F/A-18C Hor­net pour DCS World

Fre­lon an­ti­ci­pé !

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - parEm­ma­nuelB­lan­chard

At­ten­du im­pa­tiem­ment de­puis plus d’un an alors que quelques heu­reux élus avaient eu l’oc­ca­sion de vo­ler sur la ver­sion Bê­ta, le F/A-18C Hor­net pour DCS est enfin dis­po­nible. Mais il est en­core en phase de dé­ve­lop­pe­ment !

C’est peu de dire que de­puis les pre­mières images pré­sen­tées à la com­mu­nau­té il y a deux ans, le Boeing F/A-18C était dé­jà très po­pu­laire avant même sa com­mer­cia­li­sa­tion ! Eagle Dy­na­mics a li­bé­ré la bête en ajou­tant son der­nier mo­dule à sa bou­tique en ligne le 1er juin der­nier. Vague d’en­goue­ment chez les afi­cio­na­dos (et ils sont nom­breux !) du chas­seur-bom­bar­dier amé­ri­cain ? Pas si vite… Car le mo­dule com­mer­cia­li­sé est en­core en état d’ac­cès an­ti­ci­pé (« Ear­ly Ac­cess » en VO), et uni­que­ment pour la ver­sion Open Bê­ta 2.5.2 de DCS World. Alors certes ce n’est pas la pre­mière ex­ten­sion à avoir été pu­bliée alors que son dé­ve­lop­pe­ment n’était pas ter­mi­né, c’est même presque de­ve­nu la norme pour le si­mu­la­teur de com­bat ; et les dif­fé­rents édi­teurs nous ont ha­bi­tués à des mises à jour ré­gu­lières qui comblent peu à peu les la­cunes, cor­rigent les bugs consta­tés et ap­portent leur dose de réa­lisme sup­plé­men­taire. Il est néan­moins frus­trant pour les pas­sion­nés de de­voir at­tendre un pro­duit fi­ni et to­ta­le­ment opé­ra­tion­nel… Pour le F/A-18C Hor­net, l’équipe d’Eagle Dy­na­mics avance que son mo­dule est to­ta­le­ment pi­lo­table et que les

fonc­tions de base sont opé­ra­tion­nelles. Se­lon la phi­lo­so­phie de l’édi­teur, cette pre­mière mou­ture per­met­tra aux pi­lotes vir­tuels de dé­cou­vrir le ma­nie­ment de l’ap­pa­reil et ap­pri­voi­ser son cock­pit avant que les fu­tures mises à jour ne per­mettent d’ap­pro­fon­dir l’uti­li­sa­tion de ses armes et sen­seurs avan­cés : un peu comme un cur­sus d’ap­pren­tis­sage pour les pi­lotes réels. Que pen­ser alors ? Soyons mo­dé­rés, ne fai­sons pas de pro­cès d’in­ten­tion à Eagle Dy­na­mics, par­tons du prin­cipe que jus­qu’ici les pro­messes d’amé­lio­ra­tions pro­gres­sives ont été te­nues pour les pré­cé­dentes ex­ten­sions, et que dans quelques mois le F/A-18C vir­tuel pour­ra ri­va­li­ser dans le ciel nu­mé­rique avec les ca­pa­ci­tés de son ho­mo­logue réel. Il n’en reste pas moins qu’on au­rait vrai­ment ap­pré­cié un pro­duit plus abou­ti, quitte à pa­tien­ter un mois de plus avant la com­mer­cia­li­sa­tion du Hor­net. Quoi qu’il en soit, l’ap­pa­reil a re­joint notre han­gar et nous a li­vré ses pre­miers se­crets…

