CRJ 700/900

Sou­vent dé­lais­sés par les pi­lotes vir­tuels, les ap­pa­reils de trans­port ré­gio­nal sont pour­tant un ré­gal pour les ama­teurs de pro­cé­dures et de réa­lisme. Cette paire de CRJ en est la preuve, ces avions n’ont plus grand-chose à en­vier aux gros-por­teurs.

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

De­man­dez au pre­mier qui­dam ve­nu de vous ci­ter trois construc­teurs ac­tuels d’avions de ligne : on vous di­ra Boeing et Air­bus, et après, un si­lence gê­né… Comme si l es deux géants du trans­port aé­rien ré­gnaient sans par­tage sur les cieux in­ter­na­tio­naux. Ne soyons pas cruels, il faut bien avouer qu’en de­hors de ce duo, les autres avion­neurs font ra­re­ment la une de l a presse gé­né­ra­liste. Pour­tant deux autres spé­cia­listes se par­tagent un mar­ché plu­tôt dé­lais­sé par les Eu­ro­péens d’Air­bus et les Amé­ri­cains de Boeing : ce­lui des trans­por­teurs ré­gio­naux ou court-cour­riers. Conçus pour trans­por­ter quelques di­zaines de pas­sa­gers sur des dis­tances in­fé­rieures à 1 500 km, ces ap­pa­reils se ré­vèlent plus pra­tiques et éco­no­miques que les « pe­tits » B737 ou A318/319/320. Ils concur­rencent ef­fi­ca­ce­ment l e trans­port fer­ré, consomment peu tout en in­té­grant au­jourd’hui les sys­tèmes em­bar­qués d’ap­pa­reils plus vo­lu­mi­neux, ga­ran­tis­sant ain­si la sé­cu­ri­té et le confort des pas­sa­gers. Deux construc­teurs prin­ci­paux se sont par­ta­gé ce mar­ché qui n’a rien d’une niche. Le pre­mier est le Bré­si­lien Em­braer avec sa gamme ERJ (pour Em­braer Re­gio­nal Jet) ; le se­cond vient du Ca­na­da, de la belle pro­vince de Qué­bec pour être exact, et se nomme Bom­bar­dier Aé­ro­nau­tique. Vous le connais­sez for­cé­ment, sur­tout après les in­cen­dies qui ont ra­va­gé le sud de la

France cet été, puis­qu’il dé­rive du ra­chat par le groupe Bom­bar­dier de la firme Ca­na­dair, cé­lèbre pour ses bom­bar­diers d’eau. On en re­trouve la trace dans CRJ pour Ca­na­dair Re­gio­nal Jet… La gamme CRJ est en­trée en ser­vice en 1992 avec le mo­dèle 200. Mais de­puis ce sont les mo­dèles 700 (70 places) et 900 (90 places) qui font le suc­cès de l’avion­neur. On les re­trouve de­puis 2001 sur tous les conti­nents pour des liai­sons in­té­rieures : même si les deux mo­dèles peuvent vo­ler sur plus de 3 500 km (jus­qu’à 4 500 pour le -900ER), l’es­sen­tiel des tra­jets n’ex­cède pas 1 000 km.

La gamme CRJ avait dé­jà fait l’ob­jet d’une ex­ten­sion si­gnée Wil­co Pu­bli­shing, mais elle n’est mal­heu­reu­se­ment pas com­pa­tible avec Win­dows 10, ni P3D V.3/V.4. C’est sans doute ce qui a mo­ti­vé les équipes de Di­gi­tal Avia­tion et Ae­ro­soft pour pu­blier cet add-on dé­sor­mais com­pa­tible avec les der- nières évo­lu­tions ma­té­rielles et lo­gi­cielles. Mais ce ne sont pas là les seuls atouts de cette nou­veau­té… L’édi­teur avoue hum­ble­ment dans le ma­nuel li­vré avec l’ap­pa­reil que le pro­jet avait pris énor­mé­ment de retard et avait dû su­bir plu­sieurs re­fontes suc­ces­sives, jus­te­ment pour pou­voir être adap­té aux évo­lu­tions ré­centes des sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion et des si­mu­la­teurs. Nous lui par­don­nons ai­sé­ment, car au vu du ré­sul­tat, l’at­tente était mé­ri­tée.

