cet ar­ticle… Ou con­ti­nuez, à vos risques et pé­rils ! Nous avons ac­quis une li­cence Aca­de­mic du lo­gi­ciel, étant nous-mêmes des pro­fes­sion­nels de la for­ma­tion aé­ro­nau­tique (les nom­breux ar­ticles pra­tiques pa­rus dans l e ma­ga­zine en sont l a preuve !), nous n’en­frei­gnons donc pas les règles du contrat d’ex­ploi­ta­tion. Et comme notre l ec­to­rat com­porte une par­tie de col­lé­giens et ly­céens, la per­ti­nence de ce dos­sier de­vrait être éta­blie. Quant aux uti­li­sa­teurs qui n’en­tre­raient pas dans ces ca­té­go­ries, qu’ils sachent que leur ex­ploi­ta­tion de P3D Aca­de­mic, pour proche qu’elle semble de FS X, n’est pas conforme. Charge à cha­cun d’as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés !

Il faut no­ter qu’un SDK est pro­po­sé gra­tui­te­ment aux dé­ten­teurs d’une li­cence, quelle qu’elle soit, pour créer ses propres scé­na­rios de vol ou in­té­grer des ob­jets sup- plé­men­taires. Mais s’agis­sant d’un ou­til pour dé­ve­lop­peur, nous nous conten­te­rons de men­tion­ner son exis­tence sans le mettre à l’oeuvre.

Ins­tal­la­tion

Après la pro­cé­dure d’achat en ligne sur le site an­glo­phone of­fi­ciel, on re­çoit par cour­rier élec­tro­nique un lien vers la page de té­lé­char­ge­ment et deux iden­ti­fiants né­ces­saires à l’ac­ti­va­tion en ligne du lo­gi­ciel. Pour la ver­sion Aca­de­mic, on peut choi­sir de ré­cu­pé­rer un fi­chier ZIP unique de 12 Go conte­nant l e mo­dule d’ins­tal­la­tion, ou bien ré­cu­pé­rer une dou­zaine de fi­chiers suc­ces­sifs (pour le même vo­lume de don­nées). La qua­li­té dé­plo­rable de la connexion In­ter­net à la ré­dac­tion de Mi­cro Sim a i mpo­sé cette se­conde op­tion. Dans ce cas, un des­crip­tif des ma­ni­pu­la­tions à effectuer – rien de très sor­cier, ras­su­rez-vous – est pro­po­sé sur la page des té­lé­char­ge­ments. L’ins­tal­la­tion une fois ef­fec­tuée, on entre ses iden­ti­fiants pour l’ac­ti­va­tion, on va­lide le contrat d’uti­li­sa­tion, et on dé­couvre ce nou­veau ve­nu…

La fi­lia­tion avec l ’uni­vers FS saute aux yeux, quand bien même l’or­ga­ni­sa­tion des me­nus est lé­gè­re­ment dif­fé­rente (elle a même chan­gé de­puis la v3), en an­glais de sur­croît. Les pé­ri­phé­riques de pi­lo­tage cou­rants sont re­con­nus im­mé­dia­te­ment, les rac­cour­cis cla­vier des com­mandes par dé­faut sont les mêmes que dans FS X, on est en ter­rain connu.

Un pe­tit tour par le pan­neau des op­tions gra­phiques laisse en­tre­voir bien plus de pos­si­bi­li­tés que pré­cé­dem­ment : an­ti­alia­sing, ré­so­lu­tion des tex­tures par dé­faut, on sent que les amé­lio­ra­tions ont por­té sur la ca­pa­ci­té du lo­gi­ciel à s’adap­ter aux ma­té­riels ap­pa­rus de­puis 2009. Ce qui fai­sait cruel­le­ment dé­faut à FS X ! Une col­lec­tion de vols sau­ve­gar­dés, à la fois des si­tua­tions de dé­part et des mis­sions à ac­com­plir (nous sommes dans un ou­til de for­ma­tion, ne l’ou­blions pas !) est pro­po­sée sous la même ru­brique « load ». La base d’ins­tal­la­tions aé­ro­por­tuaire semble iden­tique à celle de FS X, le globe terrestre en­tier est bien re­pré­sen­té. On au­rait ap­pré­cié une mise à jour des don­nées de na­vi­ga­tion, ar­gu­ment qui au­rait joué en faveur de l’as­pect di­dac­tique du pro­duit.