De Nor­throp à Boeing

Avec plus de 1 500 exem­plaires construits (toutes ver­sions confon­dues) et en ser­vice dans une di­zaine de pays, le F/A-18 est un vrai suc­cès pour son construc­teur ini­tial McDon­nell Dou­glas, dé­sor­mais pas­sé dans le gi­ron de Boeing. Pour­tant cette sa­ga avait com­men­cé par un échec cui­sant ! Au dé­but des an­nées soixante-dix, l’U.S. Air Force avait lan­cé une com­pé­ti­tion pour s’équi­per d’un nou­veau chas­seur lé­ger. Deux pro­jets furent re­te­nus, le vain­queur dé­si­gné fut le YF-16 de Ge­ne­ral Dy­na­mics et le concur­rent mal­heu­reux était le YF-17 de Nor­throp. Mais l’U.S. Na­vy se mon­tra aus­si­tôt in­té­res­sée par ce pro­to­type alors qu’elle cher­chait deux ap­pa­reils pour rem­pla­cer ses chas­seurs F-4 Phan­tom et bom­bar­diers A-7 Cor­sair. McDon­nell Dou­glas se rap­pro­cha de Nor­throp pour étu­dier la fai­sa­bi­li­té du pro­jet. Après des mo­di­fi­ca­tions du YF-17, l’avion­neur put pré­sen­ter fiè­re­ment sa réa­li­sa­tion à la ma­rine amé­ri­caine : non seule­ment son nou­vel ap­pa­reil pou­vait ef­fec­tuer des mis­sions d’in­ter­cep­tion pour pro­té­ger la flotte ou es­cor­ter des raids d’at­taques, mais il était éga­le­ment ca­pable de me­ner

ces raids, avec un seul pi­lote à bord. C’est pour­quoi le Hor­net pos­sède le pré­fixe F/A, in­di­quant à la fois chas­seur et avion d’as­saut ( Figh­ter/At­tack).

Plu­sieurs ver­sions de l’ap­pa­reil se sont suc­cé­dé de­puis l’en­trée en ser­vice du Hor­net en 1983, et il a su sé­duire dif­fé­rentes forces aé­riennes - il fut même pres­sen­ti un temps pour équi­per l’aé­ro­na­vale fran­çaise, face au re­tard et au coût exor­bi­tant du programme Ra­fale. La ver­sion C mo­dé­li­sée ici pour Eagle Dy­na­mics est ar­ri­vée en 1987, et même si elle a été rem­pla­cée en pre­mière ligne au sein de la Na­vy et du Ma­rines corps, elle conti­nue sa car­rière en 2018. Sa po­ly­va­lence, sa ma­nia­bi­li­té et la grande dis­po­ni­bi­li­té des pièces dé­ta­chées as­surent sa po­pu­la­ri­té au­près de ses dif­fé­rents uti­li­sa­teurs : Es­pagne, Fin­lande, Ca­na­da, Ma­lai­sie, Suisse, Ko­weït, Aus­tra­lie. Le F/A-18 a même l’in­signe hon­neur d’équi­per la pa­trouille acro­ba­tique de l’U.S. Na­vy, les Blue An­gels, un avion de com­bat peu­til rê­ver de meilleur des­tin ?

Dans DCS World

Re­ve­nons au vir­tuel : l’ex­ten­sion est pro­po­sée au ta­rif de 79 US$ sur le site of­fi­ciel, un prix éle­vé au re­gard des autres mo­dules jus­qu’alors pu­bliés, mais qui re­flète l’am­bi­tion de cette ex­ten­sion - du moins quand son dé­ve­lop­pe­ment au­ra été me­né à terme. Au mo­ment où nous met­tons sous presse, seule la ver­sion 2.5.2 OpenBê­ta est sup­por­tée, on peut rai­son­na­ble­ment ima­gi­ner que la com­pa­ti­bi­li­té avec la 2.5 « nor­male » se­ra bien­tôt ef­fec­tive ; en re­vanche, rien n’in­dique que l’an­cienne 1.5.7 puisse faire vo­ler ce bel oi­seau… Après l’achat en ligne et la va­li­da­tion du compte uti­li­sa­teur, le Hor­net est in­té­gré à la liste des mo­dules de DCS et il suf­fit de lan­cer la pro­cé­dure de té­lé­char­ge­ment/in­té­gra­tion au­to­ma­ti­sée. Comp­tez 530 Mo à ré­cu­pé­rer, l’opé­ra­tion est as­sez ra­pide et ne re­quiert au­cune ma­ni­pu­la­tion.

