Ar­ling­ton KAWO pour X-Plane

Le rêve des pi­lotes d’avia­tion gé­né­rale

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par An­nick Pey­re­morte

Dé­jà ré­pu­tés pour leur sens du dé­tail et de l’im­mer­sion grâce à leur C172 plus réa­liste que ce­lui par dé­faut de XP­lane, les dé­ve­lop­peurs d’Air­foilLabs nous pro­posent une scène proche de Seat­tle, celle d’Ar­ling­ton dans l’État de Wa­shing­ton.

La ver­sion 1.0 de cette scène da­tée de dé­cembre 2017, est dis­po­nible sur l a bou­tique du site http://x-plane.org pour 29,95 dol­lars amé­ri­cains. Elle fonc­tionne à par­tir de la ver­sion 11.10 du si­mu­la­teur car elle uti­lise le nou­veau SDK 3.0 (kit de dé­ve­lop­pe­ment) cor­res­pon­dant. Nous l’avons tes­tée sur la ver­sion 11.11 en­core plus ré­cente. Comme elle est dé­cli­née se­lon l es 3 OS – nous l ’avons es­sayée ici sous Win­dows 10. L’ins­tal­la­tion est longue, car elle com­porte en fait plu­sieurs par­ties dont des li­brai­ries. At­ten­tion ! Il est vi­ve­ment conseillé de dé­co­cher cer­taines op­tions comme celle qui in­tègre son propre plug-in à l’in­té­rieur de X-Plane, gour­mand en mé­moire (150 Mo) et pro­vo­quant des ac­cès ser­veur pour ré­cu­pé­rer d’éven­tuelles mises à jour. Pour­quoi faire si com­pli­qué alors qu’il suf­fit de dé­zip­per un dos­sier de scène pour l’in­té­grer au ré­per­toire Cus­tom Sce­ne­ry ? Sou­hai­tant tes­ter les deux pos­si­bi­li­tés, nous avons cher­ché à sup­pri­mer la scène pour la ré­ins­tal­ler dif­fé­rem­ment, mais il n’y a au­cun dés­ins­tal­leur clai­re­ment ac­ces­sible. Nos mes­sages et de­mandes ré­pé­tés aus­si bien sur le site que sur le fo­rum de x-plane.org n’ont ja­mais re­çu de ré­ponse…

L’en­semble fi­nal dans le dos­sier Cus­tom Sce­ne­ry oc­cupe 2,18 Go en huit ré­per­toires nom­més AFL_ARLINGT ON_ A PT 1, APT2, APT3, B, C, D, ZAFL_MESH_+48123 et une li­brai­rie per­son­na­li­sée de 1,4 Go. À ce stade, ils peuvent être dé­pla­cés dans un ges­tion­naire de scènes comme Sce­neMa­na­ger ou XP Ele­ment Ma­na­ger.

Le seul do­cu­ment dis­po­nible se trouve dans le pre­mier dos­sier et sur le site des au­teurs. Il s’agit en fait de cap­tures d’écran de 5 pos­si­bi­li­tés de ré­glages gra­phiques dans X-Plane adap­tés à la per­for­mance de l’or­di­na­teur, et ce­lui qui

a ser­vi aux tests sup­porte les ré­glages maxi­mums pré­co­ni­sés. Il au­rait été bien­ve­nu d’y ad­joindre quelques ren­sei­gne­ments sur l’aé­ro­port réel, des cartes (quoique dis­po­nibles par ailleurs, comme sur http://sky­vec­tor.com) en par­ti­cu­lier pour les pro­cé­dures de dé­part et d’ar­ri­vée se­lon les pistes, et les dif­fé­rents sché­mas de tra­fic, plu­tôt que dans le plug-in.