Der­nier point tech­nique, mais non le moindre : les fi­chiers de P3D sont or­ga­ni­sés d’une ma­nière as­sez proche de celle de FS X, mais avec quelques dif­fé­rences. La bi­blio­thèque des dé­cors a dis­pa­ru du me­nu d’ac­cueil, mais elle est ac­ces­sible via la barre de me­nus en vol. Il n’y a plus de dos­sier Ad­don Sce­ne­ry, tout se passe dans le ré­per­toire Sce­ne­ry. Nous avons ain­si pu ajou­ter à P3D une scène free­ware dé­jà pré­sente dans notre FS X, en deux clics, sans pro­blème,

mais en per­dant dans l’histoire plu­sieurs ob­jets 3D spé­ci­fiques. En re­vanche, le dos­sier SimOb­ject est tou­jours là pour les aé­ro­nefs. Pour les pro­duits payants, les pro­cé­dures d’ins­tal­la­tion dif­fèrent. Deux pré­cau­tions valent mieux qu’une, vé­ri­fiez bien chez les édi­teurs les com­pa­ti­bi­li­tés an­non­cées avec le nou­veau P3D.

La flotte

Le han­gar est ra­di­ca­le­ment dif­fé­rent de ce que pro­pose FS X : la place belle est faite aux ap­pa­reils du construc­teur Lock­heed Mar­tin, quitte à pré­sen­ter des aé­ro­nefs is­sus d’édi­teurs tiers (et dû­ment cré­di­tés). Plus de C172, mais les ama­teurs de mo­no­mo­teurs peu- vent comp­ter sur l e Maule, l es Moo­ney Ac­claim (si­gné LionHeart) et Bra­vo, l e Pi­per Cub ; l e duo Ala­beo/Ca­re­na­do a four­ni un Ex­tra 300 et un A36 Bo­nan­za. Pour les bi­mo­teurs, on re­trouve les clas­siques Ba­ron 58, Bee­ch­craft 350 mais aus­si le Lock­heed Elec­tra. Cô­té gros por­teur, le Constel­la­tion de Just­flight est dé­cli­né en mo­dèle ci­vil et mi­li­taire. Et puis­qu’on parle de mi­li­taire, l’avia­tion de com­bat est bien re­pré­sen­tée : F-16, F-22 et F-35, un vé­né­rable P-38L sor­ti de la guerre du Pa­ci­fique, et même un drone Fu­ry 1500. Les voi­lures tour­nantes sont aus­si de la par­tie avec le Ro­bin­son R22, les Si­kors­ky UH et MH-60 et S-70. Nous ne ci­tons que les mo­dèles de base ici, chaque ap­pa­reil dis­po­sant de plu­sieurs li­vrées et par­fois de sous­dé­cli­nai­sons. Au rayon des cu­rio­si­tés on cite les sub­mer­sibles Ohio et Nep­tune. Par­ti­cu­la­ri­té de P3D, les ava­tars sont tou­jours pré­sents, ce sont des per­son­nages ani­més dont on peut prendre le contrôle pour ex­plo­rer une scène à hau­teur d’homme. Ils sont ci­vils ou mi­li­taires, et se « pi­lotent » d’une ma­nière par­ti­cu­lière. Au-de­là de l’as­pect gad­get, ils ont leur rôle dans cer­taines mis­sions pro­po­sées par le lo­gi­ciel.

Pour le reste, P3D in­tègre di­verses fonc­tion­na­li­tés ab­sentes des autres si­mu­la­teurs. Il sup­porte les casques de réa­li­té vir­tuelle Oc­cu­lus Rift et HTC Vive, une op­tion que nous n’avons pu tes­ter par manque de ma­té­riel adap­té, mais qui s’ins­crit dans la lo­gique du mar­ché ac­tuel.

Aux com­mandes

Et les per­for­mances dans tout ça ? Pas évident de tran­cher ! Lors de nos essais, nous avons d’abord com­pa­ré des vols dans des condi­tions iden­tiques sous FS X et P3D (mêmes ap­pa­reils, mêmes lo­ca­li­sa­tion sans scènes sup­plé­men­taires) et sys­té­ma­ti­que­ment FS X pré­sen­tait un bien meilleur fra­me­rate – par­fois le double de P3D v4. Or nous avions com­mis une er­reur d’ap­pré­cia­tion : les ré­glages gra­phiques du se­cond sont bien plus nom­breux et pré­cis, en­glo­bant des do­maines qui ne sont pas pris en compte par le vé­né­rable FS comme l’éclai­rage HD, les tex­tures hautes ré­so­lu­tion, l’an­ti­alia­sing pous­sé, les

ré­flexions de lu­mières… À force de tâ­ton­ne­ments nous sommes par­ve­nus à trou­ver des pa­ra­mètres gra­phiques équi­va­lents, pour ob­te­nir un fra­me­rate iden­tique entre les deux lo­gi­ciels pour les si­tua­tions don­nées (voir ta­bleau page pré­cé­dente). Est-ce à dire que P3D n’ap­porte pas grand-chose ?

