UNE MI-TEMPS POUR L’HON­NEUR

DANS LA DIS­CRÉ­TION DES VES­TIAIRES DU STADE DE FRANCE, À LA PAUSE APRÈS QUA­RANTE MI­NUTES CAUCHEMARDESQUES, LES BLEUS ONT ESSUYÉ UNE SAINTE CO­LÈRE DE LEUR SÉ­LEC­TION­NEUR ET SON STAFF. DE QUOI OF­FRIR UN MEILLEUR VI­SAGE, EN SE­CONDE PÉ­RIODE.

Midi Olympique - - Tournée d’automne Décalage - Par Léo FAURE leo.faure@mi­di-olym­pique.fr

Tout de suite, Paul Je­dra­siak a pré­ve­nu : « ça s’est pas­sé au ves­tiaire et ça res­te­ra dans le ves­tiaire. Je ne vous di­rai rien ». Le deuxième ligne cler­mon­tois n’était pas d’humeur à ré­vé­ler la te­neur du dis­cours de Guy No­vès et ses as­sis­tants, à la pause, lorsque les Bleus étaient sa­le­ment me­nés (31-5) et fran­che­ment hon­teux du conte­nu de leur pre­mière pé­riode. Après avoir in­sis­té, Je­dra­siak a seule­ment lâ­ché : « il y a des mots vexants, oui. Mais nous avions aus­si be­soin de les en­tendre. On était mau­vais et il nous fal­lait voir la vé­ri­té en face. » Un peu plus loin, le Ro­che­lais Geof­frey Dou­may­rou était plus ba­vard : « Le staff nous a dit : « Ce match est per­du. Au moins, pré­sen­tez une autre image aux spec­ta­teurs qui ont fait le dé­pla­ce­ment ». C’est ce qu’on a tâ­ché de faire ».

NO­VÈS : « EST-CE QUE C’ÉTAIT MUSCLÉ ? OUI, FOR­CÉ­MENT… »

C’est en fait Guy No­vès qui a pris le pre­mier la pa­role. Fran­che­ment re­mon­té après les qua­rantes mi­nutes in­dignes de ses hommes, l’an­cien Toulousain s’est lan­cé. Sans mé­na­ge­ment : « Est-ce que c’était musclé ? Oui for­cé­ment… Quand on prend au­tant d’es­sais, quand on est aus­si mau­vais, il est dif­fi­cile de po­si­ti­ver. J’ai peut-être été dur. J’ai sur­tout es­sayé d’être juste mais vu le contexte, dif­fi­cile de faire dans la de­mi-me­sure ». Ef­fec­ti­ve­ment, le sé­lec­tion­neur a com­men­cé par ba­layer toute idée de vic­toire. Battre les Blacks est dé­jà un pe­tit mi­racle. Le faire en s’in­fli­geant 26 points de han­di­cap tient fran­che­ment du mi­rage. « Ce qui me dé­ran­geait, ce n’était même pas le score. On peut prendre trente points, si on a don­né le meilleur, qu’on est à notre meilleur ni­veau, ça me dé­range moins. Là, on était tout de même très loin de ce meilleur ni­veau. Ces gar­çons ont été ap­pe­lés, ils ont ac­cep­té de ve­nir dé­fendre ce maillot. Il y a des com­por­te­ments à as­su­rer der­rière. Ce n’était pas le cas. Là, je ne suis pas d’ac­cord. Et je ne pou­vais que ta­per du poing sur la table ».

C’est en­suite Yan­nick Bru et Jeff Du­bois qui ont pris le re­lai. Dans un re­gistre tout aus­si musclé. Le ca­pi­taine Guil­hem Gui­ra­do a par­ache­vé la re­mon­tée de bre­telles. Hon­teux mais dé­ci­dés à re­le­ver la tête, les Bleus sont fi­na­le­ment re­ve­nus sur la pe­louse du Stade de France avant même l’ap­pel de l’ar­bitre M. Gard­ner. Et puisque la tête contrôle tou­jours le corps, l’équipe de France s’est sou­dain mise à ga­gner ses im­pacts…

Jef­fer­son Poi­rot, Guil­hem Gui­ra­do, Ma­thieu Bas­ta­reaud re­viennent sur la pe­louse après une pre­mière mi-temps in­di­gente... Photo Mi­di Olym­pique - Pa­trick De­re­wia­ny

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