Offre com­plète

L’ex­ten­sion est pro­po­sée de­puis dé­but août sur le site of­fi­ciel au ta­rif de 50,37 eu­ros. Pour ce prix, on pour­ra ins­tal­ler les 26 nou­velles en­trées (13 mo­dèles -700ER, 13 mo­dèles -900ER) dans FS X, FS X Steam Edition, P3D V.3 ou en­core P3D V.4, et de Win­dows 7 à 10. Le choix du lo­gi­ciel de des­ti­na­tion se fait lors de l’ins­tal­la­tion à par­tir d’un exé­cu­table au­to­ma­ti­sé. Ce der­nier ne se charge pas seule­ment d’ajou­ter des en­trées à la flotte vir­tuelle, les CRJ sont li­vrés avec un en­semble de fi­chiers. Do­cu­men­ta­tion d’abord : on dis­pose de 10 fi­chiers PDF en an­glais, soit les ma­nuels de pré­sen­ta­tion et d’uti­li­sa­tion de l’ap­pa­reil, la des­crip­tion com­plète du fonc­tion­ne­ment du FMS, un vol tu­to­riel ex­pli­qué pas à pas entre Los An­geles et Mon­te­rey, une check-list pour les opé­ra­tions nor­males, des tables pour les vitesses

de ré­fé­rence… Ce­la re­pré­sente une im­po­sante littérature, à par­cou­rir de pré­fé­rence avant de lan­cer son si­mu­la­teur pour évi­ter les dé­con­ve­nues. L’en­semble des in­for­ma­tions est vaste mais pas for­cé­ment très bien or­don­né, et oblige à de nom­breux al­lers-re­tours entre les dif­fé­rents do­cu­ments. Par ailleurs, les au­teurs semblent avoir pris le par­ti de s’adres­ser avant tout à des sim­mers confir­més (et an­glo­phones) car cer­tains points sont à peine sur­vo­lés (le fonc­tion­ne­ment du pi­lote au­to­ma­tique par exemple) et tout dé­bu­tant risque de se sen­tir dé­pas­sé par les connais­sances préa­lables né­ces­saires. Vous voi­là pré­ve­nus.

Un mo­dule de confi­gu­ra­tion des ap­pa­reils, ex­terne au si­mu­la­teur, est éga­le­ment pré­sent, pour ré­gler le nombre de pas­sa­gers et l’em­port de car­bu­rant en fonc­tion des tra­jets pré­vus, ain­si qu’op­ti­mi­ser le fonc­tion­ne­ment des sys­tèmes em­bar­qués. De plus, les CRJ sont ac­com­pa­gnés de l’uti­li­taire RAAS Pro de FS2C­rew (ver­sion li­mi­tée à l’uti­li­sa­tion ex­clu­sive de ces ap­pa­reils) qui re­pro­duit les mes­sages d’alerte oraux lorsque l’avion est au sol (afin d’évi­ter les in­cur­sions in­opi­nées sur les pistes en fonc­tion). At­ten­tion, pour pro­fi­ter de ce bo­nus, il fau­dra ré­cu­pé­rer le pe­tit mo­dule gra­tuit Ma­keRun­way de Pete Dow­son, les liens sont pré­ci­sés dans la do­cu­men­ta­tion lors de l’ins­tal­la­tion. En­fin, en ef­fec­tuant des re­cherches dans le dos­sier d’ins­tal­la­tion, on dé­couvre un ges­tion­naire de li­vrées pour ajou­ter ou sup­pri­mer des dé­co­ra­tions. Un paint­kit est pré­vu au mo­ment où nous met­tons sous presse, mais ne semble pas en­core dis­po­nible. Néan­moins, vu le suc­cès com­mer­cial des CRJ au­près des opé­ra­teurs du monde en­tier, nul doute qu’on ver­ra ap­pa­raître sous peu une mois­son de dé­co­ra­tions ori­gi­nales et exo­tiques.