C’est jus­te­ment l’er­reur à ne pas com­mettre. Car l e lo­gi­ciel de Lock­heed Mar­tin est très riche en op­tions gra­phiques et per­met de pous­ser bien des dé­tails tout en res­tant dans une plage de taux de ra­fraî­chis­se­ment très ac­cep­table (au-des­sus de 30 FPS). Les temps de char­ge­ment sont ré­duits par ap­port à FS X, et les mou­ve­ments de ca­mé­ra de­viennent bien plus fluides.

Les tex­tures du dé­cor ont su­bi quelques me­nus chan­ge­ments, mais rien de fla­grant par ap­port au si­mu­la­teur grand pu­blic. En re­vanche l’en­semble du dé­cor a vu sa vé­gé­ta­tion vo­lu­mé­trique mo­di­fiée pour un ré­sul­tat plus agréable à l’oeil. Les côtes et ri­vages ont été re­dé­cou­pés pour une plus grande pré­ci­sion, et les conti­nents plu­tôt dé­lais­sés par le monde vir­tuel de FS X (Afrique, Océa­nie, Asie orien­tale) ont fait l’ob­jet d’un travail sur le land­class pour ajou­ter ou mo­di­fier les im­plan­ta­tions de routes, voies fer­rées et ré­seau hy­dro­gra­phique.

Tel quel, avec des ré­glages mo­destes, P3D v4 n’est pas ré­vo­lu­tion­naire par rap­port à FS X ; mais il pré­sente mal­gré tout un grand in­té­rêt pour les pi­lotes vir­tuels. Tout d’abord par ses op­tions avan­cées, qui offrent un monde plus pré­cis, plus jo­li, et plus à même de pro­fi­ter des der­nières cartes gra­phiques. Il pos­sède de mul­tiples pe­tits plus, des gad­gets à pre­mière vue mais qui peuvent amé­lio­rer l’ex­pé­rience de la si­mu­la­tion (tou­jours dans une op­tique de for­ma­tion) : ava­tars hu­mains, vi­sion ther­mique, ca­mé­ras mul­tiples… En soi P3D v4 est dé­jà une bonne al­ter­na­tive à Flight Sim World ou FS X Steam Edition, à condi­tion de sup­por­ter l’in­ter­face en an­glais (mais si on est ha­bi­tué aux me­nus FS X, on re­trouve vite ses marques). Mais l’in­té­rêt de cet ou­til va sur­tout se ré­vé­ler lors de l’uti­li­sa­tion d’ex­ten­sions ad­di­tion­nelles. Car si dans le dé­cor par dé­faut, le taux de ra­fraî­chis­se­ment fait jeu égal avec les autres pro­duits, dès que l’on pousse les be­soins en res­sources ma­té­rielles, le sup­port du 64 bits de­vrait faire la dif­fé­rence. C’est ce que nous al­lons voir dans les pages sui­vantes. Néan­moins, même en stan­dard et sans add-on, P3D v4 pré­sente un in­té­rêt non né­gli­geable – du moins s’il est uti­li­sé dans le cadre pré­vu et an­non­cé par son édi­teur !

Les ava­tars, des per­son­nages que l’on pi­lote, ici en vi­site au Bour­get.

Près du lac d’An­ne­cy.

Les ap­pa­reils mi­li­taires sont à l’hon­neur, ici un F-16 très co­lo­ré en Grèce : no­tez le dé­cou­page pré­cis des ri­vages.

Ci-contre (gauche) : Les ré­glages gra­phiques : les op­tions sont bien plus pous­sées que dans FS X ou FSW.

Ci-contre (droite) : Il y a aus­si des voi­lures tour­nantes dans P3D.

L’in­ter­face d’ac­cueil : en an­glais, mais com­pré­hen­sible.

En des­sus : Fal­con 4 ? Non, P3D v4 ! Ci-des­sous : Deux cap­tures au même en­droit, gros brouillard sur Los An­geles… mais la vi­sion in­fra­rouge change tout !

Com­pa­rai­son P3D v4 (en haut) et FS X (en bas) près de Hong Kong : ré­glages gra­phiques équi­va­lents dans les deux lo­gi­ciels, P3D pré­sente des tex­tures plus fines et des ri­vages pré­cis.

Com­pa­rai­son près d’Auxerre en Pi­per Cub : la vé­gé­ta­tion est dis­tri­buée en fonc­tion du land­class dans P3D (en haut), les tex­tures dif­fèrent sen­si­ble­ment de FS X (en bas).

Dans le cock­pit de l’Elec­tra en Thaï­lande.

Ma­chine de test

In­tel Core i7-2600 3,4 GHz Carte mère Alien­ware 046MHW 8 Go RAM DDR3 Carte gra­phique Nvi­dia GTX 980 Ti 2 Go Win­dows 7 64 Ul­ti­mate

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