Inns­bruck Air­port LOWI pour AFS2

Sueurs froides et vols pla­nés

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

Vous en avez as­sez de la Ca­li­for­nie et des dé­serts amé­ri­cains dans Ae­ro­fly FS 2 ? Avec cette scène, va­riez les plai­sirs en abor­dant une des pistes les plus ar­dues au monde, dans un dé­cor mon­ta­gneux ma­gni­fi­que­ment réa­li­sé.

En dé­cembre der­nier, l’édi­teur aus­tra­lien Orbx avait dé­voi­lé une par­tie de ses pro­jets pour l’an­née 2017 : on y dé­ce­lait de nou­veaux dé­cors pour FS X et P3D, rien de très ex­cep­tion­nel puisque c’était le fonds de com­merce de l’équipe ; on y dé­cou­vrait éga­le­ment deux chan­tiers en cours. Le pre­mier était un se­cret de Po­li­chi­nelle, à sa­voir la collaboration avec Do­ve­tail Games pour four­nir un nou­veau dé­cor à Flight Sim World, dé­jà en­tre­vu dans Flight School. Mais un troi­sième axe de travail res­tait mys­té­rieux et rien n’avait fui­té sur ce pro­jet. Et ce jus­qu’au mois de j uillet der­nier, lorsque sur l’in­ter­face de Steam on dé­cou­vrait deux nou­velles scènes si­gnées par Orbx, non pas pour FS X ou P3D, ni Flight Sim World (qui reste fi­na­le­ment proche des deux pré­cé­dents), mais pour Ae­ro­fly FS 2, la très bonne sur­prise de l’an­née en ma­tière de si­mu­la­tion. Le fait qu’un édi­teur aus­si re­con­nu se penche sur ce lo­gi­ciel un peu par­ti­cu­lier est le signe des po­ten­tia­li- tés d’Ae­ro­fly FS 2 et de l’in­té­rêt crois­sant de la com­mu­nau­té pour ce pro­duit ve­nu d’Al­le­magne. Des deux scènes pro­po­sées, la pre­mière re­pro­duit la par­tie est de la mé­tro­pole de Chi­ca­go avec le centre-ville, les gratte-ciel et sur­tout le pe­tit aé­ro­port de Meigs Field, fer­mé au­jourd’hui mais qui rap­pel­le­ra de bons sou­ve­nirs à ceux qui ont connu Flight Si­mu­la­tor avant la ver­sion 2004 ! Orbx avait dé­jà pro­duit une scène équi­va­lente pour FS X (voir MS 266), c’est donc un por­tage sous une nou­velle pla­te­forme. La deuxième scène nous a pa­ru

plus in­té­res­sante à tes­ter. Elle est si­tuée en Au­triche et traite d’une ins­tal­la­tion connue au­tant pour sa dif­fi­cul­té d’ap­proche que pour la qua­li­té des pay­sages alen­tour. Vous au­rez peut-être re­con­nu LOWI Inns­bruck, qui nous em­mène bien loin de l’ouest amé­ri­cain par dé­faut d’AFS2 !

