Pi­perPA28161

Clas­sique et élé­gant

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParAn­ni­ckPey­re­morte

Ae­roS­phere Si­mu­la­tions re­pré­sente un créa­teur d’avions amé­ri­cain pour X-Plane ba­sé à Lynch­burg en Vir­gi­nie. De­puis fin 2015, il s’est spé­cia­li­sé dans la réa­li­sa­tion de plu­sieurs Pi­per et les der­niers sor­tis de sa fa­brique vir­tuelle sont le Tur­bo Ar­row IV, l’Ar­cher III et sur­tout le War­rior II qui nous in­té­resse. Les Pi­per sont, semble-t-il, les avions de pré­di­lec­tion de plu­sieurs édi­teurs qui se sont tous don­né le mot pour en vendre ré­cem­ment ! Mais le choix des mo­dèles est grand et le Pi­per mo­dé­li­sé ici est dif­fé­rent de ce­lui édi­té par Just­flight pour FS X et tes­té dans Mi­cro­Sim n° 281. Il s’agit ici de l’un des War­rior, dont la fa­bri­ca­tion a dé­bu­té en 1962 avec le 150B. Puis après plu­sieurs mo­di­fi­ca­tions d’ailes et de fu­se­lage, le 151, puis le 161 sont sor­tis au­tour de 1977. C’est ce der­nier, à pas d’hé­lice et à train fixes, mo­to­ri­sé par un Ly­co­ming O-320 de 160 ch, que nous tes­te­rons. Il est com­pa­tible avec les ver­sions 10 et 11 de X-Plane, sur les 3 OS Win­dows, MacOS et Li­nux, en 64 bits et coûte un peu moins de 25 dol­lars.

Si, d’après ce qu’en ex­plique l’au­teur, chaque mo­dèle a été pro­duit en ex­ploi­tant le ma­nuel de vol du fa­bri­cant, un seul do­cu­ment de trois pages ac­com­pagne l’avion vir­tuel, un peu trop court pour être ex­ploi­table en vol. Mais il peut être com­plé­té par tous ceux que l’on trouve fa­ci­le­ment sur In­ter­net, pi­lote au­to­ma­tique in­clus, car il est très pré­sent dans les aé­ro-clubs. Une des­crip­tion des spé­ci­fi­ci­tés dans X-Plane au­rait mal­gré tout été bien­ve­nue ! Ce do­cu­ment se­ra donc étof­fé d’autres gla­nés sur la toile, dont un Pi­lot Ope­ra­ting Hand­book (ma­nuel du pi­lote) com­plet, un de­vis de masse et cen­trage et deux check-lists dont une moins dé­taillée, mais com­pa­tible avec XC­he­ck­list (voir en­ca­dré).

Pré­vol ex­té­rieure

Main­te­nant, lais­sons libre cours à notre ima­gi­na­tion… Le PA28 que nous ve­nons de louer est l’un de ceux de l’aé­ro-club de Bas­tia pro­po­sé pour dé­cou­vrir l’île de Beau­té. Le de­vis de masse et de cen­trage est ef­fec­tué sur l’or­di­na­teur de

l’aé­ro-club. Nous sor­tons en­suite sur le tar­mac pour pro­cé­der à la vi­site pré­vol et faire le tour de l’avion. La pre­mière im­pres­sion est celle d’un avion gra­phi­que­ment réa­li­sé avec soin, aux tex­tures de haute dé­fi­ni­tion, même s’il n’at­teint pas la qua­li­té de cer­tains aé­ro­nefs ré­cents. Il a gar­dé une ap­pa­rence neuve et très propre. Par contre, il n’a pas de cale ; la porte d’ac­cès au cock­pit, qui est cô­té co­pi­lote en mon­tant sur l’aile, et le coffre s’ouvrent seule­ment de l’in­té­rieur, mais pas le ca­pot mo­teur. Tous les dé­tails sont pré­sents, comme l’an­ti­dé­ra­pant noir sur l’em­plan­ture de l’aile droite, les an­tennes, les bou­chons de ré­ser­voir, les can­ne­lures de l’em­pen­nage et ri­vets, les ner­vures et autre lo­go sur l’em­pen­nage ver­ti­cal.

Nous avons le choix entre cinq li­vrées en haute dé­fi­ni­tion dont une toute blanche qui fait of­fice de paint­kit et quatre sup­plé­men­taires gra­tuites ré­cu­pé­rables sur xplane.org, dont cer­taines ins­pi­rées de vrais avions. Le des­sin re­pré­sente en ma­jo­ri­té des rayures lon­gi­tu­di­nales de cou­leurs dif­fé­rentes. Dans X-Plane 11 adop­té pour les tests, il suf­fit de les po­ser dé­zip­pées dans le dos­sier Li­ve­ries pour qu’elles ap­pa­raissent dans la liste des li­vrées de l’in­ter­face de l’avion. Une fois les icônes gé­né­rées, dont la mé­thode est ex­pli­quée dans le Mi­cro­Sim n° 283, l’af­fi­chage du ré­sul­tat est ins­tan­ta­né.

