Mi­li­taire : DCS, les se­crets du Vig­gen (1)

Les se­crets du Vig­gen

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

Dans toute la gamme d’ex­ten­sions pour DCS World, le Vig­gen est cer­tai­ne­ment la plus com­pli­quée et la plus in­ti­mi­dante. Pour­tant le Saab oc­cupe une place unique dans la flotte dis­po­nible. Avec un peu d’en­traî­ne­ment et de dis­ci­pline, il est pos­sible de l’ap­pri­voi­ser.

Les ap­pa­reils com­plé­men­taires pour le si­mu­la­teur d’Eagle Dy­na­mics peuvent se ran­ger en deux ca­té­go­ries prin­ci­pales, du moins pour ce qui concerne les ex­ten­sions of­fi­cielles et com­mer­ciales. La pre­mière est consti­tuée d’aé­ro­nefs plu­tôt sim­pli­fiés, aus­si bien pour les équi­pe­ments em­bar­qués que pour le pi­lo­tage ou la mise en oeuvre des ar­me­ments. On range ici les avions du pack Fla­ming Cliffs 3 ou le Su-25T par dé­faut. Non pas que ces mo­dèles soient in­in­té­res­sants ou trop fa­ciles à uti­li­ser ; les au­teurs ont juste réa­li­sé un com­pro­mis entre la si­mu­la­tion réa­liste et la pos­si­bi­li­té de pi­lo­ter ces ma­chines sans avoir à suivre une trop longue (et ré­bar­ba­tive) for­ma­tion vir­tuelle. À l’op­po­sé, on trouve la fa­mille des ex­ten­sions « hard­core », très fi­dèles aux ap­pa­reils réels : le Ka­mov Ka-50, le A-10C, le MiG-21bis en sont de très bons exemples. Ils ne s’adressent pas aux néo­phytes ni aux pi­lotes oc­ca­sion­nels, tant leurs par­ti­cu­la­ri­tés de­mandent du temps pour les maî­tri­ser cor­rec­te­ment. Ne par­lons pas des cen­taines de pages, même ré­su­mées, des ma­nuels d’uti­li­sa­tion de ces ap­pa­reils, et du nombre de com­mandes à mé­mo­ri­ser ou à af­fec­ter à ses pé­ri­phé­riques fa­vo­ris pour les me­ner au com­bat et sor­tir vic­to­rieux des af­fron­te­ments vir­tuels.

Le Saab AJS-37 Vig­gen pu­blié en avril der­nier fait in­con­tes­ta­ble­ment par­tie de cette deuxième ca­té­go­rie. Il en est même peut-être le plus em­blé­ma­tique (en at­ten­dant la sor­tie du F/A18 qu’on es­père aus­si éla­bo­ré), et un des plus com­plexes. Car il pos­sède des ca­rac­té­ris­tiques propres ab­sentes des autres avions pour DCS : un ra­dar air-sol, un sys­tème de na­vi­ga­tion