L’aé­ro­port des skieurs

Pour com­prendre l’in­té­rêt aé­ro­nau­tique de l’aé­ro­port d’Inns­bruck, il faut ob­ser­ver sa si­tua­tion géo­gra­phique. Il est si­tuée dans une val­lée du Ty­rol, à 1 907 ft (581 mètres) d’al­ti­tude, et est en­tou­rée de barres mon­ta­gneuses qui culminent à plus de 9 000 ft. Sa piste prin­ci­pale 08/26 s’ins­crit dans l’axe de la val­lée, mais elle est si­tuée juste à un coude du re­lief ; de ce fait, ar­ri­ver sur la 08 im­pose un vi­rage au der­nier mo­ment pour se re­trou­ver dans l’axe ; alors qu’en 26, on doit sur­vo­ler la ville et pour évi­ter les nui­sances so­nores plon­ger au der­nier mo­ment. Les contraintes in­verses s’ap­pliquent pour les dé­col­lages. Par ailleurs l’aé­ro­port au­tri­chien ac­cueille toutes sortes de tra­fics : com­mer­ciaux tout d’abord, puisque la ville voi­sine est une des­ti­na­tion tou­ris­tique de pre­mier choix en hi­ver pour les ama­teurs de sports de glisse (et pour les ran­don­neurs en été) et peut dans ces condi­tions ac­cueillir des li­ners jus­qu’au Boeing 767 ; tra­fic plus lé­ger en­suite, LOWI ayant son propre aé­ro-club et pou­vant évi­dem- ment sou­hai­ter la bien­ve­nue aux biz­jets des VIP en villé­gia­ture au Ty­rol. En­fin les ins­tal­la­tions sont pri­sées des ama­teurs de vol à voile. Les mou­ve­ments d’air dans la val­lée qui sont le cau­che­mar des pi­lotes de ligne de­viennent une au­baine pour les ama­teurs de pla­neurs ; l’aé­ro­port dis­pose à cet ef­fet d’une piste se­con­daire en herbe, pa­ral­lèle à la piste en dur, et qui sert in­ten­si­ve­ment aux beaux jours. Or Ae­ro­fly FS 2 com­porte dans sa flotte par dé­faut tous ces types d’ap­pa­reils sus­cep­tibles de po­ser leurs roues – ou pa­tins – à LOWI.

La scène est dis­po­nible par l’in­ter­mé­diaire de l’in­ter­face Steam ; elle pèse 1,2 Go et coûte 31,95 eu­ros. L’ins­tal­la­tion est au­to­ma­ti­sée puis­qu’elle s’ef­fec­tue au fur et à me­sure du té­lé­char­ge­ment du dé­cor. Et ce n’est pas un pe­tit dé­cor ! Car la scène dé­passe lar­ge­ment le cadre de l’aé­ro­port, elle couvre un rec­tangle d’ap­proxi­ma­ti­ve­ment 60x40 ki­lo­mètres où LOWI se­rait le centre. Ceux qui trouvent que la scène est chère de­vraient com­pa­rer avec cer­taines réa­li­sa­tions pour FS X ou X-Plane qui sont bien moins éten­dues ! Car ici, tous les stan­dards de qua­li­té d’AFS2 sont res­pec­tés, à com­men­cer par les gra­phismes…

On s’y croi­rait !

L’un des at­traits du lo­gi­ciel d’IPACS est son dé­cor pho­to­réa­liste – du moins pour les zones

dé­taillées et mu­nies d’aé­ro­ports. On avait cra­qué pour la Ca­li­for­nie et l’Utah dans le lo­gi­ciel stan­dard, on re-craque pour ce pe­tit bout d’Au­triche. Les tex­tures sol sont im­pres­sion­nantes de ré­so­lu­tion, on frôle le sans-faute, d’au­tant plus qu’elles sont pla­quées sur un re­lief ex­tra­or­di­nai­re­ment pré­cis. C’est d’au­tant plus im­pres­sion­nant ici qu’on est dans un re­lief au­tre­ment plus éle­vé qu’au-des­sus de l’Ouest amé­ri­cain ; seul le Grand Ca­nyon pour­rait ri­va­li­ser avec les pay­sages ty­ro­liens. Chaque vil­lage, chaque lac, chaque sen­tier est iden­ti­fiable de­puis les airs. On ne dis­pose que d’une saison, l’été, mais c’est sou­vent le cas pour les scènes à vo­ca­tion VFR et per­met de res­treindre la taille des fi­chiers.