Pro­duct Ma­na­ger

Une fois ins­tal­lé et af­fi­ché dans le si­mu­la­teur, ce mo­dule com­porte deux par­ties. La pre­mière per­met de gé­rer ses propres mises à jour, celles de la li­brai­rie et les dif­fé­rents pro­duits des au­teurs, et fa­ci­lite l’ins­tal­la­tion de ces der­niers. La deuxième pré­sente les dif­fé­rentes fonc­tion­na­li­tés ad­di­tion­nelles. En ce qui concerne Ar­ling­ton, il est pos­sible, en af­fi­chant d’énormes flèches, de re­pé­rer l’em­pla­ce­ment des deux aé­ro­ports voi­sins mo­dé­li­sés, ain­si qu’un guide de vol à tra­vers des car­rés fa­ci­li­tant les cir­cuits pour les dif­fé­rentes pistes, ou spé­ci­fiques aux hé­li­co­ptères et aux pla­neurs. Mais nous sor­tons là du do­maine du si­mu­la­teur pour ren­trer dans ce­lui du jeu, ce qui n’est pas le but pre­mier de X-Plane ! Au­tant dans une scène fic­tive des­ti­née par exemple à ap­prendre à maî­tri­ser un aé­ro­nef, ces « boîtes » sont jus­ti­fiées, au­tant à Ar­ling­ton, ce n’est pas pé­da­go­gique. Il vaut mieux ap­prendre sans aide fic­tive ! En­fin, la der­nière op­tion n’est ac­tive que si l’on pos­sède World Traf­fic 3, un add-on payant du site http://xp­lane.org.

KAWO Ar­ling­ton

Ar­ling­ton Mu­ni­ci­pal Air­port est un pe­tit aé­ro­port ré­gio­nal pu­blic de 480 ha si­tué à 65 km au nord de Seat­tle, entre le dé­troit de Pu­get et les mon­tagnes, dans l’ex­trême nord-ouest des États-Unis. Son ou­ver­ture date de 1937. Une par­tie a été fré­quen­tée par la ma­rine amé­ri­caine à par­tir de 1940 pour l’en­traî­ne­ment, en com­plé­ment des ins­tal­la­tions de Seat­tle. Il était des­ti­né à em­pê­cher le Ja­pon d’en­va­hir les îles Aléou­tiennes au sud de l’Alas­ka. Mais son ac­ti­vi­té est re­de­ve­nue ma­jo­ri­tai­re­ment ci­vile de­puis la fin de la Se­conde Guerre mon­diale et concerne l’avia­tion gé­né- rale à 98 %, tou­jours com­plé­men­taire de Seat­tle-Ta­co­ma. Il ac­cueille plus de 500 aé­ro­nefs toutes ca­té­go­ries, de­puis le jet jus­qu’à la mont­gol­fière, et cer­tains sont des avions an­ciens re­mis en état de marche. Di­verses entreprises s’y sont im­plan­tées, dont des écoles de vol, des construc­teurs et des res­tau­ra­teurs d’avions. L’aé­ro­port n’est pas contrô­lé et pré­sente deux pistes en as­phalte, 16/34 et 11/29 plus une autre qui reste fer­mée.

La scène couvre prin­ci­pa­le­ment l’aé­ro­port et la ville du même nom sur une ré­so­lu­tion de 50 cm par pixel. Les cou­leurs uti­li­sées sont en har­mo­nie avec celles en­vi­ron­nantes et ses li­mites sont à peine vi­sibles. Sur le ter­rain d’Ar­ling­ton, on re­con­naît ai­sé­ment les trois pistes en forme de tri­angle, l’af­fi­chage du nom de l’aé­ro­port, les aires de rou­lage en gou­dron, les es­paces en gra­vier et les sur­faces her­beuses tout à fait res­pec­tées et pré­cises.

Les tex­tures de sol sont va­riées et cor­rec­te­ment réa­li­sées, aus­si bien l’as­phalte avec ses cra­que­lures que les brins d’herbe et fleurs en 3D. Même la zone de tran­si­tion entre le gou­dron et la terre est éton­nante de réa­lisme. Au char­ge­ment, les dé­parts peuvent s’ef­fec­tuer sur 17 em­pla­ce­ments, prin­ci­pa­le­ment au sud et à l’est. Nous au­rions pré­fé­ré une ré­par­ti­tion plus ho­mo­gène, il manque quelques dé­parts au nor­douest.