très par­ti­cu­lier, des ar­me­ments qui n’ont rien de com­mun avec ceux des autres avions… En ce­la les dé­ve­lop­peurs ont par­fai­te­ment su re­pro­duire la phi­lo­so­phie du Vig­gen. Cer­tains ont pu voir en lui un avion trop li­mi­té ou trop spé­cia­li­sé. Ce se­rait ou­blier l’ori­gine du double del­ta de Saab. Il n’a pas été conçu pour ri­va­li­ser avec les ap­pa­reils de son époque (MiG-23/27, Mi­rage 5 et F1, F-4 Phan­tom II) sur les mar­chés in­ter­na­tio­naux, mais bel et bien pour ré­pondre aux exi­gences de la défense sué­doise qui ne trou­vait jus­te­ment au­cun avion ré­pon­dant à ses be­soins. Et si on peut pen­ser qu’il est li­mi­té sur cer­tains points, les ex­pli­ca­tions sont évi­dentes quand on a com­pris son uti­li­sa­tion. La très neutre Suède ne cher­chait pas un avion pour at­ta­quer, mais pour dé­fendre son ter­ri­toire ; il n’était pas ques­tion de sup­plan­ter un en­ne­mi po­ten­tiel, mais de lui pro­mettre des dom­mages tels que toute at­taque au­rait pro­vo­qué des pertes dif­fi­ci­le­ment sup­por­tables. Pour don­ner un exemple, l’au­to­no­mie ré­duite (1 000 km de dis­tance fran­chis­sable) était suf­fi­sante pour cou­vrir le ter­ri­toire sué­dois et opé­rer de­puis tout le pays sur des in­fra­struc­tures ru­di­men­taires. Ju­ger le Vig­gen par rap­port aux autres ap­pa­reils de DCS se­rait er­ro­né : il est un chas­seur bien in­fé­rieur au Mi­rage 2000, au F-15C ou au Su-27 ; il est moins doué pour le sup­port rap­pro­ché que le A-10C ou le Su-25T ; il est plus dif­fi­cile à ap­pré­hen­der que les ap­pa­reils d’en­traî­ne­ment que sont le Hawk, le L-39 ou le C-101. Mais lors­qu’on s’est don­né le mal de le dé­cou­vrir et de l’ap­pri­voi­ser, il se montre à la hau­teur des dé­fis du champ de ba­taille nu­mé­rique.

Préa­lables

Ce pe­tit dos­sier s’adresse à deux pu­blics prin­ci­paux. En pre­mier lieu ceux qui n’au­raient pas en­core cra­qué pour cet avion dans leur flotte DCS, et qui n’au­ront pas été trop ef­frayés par le pa­ra­graphe qui pré­cède. Nous es­pé­rons que cette vi­site gui­dée de l’ap­pa­reil vous ai­de­ra à mieux com­prendre les ca­pa­ci­tés du Vig­gen et dé­ter­mi­ner s’il convient à vos dé­si­rs. En se­cond lieu, nous pen­sons aux pi­lotes un peu dé­çus ou dé­cou­ra­gés par la réa­li­sa­tion des stu­dios Heat­blur Si­mu­la­tions. Ils n’ont pas eu la pa­tience d’ap­prendre les presque 400 pages en an­glais (et in­com­plètes) du ma­nuel, et ont ra­pi­de­ment dé­chan­té de­vant une ex­ten­sion qui s’ac­com­mode mal d’un pe­tit vol ra­pide de temps en temps. Pour­tant, croyez-nous, elle en vaut la peine !

Pre­mière chose à faire pour le Vig­gen, uti­li­ser un pé­ri­phé­rique de pi­lo­tage com­plet et cor­rec­te­ment pa­ra­mé­tré. Un sys­tème HOTAS haut de gamme n’est pas obli­ga­toire, mais tout de même for­te­ment re­com­man­dé, l’avion s’ac­com­mode mal d’un simple trois axes/trois bou­tons… Et même si l’agen­ce­ment des com­mandes à l’in­té­rieur peut pa­raître clas­sique voire ru­di­men­taire ( fig. 1), il ne faut pas se fier à la pre­mière im­pres­sion. Les com­mandes et fonc­tions sont nom­breuses ici. Sur­tout il faut cor­rec­te­ment confi­gu­rer les af­fec­ta­tions du manche de

com­mande du ra­dar ( fig. 2). D’une part l’uti­li­sa­tion de cet ou­til est in­dis­pen­sable en contexte de com­bat, il fau­dra donc y re­cou­rir constam­ment ; en­suite les fonc­tions de ce manche ne sont pas toutes ac­ti­vables à la sou­ris, soit qu’elles ne soient pas opé­ra­tion­nelles en cock­pit vir­tuel, soit qu’elles de­meurent dif­fi­ci­le­ment ac­ces­sibles. Nous re­com­man­dons ain­si d’af­fec­ter des bou­tons de votre manche (ou des rac­cour­cis ai­sé­ment mé­mo­ri­sables) aux fonc­tions de dé­tente/trig­ger (T0, T1, TV), de mode ra­dar (A0, A1, A2), aux mou­ve­ments du manche lui-même (dans le pan­neau de confi­gu­ra­tion des com­mandes, ru­brique ra­dar - fig. 3). Le fait que le cock­pit soit lé­gen­dé es­sen­tiel­le­ment en sué­dois ne fa­ci­lite pas les choses, ce n’est dé­jà pas tou­jours ai­sé en an­glais, heu­reu­se­ment les in­fo-bulles s’af­fichent en fran­çais lorsque le cur­seur sur­vole la plu­part des com­mandes.