Sur ces images pho­to­gra­phiques a été ajou­té un nombre très éle­vé d’ob­jets 3D. De plus, tous ont été po­si­tion­nés avec une grande mé­ti­cu­lo­si­té. Ain­si chaque mai­son, en­tre­pôt, usine est bien vi­sible de­puis les airs, mais le dé­cor va au­de­là dans sa re­pro­duc­tion du réel. La vé­gé­ta­tion vo­lu­mé­trique est bien pré­sente sur toutes les zones de bois, de fo­rêt ou de bos­quets. Les gares fer­ro­viaires dé­voilent des wa­gons en at­tente de char­ge­ment ; les via­ducs ou bre­telles d’au­to­routes sont sur­éle­vés. Ra­re­ment on au­ra vu dans un dé­cor de si­mu­la­tion une telle re­cherche du dé­tail. Les au­teurs sont al­lés jus­qu’à in­té­grer des trains mo­biles sur les voies fer­rées. Même si une bonne par- tie de l a sur­face cou­verte ne concerne que des re­liefs éle­vés consti­tués de roches, on reste char­mé par la qua­li­té de l’en­semble. Et si les au­teurs n’ont trai­té qu’une seule saison, ils n’ont pas pour au­tant né­gli­gé les éclai­rages noc­turnes. Les routes s’éclairent au cou­cher du so­leil, l es zones ha­bi­tées sont ai­sé­ment iden­ti­fiables. On com­prend que le vol de nuit en ré­gion mon­ta­gneuse ne soit pas une prio­ri­té, mais la réus­site de l’en­semble mé­rite d’être sou­li­gnée.

Un point à sou­li­gner, qui dé­passe le stade du dé­tail : les zones en­vi­ron­nantes sont trai­tées en re­lief et en tex­ture, mais avec des pré­ci­sions bien moindres. Or nous avons pu consta­ter que les ef­fets de rup­ture, bien que mar­qués, n’étaient pas ca­tas­tro­phiques aux fron­tières de la scène Orbx. Lors­qu’on sur­vole la ré­gion à haute al­ti­tude, il n’y a rien de vrai­ment cho­quant à l’oeil ; et à basse al­ti­tude, la conti­nui­té des re­liefs est convain­cante.

Il n’y a dans toute la sur­face cou­verte qu’une seule ins­tal­la­tion aé­ro­nau­tique, Inns­bruck Air­port LOWI. Une seule, mais im­pec­ca­ble­ment trai­tée. Tous les bâ­ti­ments de l’aé­ro­port réel sont mo­dé­li­sés et tex­tu­rés pour cor­res­pondre au mieux à la réa­li­té du ter­rain. Mais là en­core le sou­ci du dé­tail dé­passe ce qu’on at­tend gé­né­ra­le­ment d’une scène stan­dard. De nom­breux avions sta­tiques oc­cupent les par­kings : A320 et B737 sur le tar­mac com­mer­cial, DA40 et biz­jets dans la zone est ré­ser­vée à l’avia­tion gé­né­rale. Les au­teurs ont ajou­té d’in­nom­brables

cha­riots à ba­gages, trac­teurs, bus, pas­se­relles d’ac­cès, plots pour meu­bler l’es­pace. Et si d’aven­tures tout ce­ci ne suf­fi­sait pas pour l’am­biance, il y a de la vie à LOWI ! Plu­sieurs per­son­nages ani­més vaquent à leurs opé­ra­tions sur les par­kings et de­vant les han­gars, pen­dant que des vé­hi­cules de piste ou des bus de pas­sa­gers cir­culent sur les taxi­ways. Cette ani­ma­tion vi­suelle pal­lie le manque de tra­fic IA dans Ae­ro­fly FS 2 et plonge les pi­lotes vir­tuels dans un vrai bain aé­ro­nau­tique.

Vo­ler en Au­triche

Comme nous l’avons évo­qué pré­cé­dem­ment, toutes sortes d’ap­pa­reils peuvent se croi­ser à Inns­bruck, à l’ex­cep­tion des vols mi­li­taires – et en­core, en si­mu­la­tion, tout est pos­sible ! En fait, les prin­ci­pales li­mi­ta­tions pro­viennent ici du lo­gi­ciel en lui-même. Pour des vols en li­ners, il n’y a pas de des­ti­na­tion à por­tée de LOWI, sauf à pos­sé­der l’ex­ten­sion Swit­zer­land pour le si­mu­la­teur. Il faut de plus re­con­naître que l’ab­sence de crash ou de pannes en­lève un peu de pi­ment aux aven­tures dans ce contexte par­ti­cu­lier d’un aé­ro­port à risque. Néan­moins les pos­si­bi­li­tés de po­si­tion­ner un aé­ro­nef avec pré­ci­sion sur la carte (et en al­ti­tude) de­vraient per­mettre de tra­vailler les tra­jec­toires d’ap­proche sur les li­ners four­nis avec AFS2, no­tam­ment le Q400 qui a ré­cem­ment fait son ar­ri­vée dans le han­gar vir­tuel.

