LE RÊVE DE CLAUDE LELOUCH

DES RE­MISES DE TRO­PHÉES, TROIS STAN­DING OVA­TION, DES CHAM­PIONS OLYM­PIQUES, DES ÉMO­TIONS RARES QUI FONT LE SEL DE CETTE SOI­RÉE IN­OU­BLIABLE.

Midi Olympique - - 64e cérémonie des Oscars - Par Pierre-Laurent GOU

Bien qu’on soit en se­maine, il est al­lé­gre­ment plus de mi­nuit quand les 300 convives de la 64e cé­ré­mo­nie des Os­cars de Mi­di-Olym­pique, com­mencent à quit­ter le cadre somp­tueux de la cé­ré­mo­nie, le Pa­villon Ven­dôme si­tué sur la place du même nom, entre le mi­nis­tère de la jus­tice et le Ritz. La soi­rée, me­née de mains de maître par Phi­lippe Ous­tric et son équipe, a été un suc­cès, que ce soit sur les ré­seaux so­ciaux où le #Os­carsMi­dol fût l’un des hits sur Twit­ter, mais aus­si et sur­tout en di­rect. Du­rant quelques heures, le monde du rugby était trans­por­té dans un autre monde. Rê­vé. On exa­gère ? Il n’y avait qu’à ob­ser­ver le re­gard d’en­fants de Claude Lelouch qui pas­sa d’abord une tête ti­mide dans un sa­lon du Fou­quet’s où l’équipe de France 1987 se re­trou­vait trente ans après la fi­nale de Coupe du monde, ac­com­pa­gnée par deux des ac­teurs néo-zé­lan­dais, Mi­chaël Jones et Ga­ry Whet­ton. La plus cé­lèbre bras­se­rie pa­ri­sienne, le Fou­quets, est de­ve­nue le QG de la soi­rée des Os­cars. Celle qui af­fiche à son me­nu, en­core un Bur­ger Lo­mu, ten­dance XXL. Mais c’est aus­si dans ce cadre éblouis­sant que se lancent les fes­ti­vi­tés. Lorsque le réa­li­sa­teur aper­çut les Mes­nel, Blanco, Sella, Lo­rieux ou Er­ba­ni réunis en­semble, il s’in­vi­ta à la messe pour les sa­luer tel un en­fant. « C’est un rêve de gosse qui se réa­lise, de les ap­pro­cher. » Il n’était pas le seul à le vivre. Thier­ry Du­sau­toir, du haut de ses 80 sé­lec­tions, ve­nu pour re­ce­voir deux prix (Os­car de lé­gende pour sa car­rière et prix Serge Kampf), de­man­dait ti­mi­de­ment mais dans un an­glais par­fait, à Mi­chaël Jones mais aus­si Zin­zan Brooke éga­le­ment convié, de po­ser pour un sel­fie qui va­lait cher réunis­sant trois gé­né­ra­tions de troi­sième ligne. Jones qui of­frit un maillot de 1987 à Eric Champ, car à l’époque de la fi­nale de l’Eden Park d’Au­ck­land, il n’avait pas pu « l’échan­ger avec toi ». Une marque de res­pect, qui tou­chait en plein coeur le Va­rois, qui n’en fi­nis­sait plus de re­faire le match avec ses com­pères fran­çais. Franck Mes­nel, ré­vé­lait alors que son meilleur sou­ve­nir était le len­de­main de la fi­nale. « Quand tous les Blacks ont dé­bar­qué à notre hô­tel de Ta­ka­pu­na pour un dé­jeu­ner im­promp­tu avec leurs épouses. Un mo­ment de par­tage sen­sa­tion­nel ».

LES SPOR­TIFS PRÉ­SENTS

Et c’est ce genre de mo­ments qu’ils al­laient vivre au Pa­villon Ven­dôme. Les membres de l’équipe de 1987 étaient les der­niers à quit­ter les lieux. Avant ce­la, ils avaient pu, dé­cou­vrir l’an­cien bâ­ti­ment de la banque de Suède à Pa­ris et son im­mense coffre-fort trans­for­mé en salle de ré­cep­tion. Voir les na­geurs Ma­nau­dou ou Gillot ve­nir leur de­man­der des au­to­graphes, le cy­cliste To­ny Gal­lo­pin et sa fine sil­houette se com­pa­rer à la grande car­casse de Whet­ton et ve­nir de­man­der des nou­velles à Ca­mille Lo­pez de sa frac­ture.

Le ten­nis­man Ju­lien Ben­ne­teau, ré­cent de­mi-fi­na­liste du tour­noi de Ber­cy, sau­ta de joie quand le pré­sident Ber­nard La­porte lui of­frit une place pour as­sis­ter au France - Nou­velle-Zé­lande de sa­me­di soir. « Je vais voir mon pre­mier Ha­ka en live ! », cla­mait-il avant de s’éclip­ser ayant aus­si une fi­nale de Coupe Da­vid à pré­pa­rer. « Les Os­cars montrent toute la pas­sion qu’ont les hommes pour ce sport », glis­sait le grand or­don­na­teur de la soi­rée, Phi­lippe Ous­tric. « Il n’y a que le rugby qui donne ce sup­plé­ment d’âme », ren­ché­ris­sait le cham­pion olym­pique, Florent Ma­nau­dou qui s’es­saye au hand­ball de­puis quelques mois. Le der­nier mot re­ve­nant à l’hu­mo­riste, Ar­naud Du­cruet, im­pres­sion­né par ce qu’il ve­nait de vivre. « Je re­gar­dais le rugby à la TV, après cette soi­rée, je n’ai qu’une en­vie, dé­cou­vrir un peu plus ce sport en live. Les gens qui le pra­tiquent sont des gens bien. »

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