Une fois les com­mandes cor­rec­te­ment af­fec­tées, nous vous in­ci­tons à au moins vi­sua­li­ser les pages du ma­nuel dé­cri­vant le cock­pit, histoire de re­pé­rer les uti­li­sa­tions des ca­drans, com­mu­ta­teurs et lo­ca­li­ser les prin­ci­pales planches du poste de pi­lo­tage. En­suite, vous pou­vez vous lan­cer dans les mis­sions d’en- traî­ne­ment (dans DCS World 1.5 - fig. 4). Elles ne couvrent pas toutes les pos­si­bi­li­tés du Vig­gen mais per­mettent dé­jà d’ap­prendre à dé­col­ler, at­ter­rir, uti­li­ser les bases du sys­tème de na­vi­ga­tion et cer­tains des ar­me­ments. Ce mi­ni-cur­sus est un pas­sage obli­gé et nous ne re­vien­drons pas sur les thèmes qui y sont abor­dés. Nous par­tons du prin­cipe que les conte­nus de ces exer­cices sont as­si­mi­lés.

En­fin nous re­com­man­dons éga­le­ment d’im­pri­mer un do­cu­ment qua­si­ment in­dis­pen­sable pour toutes les mis­sions mi­li­taires : c’est un ré­su­mé sous forme de ta­bleau de toutes les opé­ra­tions à effectuer se­lon les ar­me­ments. Vous trou­ve­rez ce fi­chier PDF dans l es fo­rums du site of­fi­ciel www.di­gi­tal­com­bat­si­mu­la­tor.com, ru­brique Li­cen­sed Third Par­ty Pro­jects / Heat­blur Si­mu­la­tions / DCS: AJS37 Vig­gen et en ef­fec­tuant une re­cherche sur le nom du fi­chier à té­lé­char­ger ( Quick Vig­gen wea­pon Chart) ou sur son au­teur Was­ser­schorle ( fig. 5). Il est re­gret­table que ce fi­chier ne soit pas dis­po­nible plus sim­ple­ment dans la do­cu­men­ta­tion dis­po­nible de­puis la page d’ac­cueil du site, mais on fe­ra avec !

Na­vi­ga­tion

Une des mis­sions d’en­traî­ne­ment per­met de dé­cou­vrir les ru­di­ments du sys­tème de na­vi­ga­tion au­to­ma­tique du Vig­gen, ba­sé sur des don­nées car­to­gra­phiques et une cen­trale iner­tielle. Jus­qu’à 9 points B1 à B9 peuvent être programmés, en plus des co­or­don­nées du point de dé­part et de ce­lui d’ar­ri­vée - bien sou­vent les mêmes en vol mi­li­taire. On ne re­pren­dra pas les conseils du vol d’en­traî­ne­ment, même s’il est pré­sen­té en an­glais il reste ac­ces­sible et com­pré­hen­sible. Gros avan­tage du vir­tuel, un plan de vol en­re­gis­tré dans l’édi­teur de mis­sion (ou pla­ni­fié lors d’un scé­na­rio) est au­to­ma­ti­que­ment en­re­gis­tré dans la console du sys­tème CK37 ( fig. 6), on n’a pas be­soin d’en­trer à la main toutes les co­or­don­nées, avec les risques d’er­reur que ce­la com­porte. Néan­moins le pi­lote peut avoir be­soin de mo­di­fier ses points de pas­sage lors­qu’il est en vol, que ce soit pour pal­lier la dé­rive na­tu­relle du sys­tème de na­vi­ga­tion, pour dési-

gner un point tour­nant comme ob­jec­tif d’at­taque et lui at­tri­buer une tra­jec­toire d’ap­proche, ou en­core pour ajou­ter un point lors d’une mis­sion libre (at­taque d’op­por­tu­ni­té, re­con­nais­sance…).