Am­phi ca­bine

Même si le dos­sier du siège avant droit ne se bas­cule pas vir­tuel­le­ment, nos deux pas­sa­gers passent à l’ar­rière sur des as­sises im­ma­cu­lées en si­mi­li cuir gris clair dont les cein­tures sont prêtes à l’em­ploi. Un ex­tinc­teur les sé­pare au sol. Les cales, des sangles pour fixer les ba­gages et une caisse de bi­dons d’huile Ae­ro­shell Fluid 41 (on ne sait ja­mais !) sont ran­gés dans le coffre.

Ins­tal­lons-nous en place avant gauche comme il se doit, puis c’est au tour du co­pi­lote de se fau­fi­ler à l’avant droit. Entre nous se trouvent le com­pen­sa­teur et le le­vier de com­mande des vo­lets, dont des dif­fé­rents crans sont de 10°, 25° et 40°. Au sol, une plaque en mé­tal pro­tège le ta­pis du frot­te­ment des pieds et les pa­lon­niers sont ani­més. Le sé­lec­teur de car­bu­rant à trois po­si­tions se trouve à ce ni­veau à gauche, mais dif­fi­cile d’ac­cès. Les pare-so­leil sont mo­biles et deux

lampes peuvent éclai­rer l’es­pace en bleu ou en blanc.

Le ta­bleau de bord est en 3D, bien li­sible et très réa­liste. On re­con­naît bien le style des avions de cette époque avec le fond noir et la casquette par­cou­rue de cou­tures ! Les vo­lants peuvent dis­pa- raître ou ap­pa­raître d’un clic de sou­ris sur leur base. La com­mande élec­trique du com­pen­sa­teur sur la branche gauche de ce­lui du pi­lote ne fonc­tionne pas, il convien­dra donc de lui at­tri­buer un bou­ton sur un pé­ri­phé­rique.

De gauche à droite, on re­trouve une hor­loge à quartz avec trot­teuse, les af­fi­chages des ca­rac­té­ris­tiques mo­teur sur­mon­tés des ins­tru­ments ana­lo­giques de base (In­di­ca­teur de vi­tesse, ho­ri­zon ar­ti­fi­ciel, al­ti­mètre, in­di­ca­teur de VOR/LOC, af­fi­cheur de bille­ma­quette, conser­va­teur de cap et va­rio­mètre). Au centre, le prime, la com­mande des freins, les deux ma­nettes, gaz et mix­ture et le ré­chauf­fage du car­bu­ra­teur co­ha­bitent avec les in­ter­rup­teurs (Alt, Bat, pompe à car­bu­rant et éclai­rages), ain­si que deux GPS Gar­min, un 430 et un 530. À droite, se trouve tout ce qui concerne les com­mu­ni­ca­tions, un pi­lote au­to­ma­tique S-Tec Fif­ty Five X, une ra­dio Gar­min GMA 340 et un trans­pon­deur lui aus­si Gar­min au-des­sus des ran­gées de fu­sibles. À part ces der­niers, tout est opé­ra­tion­nel et prêt pour le VFR ou l’IFR.

Mise en marche

Après vé­ri­fi­ca­tion, l es par­ties mo­biles ré­pondent cor­rec­te­ment aux com­mandes. La mise en route du mo­teur et des ins­tru­ments ne pré­sente pas de dif­fi­cul­té, il s’agit bien d’un avion des­ti­né à l’ap­pren­tis­sage ! La bat­te­rie et la pompe sont en­clen­chées, le mé­lange sur « pauvre », la sou­ris al­lume les dif­fé­rentes lu­mières, puis fait glis­ser la clé de contact. Un ron­ron­ne­ment se fait en­tendre, tout fonc­tionne cor­rec­te­ment. L’ai­guille de la pres­sion d’huile passe dans le vert. Le ré­gime est ré­glé pour 1 000 rpm, puis la pompe est cou­pée. Quelques clics en­clenchent le fonc­tion­ne­ment de l a ra­dio, du trans­pon­deur et du GPS qu’il faut confi­gu­rer. Aux dif­fé­rentes étapes, les sons sont tout à fait réa­listes. Seul bé­mol, le cercle de l’hé­lice est trop mar­qué et en­core pire la nuit. Le rou­lage se fait sur­tout à l’aide de la rou­lette avant conju­guée aux pa­lon­niers et le moins pos­sible sur les freins. L’avion ba­lance ver­ti­ca­le­ment sur ses amor­tis­seurs. Une halte au point d’ar­rêt per­met d’ef­fec­tuer les der­nières vé­ri­fi­ca­tions.

École ou voyage ?

