ArmA3 Laws of War

Après la guerre, l’hu­ma­ni­taire

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - parEm­ma­nuelB­lan­chard

Avec cette der­nière ex­ten­sion, l’équipe de Bo­he­mia In­ter­ac­tive inau­gure une nou­velle forme de si­mu­la­tion. Plus ques­tion de se faire la guerre, mais au contraire d’en ré­pa­rer les mé­faits…

On a par­fois re­pro­ché aux si­mu­la­tions mi­li­taires de faire l’apo­lo­gie de la vio­lence ; ce n’est pas notre point de vue (dé­jà maintes fois dé­bat­tu dans le ma­ga­zine), mais il est com­pré­hen­sible qu’un lo­gi­ciel re­pro­dui­sant l es conflits mo­dernes dans toutes leurs hor­reurs (la cam­pagne d’Arma 2 était éprou­vante sur ce point) peut po­ser des ques­tions. Bo­he­mia In­ter­ac­tive ré­sout une par­tie du pro­blème en nous pro­po­sant une ex­ten­sion pour Arma 3 qui place le joueur dans une si­tua­tion in­édite. Fi­ni le champ de ba­taille fu­tu­riste, place à une or­ga­ni­sa­tion hu­ma­ni- taire qui va ten­ter de rendre à l’île d’Al­tis, ra­va­gée par les com­bats, un vi­sage plus ac­cueillant…

L’his­toire

Le théâtre d’Arma 3 fai­sait s’af­fron­ter quatre fac­tions dans un conflit cen­sé se dé­rou­ler en 2035. Une fac­tion dé­nom­mée CSAT (des pays en voie de dé­ve­lop­pe­ment réunis au­tour de la Chine), l’Otan et deux groupes in­dé­pen­dan­tistes d’Al­tis se bat­taient pour le contrôle de l’île sur fond de guerre ci­vile. L’His­toire reste à écrire et rien ne pré­cise qui a ga­gné le conflit… Mais dix-huit mois après les hos­ti­li­tés, les villes et villages sont ra­va­gés, et les bel­li­gé­rants ont truf­fé le sol de ce pa­ra­dis mé­di­ter­ra­néen de mil­liers de mines de tous types : an­ti­char, an­ti­per­son­nel, sans par­ler des sous­mu­ni­tions non ex­plo­sées qui sont au­tant de me­naces pour les ci­vils de re­tour dans les zones ha­bi­tables…

C’est dans ce cadre que se dé­roule l’ac­tion de Laws of War - les lois de la guerre, un oxy­more

qui n’a pas trop de sens sur le ter­rain des conflits. L’ex­ten­sion pro­pose une cam­pagne spé­ci­fique et un lot de nou­veaux équi­pe­ments pour dé­ve­lop­per des mis­sions in­édites. L’ONG i ma­gi­naire IDAP - In­ter­na­tio­nal De­ve­lop­ment & Aid Pro­ject - a la lourde charge d’in­ter­ve­nir sur l’an­cien champ de ba­taille et de l e net­toyer des mines et ex­plo­sifs dis­sé­mi­nés un peu par­tout. Ceux qui ont su­bi les mines d’Arma 3 dans les mis­sions mul­ti­joueurs savent à quel point on peut haïr ces armes re­dou­tables.

Pour la cam­pagne, vous voi­ci dans le rôle d’un membre d’IDAP char­gé de net­toyer la ville d’Oreo­cas­tro des me­naces lais­sées par la guerre, alors même qu’il est le su­jet d’un re­por­tage pour un grand jour­nal en ligne. Il fau­dra re­pé­rer les mines, les si­gna­ler, les neu­tra­li­ser. Mais pas seule­ment : de nom­breux épi­sodes en fla­sh­back re­font vivre le conflit et les cir­cons­tances qui ont me­né à cette si­tua­tion dé­plo­rable. Il fau­dra éga­le­ment par­ti­ci­per aux mis­sions où les mi­li­taires aident les hu­ma­ni- taires, comme en su­per­vi­sant un pa­ra­chu­tage de ra­vi­taille­ment ou en sé­cu­ri­sant les zones d’ac­ti­vi­tés contre des bri­gands lo­caux.

Par­mi les nou­veaux équi­pe­ments pro­po­sés par l’ex­ten­sion, on pas­se­ra vite sur les ca­mion­nettes dé­cli­nées en trans­port, en am­bu­lance ou en mi­ni­bus. Les dé­mi­neurs sont équi­pés d’un nou­veau dé­tec­teur qui in­dique vi­suel­le­ment et par un si­gnal au­dio la proxi­mi­té de charges ex­plo­sives. Men­tion spé­ciale pour les nou­veaux drones ci­vils : ils per­mettent de lar­guer des pe­tites charges dans des zones dif­fi­ci­le­ment ac­ces­sibles, par exemple des kits mé­di­caux d’ur­gence ou des pros­pec­tus d’in­for­ma­tion ; mais ils peuvent aus­si lâ­cher des pe­tites charges ex­plo­sives sur les grands champs de mines pour neu­tra­li­ser d’un coup plu­sieurs me­naces sans ex­po­ser le per­son­nel.

Pour an­glo­phones

Lors de la cam­pagne, l’am­biance est lourde et chaque pas dans une zone non sé­cu­ri­sée donne le fris­son : ex­plo­se­ra, ex­plo­se­ra pas ? Les mis­sions in­dé­pen­dantes, réa­li­sées à par­tir de l’édi­teur et dis­po­nibles dans le Steam Work­shop, de­vraient fleu­rir pour pro­po­ser de nou­veaux contextes.

Quelle que soit sa qua­li­té, cette ex­ten­sion souffre néan­moins de deux gros dé­fauts. Tout d’abord l’in­té­gra­li­té du conte­nu (écrit, oral) est en an­glais, ce qui peut blo­quer bon nombre d’uti­li­sa­teurs dans l’Hexa­gone. En­suite les guides et ins­truc­tions manquent cruel­le­ment, on est par­fois li­vré à soi-même et il faut par­cou­rir les nom­breux me­nus de tâches ( tasks) et brie­fings pour savoir exac­te­ment ce qu’on doit ac­com­plir. C’est as­sez frus­trant par mo­ments, même lors­qu’on a vi­si­té le centre d’IDAP et sui­vi ses tu­to­riels.

Néan­moins Laws of War per­met de dé­cou­vrir un autre as­pect d’Arma, dans un contexte éloi­gné de la des­truc­tion to­tale de l’ad­ver­saire. L’add-on reste abor­dable lors­qu’on pos­sède le jeu ori­gi­nal (7,99 eu­ros sur Steam). Et der­nier dé­tail, mais non le moindre : Bo­he­mia In­ter­ac­tive s’en­gage à re­ver­ser la moi­tié des re­ve­nus ti­rés de cette ex­ten­sion (ache­tée en so­lo, pas en pack) à la Croix Rouge In­ter­na­tio­nale. En dé­mi­nant vir­tuel­le­ment, vous al­lez contri­buer à éli­mi­ner des mines bien réelles !

Le pe­tit drone en mode an­ti­mines.

L’ex­pres­sion « ter­rain mi­né » prend tout son sens… Les charges ex­plo­sives sont dif­fi­ciles à trou­ver, même avec le dé­tec­teur.

Pa­ra­chu­tage de ra­vi­taille­ment : il faut au préa­lable trou­ver un bon site pour les lar­gages.

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