Mo­di­fier un point est très simple en s’ai­dant du ra­dar. Ce­la peut ser­vir pour cor­ri­ger la dé­rive na­tu­relle du sys­tème de na­vi­ga­tion ou pour contour­ner une zone par­ti­cu­lière, par exemple évi­ter une défense an­ti­aé­rienne trop zé­lée. Le point ac­tif, par exemple B5, est af­fi­ché sur le ra­dar sous la forme d’un cercle et pré­ci­sé dans la pe­tite fe­nêtre de des­ti­na­tion ( fig. 7). Sans même chan­ger de mode de fonc­tion­ne­ment du CK37, le pi­lote presse la pre­mière dé­tente de son contrôle ra­dar (T1), ce qui fait ap­pa­raître une croix en sur­im­pres­sion sur l’af­fi­chage à l’em­pla­ce­ment du point ac­tif. Puis à l’aide de son manche ra­dar, le pi­lote mo­di­fie l’em­pla­ce­ment du point ac­tif qui est alors pré­cé­dé de la lettre E dans la fe­nêtre d’af­fi­chage ( fig. 8). Lorsque le nou­vel em­pla­ce­ment est choi­si, on va­lide en pres­sant la deuxième dé­tente (TV) et le point re­de­vient ac­tif.

Dé­si­gner un point par­ti­cu­lier comme ob­jec­tif d’une at­taque ne sert pas qu’à rap­pe­ler au pi­lote sa mis­sion, c’est aus­si em­ployé par le sys­tème d’arme pour pré­pa­rer le lan­ce­ment des mis­siles, lar­guer les bombes ou autres fonc­tions par­ti­cu­lières. Sup­po­sons ici que notre point B4 soit l’ob­jec­tif de notre at­taque. En vol de croi­sière, quand on a un peu de temps, on se penche sur le CK37 et on bas­cule sa mo­lette en po­si­tion TAKT. Le com­mu­ta­teur IN/UT est pla­cé sur IN pour autoriser l’en­trée de don­nées. On presse le bou­ton 9 sur le cla­vier du CK37, puis le bou­ton du point tour­nant concer­né - ici B3 ( fig. 9). Lors­qu’on se di­ri­ge­ra sur cet ob­jec­tif, la fe­nêtre in­di­que­ra Ml3 à la place de B3. Il y a une autre pos­si­bi­li­té plus éla­bo­rée qui consiste à dé­fi­nir en plus un point d’in­ser­tion ( pop-up point), utile pour abor-

der l’ob­jec­tif sous un angle ap­pro­prié, dans le cas d’une piste à bom­bar­der par exemple. Dans ce cas, à l’aide du cla­vier nu­mé­rique, on entre les trois chiffres du cap d’ar­ri­vée sur la cible (si on vient de l’est, 270) puis la dis­tance en ki­lo­mètre (deux chiffres seule­ment). Dans l’exemple de la fi­gure 10, on ar­rive par l’ouest (090) et on en­tame la passe à 12 km. La fe­nêtre in­dique alors U3 pour pré­ci­ser que le pro­chain point se­ra le point d’in­ser­tion ( Up) pour le point 3. At­ten­tion, les ins­tru­ments guident vers U3, mais le ra­dar conti­nue d’in­di­quer B3 ( fig. 11).

Ra­dar fonc­tion­nel

Le ra­dar op­ti­mi­sé air-sol du Vig­gen est une pre­mière dans DCS World, qui nous avait plu­tôt ha­bi­tués aux équi­pe­ments air-air. Lors des mis­sions, il est uti­li­sé pour le re­pé­rage des cibles, la pré­vi­sion des points de pas­sage et la re­con­nais­sance. Ces fonc­tions sont évi­dem­ment re­prises dans l’ex­ten­sion vir­tuelle, mais quelques points mé­ritent d’être pré­ci­sés car très mal abor­dés dans les mis­sions d’en­traî­ne­ment ou dans le ma­nuel.

