HOR­REURS, Ô DÉSES­POIR

EN MOINS DE TRENTE MI­NUTES, LA SEC­TION A EN­CAIS­SÉ QUATRE ES­SAIS, ANNIHILANT TOUT SUS­PENSE AVANT LA PAUSE.

Midi Olympique - - Top 14 9e Journée - Par Ni­co­las AUGOT ni­co­las.augot@mi­di-olym­pique.fr

Trente points en­cais­sés en qua­rante mi­nutes. Et l’ad­di­tion au­rait dû être plus lourde car les Cas­trais ont eu l’oc­ca­sion de mar­quer un cin­quième es­sai sur la der­nière séance de ce pre­mier acte. Ce­la n’au­rait rien eu d’illo­gique puisque les Pa­lois ont été vrai­ment pa­thé­tiques pen­dant ces qua­rante pre­mières mi­nutes, avec une suc­ces­sion d’images hor­ribles pour des joueurs pro­fes­sion­nels. Des bal­lons per­dus dans des rucks cu­rieu­se­ment dé­ser­tés, des bal­lons ar­ra­chés par les cas­trais dans des bras béar­nais bien trop mous lors des contacts, des coups de pied de ren­voi di­rect en touche, des joueurs trot­ti­nant pour ten­ter de cou­vrir le ter­rain, une dé­fense amorphe sur une com­bi­nai­son en touche (qui a été proche de faire mouche à deux re­prises !) ou sur un lan­ce­ment de jeu der­rière une mê­lée fer­mée. La mê­lée, par­lons-en ! To­ta­le­ment aux abois pen­dant les trente pre­mières mi­nutes. Elle a pu comp­ter les étoiles dans le ciel de Pierre-Fabre à force de re­le­ver le nez. L’ar­bitre n’y voyait rien de poé­tique, ac­cor­dant lo­gi­que­ment un es­sai de pé­na­li­té aux Cas­trais.

DAUBAGNA : «ON NE PEUT L­CHER LES MATCHS COMME ÇA»

Tel­le­ment gro­tesque que le ma­na­ger Si­mon Man­nix a pré­fé­ré dire les choses cal­me­ment, ce qui est peut être en­core plus in­quié­tant pour ses joueurs : «C’est une dé­faite qui fait très mal. On a été bat­tus en touche, en mê­lée, dans l’en­vie, dans l’en­ga­ge­ment, dans les pla­quages, dans le jeu au sol, dans tout... On a été in­exis­tants ! L’en­vie c’est quoi ? C’est dif­fi­cile d’ex­pli­quer ce manque. C’est pour­tant la base d’un joueur pro­fes­sion­nel. Il va fal­loir re­mettre les choses au point. J’es­père que les joueurs se po­se­ront les bonnes ques­tions pen­dant les va­cances qui ar­rivent et j’at­tends leur ré­ponse pour la re­prise à l’en­traî­ne­ment.» Et pour le coup, Si­mon Man­nix n’a pas usé de langue de bois ni bran­dit de faux es­poirs pour évo­quer une se­conde pé­riode moins hu­mi­liante : «La deuxième pé­riode ? Les Cas­trais avaient dé­jà pris la douche et ils étaient dé­jà dans le bus pour par­tir en va­cances. Ils n’avaient pas be­soin de mettre la même in­ten­si­té en ren­trant à la pause avec un score de 30 à 3. Cette deuxième mi­temps est anec­do­tique. Après, cer­taines per­for­mances in­di­vi­duelles sont cor­rectes, je ne mets pas tout le monde dans le même pa­nier.» Som­brer à l’ex­té­rieur n’est certes pas nou­veau de­puis que le rug­by est rug­by, d’au­tant plus chez un cham­pion de France remonté. Mais ce crash en terres tar­naises ap­praît comme un pla­fond de verre pour la Sec­tion. Le ca­pi­taine Thi­bault Daubagna ne pou­vait que le consta­ter : « J’es­père que ça va être un élec­tro­choc. Chez les grosses équipes, on perd avec une trop grande dif­fé­rence, on ne peut pas lâ­cher les matchs comme ça si on veut être à la hau­teur de nos am­bi­tions. Il faut s’ac­cro­cher un peu plus.»

PONT­NEAU : «C’ÉTAIT MINABLE»

Une ab­sence de ré­ac­tion col­lec­tive qui a aus­si dé­çu le pré­sident Ber­nard Pont­neau, qui une fois n’est pas cou­tume, est ve­nu li­vrer son sen­ti­ment sur la dé­mis­sion de ses troupes : «Ce qui me gène, c’est que nous ne sommes pas ca­pables d’ar­rê­ter l’hé­mo­ra­gie. Une cer­taine fé­bri­li­té s’ins­talle avec des re­pla­ce­ments moins sûrs. On se dé­lite. Vi­si­ble­ment, l’ab­sence de cer­tains pése beau­coup. Alors est-ce que ce groupe a beau­coup de bles­sés ? Oui. Mais est-ce que ce groupe a des joueurs qui ont très en­vie ? J’en ai vu ce soir, mais j’ai aus­si vu des joueurs qui avaient, com­ment dire... une forme d’usure et moins en­vie.» Sans pour au­tant ci­ter nom­mé­ment des joueurs, le pré­sident n’a pas ca­ché que ce match au­rait des consé­quences, que cer­tains com­por­te­ments de­vaient ra­pi­de­ment être gom­més : « Le ma­na­ger va faire son job comme d’ha­bi­tude en se po­sant des ques­tions mais on va le faire en­semble, car il y a des gens que l’on at­tend à un très haut ni­veau, et qui ont be­soin de voir de­vant, en se de­man­dant quel se­ra leur ave­nir ? Il va fal­loir avan­cer dans ce do­maine car il y a des types, s’ils n’avaient pas pris le bus c’était pa­reil. Ce match était fran­che­ment pa­thé­tique. J’ai re­pen­sé au match de la sai­son der­nière à La Ro­chelle où c’était minable, là aus­si c’était minable. C’est même un peu hon­teux. Pas tout le monde bien sûr, j’ai vu cer­tains jeunes qui m’ont fait plai­sir par leur fraî­cheur et leur en­vie.»

La se­maine de va­cances est, peut-être, une chance pour les joueurs pa­lois. Elle va per­mettre d’ou­blier un peu les hor­reurs tar­naises, d’adou­cir la dé­cep­tion et faire mi­jo­ter une ré­volte né­ces­saire car, avec deux dé­faites dé­jà concé­dées à do­mi­cile, les Béar­nais se­ront co­on­dam­nés à la vic­toire lors de la pro­chaine jour­née, face à Tou­louse, une équipe qui a en­core brillé ce week-end.

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