Après l’ajout de l’ap­pa­reil dans le han­gar, on a le plai­sir de dis­po­ser dé­jà de quelques mis­sions d’en­traî­ne­ment/dé­cou­verte (dé­mar­rage, dé­col­lage, na­vi­ga­tion, at­ter­ris­sage). Rien ne concerne en­core l’uti­li­sa­tion au com­bat (d’où la

re­marque d’Eagle Dy­na­mics sur le cur­sus lo­gique de son F/A-18) mais dans la me­sure où ses mu­ni­tions sont en­core peu nom­breuses (voir plus bas), les pi­lotes ha­bi­tués aux mo­dules Fla­ming Cliffs, A-10C ou AV-8B de­vraient dé­jà pos­sé­der de bonnes bases pour se frot­ter à l’en­ne­mi vir­tuel. Autre bonne sur­prise, le pe­tit ré­per­toire DOC du dos­sier d’ins­tal­la­tion du Hor­net com­prend les ma­nuels PDF de dé­cou­verte de l’ap­pa­reil, dont un tra­duit in­té­gra­le­ment en fran­çais, chose as­sez rare pour être si­gna­lée ! Ce ma­nuel est ri­che­ment illus­tré et pré­sente la par­ti­cu­la­ri­té de s’adres­ser à tous les pi­lotes, du dé­bu­tant au vé­té­ran (bon, on vous l’ac­corde, peut-être pas pour le plus néo­phyte en ma­tière de pi­lo­tage de com­bat mo­derne). On ap­pré­cie spé­cia­le­ment la pré­sen­ta­tion des com­mandes HOTAS (joys­tick et ma­nette des gaz com­por­tant de nom­breux bou­tons et fonc­tions) qui fa­ci­li­te­ront l’af­fec­ta­tion des com­mandes. Car oui, on ne l’a pas pré­ci­sé, mais un ap­pa­reil haut de gamme comme ce­lui-ci s’ac­com­mode mal d’un simple joys­tick quatre axes/quatre bou­tons (et en­core moins d’un pi­lo­tage au cla­vier/sou­ris). Le HOTAS n’est pas une condi­tion in­dis­pen­sable, mais ce type de pé­ri­phé­rique fa­ci­lite gran­de­ment la prise en mains d’un chas­seur-bom­bar­dier contem­po­rain tout en par- ti­ci­pant au réa­lisme de la si­mu­la­tion de vol mi­li­taire.

Après une lec­ture ra­pide de la do­cu­men­ta­tion pour vé­ri­fier s’il n’y a pas de piège par­ti­cu­lier, on bas­cule à DCS World, et plus spé­cia­le­ment à son pan­neau d’op­tions pour jus­te­ment af­fec­ter les com­mandes. La liste des ru­briques propres au F/A-18C est im­pres­sion­nante, même si dans cette ver­sion an­ti­ci­pée tout n’est pas en­core fonc­tion­nel. Au dé­but fai­sons simple : com­mandes d’axe, ges­tion du ra­dar, af­fec­ta­tions HOTAS prin­ci­pales, c’est lar­ge­ment suf­fi­sant pour les pre­miers vols.

Plu­tôt que de dé­bu­ter par les mis­sions d’en­traî­ne­ment, les pi­lotes quelque peu fa­mi­lia­ri­sés avec les avions de com­bat mo­dernes de l’ar­mée amé­ri­caine (on pense sur­tout aux adeptes de Fal­con 4/BMS) peuvent sau­ter dans l’édi­teur de mis­sions pour se concoc­ter en quelques clics un vol digne d’un pi­lote d’es­sais. Ce­la per­met en outre de dé­cou­vrir les em­ports et les li­vrées. Ces der­nières sont dé­jà nom­breuses pour l’U.S. Na­vy et le Ma­rines Corps, même si le gris basse vi­si­bi­li­té reste la norme - ex­cep­tion faite d’un ap­pa­reil des Blue An­gels en guise de clin d’oeil. Pour les ar­me­ments, c’est la dé­cep­tion, la ver­sion an­ti­ci­pée n’em­barque que des mis­siles ai­rair Spar­row ou Si­de­win­der, et des bombes lisses ou pa­niers à ro­quettes. La liste de­vrait s’al­lon­ger bien­tôt pour re­flé­ter les vraies ca­pa­ci­tés mi­li­taires du jet, mais au pre­mier abord on reste sur sa faim. Vi­ve­ment les mis­siles et bombes gui­dées, ain­si que les cap­teurs

as­so­ciés (na­celle de dé­si­gna­tion, FLIR, contre-me­sures élec­tro­niques). Pour le mo­ment fai­sons contre mau­vaise for­tune bon coeur, et concen­trons-nous sur ce que ce bé­bé a dans les tripes…