Tout d’abord, le ra­dar fonc­tionne en deux modes prin­ci­paux : A1 ba­layage (PPI), où le fais­ceau est clai­re­ment vi­sible sur un af­fi­chage en arc de cercle ( fig. 12) et A2 vi­sua­li­sa­tion ( Scope) qui pré­sente une ver­sion ana­mor­pho­sée des don­nées du ra­dar

pour mieux cor­res­pondre à ce que don­ne­rait une carte ( fig. 13) ; le mode Scope offre un angle de ba­layage moins large mais plus pré­cis que le PPI. Il ne faut pas hé­si­ter à jouer avec les ré­glages d’in­ten­si­té lu­mi­neuse et de contraste pour ob­te­nir un bon écho de ce qui se passe au sol. Ce qui per­met de dé­cou­vrir une pe­tite er­reur du mo­dule (si com­plexe qu’on la par­donne aux dé­ve­lop­peurs) : le ra­dar air-sol per­met bien de trou­ver des cibles au sol à faible dis­tance (30 ou 15 km), sous la forme d’échos sombres ( fig. 14), mais il ne prend en compte que les ob­jets ajou­tés au monde vir­tuel. En clair, vous dé­tec­te­rez les convois de vé­hi­cules ou les na­vires, mais pas les bâ­ti­ments par dé­faut. Et dé­sor­mais vous êtes en me­sure d’af­fec­ter un point tour­nant à une cible et de le qua­li­fier comme ob­jec­tif d’at­taque…

Grâce au ra­dar, le Vig­gen est ca­pable de vo­ler dans des condi­tions mé­téo dé­plo­rables, telles que celles ren­con­trées sous les la­ti­tudes aux­quelles il a été conçu. À ces fins, il dis­pose d’un mode d’évi­te­ment d’obs­tacle. At­ten­tion, ce n’est pas un sui­vi de ter­rain au­to­ma­tique comme sur des ap­pa­reils plus mo­dernes - F-111 ou Tor­na­do - mais bien un sys­tème d’alerte. Lorsque ce mode est ac­ti­vé, le fais­ceau ra­dar ba­laie uni­que­ment dans le plan ho­ri­zon­tal de l’ap­pa­reil et sur un angle peu ou­vert. Mal­heu­reu­se­ment dans DCS World, le sys­tème est bien pré­sent mais ne semble pas tout à fait opé­ra­tion­nel. Il vaut mieux se fier aux don­nées du ra­dar al­ti­mé­trique et ob­ser­ver le ra­dar PPI ca­lé dans l’axe ho­ri­zon­tal : les zones sombres cor­res­pondent à des échos du sol, en très clair le ciel (pas d’écho).

Il existe un autre mode peu uti­li­sé du ra­dar, qui peut néan­moins rendre des ser­vices dans cer­taines si­tua­tions : le mode pas­sif. Dans ce mode d’opé­ra­tion, l’an­tenne n’émet pas de fais­ceau d’onde mais elle peut cap­ter les émis­sions de brouillage. De ce fait, le mode pas­sif peut être en­clen­ché avec le ra­dar in­ac­tif (A0) ou PPI (A1), il suf­fit de bas­cu­ler le pe­tit com­mu­ta­teur à gauche du manche du ra­dar en po­si­tion TILL. Si le ra­dar est éteint, ce­la ac­tive néan­moins son écran d’af­fi­chage ; s’il est ac­tif, les don­nées s’ins­crivent en sur­im­pres­sion. Les émis­sions de brouillage dé­tec­tées ap­pa­raissent sous la forme de raies sombres ( fig. 15). Nous avons fait plu­sieurs essais avec ce mode, en met­tant en scène di­verses sources ECM. Seuls les na­vires de com­bat ont pu être dé­tec­tés de la sorte, les aé­ro­nefs équi­pés de na­celles de brouillage n’ont pas été re­pé­rés par le ra­dar pas­sif. Dans ces condi­tions, on se ser­vi­ra sur­tout du mode pas­sif pour dé­tec­ter une flotte en­ne­mie sans ris­quer de l’aver­tir par nos émis­sions ra­dar. Le mode pas­sif pré­cise une di­rec­tion de pro­ve­nance des si­gnaux de brouillage, mais pas de lo­ca­li­sa­tion exacte de la source. Il fau­dra de toute fa­çon bas­cu­ler le ra­dar en mode ac­tif à un mo­ment ou à un autre pour ac­qué­rir l’ob­jec­tif et lan­cer des mis­siles, mais le mode pas­sif peut per­mettre de re­cu­ler le mo­ment de l’ac­ti­va­tion et de s’ap­pro­cher de la zone de re­cherche.

