LA SE­MAINE DE TOUS LES DAN­GERS

Midi Olympique - - Dossier - Par Em­ma­nuel MASSICARD Em­ma­nuel.massicard@mi­di-olym­pique.fr

Ce pou­vait être une se­maine fan­tas­tique, la plus belle des pu­bli­ci­tés pour le rugby fran­çais avec un pro­gramme spor­tif 4 étoiles qui ver­rait les Bleus af­fron­ter la Nou­velle Zé­lande (deux fois en trois jours) et l’Afrique du Sud en sui­vant. Le tout avec, au mi­lieu, la dé­si­gna­tion de la Coupe du monde 2023 qui sem­bla un temps pro­mise à la puis­sance éco­no­mique de notre rugby.

De­puis sa­me­di soir et le pre­mier pas­sage d’une tor­nade « Black », le rugby fran­çais a bas­cu­lé dans une nou­velle di­men­sion. Aux portes de l’en­fer. Parce qu’il peut tout perdre en cas de triple dé­faite sur le pré as­so­cié à un re­vers dans les urnes. Le re­tour sur terre se­rait alors d’une vio­lence ex­trême pour le rugby fran­çais et da­van­tage en­core pour la fé­dé­ra­tion qui ne se­rait plus en po­si­tion do­mi­nante, ins­tal­lée sur son pié­des­tal. Nous n’en sommes pas en­core là, évi­dem­ment. La réa­li­té est pour­tant d’une froide évi­dence. Mal­gré les ef­forts consen­tis, mal­gré une préparation des plus mi­nu­tieuses, l’équipe de France n’a pas évi­té le nau­frage. Son dé­clin est en­clen­ché de­puis une quin­zaine d’an­nées et ses ré­sul­tats sont de pire en pire même s’il faut re­mon­ter à juin 1999 pour trouver un écart de points aus­si im­por­tant sur une pre­mière mi-temps (30 en 1999 ; 26 cette fois). « Que mes joueurs aient ré­agi en deuxième mi-temps en par­tant de si loin et en étant si mau­vais, c’est le smic. Clai­re­ment, je ne me sa­tis­fais pas de cette réaction », a ton­né Guy No­vès dès sa­me­di soir.

Pour au­tant, sur le che­min de la re­mise en ques­tions et de la grande les­sive qui ne man­que­ra pas d’ar­ri­ver en cas d’in­suc­cès en­chaî­nés, une vé­ri­té s’im­pose : la vi­trine du rugby fran­çais ne brille plus. Son Top 14, au­to­pro­cla­mé meilleur cham­pion­nat du monde (soyons hon­nêtes, qui, à part l’An­gle­terre, lui fait de l’ombre ?), est bien le plus cos­taud, le plus in­ter­na­tio­na­li­sé et le plus fri­qué. Si me­na­çant pour l’en­semble d’une éco­no­mie rug­bys­tique mon­diale moins re­lui­sante, qu’il en de­vient une cible pri­vi­lé­giée. On ne prête ja­mais qu’aux faibles… Le pire est-il à ve­nir dès cette se­maine ? Pos­sible si l’on en juge la pro­messe de fes­sée qui at­tend les Bleus à Lyon face aux potes de Ta­we­ra Kerr-Bar­low, fu­tur Ro­che­lais, et de Do­mi­nic Bird, pro­bable fu­tur Ra­cing­man. Si No­vès ju­ra qu’il n’est « pas ras­su­ré », la deuxième mi­temps tri­co­lore li­vrée sous l’averse laisse tout de même en­tre­voir quelques élé­ments fa­vo­rables. Avec d’abord l’or­gueil qui va ani­mer les hu­mi­liés du pre­mier soir. Avec, en­suite, l’en­thou­siasme des An­toine Du­pont, voire, à un de­gré net­te­ment moindre, de Ju­di­caël Can­co­riet. Sans oublier les pro­messes d’une bleu­saille dé­com­plexée par l’es­prit Bar­ba­rians (Reb­badj, Tao­fi­fe­nua, Couilloud et autre Ja­li­bert) qui pour­rait pos­tu­ler pour l’Afrique du Sud ou le Ja­pon. L’ave­nir est en­ga­gé. Reste à voir s’il ne se­ra pas re­mis en cause par la grâce de cette se­maine de tous les dan­gers. La­porte, No­vès et les Bleus ont tant à perdre…

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