Les bâ­ti­ments sont conscien­cieu­se­ment pla­cés à l’en­droit exact où ils se trouvent dans la réa­li­té et leur taille, as­pect et cou­leur sont conformes. En par­tant de l’ex­tré­mi­té nord-est, l’ex­plo­ra­tion rue par rue vaut le dé­tour. Nous lou­voyons au mi­lieu d’un nombre im­pres­sion­nant de han­gars. La lar­geur entre les bâ­ti­ments est ré­duite, at­ten­tion aux ailes ! La plu­part sont fer­més, mais cer­tains, de tailles dif­fé­rentes, sont ou­verts et laissent ap­pa­raître leurs in­té­rieurs meu­blés d’ob­jets hé­té­ro­clites : écha­fau­dages, plans de tra­vail, diables, caisses, cha­riots à ou­tils, bi­dons, pa­lettes fil­mées de plas­tique, vé­los né­gli­gem­ment po­sés contre les murs en tôle on­du­lée. Les avions sta­tiques sont nom­breux et va­riés, aus­si bien des Cess­na im­mo­bi­li­sés par des câbles pour le par­king, Pi­per Cub, avions de chasse en cours de res­tau­ra­tion, DC-3, Ca­na­dair, que des Bea­ver ou re­morques de pla­neurs.

De nom­breux ob­jets fi­ne­ment réa­li­sés meublent la scène, comme des contai­ners, des bennes pou­belles avec ou sans rou­lettes, dont cer­taines sont rem­plies de gra­vats et de planches, un lève pa­lette, des bar­rières, des pe­tits plots jaunes en béton, des po­teaux élec­triques en bois et des ré­ver­bères. Quelques chaises et tables de jar­din sont ins­tal­lées pour le far­niente. De nom­breuses voi­tures comme des pi­ckup et des ber­lines co­lo­rés aux re­flets mé­tal­li­sés y sont po­sées, et cer­taines sont ani­mées. Des per­son­nages as­sis ou de­bout, mar­chant de long en large, la font vivre. En bor­dure, de grands co­ni­fères en 3D ajoutent la vé­gé­ta­tion né­ces­saire à l’en­semble. Une bar­rière s’ouvre et se ferme à l’en­trée de l’aé­ro­port.

Les pan­neaux af­fi­chés sur les murs des han­gars sont ceux des entreprises réelles : MA­TA, JB Sand­blas­ters (pour le sa­blage) et sa tente dont la tex­ture de tis­su est réa­liste, CAI Com­mer­cial Air­craft In­te­rior, Avia­tion Co­vers Inc par exemple. Les bâ­ti­ments en de­hors et en ar­rière de l’aé­ro­port sont aus­si fi­ne­ment mo­dé­li­sés. Un par­king est pré­sent der­rière le ter­mi­nal et rem­pli de voi­tures mul­ti­co­lores. De nuit, seules les fe­nêtres de cer­tains bâ­ti­ments sont éclai­rées et le tar­mac dans l’obs­cu­ri­té n’est qu’à peine

illu­mi­né par quelques rares ré­ver­bères.

Les deux autres aé­ro­ports de cette scène, W1F Fu­gios Ranch et W1G Ga­briel’s Farm ne sont pas très connus. Pour les lo­ca­li­ser, le plus simple est d’ac­ti­ver la carte lo­cale qui montre leur em­pla­ce­ment au nord d’Ar­ling­ton. Il est d’ailleurs fa­cile de faire un pe­tit vol qui les ex­plore l’un après l’autre tout en pro­fi­tant du jo­li pay­sage ! Le dé­part se fait piste 29, puis on sur­vole Dar­ring­ton Road entre le Lac Arm­strong et Ar­ling­ton Heights. Ra­pi­de­ment, la piste en herbe de W1F se des­sine cô­té pas­sa­ger. Une fois que nous avons ex­plo­ré le pre­mier, nous nous di­ri­geons à 90° vers l’est. La deuxième piste est juste der­rière la ri­vière, vi­sible dans une trouée d’arbres.