La pré­sen­ta­tion de l’en­semble laisse en­tre­voir une ex­ten­sion haut de gamme (on s’en dou­tait vu le ta­rif des CRJ) qui s’adresse à des pi­lotes vir­tuels dé­jà ex­pé­ri­men­tés. Même si plu­sieurs astuces propres à ces dé­cli­nai­sons pour la si­mu­la­tion four­nissent une aide pré­cieuse à tout mo­ment du vol, mieux vaut avoir dé­jà fait ses armes sur des ap­pa­reils plus mo­destes. Car la phi­lo­so­phie des avions de trans­port ré­gio­nal en elle-même peut se ré­vé­ler in­grate pour les néo­phytes, alors qu’elle ra­vi­ra les ama­teurs de dé­tails. Sans trop dé­voi­ler ce qui va suivre, un CRJ (ou ERJ) se pi­lote comme un Air­bus ou Boeing, il de­mande beau­coup de temps de pré­pa­ra­tion, de pro­gram­ma­tion et une bonne maî­trise des sys­tèmes em­bar­qués. L’es­sen­tiel du travail s’ef­fec­tue donc en amont du dé­col­lage, et s’il n’y a pas de sou­ci en vol, on re­prend les com­mandes au mo­ment de la des­cente pour cor­rec­te­ment pa­ra­mé­trer l’or­di­na­teur de bord, voire re­prendre la main sur le pi­lote au­to ; sim­ple­ment en avion

ré­gio­nal, la croi­sière ne dure qu’une heure, ra­re­ment plus de deux, con­trai­re­ment aux longs tra­jets en por­teurs lourds.

Ver­sion longue ?

Ex­té­rieu­re­ment, les mo­dèles -700 et -900 ne dif­fèrent que par la lon­gueur de la ca­bine, dont des tron­çons ont été ajou­tés pour le CRJ 900 en avant et en ar­rière des ailes. Pour le reste, ce sont les mêmes élé­ments, la même ca­pa­ci­té en car­bu­rant et une mo­to­ri­sa­tion iden­tique. La ca­pa­ci­té d’em­port va­rie de 62 pas­sa­gers au maxi­mum pour les -700 à 80 pour les -900. Le mo­dule de confi­gu­ra­tion des ap­pa­reils per­met de très bien vi­sua­li­ser l’agen­ce­ment de l’in­té­rieur, y com­pris les types de pas­sa­gers. Pour la pe­tite histoire, les dé­ve­lop­peurs sont par­tis du prin­cipe qu’un pas­sa­ger homme pèse 90 kg, une femme 70 kg et un en­fant 40 kg (sans pré­ci­ser avec ou sans ba­gage !). Tou­jours dans le même mo­dule, on pré­pare un bi­lan de car­bu­rant en fonc­tion de la dis­tance à par­cou­rir, de l’al­ti­tude de croi­sière et des es­ti­ma­tions de temps d’at­tente et de taxi. Toutes les va­leurs sont en­suite en­voyées dans le fi­chier de confi­gu­ra­tion du CRJ concer­né pour être ex­ploi­tées plus tard.

La dé­cou­verte des ap­pa­reils sur le tar­mac est conforme aux at­tentes. La réa­li­sa­tion gra­phique est ex­cel­lente, elle rend par­fai­te­ment compte de la fi­nesse des ap­pa­reils, en­core plus no­table pour les mo­dèles al­lon­gés. Les tex­tures sont en très haute ré­so­lu­tion et couvrent un pa­nel des opé­ra­teurs réels : les com­pa­gnies amé­ri­caines sont très re­pré­sen­tées, mais quelques eu­ro­péennes ré­pondent à l’ap­pel et on pro­fite même de mo­dèles plu­tôt exo­tiques. Vous connais­siez Plu­na, com­pa­gnie uru­guayenne ? Ou la vé­né­zué­lienne Con­via­sa ? Ou en­core Sty­rian Spi­rit en Au­triche ? La liste s’al­lon­ge­ra pro­ba­ble­ment avec les paint­kits ! Toutes ces dé­co­ra­tions sont im­pec­cables, du lo­go de l’opé­ra­teur jus­qu’au moindre ri­vet. Il faut croire que les CRJ sont par­ti­cu­liè­re­ment bien en­tre­te­nus car au­cun des exem­plaires li­vrés dans le pack ne pré­sente de traces d’usure ou de sa­lis­sure. Par l’in­ter­mé­diaire d’un mo­dule spé­ci­fique (nous en par­le­rons plus loin), l’ou­ver­ture de toutes les portes d’ac­cès et trappes est pos­sible au sol ; au re­pos, les CRJ re­çoivent des cales de roues et si le be­soin se fait sen­tir ils sont re­joints par les équi­pe­ments de dé­mar­rage ex­terne.