Au dé­col­lage, pieds sur les pa­lon­niers pour contrer le couple mo­teur dis­cret, la mon­tée des gaz en­gendre un bruit un peu plus grave. On tire sur le vo­lant à 60 kts, puis on re­monte les vo­lets. L’avion grimpe alors à 80 kts, 2 500 rpm et jus­qu’à 700 ft/min de vi­tesse ver­ti­cale. La vi­si­bi­li­té est confor­table grâce à la forme courbe du pare-brise. En croi­sière, on adapte les gaz à en­vi­ron 75 % de la course de l’ac­cé­lé­ra­teur à une vi­tesse de 125 kts. Les chiffres cor­res­pondent à peu près à ceux an­non­cés pour l’ap­pa­reil réel. De l’ex­té­rieur, les roues conti­nuent à tour­ner dans le vide. Le pi­lote au­to­ma­tique, dont la pré­sence d’un mode d’em­ploi adap­té à X-Plane manque beau­coup, est cou­plé avec cha­cun des GPS, le 530 sur NAV1 et le 430 sur NAV2. De nuit, la lu­mière des phares est tout à fait cor­recte. L’aé­ro­port d’ar­ri­vée est en vue, il est temps de des­cendre à 125 kts à 2 500 rpm. On re­met la pompe à car­bu­rant et le ré­chauf­fage du car­bu­ra­teur en marche. Le mé­lange est ré­glé sur « riche », les vi­suels mo­teur sont bons. On choi­sit de désac­ti­ver le pi­lote au­to­ma­tique pour un at­ter­ris­sage en ma­nuel. En fi­nale à 55 kts, les trois crans de vo­let suc­ces­sifs font ca­brer l’avion, ce qu’il faut cor­ri­ger. Après un ar­ron­di, l’avion se pose à seule­ment 50 kts sur le train prin­ci­pal, puis sur la rou­lette de nez. Les vo­lets sont re­le­vés, les freins sont ef­fi­caces et une fois de re­tour au par­king, on peut cou­per le mo­teur.

Com­por­te­ment en vol et pannes

Lorsque l’ap­pa­reil et ses ins­tru­ments sont bien en main, on peut se lais­ser al­ler à quelques fan­tai­sies. Des vi­rages à 30 et 45° per­mettent d’ana­ly­ser la ré­ac­tion du PA28 et de s’en­traî­ner à uti­li­ser cor­rec­te­ment les pa­lon­niers dans ces cir­cons­tances. La bille ré­agit cor­rec­te­ment et ne par­donne pas les fautes de l’élève-pi­lote ! L’ai­guille du va­rio­mètre re­des­cend à 60 kts au cours des quelques es­sais de dé­cro­chage, mais sans dé­clen­cher de vrille. L’avion plane bien en cas de panne mo­teur, suf­fi­sam­ment pour avoir le temps de ré­agir. Le PA28 est fi­na­le­ment un for­ma­teur sé­cu­ri­sant.

Un vent au-de­là de 15 kts montre les li­mites de l’avion. Ce­lui-ci est se­coué comme un fé­tu de paille, le pi­lote au­to­ma­tique est alors par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­cié ! En cas de pluie, que l’on confi­gure vo­lon­tai­re­ment dans le si­mu­la­teur, on peut ou­vrir la pe­tite fe­nêtre « tous temps ». Le son des gouttes sur la car­lingue s’am­pli­fie. Ce test est sur­tout pos­sible avec le Track IR et as­sez acro­ba­tique et c’est aus­si l’oc­ca­sion d’es­sayer un vol en dé­ra­page ! En bref, on peut dire que le PA28 est un avion très stable, ce qui est plu­tôt ras­su­rant.

Ce pe­tit ap­pa­reil équi­pé d’un mo­teur à pis­ton de base, train fixe et hé­lice à pas fixe est donc très ac­ces­sible, même (voire sur­tout) aux dé­bu­tants. Au-de­là de son rôle d’ap­pren­tis­sage, il per­met éga­le­ment de pra­ti­quer le vol aux ins­tru­ments, que ce soit en loi­sir ou en for­ma­tion, à 120 kts de vi­tesse de croi­sière (pas mal !) pour pro­fi­ter du pay­sage. Néan­moins une do­cu­men­ta­tion plus étof­fée au­rait été bien­ve­nue !

L’avion au par­king, toutes portes ou­vertes.

De haut en bas : • Rou­lage à Bas­tia. • Sor­tie du point d’ar­rêt. • Dé­col­lage au-des­sus de l’île de Beau­té.

Les phares éclairent cor­rec­te­ment.

En mon­tée, avec le GPS agran­di et la check-list af­fi­chée.

De haut en bas : • Vue de l’in­té­rieur de la ca­bine. • Vue de la par­tie basse du cock­pit… • … et de sa par­tie haute. Dé­part sous une mé­téo me­na­çante.

En croi­sière.

Panne mo­teur à l’at­ter­ris­sage. Au par­king à Odate, au Ja­pon.

La li­vrée noire et blanche.

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