En mis­sion

Le départ en cold and dark est en­vi­sa­geable et dé­taillé dans les mis­sions d’en­traî­ne­ment. On pré­fère tou­te­fois par­tir d’un ap­pa­reil dé­jà ali­gné. Le cock­pit vir­tuel est évi­dem­ment fi­dèle à ce­lui de l’avion ori­gi­nal. Les trois écrans nu­mé­riques oc­cupent l’es­sen­tiel de la planche avant. Ils pré­sentent de très nom­breux modes d’af­fi­chage : pour les mo­ni­teurs de gauche et de droite, on a le ra­dar, la ges­tion des em­ports, le HUD, les don­nées de nav, les ins­tru­ments mo­teurs, le car­bu­rant… L’écran in­fé­rieur est plu­tôt ré­ser­vé aux ou­tils de na­vi­ga­tion avec une carte dé­fi­lante, un HSI, la sé­lec­tion des sources (GPS, plan de vol en­re­gis­tré, TACAN…). Bi­zar­re­ment le nombre de fonc­tions et d’op­tion n’est pas trop gê­nant, les in­ti­tu­lés des ru­briques sont as­sez ex­pli­cites et bien placés de­vant les bou­tons d’ac­ti­va­tion. À terme, on pro­fi­te­ra de fonc­tions sup­plé­men­taires sur ces écrans, comme le FLIR, la dé­si­gna­tion de cible, le ra­dar air-sol, la ges­tion de guerre élec­tro­nique. Soyons pa­tients !

L’or­ga­ni­sa­tion des autres com­mandes en cock­pit est clas­sique (du moins pour un chas­seur contem­po­rain de la Na­vy). Chaque élé­ment est ac­com­pa­gné d’une in­fo­bulle et du pe­tit cur­seur pré­ci­sant le mode d’ac­ti­va­tion (simple clic, ro­ta­tion). L’en­semble est li­sible, ac­ces­sible sans trop de contor­sions (pas comme l’AV-8B), et agréable à uti­li­ser. La ver­rière offre un large champ vi­suel, à peine bou­ché par le HUD aux mes­sages clairs et fi­ne­ment af­fi­chés. La note de la ré­dac­tion : 10/10 pour le confort à bord, même pour un mo­dule en ac­cès an­ti­ci­pé.

Le dé­col­lage n’ap­pelle pas de re­marque par­ti­cu­lière, la ro­ta­tion in­ter­vient vers 160 kts et aus­si­tôt le Hor­net s’élance dans le ciel. Avec des ré­glages de manche standard, il se montre très vif en tan­gage, plu­tôt ré­ac­tif en rou­lis. Un peu de trim est né­ces­saire pour conser­ver un pa­lier ap­pré­ciable,

mais le pi­lote au­to en mode de main­tien d’al­ti­tude est éga­le­ment en­vi­sa­geable. On at­teint sans peine Mach 1,2 et on peut évo­luer à plus de 30 000 ft, même si le do­maine de pré­di­lec­tion de ce chas­seur na­va­li­sé reste un ni­veau de vol com­pris entre 0 et 20 000 ft. L’avion reste ré­ac­tif dans toutes les phases de vol, même si les pro­pul­seurs manquent un peu de ner­vo­si­té. Dans ces condi­tions, notre pre­mier vol s’est ter­mi­né par un re­tour à la base et un at­ter­ris­sage en ma­nuel sans au­cune aide, et tout s’est dé­rou­lé sans ani­croche. Voi­là de quoi ras­su­rer les pi­lotes dé­bu­tants qui vont suivre l’idée de l’édi­teur, à sa­voir d’abord ap­pri­voi­ser le vol de base avant de pro­fi­ter des mises à jour pour re­pous­ser les li­mites de l’ex­pé­rience.

Pré­ci­sons que notre ver­sion de test n’avait pas de me­nu ra­dio fonc­tion­nel. Ce n’est guère gê­nant pour des mis­sions d’en­traî­ne­ment ou de dé­cou­verte en so­lo, mais ce­la li­mite net­te­ment l’in­té­rêt en mul­ti ou en mis­sion de com­bat réa- liste. La la­cune se­ra com­blée lors des mises à jour, vous êtes pré­ve­nus !