L’in­té­rieur est aus­si bien réa­li­sé que l’ex­té­rieur, même si seul le cock­pit est ac­ces­sible ; pas de ca­bine vir­tuelle ici, sans grand in­té­rêt pour un add-on qui met en avant le pi­lo­tage. Il n’y a pas à pro­pre­ment par­ler de pop-up 2D à l’ex­cep­tion du CDU, mais les af­fi­chages des six écrans mul­ti­fonc­tions peuvent néan­moins être sor­tis de leurs cadres res­pec­tifs. La qua­si-to­ta­li­té des com­mandes est fonc­tion­nelle, soit par touches de rac­cour­cis, soit pas un clic de sou­ris. La li­si­bi­li­té des ins­tru­ments est parfaite, sur­tout si on ef­face de l’af­fi­chage les deux yokes qui bloquent l’ac­cès au pan­neau de ré­glage des écrans mul­ti­fonc­tions. Les dé­ve­lop­peurs ont mul­ti­plié les points de vue dans la ca­bine de pi­lo­tage, pas moins de 17 po­si­tions (en plus des pseu­do-planches 2D) qui ne sont pas for­cé­ment toutes utiles dans la me­sure où le cock-

pit est de pe­tites di­men­sions et qu’on ba­laie fa­ci­le­ment du regard toutes les planches d’ins­tru­ments.

Équi­pe­ments mo­dernes

Chaque membre d’équi­page est face à un duo PFD/ND, et entre les deux postes trônent les écrans des mo­teurs et l’EICAS : ce der­nier offre de nom­breuses pages de mo­ni­to­ring des or­ganes de l’ap­pa­reil. Deux CDU de part et d’autre du pe­des­tal per­mettent l’en­trée des don­nées de vol. Bonne sur­prise, l’or­ga­ni­sa­tion gé­né­rale des ru­briques et des pages rap­pelle le sys­tème Boeing, que nous pré­fé­rons aux Air­bus (ques­tion de goût per­son­nel !). Em­pla­ce­ment ini­tial, ali­gne­ment des cen­trales iner­tielles, dé­fi­ni­tion d’un plan de vol, per­for­mances de vol, dé­part et ar­ri­vées, tout y est consi­gné, en re­la­tion avec la base de don­nées NavDa­ta. Lors de nos essais, nous avons ef­fec­tué plu­sieurs vols et nous avons dé­cou­vert l’in­té­gra­tion des SID/STAR mais aus­si des pro­cé­dures RNAV et LOC (du moins pour les plus grands aé­ro­ports). Les mo­dèles de sé­rie -700 dis­posent d’un dis­po­si­tif de vi­sua­li­sa­tion tête haute pour le pi­lote ; il est amo­vible et re­prend l’es­sen­tiel des don­nées du PFD. Ul­time raf­fi­ne­ment, les au­teurs ont aus­si in­té­gré un pe­tit écran cen­sé re­trans­mettre les images de ca­mé­ra de sur­veillance en ca­bine ou der­rière la porte du cock­pit ; elle n’af­fiche que des images fixes mais l’idée est amu­sante et par­ti­cipe à l’im­mer­sion.

Les dé­ve­lop­peurs ont gar­ni l’in­té­rieur d’un pe­tit as­sis­tant nu­mé­rique qui n’existe pas (en­core) dans l’avion réel : ils l’ont sur­nom­mé Dave. C’est une ta­blette tac­tile qui fonc­tionne sur ses propres bat­te­ries (pas be­soin de dé­mar­rer l’avion pour s’en ser­vir) et qui sert du­rant toutes les phases du vol. Ses fonc­tions couvrent d’abord le pa­ra­mé­trage de l’ap­pa­reil : em­port en pas­sa­gers, fret et car­bu­rant ; si­tua­tion de dé­part ( cold and dark, avant le lan­ce­ment des mo­teurs, prêt à dé­col­ler) ; af­fi­chage et connexion des équi­pe­ments de piste ; ma­ni­pu­la­tion des portes et trappes. Dave sert aus­si à cal­cu­ler les masses et vitesses de ré­fé­rence puis il peut ex­por­ter ses don­nées vers le FMS. En­fin il af­fiche toutes les check-lists.