Ces deux aé­ro­dromes n’ont pas de vé­ri­table em­pla­ce­ment de dé­part ( Ramp Start), uni­que­ment ce­lui par dé­faut du mi­lieu de piste. Est-ce un ou­bli ? Les deux pistes en herbe y sont très réa­listes avec des pe­tites touffes en 3D, ain­si que les plots rouges et blancs qui les dé­li­mitent. Ils com­portent aus­si cha­cun des per­son­nages, che­vaux, trac­teurs et voi­tures tous ani­més et mis en scène, ain­si qu’un han­gar riche en ob­jets et éclai­ré la nuit.

La ville et les alen­tours

En s’éloi­gnant de l ’aé­ro­port, l e nombre d’ob­jets et la qua­li­té de la réa­li­sa­tion res­tent les mêmes sur une grande su­per­fi­cie. Nous dé­col­lons cette fois piste 34 à Ar­ling­ton, en nous di­ri­geant plein nord vers la ville. Sous les ailes, des chan­tiers se des­sinent, meu­blés de ran­gées de ca­mions, de bull­do­zers, de contai­ners, voire des entreprises du bâ­ti­ment équi­pées d’en­gins spé­cia­li­sés. Les routes sont bor­dées par de grandes fo­rêts de co­ni­fères et de feuillus et al­ternent avec des quar­tiers ré­si­den­tiels, des ranches, des cultures ma­raî­chères en plein champ ou sous serres. Plus dis­per­sées, quelques fermes sont équi­pées de trac­teurs dans la cour. Au re­tour vers l e sud, on re­con­naît la ville avec son ha­bi­tat plus dense et l’ali­gne­ment des mai­sons sur l e mo­dèle amé­ri­cain. Cer­tains jar­dins sont équi­pés de pis­cines et cer­tains es­paces de cam­ping-cars. Un su­per­mar­ché et son par­king sont mo­dé­li­sés, ain­si que des ter­rains de ten­nis, des stades de sport, et plu­sieurs écoles dont l a Pre­si­dents Ele­men­ta­ry School. Nous lon­geons la ri­vière et les fo­rêts de co­ni­fères, dont les billots une fois cou­pés sont en­tre­po­sés sur le ri­vage. L’al­ter­nance de zones ar­bo­rées et construites est com­plè­te­ment cal­quée sur la réa­li­té. On au­ra com­pris que cette scène est d’une grande qua­li­té de réa­li­sa­tion. Il est juste dom­mage qu’elle soit si com­pli­quée à ins­tal­ler et à gé­rer !

Ci-des­sus : Ran­ge­ments de pla­neurs et un vieux DC-3 en ar­rière. Ci-contre : Guides de cir­cuit et flèche d’em­pla­ce­ment de l’aé­ro­port. Ci-des­sous : Par­king ré­ser­vé aux cam­ping­cars.

La par­tie nord-ouest de l’aé­ro­port.

L’aé­ro­drome de Ga­briel’s farm.

Ci-des­sus (à gauche) : La bar­rière de l’aé­ro­port est mo­bile. Ci-des­sus (à droite) : De­vant le pan­neau de l’aé­ro­port, les fleurs sont en 3D. Ci-des­sous :

Les in­té­rieurs des han­gars sont rem­plis d’ob­jets di­vers.

Ci-des­sus : Le plug-in qui gère la scène. Ci-contre : En­tre­prise du bâ­ti­ment et ses en­gins de chan­tier. Ci-des­sous : Un centre com­mer­cial dans la ville d’Ar­ling­ton.

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