En avions légers, LOWI peut de­ve­nir la base de dé­part de nom- breuses ex­cur­sions dans les mon­tagnes en­vi­ron­nantes. On re­grette ici que le ré­glage de mé­lange pour les mo­teurs à pis­tons ne soit pas (en­core) pris en compte, ce qui au­rait ajou­té une dose de réa­lisme bien­ve­nue. Mal­gré cette la­cune, c’est un plai­sir que de re­mon­ter les val­lées, pra­ti­quer le vol de mon­tagne en ser­rant à droite (règle élé­men­taire de sé­cu­ri­té qui fa­ci­lite les de­mi-tours tout en li­mi­tant les risques de croisement fron­tal). Le pay­sage mé­rite de mul­tiples vi­sites, quitte à va­rier la mé­téo. En­fin on ne peut pas­ser à cô­té des vols en pla­neurs, spé­cia­li­té lo­cale. Là en­core, les pos­si­bi­li­tés de pla­ce­ment sur la carte avant de dé­mar­rer un vol au­to­risent toutes les fan­tai­sies, sur­tout en jouant avec les ré­glages de force du vent, sa di­rec­tion, les tur­bu­lences et les cou­rants ther­miques. Dans ces condi­tions, Ae­ro­fly FS 2 de­vient presque un si­mu­la­teur de vol à voile à part en­tière.

Cette réa­li­sa­tion nous a plus qu’en­chan­tés. Ce n’est pas seule­ment la qua­li­té gra­phique et la mul­ti­tude de dé­tails qui en font une ex­ten­sion à part. Elle marque un tour­nant dans le dé­ve­lop­pe­ment d’AFS2 qui n’est plus un simple lo­gi­ciel de jeu de pi­lo­tage mais qui ob­tient la cau­tion d’un des prin­ci­paux dé­ve­lop­peurs de dé­cors. En re­pro­dui­sant une am­biance réa­liste, et mal­gré les li­mi­ta­tions ac­tuelles du lo­gi­ciel en termes de tra­fic IA et de contrôle aé­rien, la scène Inns­bruck Air­port LOWI pour­rait fort bien être l’add-on qui jus­ti­fie l’achat du lo­gi­ciel de base. Pour notre part, nous le re­com­man­dons gran­de­ment, ne se­rait-ce que pour va­rier les plai­sirs après avoir par­cou­ru en long et en large toute la côte ouest des États-Unis.

Dé­li­mi­ta­tion ap­proxi­ma­tive de la zone cou­verte : elle me­sure en­vi­ron 60 ki­lo­mètres sur 40.

L’Ex­tra 300 est idéal pour vi­si­ter toutes les val­lées. Le dé­cor est gran­diose !

Avions sta­tiques, équi­pe­ment de piste, per­son­nel et vé­hi­cules ani­més, l’aé­ro­port re­gorge de dé­tails.

Dé­part au han­gar d’avia­tion gé­né­rale, le per­son­nel en ar­rière-plan est ani­mé !

Vo­ler avec les aigles !

La ville d’Inns­bruck est re­pro­duite dans ses moindres dé­tails, on la sur­vole après un dé­col­lage en 08.

Sur­vol du lac d’Achen­see, à l’ex­tré­mi­té nord-est de la scène. La tran­si­tion avec le dé­cor stan­dard, vi­sible à droite de l’image, est toute douce.

En fi­nale pour la 08, im­pres­sion­nant !

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