Pour ter­mi­ner ce tour d’ho­ri­zon de l’équi­pe­ment, no­tons que les CRJ d’Ae­ro­soft dis­posent d’un ra­dar mé­téo fonc­tion­nel, mais seule­ment com­pa­tible avec l’ex­ten­sion Ac­tive Sky Next de HiFi Sims ; sans ce pro­duit tiers, l’écran du ND ne peut af­fi­cher les per­tur­ba­tions et se contente de re­le­ver les al­ti­tudes du ter­rain. Dom­mage qu’à ce ni­veau de pres­ta­tion il faille pas­ser par un add-on sup­plé­men­taire pour pro­fi­ter de ce ra­dar.

En condi­tions

Pour pro­fi­ter plei­ne­ment des ca­pa­ci­tés des CRJ, mieux vaut évi­ter les tours de pistes ou les es­ca­pades ra­pides. Il ne prend vrai­ment toute son am­pleur que lors­qu’il est confron­té aux si­tua­tions pour les­quelles il a été conçu. Ce qui sou­sen­tend une pla­ni­fi­ca­tion pré­cise des vols, comme dans la réa­li­té du trans­port com­mer­cial. On doit d’abord dé­fi­nir la route, quitte à s’ai­der de cartes pour les SID/STAR. Ce ne sont pas les

oc­ca­sions qui manquent ici, les CRJ pou­vant des­ser­vir au­tant les grandes ins­tal­la­tions à vo­ca­tion in­ter­na­tio­nales que les aé­ro­ports ré­gio­naux. Puis on uti­lise le ges­tion­naire d’em­port pour pré­ci­ser le nombre de pas­sa­gers, la dis­tance à fran­chir, le car­bu­rant né­ces­saire. En­suite seule­ment on pré­pare son si­mu­la­teur. Le dé­mar­rage de­puis un cold and dark est plu­tôt simple, sur­tout en s’ai­dant des check-lists de notre nou­vel ami Dave. Le FMS est pro­gram­mé, les tra­jets pou­vant être sau­ve­gar­dés dans la mé­moire de l’ap­pa­reil. Re­pous­sage, dé­mar­rage des ré­ac­teurs, l’uti­li­taire RAAS in­dique la po­si­tion de l’ap­pa­reil au sol. L’am­biance so­nore ajoute des tous­so­te­ments du co­pi­lote et des bruits de pages dé­pliées, im­mer­sion ga­ran­tie…

Le dé­col­lage in­ter­vient à l’aide des vitesses de ré­fé­rences cal­cu- lées par Dave et af­fi­chées sur le PFD. Les CRJ ne sont pas do­tés d’au­to­ma­nettes, les vitesses et ré­gimes mo­teurs y sont ré­glés ma­nuel­le­ment. On passe les ma­nettes des gaz au cran TOGA, l’ap­pa­reil ac­cé­lère mol­le­ment, il lui faut une bonne lon­gueur de piste pour dé­col­ler. En re­vanche la mon­tée qui suit est ra­pide, les vo­lets sont re­le­vés très tôt. On peut ac­ti­ver le pi­lote au­to qui diffère sen­si­ble­ment des équi­pe­ments aux­quels nous avons été ha­bi­tués. Il fonc­tionne en mode sui­vi de na­vi­ga­tion (NAV) ou sui­vi de VOR (APP), ce der­nier de­ve­nant mode d’ap­proche si un si­gnal de plan de des­cente ( glide) est cap­té ; il peut aus­si être ré­glé en main­tien de cap et d’al­ti­tude ou en vi­tesse ver­ti­cale, ce der­nier mode bas­cu­lant en al­ti­tude lorsque le ni­veau de vol pré­vu est at­teint. Le mode de vi­tesse (SPD) est trom­peur, car en l ’ab­sence d’au­to­ma­nettes, les CRJ ne peuvent gé­rer la vi­tesse en pa­lier. Dans ce mode, le pi­lote au­to joue dur l’assiette de l’ap­pa­reil pour main­te­nir la vi­tesse-cible.