Au com­bat

Les qua­li­tés mi­li­taires du F/A-18C vir­tuel sont en­core tem­pé­rées par le dé­ve­lop­pe­ment en cours de l’ex­ten­sion. Au mo­ment du test, ses prin­ci­pales ca­pa­ci­tés étaient résumées au com­bat air-air à courte et moyenne por­tée et l’at­taque air-sol à vue. En com­bat air-air, les mis­siles AIM-7 Spar­row à gui­dage se­mi-ac­tif sont fi­dèles à la ré­pu­ta­tion que les pi­lotes réels leur ont faite : comp­tez 30 % de réus­site pour un tir à por­tée, soit une di­zaine de milles nau­tiques. La dé­si­gna­tion de la cible sur le ra­dar est simple à l’aide du cur­seur, ver­rouillage d’une pres­sion sur le bou­ton idoine, tir et main­tien de la cible dans le fais­ceau ra­dar. Pour les Si­de­win­der ou le ca­non, on peut opé­rer en mode vi­suel (ou so­nore si on se fie au si­gnal au­dio des mis­siles in­fra­rouge) mais le Hor­net dis­pose éga­le­ment d’un mode de ver­rouillage au­to­ma­tique de la cible la plus proche de­vant l’ap­pa­reil.

Très bonne sur­prise, en com­bat tour­noyant et avec une charge li­mi­tée (deux AIM-9, deux AIM-7 et un bi­don ven­tral) le F/A-18C fait preuve d’une ex­cel­lente ma­nia­bi­li­té. Nous l’avons confron­té à di­vers ad­ver­saires en com­bat ca­non, et sans que nous ne soyons par­ti­cu­liè­re­ment doués dans ce do­maine, les af­fron­te­ments ont bas­cu­lé en fa­veur du chas­seur amé­ri­cain. Le rap­port poids/pous­sée de ses ré­ac­teurs as­so­cié aux com­mandes de vol élec­triques et aux vo­lets au­to­ma­tiques fait des mer­veilles. Le MiG-21 ne fait pas le poids, le Su-33 (pré­sen­té comme le pen­dant russe au F/A-18) n’a pas te­nu plus d’une mi­nute en dog­fight, seul le Mi­rage 2000 est par­ve­nu à ri­va­li­ser.

Pour l’at­taque au sol, l’ac­cès an­ti­ci­pé ne donne qu’une vi­sion tron­quée des ca­pa­ci­tés de l’ap­pa­reil. Les bombes clas­siques sont

larguées en mode CCIP, en dé­si­gna­tion de cible (équi­valent de CCRP) mais avec ac­qui­si­tion vi­suelle, ou en mode dit ma­nuel, un peu au pe­tit bon­heur la chance… Les op­tions des écrans per­mettent de confi­gu­rer la charge of­fen­sive : nombre de bombes larguées, sys­tème de mise à feu… Là en­core, on at­tend les amé­lio­ra­tions du sys­tème qui in­té­gre­ront des cal­culs de bom­bar­de­ment plus pré­cis, des aides au ci­blage via des ca­mé­ras ou le ra­dar air-sol, voire un sui­vi TV pour cer­taines armes gui­dées. Res­tent les ro­quettes : ici pas vrai­ment de sur­prise, un ré­ti­cule as­so­cié au cal­cu­la­teur d’al­ti­tude in­dique là où les pro­jec­tiles de­vraient frap­per. Clas­sique mais ef­fi­cace, à condi­tion d’avoir un bon vi­suel sur l’ob­jec­tif.

Em­bar­qué ?

Le F/A-18 étant avant tout un avion conçu pour l’U.S. Na­vy, il doit pou­voir opé­rer de­puis des por­tea­vions. L’ajout de l’ap­pa­reil dans le han­gar de DCS per­met l’in­té­gra­tion de l’U.S.S. John Sten­nis (classe Ni­mitz) à la flotte de na­vires IA du si­mu­la­teur ; lors de nos es­sais, le nou­veau na­vire s’est ré­vé­lé opé­ra­tion­nel au­tant pour les ca­ta­pul­tages que les ap­pon­tages, ce qui n’a pas tou­jours été le cas de l’U.S.S. Carl Vin­son pré­cé­dem­ment in­té­gré à la flotte vir­tuelle (en­core une amé­lio­ra­tion à pré­voir pour une fu­ture mise à jour ?). Barre de trac­tion en­ga­gée dans la na­vette de ca­ta­pul­tage, dé­flec­teur de pont re­le­vé, ailes abais­sées et vo­lets plei­ne­ment sor­tis, on pousse les gaz à fond en main­te­nant les freins, et c’est par­ti… Le départ est un peu li­mite, il faut ca­brer im­mé­dia­te­ment et ren­trer le train.

