LA CORNE D’ABON­DANCE

MÊME PRI­VÉ DE BA­BILLOT, JE­LONCH, MAFI OU VAIPULU, LE CO A PU S’AP­PUYER SUR UNE TROI­SIÈME LIGNE DE­LA­PORTE-TULOU-GÉRONDEAU ÉTIN­CE­LANTE POUR PUL­VÉ­RI­SER LA SEC­TION PA­LOISE.

Midi Olympique - - Top 14 9e Journée - Par Si­mon VALZER si­mon.valzer@mi­di-olym­pique.fr

La lourde dé­faite concé­dée à Cler­mont avait se­mé un doute dans les es­prits cas­trais. La se­maine der­nière, le ma­na­ger Ch­ris­tophe Urios nous avait d’ailleurs confié ce­ci : « Si nous ar­ri­vons à ré­agir face à Pau comme Cler­mont l’a fait contre nous, alors ça ira. Si nous n’en sommes pas ca­pables, alors ce­la vou­dra dire que cette dé­faite à Cler­mont est plus grave qu’elle n’y pa­raît. » Le tech­ni­cien a sa ré­ponse. Celle-ci a pris la forme de cinq es­sais ins­crits par ses hommes face à une équipe qui suit pour­tant le même ob­jec­tif, à sa­voir le top 6. Une ré­ponse nette qui confirme donc que la dé­faite cler­mon­toise n’était qu’un ac­ci­dent de par­cours, au­quel on au­rait pu s’at­tendre : « Je sa­vais que l’on ne pou­vait pas être bons toutes les se­maines, ra­con­tait Urios après le match, no­tam­ment après l’épi­sode de Coupe d’Eu­rope dans le­quel s’est beau­coup in­ves­ti et sur­tout au vu de notre ca­len­drier de dé­but de sai­son. Ce­la fai­sait deux matchs de Top 14 que nous com­men­cions à être dans le dur. On avait des com­por­te­ments in­di­vi­dua­listes, on pre­nait des es­sais en fin de match… Ce n’était pas nous. Alors après Cler­mont, on s’est dit les choses. Et fran­che­ment, on a pas­sé une sale se­maine. Elle a été dure pour tout le monde : le staff, les joueurs… et même ma femme ! » Alex Tulou ne di­sait pas autre chose : « Je vous confirme que la se­maine a été dure. Très dure. » « Nous étions dans l’obli­ga­tion de ga­gner », re­pre­nait l’ai­lier Mar­tin La­veau, qui a en­core si­gné une sor­tie re­mar­quée contre la Sec­tion.

TULOU : « DE­LA­PORTE ? IL EST FOU ! »

Bref, la pres­sion était au maxi­mum. Alors l’éva­cuer, les Cas­trais ont pro­duit l’une de leur meilleure pres­ta­tion de l’an­née. Un match do­mi­né de bout en bout. Mê­lée, touche, rucks, dé­fense, re­pla­ce­ment of­fen­sif, ra­pi­di­té des en­chaî­ne­ments… Le CO s’est mon­tré ir­ré­sis­tible. Et il peut re­mer­cier sa troi­sième ligne De­la­porte-Tu­louGé­ron­deau, om­ni­pré­sente sa­me­di soir. L’oc­ca­sion de voir à quel point Castres pos­sède de la res­source, alors qu’il de­vait se pas­ser des ser­vices de Ma­thieu Ba­billot (avec les Bleus), An­tho­ny Je­lonch (bles­sé à l’épaule),Yan­nick Ca­bal­le­ro (dé­chi­rure mus­cu­laire), Steve Mafi (non re­te­nu) et Ma’ama Vaipulu (sus­pen­du). Rien que ça. « J’ai tou­jours ai­mé m’ap­puyer sur une belle troi­sième ligne », lan­çait Urios, c’est pour­quoi j’y porte beau­coup d’at­ten­tion pen­dant le re­cru­te­ment. On le voit : ils sont huit pour trois postes, alors quand l’un joue, il ne vaut mieux pas qu’il se loupe ! » Steve Mafi en a ré­cem­ment fait les frais. Im­pres­sion­nant contre Exe­ter, le géant ton­guien a dé­çu à Cler­mont. Sanc­tion im­mé­diate : il sort du groupe, Tulou le rem­place, et Ké­vin Gi­me­no est sur le banc. Et le staff n’a pas eu tort. Car au­cun des trois hommes n’a dé­çu.

Bap­tiste De­la­porte a en­core une fois mon­tré tout son po­ten­tiel, pour le plus grand bon­heur du staff : « Lui, il n’ar­rête pas de por­gres­ser. C’est en ce sens qu’il est sur­pre­nant, ex­pli­quait Urios. C’est un pur 6, qui colle au bal­lon. Un ex­cellent grat­teur, qui saute aus­si très bien en touche. » « Bap­tiste ? Il est fou ! », se mar­rait Alex Tulou, « Je n’ai ja­mais vu un mec de son âge bos­ser au­tant. Il bosse 24h/24. Il dé­ve­loppe ses points forts, et gomme ses points faibles. Il est im­pres­sion­nant et me fait pen­ser à Ba­billot. D’ailleurs, c’est un mi­ni-Bab’s : un mec qui donne tout et qui fe­ra un jour un grand ca­pi­taine. »

De l’autre cô­té, on avait Ca­mille Gérondeau. De­puis son ar­ri­vée dans le Tarn, l’ex-Cler­mon­tois connaît une vraie re­nais­sance : « C’est un joueur très com­plet, qui fait tout bien. Il porte, plaque, gratte, saute… il fait tou­jours quelque chose d’utile qui per­met à l’équipe de mieux tour­ner » dé­taillait Tulou. « Il est ex­cellent en touche ain­si que sur la dé­fense de bal­lons por­tés, mais il nous ap­porte aus­si sa touche de fan­tai­sie, à l’image de ses che­veux ou de ses cram­pons roses ! », plai­san­tait Urios.

Tulou en­fin. Le Sa­moan a en­core rem­pli à mer­veille son rôle de tank du CO. Inar­rê­table, Tulou a ins­crit le cin­quième es­sai des Cas­trais : « Il a fait une très belle en­trée la se­maine der­nière. Il mé­ri­tait de dé­bu­ter contre Pau », jus­ti­fiait Urios. « Ce qui me mo­tive plus ? L’âge ! Non… je veux don­ner mon meilleur, tout sim­ple­ment. Je veux faire mieux que l’an­née der­nière, alors je re­garde tout : le temps de jeu, les es­sais, les mètres ga­gnés… » Pour l’heure, Tulou compte dé­jà cinq es­sais mar­qués en seule­ment huit matchs de Top 14, dont quatre comme ti­tu­laire. « Alex fait mal quand il entre sur dé­fenses fa­ti­guées, ana­lyse Urios. Avant de pi­quer son nu­mé­ro huit au dé­tour d’une phrase : Je vois que ce­la le frustre de ne pas dé­mar­rer, mais j’ai­me­rais qu’il soit plus ri­gou­reux dans la se­maine. » Au moins, le co­losse îlien ne s’en­dor­mi­ra pas sur ses lau­riers…

Pho­to Orane Ca­zal­bou

La troi­sième ligne cas­traise, com­po­sée de Bap­tiste De­la­porte (à gauche), Alex Tulou (au centre), Ca­mille Gérondeau (à droite) a li­vré une pres­ta­tion co­los­sale, preuve que le CO a de la res­source à ces postes aux­quels Ch­ris­tophe Urios ac­corde une grande im­por­tance.

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