En vol les CRJ sont ré­ac­tifs et ma­niables. Le mode NAV étant com­plet, on n’a qua­si­ment pas be­soin de tou­cher au manche, l’es­sen­tiel des manoeuvres s’ef­fec­tue sur le pan­neau du PA. Pour la des­cente, on joue des ma­nettes et des pe­tits aé­ro­freins. Les vitesses de ré­fé­rence sont in­di­quées dans une des fiches PDF four­nies, et ob­te­nues en croi­sant la masse de l’ap­pa­reil avec d’autres fac­teurs. Pour l’at­ter­ris­sage, le mode APP ne gère pas tout, il faut être prêt à re­prendre la main à tout ins­tant pour la fi­nale ; néan­moins les CRJ ré­pondent im­pec­ca­ble­ment aux com­mandes et c’est presque plus simple (et plai­sant) de se po­ser en ma­nuel. Les in­ver­seurs de pous­sée sont ef­fi­caces, on re­gagne l es portes sans en­combre avec la voix de RAAS dans le casque.

Cette col­lec­tion de CRJ est une très bonne sur­prise et re­met au goût du jour une ca­té­go­rie d’ap­pa­reils un peu dé­lais­sée. La réa­li­sa­tion gra­phique est im­pec­cable, les sys­tèmes em­bar­qués sont riches et so­phis­ti­qués. Ces avions conviennent par­fai­te­ment aux ama­teurs de belles mé­ca­niques et d’équi­pe­ments poin­tus. Avec néan­moins quelques pe­tits re­proches de notre part : d’abord la do­cu­men­ta­tion mé­ri­te­rait une re­fonte pour être plus lo­gique dans sa pré­sen­ta­tion, avec le com­ble­ment de cer­taines la­cunes ; en­suite l’in­té­gra­tion d’un vrai ra­dar mé­téo en stan­dard (et non un ou­til ne fonc­tion­nant qu’avec un add-on tiers) se­rait ap­pré­ciable. En­fin un ges­tion­naire de pannes dé­dié ap­por­te­rait l’ul­time touche de réa­lisme. Mais tel quel, le duo CRJ 700/900 est dé­jà un ajout in­té­res­sant pour les han­gars des ama­teurs d’avions de ligne un peu poin­tus.

Des­ti­na­tions pri­vi­lé­giées, les aé­ro­ports ré­gio­naux, comme ici à Au­rillac (France VFR).

Main­te­nance à Prague. L’as­sis­tant nu­mé­rique Dave, il s’agit d’une ta­blette tac­tile in­ter­fa­cée avec le FMS.

Le cock­pit de­puis le siège de l’ins­truc­teur : un in­té­rieur mo­derne et com­plet. Le ges­tion­naire d’em­port : les pos­si­bi­li­tés de per­son­na­li­sa­tion sont nom­breuses.

Mon­tée ra­pide en Alas­ka.

Dé­tails de l’ar­rière : au­cun mar­quage ni ri­vet ne manque.

La vi­sua­li­sa­tion tête haute en ap­proche pour Or­ly.

L’ove­rhead en mode noc­turne ; il est moins com­plexe que sur les Air­bus ou Boeing.

Un pe­tit tour au Ve­ne­zue­la ?

Gros plan sur la planche de bord, les écrans sont très li­sibles mal­gré leur taille ré­duite.

Le pe­des­tal vu de­puis le siège du co­pi­lote : rien à en­vier à un avion plus grand !

Le mo­dèle 900 est re­con­nais­sable à son fu­se­lage très al­lon­gé.

Quel que soit le ni­veau de zoom, les dé­tails sont nom­breux et très fins.

Fi­nale au cré­pus­cule en Afrique du Sud.

Les li­vrées sont va­riées et par­fois très co­lo­rées.

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