FOR­CÉE FIER­TÉ

SEUL UN ÉCHEC SUR LA SI­RÈNE DE GAË­TAN GER­MAIN A PRI­VÉ LE FCG D’UNE VIC­TOIRE DE PRES­TIGE SUR LE LEA­DER CLER­MON­TOIS. DE QUOI NOUR­RIR UN SEN­TI­MENT DE FRUS­TRA­TION, SUR LE­QUEL LA FIER­TÉ PRE­NAIT TOU­TE­FOIS LE PAS. AIN­SI QUE LA CONVIC­TION D’AVOIR DÉ­FI­NI­TI­VE­MENT S

Midi Olympique - - Top 14 9e Journée - Par Ni­co­las ZANARDI ni­co­las.zanardi@mi­di-olym­pique.fr

Force et fier­té, an­nonce le slo­gan du club. Le fait est que sa­me­di, ce­lui-ci n’a ja­mais sem­blé aus­si mé­ri­té, les Gre­no­blois pui­sant dans leur force men­tale des res­sources in­es­pé­rées pour al­ler cher­cher un ré­sul­tat nul, et presque une vic­toire, face au lea­der du cham­pion­nat. Alors certes, la pé­na­li­té de Gaë­tan Ger­main sur la si­rène ne trou­va pas le cadre, au contraire de la se­maine der­nière à Agen. Reste que le FCG de­meure avant la trêve sur trois matchs consé­cu­tifs sans dé­faite en Top 14, et a rap­pe­lé à tout le monde que sa place en Top 14 était tout sauf usur­pée. « Deux matchs nuls de suite, c’est très rare, et c’est tou­jours un sen­ti­ment aus­si bi­zarre, souf­flait le jeune deuxième ligne Ki­lian Ge­ra­ci. Le sen­ti­ment est for­cé­ment mi­ti­gé, parce qu’on a quand même cette der­nière pé­na­li­té à la fin, qui ter­mine sur le po­teau… Après, on se dit que Cler­mont reste une grosse équipe, et que tout le monde n’au­rait peut-être pas réus­si à prendre deux points face à cette for­ma­tion-là. »

Sauf qu’entre le verre à moi­tié plein et ce­lui à moi­tié vide, le staff gre­no­blois avait de son cô­té clai­re­ment choi­si. Et pris le par­ti d’une po­si­tive at­ti­tude des plus com­pré­hen­sibles, après avoir eu vent des lau­riers tres­sés par le camp d’en face. Les seuls qui vaillent, fi­na­le­ment… « Je sais que cer­tains de leurs joueurs ex­pé­ri­men­tés nous ont fé­li­ci­té pour l’op­po­si­tion que nous leur avons four­nie, et no­tam­ment pour cette der­nière ac­tion où nous te­nons bien le bal­lon pour al­ler cher­cher la pé­na­li­té de la gagne, souf­flait l’en­traî­neur des avants De­wald Se­ne­kal. En ce qui me concerne, ce n’est pas seule­ment cette der­nière ac­tion qui me rend fier, mais des 80 mi­nutes que les joueurs ont dis­pu­té. Ce soir, il y avait 23 Gre­no­blois qui ont li­vré un gros match face à 23 Cler­mon­tois qui ont pro­ba­ble­ment aus­si mal aux épaules que nous. Je suis fier de l’in­ves­tis­se­ment des mecs, de leur état d’es­prit ir­ré­pro­chable. » For­cée fier­té, en somme, quand bien même le ré­sul­tat ne ré­com­pen­sait pas tout à fait cette dé­bauche d’éner­gie…

GE­RA­CI : « FRUS­TRANT DE VOIR QU’ILS NE SE SONT NOUR­RIS QUE D’EX­PLOITS IN­DI­VI­DUELS »

Mais com­ment ex­pli­quer ce constat, au juste, puisque l’émo­tion brute doit tou­jours à un mo­ment lais­ser place à l’ana­lyse ? Par ces onze points lais­sés en route au pied, bien sûr. Par quelques mu­ni­tions en touche mal né­go­ciées, quelques sor­ties de camp mal as­su­rées. Mais sur­tout, il faut bien le dire, parce que cer­taines in­di­vi­dua­li­tés cler­mon­toises étaient bien trop lar­ge­ment au-des­sus du lot… On veut par­ler ici évi­dem­ment d’Ali­ve­re­ti Ra­ka et Pe­ce­li Yato, dont les courses ont clai­re­ment fait ex­plo­ser la dé­fense isé­roise. « Ces deux joueurs, ils sont stra­to­sphé­riques, souf­flait l’ar­rière Gaë­tan Ger­main. On a le sen­ti­ment qu’ils peuvent tra­ver­ser le ter­rain dès qu’ils le dé­si­rent… » De quoi faire naître un lé­gi­time sen­ti­ment d’im­puis­sance ? « Je ne sais pas, il fau­drait re­voir po­sé­ment les images, es­ti­mait Ge­ra­ci. Peut-être est-ce nous qui avons mal dé­fen­du et ou­vert des portes, no­tam­ment en fond de touche… Après, ce sont des joueurs qu’on connaît, à qui il ne faut pas beau­coup d’es­paces pour créer d’énormes dif­fé­rences. Mais c’est sûr qu’il est un peu frus­trant de se dire que les Cler­mon­tois se sont es­sen­tiel­le­ment nour­ris d’ex­ploits in­di­vi­duels, car ils ne sont pas sou­vent ve­nus dans nos 22 mètres. » « On avait es­sayé de pré­pa­rer ce match en connais­sance de cause, en cher­chant des moyens d’em­pê­cher ces joueurs de se lan­cer, pro­lon­geait Se­ne­kal. Sur deux ou trois ac­tions in­di­vi­duelles, nous n’avons pas réus­si à le faire, mais il n’y a pas du tout de sen­ti­ment d’im­puis­sance par rap­port à ça. Au contraire. Quand tu af­frontes Cler­mont, Tou­lon, La Ro­chelle ou n’im­porte quelle grosse équipe, tu sais que tu de­vras af­fron­ter des joueurs comme ça, qui font mal à toutes les dé­fenses. »

Ce­la tombe bien puis­qu’après la trêve, les Isé­rois de­vront d’ici le ré­veillon se dé­pla­cer au Ra­cing, à Tou­lon et au Stade fran­çais, en pas­sant par une ré­cep­tion de Mont­pel­lier. Du très lourd, et sur­tout la pers­pec­tive de croi­ser quelques « phé­nos » comme les Na­ka­ra­wa, Va­ka­ta­wa, Tui­so­va, Sa­vea, Fe­ki­toa, Wai­sea, Na­gu­sa, et on en passe. Au­tant dire que le FCG se­ra for­cé de quelques le­çons de cette ré­cep­tion de Cler­mont. Rien que par sa fier­té.

Pho­to Vincent Du­vi­vier

Be­ka Gi­ga­sh­vi­li (à gauche) et Da­niel Ki­lio­ni (à droite) peuvent se congra­tu­ler : Gre­noble fut tout proche de ren­ver­ser l’ogre Cler­mon­tois et s’est of­fert un match nul qui a des airs de suc­cès.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.