On au­ra com­pris que le Vig­gen de Heat­blur Si­mu­la­tion (exLea­ther­neck) est un ap­pa­reil bien plus éla­bo­ré que ce que les mis­sions d’en­traî­ne­ment ou que les guides de dé­cou­verte ra­pide peuvent lais­ser sup­po­ser. Pour cor­rec­te­ment le maî­tri­ser et l’ex­ploi­ter, il n’y a d’autre so­lu­tion que de mul­ti­plier les ex­pé­riences et les vols à son bord. L’édi­teur de mis­sions se ré­vé­le­ra une fois de plus très pra­tique pour ça. Dans le pro­chain vo­let, nous pour­sui­vrons notre dé­cou­verte du Vig­gen en nous in­té­res­sant à son ar­me­ment très par­ti­cu­lier. D’ici là, n’hé­si­tez pas à effectuer de nom­breux vols d’es­sai pour bien as­si­mi­ler les fonc­tions de na­vi­ga­tion et l’uti­li­sa­tion du ra­dar.

Fig. 1 : Le cock­pit de l’AJS-37, ty­pique des avions des an­nées soixante-dix.

En hi­ver, le mi­lieu na­tu­rel du Vig­gen.

Fig. 2 : Le manche ra­dar sur la planche la­té­rale gauche : pas très ac­ces­sible au cur­seur de sou­ris et pour­tant in­dis­pen­sable en vol.

Fig. 3 : Les af­fec­ta­tions de com­mandes doivent faire l’ob­jet d’at­ten­tions par­ti­cu­lières pour le Vig­gen.

Fig. 4 : Les mis­sions d’en­traî­ne­ment sont peu nom­breuses et ne font qu’abor­der les bases de l’ap­pa­reil.

Fig. 5 : Un do­cu­ment à gar­der sous la main pour l’em­ploi des ar­me­ments : la carte ré­ca­pi­tu­la­tive, qui nous se­ra très utile dans le pro­chain vo­let.

Fig. 6 : Le coeur du sys­tème de vol du Vig­gen, l’or­di­na­teur CK37.

Fig. 7 : Une pe­tite fe­nêtre pré­cise le point tour­nant ac­tif, ici B2.

Lour­de­ment char­gé, en route pour la cible.

Vi­si­bi­li­té qua­si nulle, pour­tant on vole à 750 km/h à 100 mètres au-des­sus du sol !

Fig. 10 : Dé­fi­ni­tion d’un point d’in­ser­tion ( et 12,0 km de la cible. à 090°

Fig. 8 : L’em­pla­ce­ment du point ac­tif est mo­di­fié en s’ai­dant du ra­dar (rouge), l’in­di­ca­tion de mo­di­fi­ca­tion est si­gni­fiée par la lettre E (vert).

Fig. 9 : La console CK37 : en mode IN (rouge), sé­lec­teur sur TAKT (vert), on presse le chiffre 9 sur le cla­vier (jaune), puis le bou­ton du point tour­nant concer­né (ici B3).

Fig. 11 : Le point d’in­ser­tion vers MI3 est de­ve­nu U3.

Fig. 15 : Le ra­dar en mode pas­sif : les émis­sions de brouillage de deux na­vires dans nos 11 heures sont si­gna­lées par des raies ha­chu­rées.

Fig. 14 : Les échos de cibles ap­pa­raissent sous forme de points noirs, mais sur­tout vi­sibles à faible dis­tance.

Fig. 12 & 13 : Le ra­dar en mode PPI… et en mode Scope, au même en­droit.

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