Le re­tour est en­core pro­blé­ma­tique, dans la me­sure où l’ap­pon­tage n’est en­core do­cu­men­té ni dans le ma­nuel ni dans les mis­sions d’en­traî­ne­ment. Nos heures pas­sées à dé­crire cette opé­ra­tion dans dif­fé­rents ar­ticles de­puis quelques an­nées suf­fi­ront-elles ? Au troi­sième essai, on y ar­rive ! Sans mi­roir d’ap­pon­tage ni gui­dage ILS, ce n’est pas ga­gné, mais avec une ap­proche en­ta­mée à 5 nau­tiques à 2 000 ft et une vi­tesse en fi­nale de 160 kts, il est pos­sible d’ac­cro­cher le brin. Il faut néan­moins al­lé­ger l’ap­pa­reil et jouer constam­ment avec la ma­nette des gaz (et l’im­po­sant aé­ro­frein dor­sal) pour se main­te­nir dans la four­chette de vi­tesses com­pa­tible avec l’opé­ra­tion.

Ver­dict mi­ti­gé

Après de nom­breux vols d’es­sais me­nés au Cau­case, au Ne­va­da et dans le golfe Per­sique (voir pages sui­vantes), le F/A-18C nous a per­mis un pre­mier constat. L’ap­pa­reil est bien évi­dem­ment im­pec­ca­ble­ment mo­dé­li­sé, aus­si bien ex­té­rieu­re­ment que dans son cock­pit. Son do­maine de vol est im­pres­sion­nant, fi­dèle à ce que les pro­fes­sion­nels qui l’ont pi­lo­té disent du Hor­net. Ma­niable, puis­sant, ca­pable d’en­cais­ser les G au­tant que de vi­rer sec ou grim­per brus­que­ment, il jus­ti­fie son em­ploi par les Blue An­gels. Donc le pre­mier contact est net­te­ment po­si­tif. Mais, car il y a un mais, cette ver­sion « Ear­ly Ac­cess » au­rait pu être bap­ti­sée « Ea­sy Ac­cess » ou ac­cès sim­pli­fié… Dans la pers­pec­tive énon­cée par Eagle Dy­na­mics, l’ap­pa­reil tel qu’il était li­vré au mo­ment de sa mise sur le mar­ché convient bien aux dé­bu­tants qui cherchent à dé­cou­vrir le ma­nie­ment d’un chas­seur-bom­bar­dier mo­derne. La sim­pli­fi­ca­tion de nom­breux as­pects et les ca­pa­ci­tés en­core li­mi­tées en ma­tière de sys­tèmes em­bar­qués et d’ar­me­ments en font pour le mo­ment un pen­dant amé­ri­cain au Su-33 de Fla­ming Cliffs 3. Alors ac­qué­rir au­jourd’hui le F/A-18C res­semble plus à un pa­ri sur l’ave­nir et sur la ca­pa­ci­té de l’édi­teur à me­ner à bien son programme de dé­ve­lop­pe­ment. Pour notre part, nous sommes un peu res­tés sur notre faim. Croi­sons les doigts pour que Hor­net vir­tuel puisse vrai­ment faire hon­neur sous peu à son ho­mo­logue réel !

Pre­mier dé­col­lage, sans même avoir sui­vi la for­ma­tion de base.

Tir d’un AIM-7 sur cible ver­rouillée.

En haut : La console de gauche : ma­nette des gaz, ré­glages car­bu­rant et mo­teurs. Au centre : Le cock­pit vir­tuel : la planche prin­ci­pale avec ses trois écrans et l’im­po­sant HUD. En bas : Console de droite : avio­nique et élec­tri­ci­té. At­taque au sol : pour le mo­ment, juste des bombes clas­siques et des ro­quettes.

Prêt au ca­ta­pul­tage… et c’est par­ti !

Li­vrée « Agres­sor » au Ne­va­da.

Dog­fight ca­non contre un MiG-21. De­vi­nez qui a ga­gné ? Gros plan sur l’écran in­fé­rieur, plu­tôt dé­dié à la na­vi­ga­tion. Le manche peut être es­ca­mo­té pour li­bé­rer le champ vi­suel.

Ici, avan­tage net contre un Su-33.

En fi­nale, sans au­cune aide… et cin­quième brin ac­cro­ché !

Passe de bom­bar­de­ment en mode CCIP.

L’aé­ro­frein ar­rière est im­po­sant et très ef­fi­cace.

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